ANNALES PES SCIENCES NATURELLES. TOME IV. IMPRIME CHEZ PAUL RENOUARD, RCJF. CARANCIKRE, N. 5. '^'■ SCIENGEB:d^mJRELLES COMPRENANT LA ZOOLOGIE, LA BOTANIQUE, l'ANATOMIE et la PHYSIOLOGIE COMPARÉES DES DEUX RÈGKES, ET l'histoire des CORPS ORGANISÉS FOSSILES J RÉDIGÉES POUR LA ZOOLOGIE PAR MM. AUDOUÏM ET MîLNE-EBWARDS , ET POUR LA BOTANIQUE PAR MM. AD. BRONGKIAET ET 6UÎLLEMIN. TOME QUATRIEME. — BOTANIQUE. PARIS. CROCHARD, LIBRAIRE-ÉDITEUR, PLACE DE l'École -DE -MÉDECINE , N. l3. 1835. 4 ' :> ..j ) >^.". N A\ ^* j\ C ANNALES SCIENCES NATURELLES. PARTIE BOTANIQUE, ••»•»« e« •• ï« »•••••»•••»•»• M» ••••»•»•«•»•••••••••••••»•••••«•••»•»•«••*••»••••• ••^••«^ Examen critique dtun passage du Mémoire de M. HugoMohl, SUT la structure et les formes du grain de pollen ; Par M. DE MiRBEL. Les Annales des Sciences naturelles pour mars ï835 contienr nent la traduction française d'un Mémoire allemand sur la struc- ture et les formes des grains de pollen, publié à Berne en 1 834, par M. Hugo Mohl, et j'y trouve le passage suivant, résumé de l'o- pinion de l'auteur sur une question qui n'est pas sans importance: Ce qui a été exposé jusqu'ici parait prouver que la comparaison de la membrane externe du pollen avec une cellule (utriculé) vé- gétale, est tout-à-fait inexacte^ et que ton doit la regarder comme un organe composé de cellules (utricules), et d'an élément homo- gène qui les unit^ et, par cela même, la comparernon pas avec la membrane simple dune cellule {utriculé) (végétale, jnais af^ec des membranes composées, comme par exemple les membranes de Vovule. Ce résumé et la dissertation qui le précède ne s'accordent nullement avec l'opinion que j'ai publiée en i832, i834 et (^ MiRiîEL. — Sur la structure des grains polhniques^ etc> i836 (i). Je la réduis ici à sa plus brève expression : les em^e-* loppes du pollen ne sont autre chose que des utricules simples ou composées , réunies par emboîtement. Cette manière de voir résulte des faits quej'ai consignés dans mes deux Mémoires sur le Marchantiapolpnorpha. J'avoue qu'ils ne contiennent pas toute ma pensée touchant plusieurs points délicats. Dans les sciences d'observation il arrive quelquefois que des conchisions impré- vues, et qui, par cette raison même, paraissent étranges^ font repousser de prime abord, comme œuvre d'imagination, des faits positifs dont elles ne sont que les rigoureux corollaires. J'ai reculé devant ce danger; je n'ai guère énoncé que les faits, jugeant que s'ils étaient aussi évidens qu'ils me semblaient, ils ne manqueraient pas d'être confirmés, et que bientôt les con- séquences théoriques se déduiraient d'elles-ménies. Mais aujour- d'hui qu'un habile phytologiste publie ime doctrine qui tend implicitement à infirmer les conséquences quej'ai déjà hasar- dées, et celles qui ont une intime connexion avec elles, et que (i) i832. « Un dernier mot touchant les utricules polliniques. C'est de la surface interne " de chacune de leurs loges que naît l'espèce d'utricule qui forme le tégument extérieur du grain « de pollen: or, ce tégument, ainsi que je l'ai dit tout-à-l'heure , commence à paraître quand " les utricules polliniques, détachées les unes des autres, ainsi que du tissu environnant, et, « par conséquent, devenues autant d'êtres distincts et séparés, approchent du terme de leur vie, " N'est-ce donc pas un merveilleux phénomène et qui fournit matière à de graves rétlexions »< sur la nature des êtres organisés, que dans de telles circonstances les utricules polliniques V non seulement végètent encore et prennent un accroissement très notable, mais jouissent « d'une vitalité individuelle si énergique qu'elles engendrent de nouvelles utricules ? » Voyez Complément des Observations sur le Marchantia polymorpha, etc. Mém. de l'Académie des Sciences, t. xiir. i834, t. On retrouve le cambium dans l'utricule polliniqne; je veux dire dans l'utricule qui « contient le pollen naissant. Ou le retrouve dans le pollen lui-même. Je ne saurais imposer un « autre nom à la matière muqueuse qui, avant la formation des tégumens propres du pollen, « enveloppe ses granules, remplit l'espace qui les sépare de la paroi de l'utricule poil inique et, >< un peu plus tard, donne naissance au tégument extérieur, qui n'est visiblement dans beaucoup « d'espèces et peut-être dans toutes, qu'un assemblage de petites utricules agencées en mem* « brane. Je reconnais également le cambium dans la matière qui s'interpose entre les granules •« et le tégument extérieur, jusqu'% ce qu'elle forme le tégument intérieur, qui n'est aussi qu'une <« utricule ou une réunion d'utricules. Enfin, je ne vois guère en quoi diffère des deux autres ■ celte matière muqueuse qui est mêlée aux granules et dont la partie superficielle se prend en • une fausse membrane, tandis que le reste, entraîné par le tégument externe qui s'allonge en « boyau , pénètre avec lui dans l'intérieur du stigmate, et même, si M, Amici ne se fait illusion, ■*• dans la cavité de l'ovule. » Voyez Cours complet d'Agriculture, t. v, p. 87. i835. Voyez Annales des Sciences naturelles pour mars i835, t. tir, p. i47- MiKBEL. — Sur la structure des grains polliniques, etc. 7 je tenais en réserve , il faut bien que j'expose celles-ci , que j'explique celles-là , et que je les défende toutes , sous peine de les voir long-temps écartées sans examen. A mon avis, les végétaux sont composés de molécules vi- vantes, lesquelles sont semblables ou différentes dans leur essence , selon qu'elles appartiennent à la même espèce ou à plusieurs. Toutes proviennent de l'union d'une certaine quantité d'atomes divers, agencés et groupés conformément aux lois des af- finités organisatrices. Tant que les atomes restent soumis à ces lois , les molécule^ jouissant de la plénitude de leurs propriétés vitales, engendrent par voie de nutrition, c'est-à-dire par l'asso- ciation normale de nouveaux atomes de même nature que les premiers, des molécules nouvelles, semblables à leurs mères; et lorsque par leur multiplication et leur union, toutes ces molé- cules font un corps perceptible à nos yeux, elles se présentent ensemble, généralement, sous la forme d'une ou de plusieurs utricules simples ou composées, lesquelles, en vertu de leur constitution moléculaire, sont aptes à produire d'autres utri- cules si les circonstances sont favorables ; et comme les tubes, ainsi que je crois l'avoir suffisamment démontré, ne sont que des utricules plus allongées que les autres , il s'ensuit qu'ils ont même structure intime et même puissance génératrice. Ce point de vue théorique sous lequel je considère l'orga*-^ nisation végétale, ne me permet point d'admettre les assertions de M. Mohl. Je dis donc, contradictoirement à lui , que les deux ou trois enveloppes du pollen sont des utricules, et que, par con- séquent, l'enveloppe extérieure, pas plus que les intérieures, ne doit être comparée aux enveloppes de l'ovule , ni pour le mode de sa formation , ni pour sa structure finale. Je dis encore que le végétal se compose tout entier d'une masse utriculaire, l'utri- cule étant le seul élément constitutif dont nous puissions re- connaître l'existence au moyen de l'observation directe, et que, par conséquent, c'est sans preuves suffisantes que M. Mohl avance que la membrane végétale est formée non pas unique- ment de rudimens d'utricuJes, mais en outre d'une matière gélatineuse qui unit ces rudimens les uns aux autres, et qui constitue presque toute la partie compacte de certains vé- 3 MiRBEL. — 6'wr la structure des grains poUiniqueSy etc. gétanx d'un ordre inférieur, tandis qu'elle se réduit presque à rien dans les plantes d'un ordre plus élevé. C'est à l'examen de ces deux points que, pour ce moment, je réduirai la discussion. Quand, dans certains végétaux, à l'aide des verres les plus puissans, j'examine avec une attention soutenue, la surface de la paroi membraneuse des utricules et des tubes, j'y aperçois des^ points saillans, petits mamelons, quelquefois épars, mais d'autres fois si pressés les uns contre les autres que le fond de la membrane disparaît totalement. Il ne les faut pas confondre avec les pores ou pertuis qui , pour plusieurs phytologistes , ne sont encore que des points imperforés. I es mamelons dont il s'agit ressemblent, sous le microscope, à ceux de la peau de squale ou de morue, dont les tablettiers recouvrent des boîtes ou des étuis. C'est ainsi que je les ai vus sur la paroi des latexi- fères du Neriwn Oleander. Ils se montrent par place et en grand nombre, avec tout autant de netteté que dans le Neriwn^ sur les utricules allongées du bois du Gingko biloba. Ils mar- quent aussi çà et là, dans ce même arbre, lesutricules fendues en boutonnières, obliques , qui composent les irradiations. Ce sont eux peut être qui donnent à la coupe longitudinale de la paroi de beaucoup d'utricules et de tubes, l'aspect d'un fil renflé par des nœuds plus ou moins rapprochés. Ces mamelons sont très certainement de même nature que les points de la membrane externe du pollen qui, suivant M. Mohl, sont des rudimens d utricules. L'absence ou la présence des mamelons n'offre donc pas un caractère distinctif, entre les utricules et l'enveloppe externe du pollen. A cet argument , serait- on peut-être tenté de répondre que s'il se trouve des mamelons sur les utricules comme sur l'en- veloppe externe du pollen , ce n'est pourtant que dans la sub- stance de celle-ci que se manii'este l'existence d'une formation utriculaire. Certes, quand bien même j'accepterais cette asser- tion sur parole, la réponse me paraîtrait encore peu concluante; car la grande généralité des pollens a, pour enveloppe externe, une simple et mince membrane transparente où les mamelons, s'il y en a, sont rarement perceptibles. Mais pour éviter toute discussion superflue, je vais laisser parler les faits. Ils éclaireront MIRBEI-. — Suj' la structure des grains polUniqueSy etc. 9 îïiieux la question que tous les raisonuemens que je pourrais faire. Le Targionia hjpophjlla est au nombre des cryptogames dont j'ai le plus profondément étudié la structure. Le fruit de cette petite plante n'est d'abord , de même que celui du Mar^ chantia^ qu'un amas d'utricules réunies en tissu continu. Sur ce point, il ne peut y avoir qu'un avis. Plus tard, la partie in- terne de la masse utriculaire se disloque. Parmi les utricules rendues libres, beaucoup deviennent des élatères, tandis qu'un plus grand nombre encore, qui renferment des spores mêlés à des granules, au lieu de se détruire et de disparaître immédiate- ment, comme semble le penser M. Mohl, grandissent, se gor- gentde suc, prennent l'apparence d'une gelée sans perdre leur forme utriculaire, se divisent intérieurement en quatre loges contenant chacune un spore , puis se transforment en quatre utricules distinctes. Celles-ci, après avoir pris un peu d'accrois- sement, se flétrissent, se dessèchent, et, finalement, se déchi- rent quand les spores, acquérant plus de volume, approchent du moment où ils produiront à leur surface de jeunes utricules qui commenceront la fronde, (i) Nul doute que la végétation ne procède de même dans lei?^'6- cia glauca observé par M. Mohl, si ce n'est que les utricules provenant du fractionnement de celles qui contenaient les spores naissans, passent visiblement de l'état simple à l'état composé. Je veux dire que leur paroi membraneuse, mince et compacte , se change en une membrane épaisse , formée de pe- tites utricules ajustées symétriquement côte à côte. Cette méta- morphose de l'utricule sporifère, qui a échappé, je crois, aux recherches de M. Mohl , ne ressemble en aucune façon à la for- (i) M. Mohl a remarqué entre la formation des grains de pollen et celle des spores, quelques points de ressemblance ; mais faute d'avoir reconnu la transformation que subissent les utricules dans lesquelles naissent les grains de pollen et les spores , il n'a pu compléter la comparaison. Je vais fan-e disparaître cette lacune. Les utricules dont il s'agit, après s'être ramollies et tumé- fiées, se changent chacune généralement en quatre utricules qui restent liées ensemble quand elles contiennent le pollen, et se séparent quand elles contiennent des spores. Celte différence n'est autre que celle qui existe entre les utricules formant un iissu et les utricules libres. C'est une merveilleuse chose dans l'organisation végétale que des parties, si voisines en apparence, rcmplisseni pourtant des fonclicns si diflcveutcS. ' 1 o M I K B ti L, — Sa7' la structure des grains polliniques, etc. ination des enveloppes de l'ovule. Dans ce dernier cas, les iitri- eu les naissent les unes des autres successivennent,sur plusieurs rangs à-la-fois, et les enveloppes (dont deux, la primine et la secondine, restent long temps ouvertes à leursouimet), croissent et se modifient à mesure que la génération utriculaire s'opère ; en un mot, cette formation suit la marche la plus générale de Taccroissement. Mais il n'en est pas ainsi de l'utricule composée et tout-à-fait close, dans laquelle le spore est enfermé : c'est sa propre paroi, mince et sèche quand originairement elle faisait partie de celle d'une autre utricule , qui , plus tard , pénétrée de sucs et revenue à un état approchant du cambium, se change tout-à-coup en une membrane constituée par une couche uni- que de petites utricules. Cette péripétie organique me per- suade qu'il n'y n pas une molécule vivante d'une utricule simple qui n'ait virtuellement tout ce qu'il faut pour passer elle-même à l'étal d'utricule simple ou composée, si les circonstances lui viennent en aide. Je me crois donc en droit d'assimiler les en- veloppes du pollen aux utricules ordinaires. Une objection pourrait se présenter ; je vais au devant. L'en- veloppe externe du pollen du Cohœa , laquelle se compose de petites utricules, ne provient point, comme l'enveloppe d'un spore du Biccia, de la métamorphose d'une utricule simple et sèche. L'enveloppe externe du pollen du Cobœa est à sa nais- sance une bulle de cambium à paroi épaisse, qui passe, sans autre transition, à l'état d'utricule composée. Mais cette différence entre le Cobœa et le Riccia n'importe guère dans la question. La bulle de cambiiim qui renferme les granules du pollen est précisément dans les mêmes conditions que l'utricule tuméfiée, qui contient le spore, et puisque dans l'une et l'autre les résul- tats sont les mêmes, j'aur-ais, ce me semble, grand tort de re- monter plus haut pour chercher des motifs de nier une analogie si évidente. Qu'on n'oublie pas d'ailleurs que dans la grande généralité des pollens, l'enveloppe externe qui commence aussi par être une épaisse couche de cambium n'est, quand elle a pris tout son ac- croissement, qu'une simple membrane lisse, façonnée en vessie, et pourtant il ne vient à l'esprit de personne de supposer qu'elle MIRE EL. — Su7^ la structure des grains poUlniqueSj etc. i l puisse être d'une autre nature que l'enveloppe du pollen du Cobœa. M. Mohl lui-même le déclare, et par là il confirme à son insu l'analogie des enveloppes du pollen avec les utricules les plus simples. Mais que doit-on penser des grains ou mamelons des mem- branes? Je les crois de même nature que les filets, les bandes, les anneaux, qui souvent font partie des utricules et des tubes, ou les constituent en entier; et bien s'en faut qu'à mon sens cette façon de voir soit incompatible avec l'idée que les mamelons sont, ainsi que l'assure M. Mohl , un commencement de forma- tion utriculaire. M. Purkinje a écrit, en i8'3o, que si ses yeux ne l'ont pas abusé, il a reconnu parfois l'existence d'un canal dans les filets qui composent la seconde couche utriculaire des valves d'un grand nombre d'anthères. Ce soupçon est justifié par le fait que voici. Observant il y a quelque temps les tubes an- nulaires du centre de la tige du Nerium Oleander, dans chaque anneau situé horizontalement par rapport à mon œil , aux deux points latéraux diamétralement opposés, où finissait la moitié antérieure d'un anneau et commençait la moitié postérieure, je vis l'apparence d'un orifice. Cependant, comme cette vision m'ar- rivait à travers la substance de l'anneau, je suspendis tout juge- ment. Mais à peu de jours de là, le hasard m'ayant livré une coupe qui passait tout juste par l'axe d'un tube annulaire, les deux bouts de chaque moitié postérieure m'offrirent cette fois, avec divers accidens, un orifice si bien éclairé et si nettement circonscrit par une paroi de notable épaisseur, que force fut que je reconnusse que les anneaux étaient creux. Ce nonobstant, je ne prétends pas que partout où se trouvent des anneaux , des bandes, des filets, des mamelons, il y ait de nécessité des cavités internes qui y correspondent. Ici sans doute, comme ailleurs, il n'est pas rare que pour des organes de même orij^jine, la Nature, dans telles espèces, arrête la forme définitive à un point qu'elle dépasse plus ou moins dans d'autres espèces. Dès mes premiers pas dans l'étude de l'anatomie végétale, il me parut cju'une sorte d'uniformité rapprochait et confondait tous les tissus, et cette pensée se reproduisit souvent sous ma 1 2 311 HBLL. — Su?' la structure des grains polU niques ^ etc. plume. Je ne l'ai énoncée nulle part plus positivenient que dans les lignes suivantes imprimées en 1809 : « J'ai reconnu que beaucoup de Fucus offraient des caractères « anatomiqucs semblables à ceux du Conferva œga^ropila. J-.a « partie solide de ces végétaux est ferme , élastique, bomogène, te transparente quand elle est coupée en petites lames , et ces la- ce mes, sous les lentilles les plus fortes, ne semblent pas être « d'une autre nature que la membrane végétale. « Si l'on compare ces végétaux à ceux où il existe différentes « espèces de tubes et un tissu cellulaire très apparent , on ne « verra pas d'abord ce que ces êtres peuvent avoir de commun. « Mais si Ton suit les gradations , on ne saura où poser la limite. « Il n'est pas rare de trouver dans certaines plantes parfaites la « membrane végétale d'une épaisseur notable. Elle est infiniment « plus épaisse encore dans beaucoup de Fucus, où cependant on « ne peut nier qu'elle ne forme un vrai tissu cellulaire. Mais dans « quelques espèces du même genre, elle est si grosse qu'elle oc- « cupe un espace plus considérable que les vides, et le nom de « tissu cellulaire ne convient plus à cette organisation. Dans le . — Sur la structure des grains polliniqueSj etc. i 5 Environ ce temps, les taches verdâtres superficielles prirent une teinte plus intense, et le tissu qu'elles coloraient fit saillie et s'é- largit en petites lames diversement découpées, que je reconnus pour d'imparfaites productions foliacées ; et incontinent , il se forma, dans la masse, des trachées qui se prolongèrent vers la base des ébauches de feuilles auxquelles succédèrent graduelle- ment des^productions de même ordre, se rapprochant de plus en plus de la forme normale, (i) Le mode de formation du tissu végétal, dans toutes les espèces où il m'a été possible d'en suivre les progrès, ne diffère pas essentiellement de celui-ci. J'ajouterai que dans toutes ces es- pèces , il arrive un moment où la paroi membraneuse de beau- coup d'utricules et de tubes, acquiert une notable épaisseur ; et il ne s'agit pas ici de l'épaississement produit par les nouveaux tubes ou utricules qui, nés dans les anciens, s'appliquent contre leur paroi et rétrécissent leur cavité ; il s'agit de l'épaississement de la paroi primitive, qui s'opère par la création de nouvelles molécules vivantes, lesquels, procédant à la manière des utri- cules , s'interposent entre les molécules préexistantes ou les re- couvrent. En un mot , la paroi s'accroît simultanément en tout sens, tant par juxta-position que par intussusception, et cette accumulation de matière organisée a lieu sans qu'il y ait trace de la substance gélatineuse de M. Mohl. Cette substance ne paraît pas davantage dans les plantes où l'espace occupé par la paroi est incomparablement plsis grand que celui qui reste vide, et s'il existe (ce qceje ne suiis pas éloigné de croire) quelques végétaux dans lesquels on chercherait en vain une formation utriculaire , je ne saurais voir encore dans leur substance com- pacte et homogèqe, qu'une réunion de molécules vivantes, analogues à celles qui composent la paroi utriculaire. La réfutation que l'on vient de lire n'atteint , si tant est qu'elle (i) Dans une autre bouture de Machira, laquelle avait huit à dix lignes de diamètre et par conséquent plusieurs années, les utricules nées sur la tranche des couches ligneuses verdirent, et pourtant, ne produisirent peint de rudiinens foliacés. Quoi qu'il eu soit, ces productions Htriculaires sont fort remarquables. On pourrait croire qu'elles appartiennent spécialement aux irradiations, mais les observations que j'ai faites ne m'ont nullement convaincu de l'impuissance du bois. i6 ED. SPACH. — Rei^isio Grossulariearum. porte coup, que la moindre partie d'un grand travail rempli de faits neufs et intéressans. Je me hâte de le déclarer pour qu'on sache bien que dans cet écrit de M. Mohl, comme dans tous ceux que nous devons à ce phytologiste, je retrouve l'habile, le judicieux, le consciencieux observateur. Revisio GrossulariearCm, Auctore Eduardo Spach. Ordlnis cliaracteres. Calyx superus, marcescens, tarde deciduus; tubus subcylin- draceus, v. campanulatus, v. pelviformis , v. fere nullus; lim- bus 5-(raro 4") partitus, coloratus : segmentis sestivatione im- bricatis v. subvalvatis, per anthesin saepe reflexis, post flora- tionem erecto-conniventibus. Nectarium nunc carnosum, epigynura, nunc saepius lamina tenuis tubo calycino adnata fauceque subincrassata v. rarissime callosa, nunc inconspicuum. . Petala calycis fauce vel tubo ejusque inserta, segmentis iso- mera ac alterna, marcescentia, aequalia, parva (saepe squamifor- mia) , unguiculata, sestivatione distantia v. conniventia raargi- nibusque imbricata. Stamina petalis isomera, segmentis calycinis anteposita, fauce v. tubo v. fundo calycis inserta , persistentia ; filamenta filiformia v. basi dilatata , libéra , œquilonga, sestivatione recta, post anthesin nonnunquam reflexa ; antherge oblongse, v. ellip- ticœ, v. subrotundae, v. didymae, basi subcordatae, apice emar- ginatae, v. apiculatae, v. glandula concava coronatas, medio dorso v. infra médium affixoe : thecis 2, rima laterali longitudina- liter dehiscentibus; connectivum nerviforme, vel punctiforme, filamento adnatum. PistiUum : Ovarîum inferum, v. semi-inferum , i-loculare ED. SPACH. — Repisio Grossulariearum. 1 7 multiovulatum ; placenta 2 , pariétales, nerviformes ; ovula ana- tropa, horizontalia, pluriseriata (an semper?); funiculi bre- vissimi v. nulli. Styli. 2 (raro 3 v. rarissime 4)? nunc abasi fere liberi, divergentes, nunc ultra médium vel ad apicem usque con- creti V. cohaîrentes. Stigmata ( nunquam concreta) intégra, obtusa. Fericarpium : Bsiccâ calyce omarcido coronata, subumbilicata, carnosa, i-locularis, evalvis, poîysperma, v. abortu oligo- sperma. Semina niduïantia, subhorizontalia, funiculo demum elon- gato usque ad chalazam libero affixa,arillo gelatinoso obvoluta, oblonga, v. siibovata, v. teretia, v. lentiformia, v. sœpius angu- losa ; epispermium crustaceum, perispermio arcte adhaîrens; perispermium corneum v. carnosum; embryo in perispermiî extremitate chalazaî opposîta locatus, minimus, subteres : radi- cula obtusa, cotyledonibus subrotundis sublongior. Frutices interdum aculeis infra-axillaribus v. inordinate spar- sis armati. Rami teretes v. angolosi, inarticulati» Gemmas squa- mosœ. Folia sparsa v. fasciculata, exstipulata, annua, v. raro perennia, simplicia, palmatinervia, sœpe palmatifida, v. lobata, dentata, v. serrata, v. crenata, v. subincisa ;, nonnunquam gut- tulis resinosis conspersa, vernatione plicata rugosaque; petio- lus canalicuîatus, basi dilatatus, ssepe pilis longis plumosis (v. raro simplicibus ) mox deciduis ciliatus. Infiorescentia ra~ mulos brevissimos v. abortivos foliis rosulatis suffultos termi- nans (saepe autem ramulis novellis mox ex eadem gemma pro- deuntibus quasi lateralis evadit) , vel raro e gemmis aphyllis. Flores in racemos (interdum depauperatos ) conferti , v. ad pedunculi apicem subcapitati, v. subsolitarii, varie colorati (nunquam tamen cœrulei), hermaphroditi , v. abortu dioici, regulares, v. raro subirreguîares ; pedunculi solitarii (raris- sime fascicuîati), plerumque cernui v. penduli; pedicelli apice V. infra apicem articulati, sparsi, basi bractea unica suffulti, nec raro apice vel paulo inferius bracteolis 1 oppositis instructi. Grossularieœ a Saxifrageis vix nisi fructu baccato seminibus- que arillo pnlposo obvolutis recedunt, nec forsan infauste illis annumerentur ; qiiibusdam quoque speciebus maxime IV. BoTAiî. -=. Juillet. 2 1 8 ED. SPACH. — Revîsto Grossulariearum. accedunt Fuchsieis , ut jam optime monuit cl. Lindley; sane au- tem Cactese et Cucurbitaceœ discrepant. SECTIO I. Flores subirregulares ^ stylo declinato. Chrysobotrya Nob. Calycis tubus elongatus, subcylindraceus, ovario angustior, post anthesin arcuatiis; limbi segmenta patentia v. revoluta , in- œqualia. Petala segmentis calycinis diiplo breviora, staminibus sublongiora, erecta, spathulaîa, marginibus imbricata. Stamina erecta, calycis fauci inserta; antherse oblongse , apiculata?, fîla- mento subsequilongse. Stylus indivisus, declinatus, glaber, petala paulo superans. Stigmata 2 , subreniformia. Semina oblon- ga, subteretia. Frutices inermes. Folia auctumno purpurascentia : juuiora granulis resinosis fugacibus pulverulenta ; ramulorum inferiora triloba; summa ( omniaque plantarum juniorum surculorumve radicalium) palmata, sœpissime 5-fida^ petioUs sœpe pilis longis sparsis plus minusve ciliatis ; floralia ramulariaque infima bre- •vissime lobata, v. indivisa ^ petiolis margine alato-membranaceis. Racemi penduli, multiflori, subsessiles, solitarii. Bracleœ pedi- cellis longiores, subpersistentes, foliaceœ, integerrimse , demum recurvœ. Bracleolœ nullae. Flores liermaphroditi , speciosi , fra- grantissimi. Calyx intense citrinus. Petala filamentaque sub anthesi citrina, dennum purpurascentia. Antlierœ luteœ, post anthesin arcuatœ. Baccae glabrse , lœvigatae. Semina lutea. Species très nobis notœ , Americse boreali-occidentalis incolae , frequentissimè in nostratium hospitantur hortis, nec raro pro- miscue Rihes aureum salutantur, quœ species Purshianadelenda, quum , monente cl. Lindleyo, e confusione Chrjsobotryœ revo- lutce Nob. et Chi\ Lindleyanœ J^oh. orta sit. ED. SPACTÏ. — Repisio Grossolarieariim. 19 «.) Segmenta mljcina tuho hreviora. Bacca inaturatione ru- hrcifCleuium atro\>iolacea , dulcis. Chrysobotrya revoluta Nob. Tab. i.A. Fàhes -palmatum Desfont. Gat. Hort. Paris. -— Ribes aureum. Bot. Reg. tab. 12 5. C. ramulorum foîiis liiferioribiis profunde îrifidis : lobis in- cisis V. profunde 3-dentatis; segmentis caîycinis revolutis, tubo siibdupîo brevioribus^ petalis apice trilobis; baccis oblongis V. ellipsoideis. Frutex dumosus , orgyalis, erecLus. Rarai cinnamomei, leeves. Folia 1-2 pollices longa, nunc îongitudine sequilata, niinc angustiora, laete yiridia, glabra, vel rainutissimc puberula, 5-v. 7-nervia, basi rotundata, v. subcor- data, V. acutiiiscula , circumscriptione rhombea , v. subrotnnda, vel cuneifor- mia, omnia pi'Eeter ramulorum infima ad médium usque vel profuiidius 3-v. 5-fida; segmenta oblonga, v. rhombeo-oblouga , inrequaliter iaciso-dentata , y. apice triloba j petioli inferiores lamina œquilongi , v. breviores. Racemi 7-i5-flon, rachi puberula. Bracteae lanceolato-oblongœ , acutiusculae : inferio- res 6-8 lineas longae, 2-3 lineas latae, calycis tubuni fere aequantes : superiores gradatim minores; summas vix pedicellum superanîes. Pedicelli 2-3 lineas longi, gîabri, Ovarium glabrum , Isevigatum, viride , turbinatum , pedicella brevior. Cal}xis tubus ^-^ lineas longus : segmenta obovato-oblonga, obtusa, 1 1/2 lineam lata. Peîala segmentis calycïnis duplo breviora. Bacca 3-4 linea^ longa. '(V. V. c. et s. sp.) Chrysobotrya intermedïa Nob. Tab. 1. B. Rihes flavum Colla Hort. Ripul. (Icon pessima). — Ribes au- reum Guimp. et Hayn. Fremd. Holz. tab. 1 ? (Icon ambigua). — ■ Ribes aureum p. serotinum et y sanguineum Lindl. in Trans. Hort. Soc. Lond. V. 7, p. 242. — Ribes fragrans Loddig. Bot. Cab. tab. i533 (Icon. ambigua). — Ribes aureum etR. longifiorum Hortul. G. ramulorum foliis inferioribus trilobis: lobis apice 3-dentatis integerrimisve; segmentis caîycinis patenlissimis , tubo subdi- midio brevioribus; petalis apice erosis; baccis globosis. ; Frutex foliorum forma sequenti speciei siraillimus : lobis taœen plerumque profundioribus magisque dentatis dignoscendus. Racemi 7-i5-flori, : racM pu- berula, Bractese knceolato-oblQngas ^ acutittscuîae : inferiores ^-Ç» lineas longsej 20 ED. spAcn. — i^m^fo Grossulariearum. superiores gradatim minores. Pedicelli glaLri, 2-3 lincas longi. Flores iliis Chryiohotryœ revolutœ minores. Calycis tubus 3 i/2-4 lineas longus : seg- menta obovato-oblonga , obtusa, i i/a lineam lata. Bacca pisi majoris magni- tudine. (V. v. c.) b.) Segmenta calycina longitudine tuhi. Bacca matura coccinea vel aurantiaca, v. atronolacea y acidula. Chrysobotrya LiKûLEYANA. Nob. Tab. i.C. Flibes tenuiflorum lÀudA. in Trans. HorC. Soc. Lond. v.'7, p. 2^2; Bot. Reg. tab. t2 36. C. ramulorum foliis inferioribus apice trilobis: lobis integerri- lïiis V. apice tridentatis; segmentis calycinis erecto-patentibus , tubo subœqualibiis ; petalis apice erosis; baccis globosis. Frutcx habita duoriim congenerum. Folia isete viridia, utrinque glabra , maigine minutissime piiberula : floralia ramulariaque infîraa 5-i2 lineas longa, cuneiformia sœpiusve subi'otunda , apice tridentata v. breviter triloba (nonnim- qiîam integerrima) : lobis oblongis v. subrotundis, subsequalibus, plerumque integerrimis ; ramularia superiora gradatim majora , profundius lobata denta- taque ; sumraa (lestate tantum evoluta gemmaque terrainali circiimposita) i5-iB lineas lata, circumscriptione subrotunda , ultra médium 3-v. 5-fida, basi truii- cata V. Iseviter cord&ta ; lobis inciso-dentatis vel trifîdis , inœqualibus, obtusis ; pctioli pruinoso-puberuli. Racemi 7-i5-flori : rac.lii puberula. Bracîeae prorsus ut in prsecedentibus at minores simulac flores. Calycis tubus 2 i/2-5 lineas longus: segmenta suljovalia, obtusa, 2-2 1/2 lineas longa. Baccœ illis Cliry&oho- Iryœ intermediœ subduplo minores. (V. v. c.) KXPLICATIO TABULA I. A. Chrysoholrya rcvoliUa Spacli. i , foîium îormae vulgatius in ramulis haud floriferis occurrentis; — a, follum formre ad basin ramulorum floriferorum vulgalissimaî ; — 3 , f'olium summum ramuli floriferi; — 4, flos (ma- gnilnd. iiatur.); — 5 , petalura (auclum); — 6, racemus fruclifer. B. Chrjsohotrya intermedia Spach. I , folium florale ; — • 2 , flos ( magnit. natur. ) ; — 3 , petalum ( aucl. ) ; — « 4 > calycis seclîo \erlicalis; — 5 , slamen poslice visum (auct.) ; — 6. id. post debisceiitiam, antice visum (auct,); — 7 , ovarii sectio Iransversalis; — 8, racemus fruclifer. C. Chrjsohotrya Lindîeyana Spacli. I, folium superius ramuli sterilis; —2, folium forma tam ad basin ramulorum sterilium, qilam ad raccmorum basin frcquentioris ; — 3 , flos ( magait. natur. ) ; — 4,5, pelala : alte- rum obtusum, alterum aculuui (pari nwdo etiam iu Chr. revohta et Chr. intermedia variant ) j — r 6 , nrenjus fructifère £1), SPACH. — ité'm/o Grossulariearam.' 31 SEGTIO II. Flores reguîares , stylo recto. II. Calobotrya Nob. Flores hermaphrocliti. Calycis tubus obconicus; limbi seg- menta sub antbesi erecto-patentia^ œstivatione imbricata. Nec- tarium tenue, calyce adnatum, ecallosum. Petala fauci calycis inserta , spathulata , erecta, marginibus imbricata , staminibus sublongiora. Stamina calycis fauci inserta : anthercne ellipticœ, apiculatse, filamento subœquilongaî. Ovarium adnatum. Stylus indivisus. Stigmata 2. Semina angulata. Frutex inermis. Folia rugosa, annua, subtus glandulis mini- mis subsessilibus conspersa. Racemi penduli v. cernui^ multi- flori. Bracteœ membranaceœ, magnse, suberectœ. Pedicelli ebrac- teolati V. apice bracteolis 2 minimis caducis instructi : fructiferi haud reflexi. Calyx subtus purpureus , supra petalisque roseus. Species unica, americana : Calobotrya sanguinea. Ribes sanguineum Pursh, Flor. Amer. Sept. »— Douglas, in Transact. Horticult. Soc. Lond. yol. 7, p. 5io,tab. i3.' — Lindl. in Bot. "Reg. tab. i349- ' — Don, in Sweet, Brit. Flow. Gard. ser. 2, tab. roQ. — Hook. in Bot. Mag. tab. 3335. — Loddig. Bot. Cab. fab. 1487. — Suites à Buffon, Phanérog. tab. 47» Frutex dumosa, orgyalis, ramis erectis. Folia 2-4 poUices lata", cordato- ovala, V. cordato-subrotunda , 5-v. 5-loba, inciso-crenata , serrata', supra laete viridia , puberula , subtus molliter pubescentia , subincana , subviscosa , sub lente parce glandulosa , nervis venisque majoribus albis ; lobi plerumque ob- tusi, rotundati; petiolus subtercs , pubescens, lamina subdimidio brevior. Ra- cemi 2-3 poUices longi, pedunculati, densiflori, glanduloso-puberuli. Pedicelli bractea subduplo breviores. Bractese 3-4 liueas longse, i 1/2-2 lineas latae, purpurascentes , ovales, vel obovatse. Ovarium subturbinatum, rufescens, dense glauduloso-viscosum. Calyx 3 ip-4 lineas longus : segmenta obovato- oblonga, obtiisa, tubo longiora. Petala obovato- spathulata , iategemma, seg-: 22 ED. spACH. — Kepisio GrossulariearUjm. mentis calycinis duplo brcviora, Baccœ 2-3 lineas altse, gîanduloso-îiispidulae, nigricantes , cœsjo-priiinosœ, suLgloLosse, v. ellipsoideœ. Crescit in montosis ad oras Aniericœ boreali-occidentalis-, inter gradus o% et 52 Lût. Bor., teste Dougiasio. (V.v. c.) lïL CoiiEosMA Nob. (l) Mores hermaphroditi. Galycis tubus campanulatiis, veotri- cosus : linibi segmenta tubo breviora v. vix longiora, sub antbesi revoluta, sestivatione imbricata. Nectarium calyce adnatum, tenue, ecallosum. Petala calycis fauci ioserta, erecîa, v. reflexa, spathulata, staminibus sublongiora. Stamina faiici inserta : anthepœ ellipticœ, obtuse apiciilatae', basi emarginatse. Ovarium adnatum vel apice liberum. Slyliis iodivisus vei a-4~fidus. Stig- mata obtusa. Seraina angulata. Frutices inermes. Folia rugosa, annua, subtiis v. utriiique glandulis resinosis conspersa, v. glanduloso-puberula, v. sube- glandulosa. Racemi pendui?, moltiflori. Bracteœ membranacese. Pedicelli ebracteolati v. sub apice 2-bracteolati : fructiferi non- nunquam recurvi. Flores îiitescentes v. albidi. Sectio I. Galyx pentagonus, medio ventricosos'. Ovarium adna- tum. Stylus indivisus. Stigmata a. — Bractese pediceilis subdu- plo longiores ; bracteolae ouUae. [A. Glandulœ resinosce, sessiles, pimctlformes ., flavescentes ^ orhicularesj pwicto centrali opaco notatœ in pagina inferiore foliorum copiosissimœ, in superîori pagina, rcunulis florïbusque parcœ (^glandulœ hœ in foliis ad venaium reliculationes sem- pev silœ siint). Puhescentia eglandulosa. COREOSMA FLORIUA. Rihes floridum L'hérit. Stirp. i , tab. 4- — ^liimp- e^. Hayn. Fremd.Holz. i,tab, i. — Dill. Hort. Elth. tab. 244, fig.'SiS.— JRibes recurvatum Michx! Flor. Amer. Bor, (i) Nomena verbis grcpcis xopi?: cimex^ et oap: odor ^ propter odorem cimicimuro spe- cierum quarumdam. ED. SPACH. — Repisio Grossulariearum. 23 C. ramis virgatis, subreclinativS ; foliisacute 3-v. 5-fidis, inciso- serratis, basi truncatis v. cordatis, supra glabris, subeglandulosis, subtus puberulis, punctatis; racemis pubescentibus; bracteis lanceolato-subulatis, ciliatis, pedicellisque demum recurvis ; seg- mentis calycinis oblongo-spathulatis, obtusis, tubo sublongiori- bus ; petalis obovato-spathulatis , subdeoticulatis , revoluîis , segmentis calycinis subduplo brevioribus; baccis subglobosis^ punctato-glandulosis (nigris). Frutex dumosus, 3-4 pedes altus. Caules erecti.Tolia 2-4 pollices lata, graveo- lentia, circumscriptione plerumque subrotunda , supra laete viridia , subtus palli- diora, 3-v. 5-nervia, venosa, tenue reticulata : nervis venisque alLis; lobi triangulari-obloogi-v. ovati, v. raro subrotundati : latérales terminali breviores; petiolus gracilis, supra compressus, subcanaliculatus, lamina subdimidio bre- vior. Eacemi 1 1/2-3 pollices longi, pedunculati, graciles , laxiflori. Bracteae3- 6 lineas longse, e viridi flavescentes. Calyx 3-4 lineas longus, e viridi flavesceus : tubus glaber; segmenta glabra, v. ciliata, v. pubescentia, obtusissima, v. sub- acuminata. Petala pallide flava. Stylus petala subsequans. Bacca maguitudiae pisi majoris, sapore cimicino. Crescit in America septentrionali. (V. v. c. et s. sp.) B. Glandulœ sessiles nullœ. Pubescentia glandulosO'-viscosa, GOREOSMA VISCOSISSIMA. Ribes viscosissimum Pursb^ Flor. Amer. Sept, — Douglas, in Trans. Horticult. Soc. Lond. vol. 7, p. 5ii. C. foliis cordato-trilobis, obtusis, serratis, rugosis, utrinque glanduloso-puberulis , viscosis; racemis longissimis, laxifloris; segmentis calycinispanceolato-oblongis, undulatis; petalis obo- vatis, integerrimis; bracteis lineari-spatbulatis, pedicellos duplo superantibus; baccis turbinatis, hispidis. Frutex orgyalis , dumosus , partibus herbaceis omnibus glanduloso-puberulis, viscosis. Folia 3-4 pollices longa, 1 1/2 poUicem lata, graveolentia. Racemi fere 6 pollices longi. Flores speciosi, suaveolentes. Calyx stramineus^ jnedio ven-^ tricosus. Baccu nigricans, sapore ingrato. Crescit in Americee septentrionalis montihus Rocky, inter gradus 46 et 5% Lat. Bor.,usque in altitudine 8,000 ped. aDouglasio reperta.(Descriplio ex aUQ« toribus citatis), 24 i'i>. spACiï. — ii^ms/oGrossulariearuin. Sectio IL Calycis tubus latissimus , exacte campanulatus. Petala reflexa. Antherœ glandula concava coronatœ. Ovarium apice liberum. Stylus profunde 2-4-fidus. — Bractea3 pedicellis bre- viores.Bracteol?e i , suboppositae paulo inira apicem pedicel- lorum. Racemi penduli , pedunculati. Foliorum lamina eglan- duloso-pubescens. GOREOSMA MULTIFLORA. Ribes multiflorum Kunth, in Humb. et Bonpl. Nov. Gen. et Spec. V. 6 , p. 60 ( non Kitaib. ) — Rihes Kunthii Berland. in De Cand. Prodr. v. 3,p. 48a. G. foliis subquinquelobis, duplicato-serratis, subcordatis, pu- berulis : lobis acutis; petiolis basi ciliato-glandnlosis ; racemis solitariisv. paniculato-congestis, glanduloso-puberulis; segmen- tis calycinis oblongis, acutis, longitudine tubi ; petalis spathu- latis, acutis, segmentis calycinis dimidio brevioribus. Frutex ramosissimus. Rarauli subpuberuli. Folia i5 lincas longa, 16-1711- ncas lata; lobi abbreviato-ovati , externi saepe obsoleti; petiolus 9-10 lineas îon- gus, fîliformis. Racemi subtripolllcares : rachis fîliformis; pedicelli 5-Q lineas longi. Flores raagnitudine floris Grossularice vulgaris. Bractese spath ulatae , acutse, planae^ 3-4 linoas longœ; bracteolae lineares, acuminatae, carinato-sul- cataî, 2 lineas longœ. Calyx externe pubescens. Stamina petalis vix breviora , crecta. Ovarium turbinato-hemisphœricura, glabrum. Stylus 3-v.4-fidus , sta- mina œquans. Fructus haud notus. et cl, 5iws ÎB Bol, Mag. tal>,i583, ED. SPACH. — Revisio Grossulariearum. 3i nato-serratis-dentatisve , profiinde v. obsolète trilobis , basi truncatis, v. cuneatis, v. subcordatis ; racenais (sterilibus) brève pedunciilatis , densifloris ; pedicellis florem subsequantibus , apice dibracteolatis; segmentis calycinisobtusiusculis, tubo du- plo brevioribus; stylo apice bifido. Frutex (ex Ruiz et Pav.) orgyalis. Caulis erectus. Rami virgati , lœves. Ra- muli novelli puberuli. Folia 6 lineas-3 pollices longa, 4-25 lineas lata, utrinque (saltem adultiora) glabra, supra lucida, subtus 3-nema (juniora ad nervos pu- berula), glandulis aureis conspersa: lobioyati, v. ovato-oblongi , v. subrotundi, y. obsoleti, obtusi, nunc subsequales, nunc terpainalis lateralibus plus rai- nusve productior ; dentés v. creuse inucronatae, plerumque simplices; petiolus 2-6 lineas longus, parce glandulosus. Squamœ gemmarura membranacese, sca- riosse, fulvse. Racemi 2-3 pollices longi : racbis paberula, egîandulosa. Bracteae 3-4Hneas locgae , i lineam latse , membranacese , subscariosse, i-tierviae, lan- ceolata; , v. oblongo-lanceolatse , cuspidatse , margine pubescentes : infcriores floribus lougiores. Bracteoîse ad apicem singuli pedicelli oppositae , subadpressae, ovario lougiores, lineari-lanceolatse , cuspidatse. Flores 3 lineas longi. Segmenta calycina ovato-oblonga. Stylus stamina paulo superans. Bacca (ex Ruiz et Pav.) rubens, punctata. Grescit in Regni Chilensis provinciis aiistralioribus. (V. s. sp. inHerbarioLes- sertiano lect. a. cl. Gaudichaud , Gay, et Bertero.) Rebis ebracteolata Nob. Ribes alpinoides Dombey, manscr. in lîérbar. Mus. Paris. R. foliis ovatis , v, ovato-oblongis, v. subrotundis, grosse cre- iiato-serratis dentatisve, profunde trilobis, basi truiicatis, v. cu- neatis, v. subcordatis; racemis (sterilibus) laxiusculis; pedi- cellis brevissimis, ebracteolatis; segmentis calycinis tubo di- midio brevioribus ; stylo subsiraplici. Frutex habita et foliis omnino prsecedenti similis. Pedunculi subpollicares , cum rachide pubescentes, eglanduiosi. Racemi pollicares vcl bipollicares, graciles. Bracteœ ut in prseccdente. Pedicelli ovario breviores. Bracteoîse nullœ. Flores 2 lineas îongi. Segmenta calycina ovato-oblonga, in cuspidem brevem inflexam producta. Stylus stamina paulo superans^ apice brevissime bifidus. Crescit iu Reguo Chilensi. (V. s. sp. in Herbario Musaei Parisiensis.) (La suite « un prochain cahier.J 32 CAGNIABD-LATOUR. — Noiw. procluctîon Végétale confewoïde. MÉMOIRE sur un végétal confervoïde d'une nouuelle espèce; Par M. Càgniard-Latour. (Extrait d'iiu mémoire présente à l'Académie des Sciences; le li mai l835.) J'ai désiré savoir ce qui arriverait si de Teau potable ordinaire était mise pendant long-temps en contact avec un gaz tenant en dissolution de la vapeur d'acide acétique. Pour atteindre ce but, j'ai placé dans ma cave, le 20 mars i834, un verre à pied rempli d'eau de Seine filtrée, puis j'ai fait plonger dans ce li- cjuide le bout ouvert d'un tube ou espèce d'éprouvette courbée en siphon dont la branche fermée contenait deux grammes environ de vinaigre dit de Mollerat ou vinaigre de bois : l'espace restant dans le siphon était occupé par l'air atmosphérique. Ce gaz, enfermé ainsi, et chargé de la vapeur acétique qu'il a pu dissoudre à la température ordinaire, a provoqué peu-à- peu dans la masse d'eau avec laquelle il communiquait par l'orifice du tube, le développement d'une production flocon- neuse blanche d'abord , mais qui en devenant plus abondante a pris une couleur d'un vert foncé presque noir , coloration d'autant plus remarquable que ma cave est d'une obscurité à- peu-près complète. Le 27 novembre, c'est-à-dire au bout d'environ huit mois, j'ai eu l'occasion de montrera M. Turpin cette production dont la couleur a, dès le premier abord, fixé son attention ; par quel- ques investigations microscopiques, il a trouvé qu'elle était composée de filamens très tenus, confervoïdes , sans cloi- sons, incolores, et dont les plus avancés, d'un diamètre plus considérable, sont rameux et colorés. Mais ensuite, par un nouvel examen , il a découvert que cette conferve est armée de rameaux pointus comme un végétal épineux, et a jugé d'après ce dernier caractère qu'elle forme une espèce tout-à-fait nou- velle. Ce savant académicien en a même fait va\ dessin détaillé qu'il a bien voulu me remettre et que je joins ici. Le 2 1 août de la même année , j'ai exposé dans ma cave ua GAGNiARD-LATOUR. — Noiw. productiou végétale conferpoïde. ^3 second appareil semblable; au bout de trois mois l'eau du verre contenait déjà plusieurs petits amas d'une production végétale analogue à la précédente, ce qui autorise à penser que l'oii pourra toujours s'en procurer à l'aide du même procédé, en admettant toutefois que, dans les liquides employés , ou dans l'air en contact avec eux, il se trouvera des seminules propres à reproduire l'espèce de Conferve dont nous venons de parler." Le 1 7 décembre, j'ai sorti de la cave ce second appareil pour le placer à la lumière diffuse, dans une chambre dont la tem- pérature était toujours au-dessus de -|- lo degrés centigrades ; par ce changement , le développement des Conferves loin de se ralentir a pris au contraire plus d'activité. Il est presque su- perflu de dire qu'on a soin de remplir les verres à mesure que leur niveau s'abaisse par l'effet de l'évaporation. Le 7 janvier i83^, on amis dans la même chambre un appa- reil semblable sans qu'd ait préalablement séjourné à la cave; le verre contient maintenant un produit floconneux assez abondant, mais qui est encore à-peu-près incolore, (i) A la même époque on avait placé à côté de cet appareil p comme moyen de comparaison, un verre qu'on entretient tou- jours plein d'eau : jusqu'à présent celle-ci n'offre rien de par- ticulier, si ce n'est quelques filamens prescjue imperceptibles. Enfin le i3 février, j'ai disposé dansraa cave deux nouveaux appareils dont l'un contient de l'eau pluviale , et l'autre de l'eau tirée d'un puits. Par l'action de l'air chargé de vapeur acétique, ces liquides se sont troublés au bout de peu de jours comme c'était arrivé avec l'eau de Seine. On voit maintenant des flocons filamenteux dans les deux verres, mais le produit de l'eau plu- (i) Il s'est déposé au fond de ce verre quelques flocons roussâtres qui, vus au microscope, paraissent tout-à-fait amorphes. Cette matière repose sur une couche mince de liquide jaune- brun transparent et sans saveur ni odeur sensibles. Ce liquide qui, sans doute, est une disso- lution aqueuse de matière rousse plus ou moins altérée n'est ni acide, ni alcalin. On n'aperçoit pas de matière rousse dans les verres contenant les Conferves; cependant ou serait tenté de soupçonner qu'il se forme aussi dans ces appareils une matière analogue, mais que peut-être elle est absorbée dès sa naissance et employée comme une sorte de nourriture pour le développement de ces conferves. Notre hypothèse est fondée sur ce que les Conferves, comme on le verra bientôt, cessent de croître lorsqu'on les soustrait à l'action de la vapeur acétique. IV, BoTAif. =— Juillet. 3 34 CAGNiARD-LATOUH. — iVoz/^. production végétale conferçoide. "viale est incomparablement plus abondant que celui de l'eau de puits. J'ai essayé de temps en temps avec le papier de tournesol l'eau de mes verres , et j'ai remarqué: i° qu'avec les appareils placés dans la cave l'eau avait une réaction acide, laquelle se manifeste ordinairement quinze jours après que l'expérience est commencée; 2° qu'avec l'appareil sorti de la cave pour être placé dans la chambre dont j'ai parlé, la réaction acide avait cessé de se manifester peu de temps après cette translation , et qu'à aucune époque cette réaction n'avait eu lieu avec l'eau de l'appareil placé dans la chambre le 17 décembre. L'absence d'acidité dans ces deux derniers appareils vient sans nul doute de ce que l'eau s'évapore plus vite, et dépose par ce moyen assez de carbonate calcaire pour neutraliser l'acide à mesure qu'il est fourni par l'air du siphon. Ce carbo- nate est même en excès à ce qu'il paraît; car on découvre dans l'eauj à l'aide du microscope, beaucoup de petits cristaux polyé- driques, tandis que l'on n'en voit pas dans l'eau acide. J'ai mis en réserve le 17 décembre i834, "ii amas de mes Conferves dans l'eau de Seine que contient une petite bouteille débouchée; depuis qu'elles sont ainsi soustraites à l'action de la vapeur acétique, elles ont cessé de croître, mais jusqu'à présent elles ne semblent pas avoir éprouvé d'altération. M. Dutrochet, dans un mémoire qu'il a lu à l'Académie des sciences le 23 décembre i833, a fait remarquer qu'une très petite dose d'acide hydrochlorique ou autre ajoutée à une dissolution aqueuse d'albumine d'oeuf, favorise le développement de Moisis- sures dans cette dissolution (V. le journal l'Institut, n<*34)- On peut se rappeler qu'après la lecture de ce mémoire , M. Edwards aîné a rapporté une observation analogue qu'il avait faite ré- cemment , et d'où il résulte que si l'on fait germer des graines de Céréales sur de l'eau légèrement acidulée, on voit bientôt naître des moisissures sur ces graines , lesquelles en ce cas ne sont qu'un territoire ou plutôt un point d'appui pour les moi- sissures. D'après ces observations de MM. Edwards et Dutrochet, j'ai exposé dans ma cave un verre rempli d'eau à laquelle j'ai mêlé TURPiN. — addition au mémoire de M. Cagniard^Latour. 35 une très petite quantité d'acide acétique, pour savoir si les Conferves noires se produiront dans cette eau acidulée ; dès que cette expérience sera terminée, je m'empresserai défaire con- naître les résultats que j'en aurai obtenus. On voit en résumé, d'après tout ce qui vient d'être rapporté sur les Conferves noires produites dans l'eau soumise à l'action spontanée de l'air chargé de vapeur acétique : 1° Que ces Conferves, comme cela a lieu pour les embryons des autres végétaux, semblent ne poavpir germer et se déve- lopper que dans un lieu humide et obscur, mais que leur déve- loppement une fois commencé peut ensuite se continuer dans un endroit éclairé ; 1^ Que ces productions, lorsqu'on les tient immergées à l'écart, comme nous l'avons indiqué, peuvent malgré cet isolement subsister long-temps sans s'altérer d'une manière sensible, mais qu'elles cessent de croître pendant qu'on les soustrait ainsi à l'action de la vapeur acétique ; 3° Enfin que M. Turpin,en étudiant ces Conferves au micros- cope, a découvert qu'elles ont des rameaux droits terminés en pointes très aiguës, et ^\\q sous ce rapport elles diffèrent entiè- rement de toutes les espèces connues. Note ajoutée au mémoire de M. Cagniard-Latour , Par M. TnRPijy. Au mois de novembre i834, M. Cagniard-Latour eut l'obli- geance de me communiquer divers produits floconneux et gé- latineux qu'il avait obtenus dans une suite d'expériences faites en l'absence de la lumière et en grande partie de l'air atmosphé- rique, et dont le but était de savoir ce qui se formerait dans des eaux de différente nature soumises au contact de divers gaz. 3. 36 TURPiN. — ' addition au mémoire de M. Cagniard-Latour. Parmi ces productions, toutes organisées à des degrés diffé- rens, celle que vient de faire connaître M. Cagniard-Latour est aussi celle dont je joins ici un dessin; et sur laquelle je vais dire quelques mots. Vue à l'œil nu, cette production, soit en dedans, soit en de- hors du liquide dans lequel elle a végété , se présente sous l'as- pect de petites membranes, ou plus souvent de petits flocons globuleux, variables en grosseur depuis le point jusqu'à la noix, soyeux, veloutés, blancs ou blanchâtres d'abord, puis ensuite d'un vert bouteille foncé. Ces flocons, suspendus dans le liquide ou posés au bas du. vase, sont rayonnans dans leur extension , très onctueux ou gélatineux au toucher , et n'offrent ni odeur ni saveur sensibles. Cette première inspection suffit à celui qui a l'habitude d'ob- server les objets microscopiques, pour avoir la certitude qu'une telle production est organisée, qu'elle est filamenteuse, confer- voïde et par conséquent végétale. Mais on ne peut encore rien décider sur son véritable degré d'organisation , encore moins la rapporter ou la rapprocher d'un genre ou d'une espèce déjà connus avant d'avoir acquis, par l'action du microscope, la connaissance de ses caractères, car, à son seul aspect, on pourrait facilement la prendre pour l'Oscillaire d'Adaoson. (i) Lorsque l'on place sur le porte-objet du microscope, armé du grossissement de sSo à 3oo fois, une très petite portion d'un flocon étendue dans une guttule d'eau, on voit (fig. 2 et 3) un grand nombre d'individus confervoïdes , filamenteux, tubuleux sans cloisons ou diaphragmes transversaux, flexueux, enchevê- trés les uns parmi les autres , terminés en pointes effilées et in- colores, munis de rameaux alternes assez éloignés les uns des autres et également terminés en pointes incolores ou en forme de dards. Toiïs ces individus d'âges différens et appartenant sans doute à des générations qui se sont succédées, sont, les plus jeunes, de la plus grande ténuité possible quoique déjà rameux; ce ne sont que des filamens pleins, d'une seule venue, (i) Osctllaria Jdamonii, Dict, sciçnces nat, AU, tom, ?j pi. j4j ^S' ï « ^> ix^ïi.vm.^jdddition au mémoire de M, Cagniard-Latour, 87 et clans l'épaisseur desquels on ne voit point encore de corps reproducteurs. D'autres, plus avancés en âge, mais encore dia- phanes et sans couleur, offrent déjà, dans leur intérieur, quel- ques seminules ou corps reproducteurs ; d'autres enfin , qui paraissent avoir atteint le dernier terme de leur développement (fig. 3), sont colorés en vert olive (i), moins cependant à leurs extrémités naissantes, et contiennent dans leur intérieur un grand nombre de globules reproducteurs rangés ou développés à la file les uns des autres et à des distances assez égales (2). Le diamètre d'un de ces individus, mesuré à l'aide du micromètre, est d'environ 1/80 demill. , et celui d'une seminule ou globule reproducteur de i;3oo (fig, 5). Ces individus filamenteux, d'une très grande longueur, dif- fèrent des Oscillaires par leur plus grand diamètre, par leur dé- faut de cloisons transversales , par la présence de leurs globules reproducteurs, par leurs rameaux et par la privation absolue de ces mouvemens d'ondulation, de détente ou de reptation dont jouissent les diverses espèces d'Oscillaires. Ils ont quelques rapports avec la Lyngbye des murailles (^Lynghya muralis) (3) , par le diamètre , par la présence et la si- tuation des globules reproducteurs, par le défaut de cloisons, et enfin par l'absence de mouvement qui ne se remarque jamais (i) La couleur verte olive n'a lieu que chez les seminules mûres, jamais dans le tube-mère de la conferve qui les contient ; ce tube est toujours blanc et transparent comme un cristal sans couleur. La couleur verte ou pourpre des Hydrophy tes , les couleurs verte, pourpre , bleue, jaune, etc. des autres végétaux dépendent, presque toujours, de la présence et de la couleur propre de la globuline renfermée, soit dans le tube des végétaux confervoïdes, soit dans les vésicules du tissu cellulaire, lesquels sont généralement transparens et incolores. Ces organes remplis de leur globuline peuvent être justement comparés à des vases de verre blanc que l'on colorerait artificiellement en les remplissant de grains de diverses couleurs. (2) Dans la tige tubuleuse des Conferves, des Céramies, etc., les espaces creux limités par deux cloisons transversales me paraissent identiques avec les articles ou mérithalles des végétaux pha- nérogames, principalement de ceux dont les tiges sont creuses comme celles des Graminées, des Ombellifères, etc., et les cloisons aux nœuds vitaux d'où émane la feuille et d'où sort l'embryon axillaire. Aussi voyons-nous toujours les bourgeons ou les rameaux latéraux des Confervoïdes rameuses partir du sommet latéral de l'un des mérithalles creux. Dans les tiges du végétal dont il est ici question, je crois que les globules reproducteurs sont des cloisons épaissies, noduleuses, comparables aux nœuds vitaux des autres végétaux et doués comme ceux-ci, de moyens de reproduction. (3) Oscillaloria parictina. Vauch. Hist. des Conferv., p. 196, pi. i5, Cg. 8. 38 TURPTN. --^Addition au mémoire de M. Cagniard-hatour. dans la Ljngbya muralis; mais ils s'éloignent essentiellement de cette dernière confervoïde par leurs rameaux, et surtout par la manière dont ces rameaux sont effilés en pointes aiguës. Elle diffère encore des véritables Con fer ves, dont toutes les espèces ont pour caractère principal d'avoir le tube cloisonné de distance en distance. Le seul genre qui paraisse lui convenir est le Chœtophora de Lyngbye, dont les filarnens rameux et sans cloisons contiennent les seminules reproductrices rangées à la suite les unes des autres. C'est donc dans ce genre qu'il convient de placer la production confervoïde obtenue et obser- vée par M. Cagniard-Latour, à côté de l'espèce décrite et figurée sous le nom de Chœtophora elegans (i), et, comme espèce nou- velle, nous proposons de la nommer Chœtophora Cagniardiiy par reconnaissance pour !e savant: physicien qui a bien voulu me communiquer cette intéressante végétation. Ayant conservé pendant plusieurs mois cette Choetophore renfermée dans un petit bocal rempli d'eau , elle continua d'y .^ivre. Les flocons y conservèrent leurs formes et leur couleur naturelle, mais ils ne prirent aucun accroissement sensible , et il ne se forma, dans leur voisinage, aucun autre flocon pouvant être attribué au développement d'une^seminule échappée des anciennes Chœtophores. Quelque temps après, je vis ce végétal perdre , peu-à-peu, la couleur vert-foncé, devenir roussâtre, puis se décomposer et se précipiter au fond du bocal en une espèce de dépôt granu- leux. Huit ou dix jours plus tard, il s'éleva au-dessus de ce dé- pôt quelques légers flocons sans couleur, et qui annonçaient une nouvelle génération provenant des seminules des individus qui venaient de finir. En effet, ayant porté sous mon microscope de petites portions des flocons dont je viens de parler, je trouvai que ces flocons étaient formés d'une grande quantité de seminules plus ou moins avancées dans leur germination, et qu'en prenant plus de surface et en devenant plus légères, par le développement de leurs gemmules tubuleuses, elles s'élevaient à une certaine hau- (i) Lyngbye. Tent. Hydroph. p. 192. Tab. 65, Cg. D, x. 2, 3. TURPiN. ' — addition au mémoire de M. Cagnîard-Latour. 3g teur dans l'épaisseur du liquide. Ces seminules germées offraient, comme cela se voit dans le développement des extensions tu- bulaires des vésicules polliniques, tantôt une et tantôt deux gemmules incolores, dans lesquelles on apercevait déjà des ru- dimens de nouvelles seminules. Le dépôt qui occupait le fond du bocal, observé à son tour, se composait i ° d'un grand nombre de fragmens ou plutôt de petits tronçons de Chœtophores dans lesquels on voyait encore une , deux ou trois seminules qui s'y trouvaient engagées; i° de seminules isolées du filament-mère , et qui ne pouvaient s'élever dans le liquide à cause du peu d'é- tendue de leur surface et de leur pesanteur spécifique; 3° de rudimens de seminules ; et 4o de particules provenant de la dé- composition des tubes-mères. Les seminules à l'état d'isolement ne montraient aucune es- pèce de mouvement qui pût leur être propre. Les seminules rudimentaires et les particules de matière organique mêlées avec ces seminules étaient tout aussi inertes. Malgré tous les efforts que j'ai faits pour m'assurer si les semi- nules se composaient d'un noyau vital et d'une enveloppe vési- culaire protectrice , comme cela a lieu le plus généralement, je n'ai pu apercevoir qu'un globule nu susceptible de s'étendre , vitalement, en filamens par un ou deux points de sa périphé- rie et de reproduire ainsi indéfiniment l'espèce, (i) La grande simplicité du corps reproducteur de cette Conferve, déjà si simple en elle-même, n'a rien qui doive étonner, riea qui puisse contrarier les analogies et surtout cette imposante gradation qui existe entre tous les objets de la nature et qui lei (i) Il est remarquable que les seminules ou corps reproducteurs de presque tous les végé- taux confervoïdes, celles des Champignons, les articles seminulifères des Monilia et les vésicules polliniques aient une organisation analogue, organisation qui consiste dans un noyau vital, seul susceptible de s'étendre et de végéter, et dans une vésicule ou enveloppe protectrice qui a celle de vivre et qui ne peut que se déchirer dans l'acte de la germination de ces corps; Une structure semblable existe encore, comme on le sait, dans le globule sanguin et organisé des animaux, qui se compose de deux parties , d'un noyau et d'une enveloppe. Quand on ob» serve, sous le microscope, les globules sanguins, gros et ovoïdes de la Grenouille ou d'autres Ba- traciens, on voit souvent des globules dont les deux parties constituantes, le noyau et l'envelop- pe, se sont séparées l'une de l'autre. 4o 'rv^'PïS.*'^ Addition au mémoire de M. Cagniard'Latour, lient du plus simple au plus composé en ne faisant pour ainsi dire qu'ajouter des choses nouvelles aux choses déjà créées. L'embryon du végétal le plus compliqué, en le dépouillant de tous ses accessoires ou de toutes ses enveloppes protectrices, n'est également, pris à son début, qu'une semimile globu- leuse, homogène, qui d'abord s'étend par rayonnement dans tous les sens à-la-fois , puis par deux points principaux, et en déroulant successivement les diverses parties qui caractérisent le végétal-mère, dont il n'est véritablement qu'une continuité. Quand on a été souvent témoin de toutes les évolutions que subit une conferve depuis la seminule jusqu'au parfait état de ce végétal , jusque même à sa décomposition , qui est l'époque de la dissémination des seminules reproductrices ; quand on est à même,^par la connaissance anatomique et physiologique des végétaux d'un ordre supérieur, de sentir les analogies , on s'é- tonne au plus haut degré de ce qu'il se soit trouvé des auteurs qui aient considéré les Conferves, les Champignons, et même les Charas , productions si végétales , comme des Polypiers contenant des amas d'animalcules!! EXPLICATION DE LA PLANCHE II. Fig. I. Un ou plusieurs flocons de grandeur naturelle et vus à l'œil nu. Herbages microsco- piques composés d'un nombre considérable d'individus appartenant au genre Chœtophora et à l'espèce nouvelle nommée Cagniard'd, Fig. 2, Quelques individus d'âges différens, vus sous le microscope armé du grossissement de aSo à 3oo fois. Les individus incolores senties plusijeunes ou appartiennent, peut-être, à une génération plus nouvelle que celle des individus colorés eu vert olive. Fig. 3. Un seul individu vu avec un grossissement plus'considérable. Ce végétal très simple se compose, pour toute organisation, d'une tige tubuleuse, sans cloisons , munie de rameaux latéraux, allcrnes, terminés en pointes droites et incolores. Dans l'intérieur de la tige princi- pale et des rameaux on voit un grand nombre de globules reproducteurs (seminules) développés successivement en une seule série à la suite les uns des autres. Vers les extrémités des rameaux sont les globules les plus jeunes, les plus petits et les moins colorés. Fig. 4. Lorsque cette Conferve a acquis tout son développement, elle ne tarde pas à subir le sort de tous les êtres organisés ; elle devient malade, meurt et se décompose dans ce qui lui appartient, c'est-à-dire dans la tige tubuleuse qui a nourri et protégé les globules reproduc- teurs qui, seuls vont continuer de vivre et de se nourrir, par absorption et assimilation des dé- tritus environnans et provenus de la décomposition de leur mère. a. Fragmens ou tronçons de s. F. TAUSCH. — Classification des OmheUifères. 4i la [conferve-mère décomposée et contenant encore une, deux ou trois seminules ; b. semlnule isolée; c. seminule s'élendant en une seule gemmule; d. une autre geri^ant par deux points opposés à-la-fois. Parmi les objets que nous venons d'indiquer on voyait encore des granules qui étaient probablement des rudimens de seminules avortées et de particules dues à la décompo- sition de la conferve-mère. |j Fig. 5. La distance indiquée par les deux lignes représente un centième de millimètre, de manière qu'en y plaçant un morceau de tige de la Conferve décrite ou ait une idée assez précise de sou diamètre et de celui de ses globules reproducteurs. Classification des Ombellifères ; par J. F. Tauscii. {Flora, t834, 72°^ 22 et 23.) La forme de l'albumen a servi à MINL Roch et De Candolle pour subdiviser la vaste et difficile famille des Ombellifères; mais le terme de Campylospermes ne convient point à toutes les plantes qu'on fait rentrer dans ce groupe. Ainsi \q Smyrniwn a le même albumen campylosperrae que présentent plusieurs Chœrophyllum. Un genre nouveau, Malahaila^ vient réunir les Campylospermes aux Cœlospermes. L'auteur signale -en- core d'autres anomalies que lui a présentées l'étude des genres de cette famille. Le Bupleurwn rotundifolium et peut-être aussi le B. protractum sont campylospermes , tandis que les autres espèces de ce genre sont oYÛios^ç.rmes.'LQs Laserpitiwn offrent des déviations non moins nombreuses : le L.Siler est campylo- sperme; les L. latifoliwn et gallicum n'ont qu'un canal très étroit; dans le L. hirsutum l'albumen est piano-concave (p/ia/zo- excavatum) et dans les L. pruthenicum et pilosum , il est en- tièrement plane. Ces passages se retrouvent dans les Daucus et les Chœrophyllum : le D. muricatiis est carapylosperme, le D. puhescens l'est un peu moins, et fait le passage aux vrais Daucus (Sect. II. D.C.): le D. pulcherrimus Koch et D.C. est également campylosperme , mais il appartient par d'autres ca- ractères au genre Caucalis, où il avait déjà été rangé par Willdenow. Le Chœrophjllum aromaticum présente l'albumen roulé sur ses bords; dans les Ch. aurewn et hirsutum , il est ca- naliculé,etdans le Ch. co/c?m/MAW on peut tout aussi bien l'appeler 42 j. F. TAUSCH, — Classification des Ombellifères. orthosperme, qu'on le fait pour le Daucus muricatus et le ha- serp. hirsutum. Enfin il ne faut point perdre de vue ÏHasselquis- tia, qui porte deux sortes de graines: celles du rayon sont or- thospermes, et celles du disque cœlospermes; la même chose se voit dans le Coriandrum. Il serait à-peu-près impossible de faire disparaître , par la création de genres nouveaux, ces anomalies dans une famille qui présente déjà un nombre de genres peut-être trop considé- rable. En outre, un certain nombre de genres présentent des albumens qu'où ne peut ranger dans aucun des groupes ad- mis par MM. Koch et De CandoUe : tels sont les genres Cicuta , Hacquetia, Malabaila et ^strotricha. De quelque importance que soient d'ailleurs les organes de la fructification , l'albumen n'est qu'accessoire, et ne doit donc point servir de base à une division : l'auteur pense qu'on ne devra faire mention de ce caractère que dans les genres où il présente une différence mar- quée. Les nombreuses recherches faites par M. Tausch lui ont fait acquérir la conviction que les idées d'ombelles complètes ou incomplètes , simples ou composées doivent entièrement disparaître, la plupart des tribus présentant ces diverses modi- fications réunies. Voici la division qu'il propose : TABLEAU DES SOUS-ORDRES , TRIBUS , SOUS-TRIBUS ET GENRES DE LA FAMILLE DES OMBELLIFERES. Subordo I. MERIGARPjE. Frucîus bipartibilis , constans mericarpiis duobus utriculatis, utriculis latis aut adhserentibus aut raio incompletis , commissura plus minusve fenestratis et pericarpium bivalve biloculare mentienîibus. Tribus I. Ceramospeum^e s. Testace^. Fructus globosus aut globoso-didy- mus, jugis filiforraibus primariis aut simul secundariis , mericarpiis utriculos incompletos commissura plus minusve fenestratos, seu pericarpium bivalve bi- loculare constilucnlibus. Subtribus I. Coriandreœ. Char, tribus, —r Coriandrum, Bifora. Tribus II. PaîYNCHOsPERMiE s. Rostkatje. Fructus pyramidatus aut cylin- draccus elongalusvc, a lalere contractus, apice rostratus, aut plus minusve attenuatus stylisve rigidis rostratus, mericarpiis utriculatis nudis, aut nonnun- quam sclulosis, jugatis, jugis primariis aut simul secundariis costatis. j. F. TAUSCH. — Classification des Omhellijères. 4^ Subtribus W.Scandicineœ. Fructus pyramidatus auî cylindraceus elongatusve a latere contractas, apice plus rainusve attenuatus, aut rostro stylisve rigidis rostratus, nudus, aut raro setulosus, mericarpiis 5-jugatis, jugis fîliformibus quandoque basi obliteratis, quandoque argutis [Myrrhis] quandoque obtusis {Lecokia). — Scandix , AnthriscuSj Caldasia, Phyaocaulis T., Lecokla, MyrrJiis, Rhynchosiylis T. j Chaerophyllum , Cryptotœnia , Osmorhiza , Grammosciadium , Schulzia?^ Turhith T. Subtribus III. Cumineœ. Fructus cylindraceus elongatus, apice attenuatus a latere contractus, mericarpiis jugis S-primariis, 4-secundariis, omnibus fîlifor- mibus. — Cuminum j Trejptocarpiis. Tribus III. AcanthospehMje s. Armat^. Fructus teres aut compressus, me- ricarpiis utriculatis jugatis, jugis omnibus ia aculeos setasve libéras aut basi cohaerentes excurrentibus. Subtribus IV. Caucalideœ. Fructus teres, aut a dorso aut a latere contractus, mericarpiis jugis 5-primariis, quorum duolateralia piano commissurali imposita, setulosis, secundariis4 evidenter armatis. — Orlayaj Daucus,Caucalisj Tur- genia, Torilis. Subtribus V. Trachymarathreœ. Fructus teres,mericarpiis jugis 5 primariis, armatis, secundariis nullis. — Tmchymarathrum T. Tribus IV. PTERYocsPERMiE s. ÂLATiE. Fructus tcrcs aut compressus , meri- carpiis utriculatis , jugis omnibus aut nonnuUis in alas membranaceas libéras intégras, aut raro lobatas excurrentibus, aut expansis et fructum 4-8-alatum formantibus. Subtribus VI. Mulineœ. Fructus a dorso compressus, imo compressissimus, commissura contracta, àut non contracta; mericarpiis jugis 5 primariis, niedio dorsali, et 2 commissui'aiibus (commissura contracta) aut 2 lateralibus (com- missura non contracta) fîliformibus, a intermediis in alas intégras aut sinuato- repandas expansis. Umbellae simplices aut paniculato-ramosae. — Drusa, Mali- num, IHposis. Subtribus. Nil. Angeliceœ. Fructus teres, aut a dorso compressus, aut raris- sime a latere contractus, mericarpiis jugis 5 primariis, modo omnibus alatis sœ- pius 5 dorsalibus cosîatis (filiformibus aut argutis) et 2 lateralibus alatis. Thap- sium, Prangos?, Hymenolœna? _, Colladonia?, Angelica, Callisace, Leçis- ticum, Archangelica , Ostericum, Selinum (Gaya) . Le Gaya simplex est un véritable Selinum; M. De CandoUe paraît en avoir formé le caractère générique d'après le G. pyrenaica. Subtribus VIII. Laserpitieœ. Fructus a dorso compressus, raro teretiusculus, mericarpiis jugis 5 primariis filiformibus, 2 lateralibus piano commissurali irapo- sitis, secundariis 4 omnibus aut 2 exterioribus alatis. — Laserpiiiitm [Cymople- riis)j Thapsiaj Elœoselinum, Melanoselinum, Lophosciadium, Artedia. 44 J* !■• TAUscH. •— Classification des Ombellifères. Tribus V. DiCLiDOsPEEM/E s. Valvat/e, Fructiis a dorso lenliculari-vel piano- compressus, coramissura non angustatus, raericarpiis utriculatis, jugis 5 prima- riis, rarissime et secundariis, raro omnibus costatis, sœpissime 3 dorsalibus ces» tatis, 2 lateralibus in alas aut margincs incrassatas sed raphe marginali junctas dilatatis , et fructum utrinque unialatura formantibus. Subtribus IX. Peucedaneœ. Fructus a dorso lenticulari-vel plano-compressus; commissura non angusîata, mericarpiis jugis 5 primariis, rarissime omnibus cos- tatis, sœpissime 3 dorsalibus costatis, filiformibus aut argutis, et 2 lateralibus in alas marginesve incrassatas sed raphe marginali junctas dilatatis, et fructum utrinque unialatum formantibus. la Masse l(^itistia,îriictus disci marginibus con- ttactis formam urceolatam acquirunt. — Anethum^ Ferula , Eriosynaphe , Palimbia ("excl. P. Chabrœi quce Peucedenum) , Peucedanum. (Ce genre tel que l'admet M. De Candolle, est trop vaste ; M. Tauscb n'y compte que la section Eupeucedanurn D. C. et les P. alsaticum, latifoUum D. G. et Chabrœi Gaud. Le Cervaria Gsertn. auquel M. Tausch rapporte les C. Oreo- selinum et Pdvini Gsertn. se distingue sans peine par ses mericarpia suborbi^ culata, vittœ incrassatœ , nodulosœ, arcuatœ. Les deux sections Angelicoides et Selinoides D. C. rentrent dans le genre Imperatnria. Le Thysselinum Hoffmann ( Peuced. syli^estre D. C. ) est d'après Hoffmann un genre très dis- tinct). Thysselinum, VLoîî., Bubon, Cervaria (ji^iln. , Imperatoria ^ Coniose- linum , Hammatocaulis T . , Cortia, Capnophylliim, Krubera, Tiedeman^ nia, Archemora, Opoponox , Pastinaca , Hermas, Heracleum, Zozimia, Astydamia, Polytœnia , Jùhrenia, Tordylium, Plasselquistia, Tordyliopsis. Subtribus X. Silerineœ. Fructus a dorso lenticuîari-compressus commissura non angustatus, mericarpiis jugis 5 primariis et 4 secundariis omnibus costatis, fîliformibus,auti'aro marginalibus dilatatis, et fructum bialatum formantibus. — Siler , AgasyUis , Ormosolenia T. Tribus VL Tetragonosperm^e s. Tetraedr^e. Fructus a dorso compressus, saepecompressissimus, commissura plus minusve saepe valde contractus , et tune acute tetragono-prismaticus (non alatus) mericai-piis utriculatis compressis 5-ju- gatis, jugis lîliformibus, nonnullis quandoque obliteratis, intermediis fS sœpis- sime marginem mericarpii utrinque cingcntibus et ideo angulos tetraedri raargi- nantibus. Subtribus XL Azorelleœ. Char, tribus, cuiaddi potest : umbellse simplices aut paniculato-ramosse., — Azorella [P ragosa, Pectophytum) , Bolax, Horschfiel- dia? , Huanaca, Bowlesia, Spananthe, Pozoa j Asterisicum. Tribus VH. Disaspidosperm^ s. Biscutat^e. Fructus a latere lenticuîari- compressus, mericarpiis utriculatis jugatis, jugis primariis aut simuî secundariis costatis , filiformibus. Subliibus Xn. Pljdrocotyleœ. Fructus a latere lenticuîari-compressus basi j. F. TÂiiscii. — Classification des Ombellifères. 45 aut apice aut utrinque pliisminusve emarginatus , mericarpiis jugis 5 primariis filiformibus. Modo umbellae, modo folia, modo utraque simplicia, — Hydrocolyle, Erigenia, Didiscus, Trachymene. SuLtritus XIIÏ. Hanthosieœ. Fructus a latere leiiticulari'Compressus, basi aut apice emarginatus, mericarpiis jugis 5 primariis, et nonnullis secuadariis, omnibus filiformibus. — Micropleuruy Xanthosia, AstrotricJia. Tribus VIII. Pleurosperm^ s. CosTATiE. Fructus teretiusculus aut latere con- tractus subdidymus, mericarpiis utriculatis quinquejugatis, jugis costatis saepe fili- formibus, nonnunquara argutis subalatisve aut raro obtusissimis subobliteratis. Subtribus XIV. Amminece . Fructus subdidymus, mericarpiis tcretiusculis, ad commissuram contractis 5-jugatis, jugis filiformibus aut rarius angustis obîusisve, aut subobliteratis. — Hacquetiaj Bnjjleurum , Ziziuj Pentacrypta, Smyr- niuiHj Physospermurrij Scaligeria-, Ealophus , Astoma> Alrema, SphallerO" carpiLs, Cotiiuin, Vicatia, Molopospermum ^ Velaea y Arracacha^ Apium , Petroselinum i^TVydleria?^ Trinia , Rumia, Ammi , LeptocauUsy PLy-" chotis, SLson, DrepanophyllumyVih. [Falcaria D. C.) yEgcpodium, Bunium^ Conopodium, Pivipinella , Sium , Berula Koch., Sisarum Adâxis.f Heloseia- dium, Pet?'ocarpiT.j Carum ^ Meum, [Wallrothia?) Subtribus XV. Seselineœ. Fructus teretiusculus, mericarpiis semiteretibus ad commissuram non contractis 5-jugatis costatis filiformibus, nonuunquam ar- gutis aut raro obtusissimis subobliteratis (Cachrys). — Fœuiculum, Discoplewa, CachrySf Seseîi, [Deverra? ) , Libanofis, Athamanta, Magydaris_, Kund" mannia, Cynosciadium, OEnantJie , Phellandrium Hoff., Dasyloma, Sclero- sciadluin , Ottoa, Oliperia^, ^thusa^ Ligiistlcum {^Cnidium, Silaus ^ TrochiscantJies D .C ) , Crithmum, Cenolophium _, MalabailaT. , Pleuros- permum, Lichtenstenia ? , AsLrantia. Trib. IX. ApiEURosPERM^ s. Ecostat^. Fructus prismaticus aut teretius- culus, mericarpiis utrinque ejugatis ssepissime squaœis,vesiculis aculeisye tectis. Siibtr. XVI. Eryngieœ. Char, tribus cui addi polest : umbellae ramosaB, um- Lellulae capitatse saepe paleatse. — Alepidea, Eryngiiim ^ Sanicula. Tribus X. Heterosperm/e. Fructus constans mericarpiis duobus utriculatis jugatis , figura et proportione inœqualibus. Subtr. XVII. Heterosperjyieœ. Char. trib. qui forte in posterum dividcn- dus. — Vimetopia , CranziaP, Heterosperma j Annesorhiza. Subordo II. MONOCARP^. Fructus constans utricuîo constantcr solitario mo- iiospermo nudo, aut sœpissime abortu monospermo et involucro pscudopericar- pium uniloculare mentiente incluse. Trib. XI. Monospermo, Fructus constans ulnculo solitario monospermo ; non incluso. 46 j. F. TAUScii. — Classification des OmbelUfères. Subtrib. XVIII. Aciinoteœ : Ctar. tribus. — Lagœcia, Actinotus, Pe- tagnia. Trib. XII. Angiosperme. Fructus saepissime abortu monospcrmus , involu- cro pscudopericarpium uniloculare mentientc inclusus. Subtrib. XIX. Eoliinophoreœ. Char, tribus : Arctopus , Echinophora , ExoacanthajAnisosciadiuni? Caractèresd es genres nouveaux proposés par l'auteur. Physocaulis {Chœrophylli Sectio I. D. C.) Calyx obsoletus. Petala oblonga vixemarginata (hirsuta). Stylopodia conica cum sîylis brcvissiniis (subnuUis). Fructus elongatus, pyramidatus, latere contractus, stylopodiis duobus brevis- simis vostratus. Mericarpia jugis 5 obtusis depressis undique muriculatis , valleculis i-vitlatis, commissurasulco excavala bivittata. Carpophorum apicebifi- dum. — Herba annua, caule hispidulo ad genicula inflato lumido, foliis ternato- decompositis, umbellis oppositifoliis 2-3 radiatis involuceUatis. Rhynchostylis. Calycis marge obsoletissimus. Petala obcordata (hirsuta) cum laciuula acuta inflexa. Fructus cylindraceus a latere contractus, apice attenua- tus^ et stylis 2 rigidis elongatis rostratus. Mericarpia 5-jugataj jugis filifor- roibus obtusis, valleculis augustis i-vittatis, commissura sulco excavata, carpo- phoro apice vix bifido. — Herba perennis , foliis ternato-decompositis , umbellis terminalibus , involucris subnuUis, involucellis poîyphyllis. Hue spectaî : Chœrophyllum hirsutum L. D. G. , quod longitudine fructus , et stylorum earumque directione magnopere variât ita ut autumari liceat Ch. magellense et calabricum D. C, meras hujus varietates sistere. TuBBiTH. Calycis marge dentatus , dentibus deciduis. Petala obcordata laci- nula inflexa. Styli elongati cum stylopodiis conicis. Fructus cylindraceus a la- tere contractus, apice longe attenuatus, stylisque rigidis rostratus, pube mol- lissima obductus. Mericarpia 5-jugata, jugis filiformibus obtusis , pube fera obtectis, valleculis i-vittatis^ commissurasulco laeviter cxarata bivittata. Carpo- phorum bipartitum. — Herba perennis , fohis pinnalo-decompositis capillaritus , umbellis terminalibus, involucris et involucellis poîyphyllis, prioribus de- ciduis. Hue spectat T- Matthioli {Athamanta Matthioli D. C. Seseli Turbilh Qi Athamanta annuah.) Hue quoque Daucus creiensis verus Lobel. ic. 722, qucra Morisonius hist. m, p. 3o2. s. 9, et 10. f. 9, nomine Myrrhidis annuœ semine villoso pessirae delineavit, et inde Linnseus seductus Atha- mantam annuam constituit. Trachymarathrum {Cachrys sect. 3. LophocacJirys D. C.) Calycis margo 5-dcntatus. Petala.... Fructus ovatus teretiusculus. Mericarpia 5-jugata, jugis elcvatis corticosis dorso in cristam inaculeos hamatos fissara excurrentibus, val- j. F. TAUSCH. — Classification des Ombellifères. 4? leculis profundis, setulosis nudisve, et coramissura evittatis. Semen nucleuiu literum vittîs copiosis obductum, profunde involutum constituens. Carpopho- rum bipartitum. — Herbœ perennes , foliispinnato-decompositis, laciniislineari- bus canaliculatis rigidis subspinescentibus , umbellis terrainalibus latcralibus ve involucratis involucellatisque. Hue spectat Cachrys sicula L. sub qua certe plures species latitant. Ipse Sieberus duas promiscuas ex insula Creta altulit, quarum prima fiuctus ovatos, tanîum jugis aculeatos , umbellas ssepe ramosas irregulares, brevius radiâtes ; altéra fructus oblongos, jugis aculeatos, et insuper plus minusve undique setulosos, umbellas regulares longius radiatas profert, cujus vero folia ignota. Hammatocaulis. Flores... Fructus a dorso lenticulari - compressus margine dilatato crassiusculo cinctus. Mericarpia oblonga, jugis 3 dorsalibus elevalis argutis corticosis, 2 lateralibus in marginem abeuntibus. Valleculae profun- dae, acutae, univittatae. Commissura bivittata. Carpophorum bipartitum. — Herba perennis , caule ad articules insigniter nodoso, nodis tumidissimis subglo- bosis, foliis decompositis liaearibus. Hue. H. creticaT. {Peucedanum creti- cum D.C. nodosum L. Spr.). Ormosolenia. Calycis margo obsoletus. Petala inyoluîa (adnata) vix emargi- nata.' Fructus a dorso lenticulari-compressus , mericarpiis oblongis dorso con- vexis quinque jugatis, jugis 3 mediis fîliformibus, tenuissime undulatis (subarti- culatis) , a lateralibus in margines angustas alatas dilatatis. Vallecula; convexse juga secundaria vittara moniliformem inlercipientia, et inde quasi duplicata, gerentes. Commissura 4-6-vittala , vittis moniliformibus. Carpophorum biparti- tum. — Herba perennis pumila , rhizomate sat crasso cylindraceo multicipiti caules plures digitales emittcnte. Gaules basi vaginis foliorum subimbricatis tecti et foliosi , versus superiora nudi scopiformes, aut ramulo uno alterove et bractea vaginammentienteadauctus. Folia glauca reniformia, 3-loba aut3-secta, lobis segmentisque ovato-cuneatis incisis dentatisque. Umbellae 3-7 radiatae insequales, involucris et invollucellis nuUis, floribus luteis. Hue. O. cretica T. {Peucedanum creticum Spr. Sieb. Sison Sieberianum D.C). Petrocarvi. Calycis margo 5-dentatus, dentibus subulatis deciduis. Petala obcordata cum lacinula inflexa. Fructus oblongus a latere contractas, pube mollissima obductus. Mericarpia jugis 5 filiformibus , 3 intermediis confertis, 2 lateralibus marginalibus , omnibus vittis subobsoletis. Vittae in valleculis solitariae. Semeu ad commissuram canali vacuo instructum (hinc sulco excava- tum, et campylospermum). Carpophorum bifîdum. — Herba perennis , foliis pinnatis decompositis linearibus , umbellis terminalibus , involucris et invo- lucellispolyphyllis. Hue. P. cretense {Athamanta L.). Malabaila. Calycis margo 5-dentatus. Petala obcordata cum lacinula inflexa emarginata. Fructus ovatus tereliusculus. Mericarpia laxe utriculata 5-jugata, jugis argutis. Vallecula et commissura plana multivittatae , vittis ramosis (anastoraosantibus). Carpophorum |bipartitura, Semeu nucleum liberum consti- /i8 AL. BRAUN. — Sur le Raigrass d^ltalie, tucns, membrana sparganopLora tcnuissirna evittaîa obductum, dorso convexurn oLsoletissime substriatumi,facie fossa oblonga excavatara. — Herba pcrennis, foliis ternato-decomposilis , umbellis terminalibus (speciosis albis), involucro involu- cellisque polyphyllis foUaccis persistcntibus. Hue M. Hacquetii {Alhamanta Golaka Hacq. PI. carn. p. i4. t. 5. Ligusticum Sprengelii Sicb. Spr. L.car" niolicumllost. D.C.). Notice sw le Raigrass cV Italie et les Lolium en général, par le prof. Al. Braun. {Flora iB3Z| , nos i G et 17 , p. 241). On a beaucoup recommandé dans ces derniers temps la cul- ture de la Graminée connue sous le nom de Raigrass d'Ita- lie; elle est répandue sous celui de Lolium perenne italicwn s. aristatum. Des formes de la même plante ont été décrites sous les noms de L. inultiflorwn Lam. , L. compositum Thuill. , et en dernier lieu sous celui de L. Boucheanum Runth. M.Braun pense mémeque le L-brasilianum^ees in Mart. FI. brasil., et le L. sca- hrwn Presî. Rel. H?enk. ne sont point différens de la plante dont l'étude lui a fait examiner le genre entier auquel elle ap- partient. Son nom le plus ancien à la vérité est celui deZ. mul" tiflorum Lamark ; mais M. Braun croit devoir le remplacer par celui de L. italicwn, le nom de Lamark ne s'appliquant à la plante qu'alorsqu'elle présente des épillets nombreux, tandis que les fleurs sont peu nombreuses dans le L. Boucheanum. Le nom deTliuillier ne s'applique qu'à la monstruosité rameuse qui s'ob- serve aussi sur le L. perenne. Les auteurs varient beaucoup sur la durée de ce Lolium : l'auteur s'est convaincu qu'il est vivace dans nos contrées; cependant il fleurit déjà abondamment à la fin de l'année même où on l'a semé ; les touffes ne gagnent point par l'âge et deviennent au contraire de plus en plus maigres. Le nombre des épillets est un caractère sur lequel les auteurs sont également d'un avis très différent, et c'est avec raison que M. Braun s'étonne de ce que, maintenant encore, on puisse attacher la moindre importance à ce caractère. La longueur des arêtes est également très variable : l'auteur de la Flore française j en disant que cette partie est représentée trop longue AL. BRAUN. — Sur le Raigrass d'Italie. 49 dans la figure de Vaillant, s'est trompé : les exemplaires d'Italie sont absolument semblables à ceux représentés par Vaillant. La variété sans arêtes est la plus rare , et entre cette variété et la forme représentée dans l'ouvrage du botaniste parisien, on trouve de nombreux passages. Le L. ai^vense aussi est sans arêtes, et le L. speciosum- Link, rohusîwn Reichb. n'est qu'une forme mutique du L. temulentum ordinaire. Le seul L. perewie ne s'est jamais présenté à l'auteur portant des épUlets aristés. Avant de passer à la description de la plante qui fait le sujet de son travail , M. Braun expose îes résultats des observations qu'il a faites sur les autres espèces de Lolium. Son mémoire devient par là une monographie de ce genre, et son importance est en- core relevée par les remarques physiologiques sur la disposition des feuilles dans les Graminées, dont nous parlerons plus loin. Les espèces de Lolium se réduisent aux quatre suivantes : I. L. temulentumh.^annuum Lam. — a., rnacrochœton, {L. spe- ciosum Link. Bieb.) — (3. leptochœton {L. album Huds.). Excepté l'absence constante d'arêtes dans la variété p, on ne trouve point de caractère différentiel : c'est le même rapport que celui qui existe entre le Bromus grossus et le B. secalinus. Dans le L. italicumy ce sont les arêtes qui manquent souvent, tandis que dans la variété |3 du Lolium temulentum ce sont celles du haut de l'épi qui n'en portent point, ce qui a fait souvent con- sidérer cette variété comme manquant absolument d'arêtes. Quant au L. speciosum Bieb., M. Braun ne peut point émettre sur lui un jugement certain; l'exemplaire qu'il a vu de cette plante se distingue par des feuilles plus étroites et des graines lisses; l'axe de l'épi est un peu rude et il est porté à croire que ce n'est qu'une variation produite par le climat. La variété aristée se trouve dans les champs d'orge et d'avoine , la variété mutique dans ceux de froment d'été. Le L. temulentum est répandu sur tout le globe. 1. L. arvenseY^iÛi. , L. annuum Bernh. , L. remoium Schvauk,^ L. te/ïue Bieb., L. complanatum Schrad., L. rigidum Gaud., L. asperum Roth. Les deux derniers synonymes désignent une forme à arêtes plus fortes et à tige nule : elle paraît appartenir IV. BoTAN. — JalHet. 4 5o AL. ERAUN. — Sur le Raigrass d^ Italie. plus particulièrement, aux pays méridionaux. Tout ce que l'au- teur a vu sous le nom de L. canadense Mx. appartient égale- ment à cette espèce qui ne vient que dans les champs de lin et croît aussi en France; elle se retrouve dans l'Asie septentrio- nale et au Brésil. 3. L. italicum Braun. 4. L. perenne L. Les L. tenue L. et L.Halleri Gm. en sont des formes plus grêles. Se trouve en Europe, en Asie, dans l'Amérique du Nord et aux îles Faîkland. Le Loliuin distachyon L. est une espèce douteuse que les aU' teurs auraient dû séparer depuis long-temps de ce genre. L'auteur examine ensuite les caractères distinctifs du L, ita- licum ; l'extrait que nous allons en donner fera voir avec quel soin il a étudié la plante soumise à ses recherches: a. Quanta sa durée , le L. italicum se rapproche du X. pe- renne, sans l'égaler. h. Dans le plissement des jeunes feuilles (vernatio). Les lames des feuilles de cette espèce ne sont point, avant leur épanouis- sement , plissées longitudinalement , comme celles du L. pe- renne, mais roulées comme dans les L. temulentum et arvense ; c'est la découverte de ce caractère qui a le plus concouru à faire rechercher à l'auteur les différences essentielles du Raigrass d'I- talie de celui d'Angleterre. La disposition des jeunes feuilles a été en général négligée, et cependant elle présente des carac- tères d'une très grande importance. Non seulement certaines espèces se distinguent moyennant ce caractère (p. ex. \q Bro- rnus erectus du B. laxiflorus^ , mais aussi certains genres en- tiers ou des sections de genre peuvent être reconnus à cette disposition. Les recherches de M. Braun lui ont fait trouver dix modes différens de préfoliation {^Vernatïo^. La simple plicature du Lolium perenne se retrouve dans les Dactylis , une tribu du genre Poa (P. sudetica, aimua, compressa, pratensis), dans les Gljceria, Triodia, Cenchrus, etc. Les feuilles roulées des Lolium arvense , temulentum et italicum se présentent dans les Triticum, AL. GRAUN. — Sur le Raigrass d'Italie, 5 1 Secale, Elymus ^ Hordeum, Bromus (excl. B. erecto), dans plusieurs Festuca (ie F, loliacea Huds. ou Loliiim festucacewn est selon' Braun une plante hybride née du Festuca pratensis et du Lolium perenne) y Eragrostis , Brlza, dans les espèces culti- vées du genre Aveaa , etc. c. Dans la direction des feuilles épanouies. La partie infé- rieure de la feuille du L. italicum est faiblement tournée à gauche, tandis que son extrémité est dirigée à droite; les autres Lolium ne présentent que la torsion à gauche. Un groupe de Festuca (les F. loliacea ., pratensis ^ elatior) présente aussi les lames des feuilles contournées vers la gauche. Ce caractère, en- tièrement négligé par les agrostographes, est pourtant d'une extrême importance. Ainsi on reconnaîtra l'avoine dès son plus jeune âge à la torsion des feuilles vers la gauche, tandis qu'elle l'est à droite dans les autres céréales. Ce n'est qu'à un âge plus avancé que l'extrémité des feuilles d'avoine présente une torsion à droite. C'est sur 1 16 espèces de Graminées qu'une torsion constante a été observée : 73 l'ont à droite, 33 à gauche et 10 inférieurement à gauche et supérieurement à droite. Les genres Triticum^ Secale^ Elymus^^Egilops, Bromus^ Chrjsurus, Dactylis , Phleum , Alopecurus dans les espèces examinées par Fauteur, présentent la torsion à droite; les ^qwyqs Brachypodium, Festuca y Briza, Holcus^ LaguruSy Calamagrostls ^ l'ont dirigée vers la gauche. La plupart àQ.s> Avenu ont la double direction in- diquée plus haut : \ Avenu flavescens cependant n'a que celle à gauche, T^. elatior celle à droite. Ce même caractère de torsion se voit dans les arêtes géniculées : généralement elle est dirigée à gauche inférieurement à la géniculation et à droite au-dessus d'elle : le changement de direction s'opère à la géniculation même. d. Largeur et couleur des feuilles. Le Z. italicum a les feuilles plus larges , d'un vert plus clair, plus tendres et plus succulentes que le L.perenne. Les oreillettes à la base de la lame des feuilles sont plus petites que dans le L» temulentum , mais plus grandes que dans le L. perenne. e. Rudesse ou aspérité des parues. Elle est le moins forte dans 4. 52 AL, BRAUN, — Sfiv le Rajp;rass cVltalie t>' les gaines, le plus forte clans le rachis de l'épi. Le L. perenne est presque entièrement lisse^le L. temulentum est plus rude que ^italicum; Xarvense l'est le moins. f. Direction des épillets pendant la floraison. Ils divergent à angle droit dans le L. italicwn ainsi que dans le Festuca lolia- cea^ pendant la seule époque de la floraison. Ce caractère ne se retrouve point dans les autres espèces de Lolium. g. Longueur et nervure de la valve extérieure. La valve exté- rieure ne surpasse que peu en longueur celle qui est immédia- tement au-dessus d'elle : sa grandeur est i 1/2 dans le L. pe- renne, 2 dans le L. arvense et au moins 5 dans le L. temulentum. Le même organe présente 7 nervures dans le L. italicum et 9 dans le L. perenne. h. La valvule extérieure présente dnns toutes les espèces 5 ner- vures; dans le L. italicum elles sont plus pointues que dans le L. perenne ^ tandis quelles sont plus larges et plus arrondies dans les L. temulentum et arvense. L'extrémité de la valvule est étroite et a deux fentes ; dans le L. temulentum elle est large et entière. i. La vahule intérieure. "Lqs deux carènes portent des cils plus forts et plus écartés les uns des autres. k. La forme des squamules (jpétales). Elles sont simples, lan- céolées dans les L. italicum et perenne^ marquées d'une dent latérale dans le L. temulentum. l. Les anthères, V ovaire et le stigmate ne présentent point de caractère distinctif. 772. Grandeur et formes des graines. L'auteur donne une des- cription très détaillée de cette partie. 8 graines de L. arvense égalent en poids une seule de /y. temulentum. La graine du L. italicum est dépassée d'au moins un quart par la valve, tandis qu'elle ne l'est point dans les autres, etc. Les épillets mûrs cas- sent très facilement dans les herbiers ; le contraire a lieu dans ceux du L. perenne. En terminant, M. Braun émet une opinion qui nous paraît j. F. TAUSCii. — - ObseviJ allons botaniques. 53 bien fondée, savoir : que si on examinait les plantes moins superfi- ciellement, on ne rencontrerait pas tant d'espèces douteuses dans les ouvrages descriptifs. Les Graminées surtout ont grandement besoin d'une révision, et rien que la comparaison des caractères génériques attribués par les auteurs au même genre qui a fait le sujet des recherches de M. Braun, prouverait avec la dernière évidence combien les Graminées présentent encore de points douteux à mettre au clair. Une étude suivie de cette famille ne pourra qu'amener une diminution dans le nombre des genres admis aujourd'hui Observations botaniques, par J. F. Tatjsch {Flora i834, n» 3i, p. 488,et n° 33, p. 5i3). Nous avons donné déjà plusieurs fois l'analyse des observa- tions sur différentes espèces de plantes que M. Taush a consi- gnées dans la Flora. Voici les plus importantes de celles qu'il vient de publier : . Les individus de Sophora japonica que possède le jardin botanique de Prague n'ont fleuri qu'yen i833, et l'auteur y a reconnu deux espèces qu'il distingue de la manière suivante : i'' S. japonica L. « Calycibus campanulatis, dentibus obtusis, « (corollis discoloribus), foliis 5-7 jugis, subtus glaucis glabris. » :2" S. pubescens T. « Calycibus cylindraceis, dentibus inferiori- « bus acutis, (corollis unicoloribus), foliis S-y jugis, subtus pu- « bescentibus. » {S. japonica Duhamel.) Les deux arbres ne diffèrent point par le port ; leurs fruits sont encore inconnus. Edwards la intermediaT.tf. foliolis 19-27 ovato-ellipticis oblu- « sis subtus subsericeis, carinse petalis margine dorsali inflexo « angusto, alis vexillo longioribus. » Pyrus arguta J.(^ria.) « Foliis ovatis inciso-angulatis argute « serratis, subtus lanuginoso-canis, corymbis planis. » Cratœgus latifolia Duh. Pyrus intermedia « latifolia DC. Prod. L'auteur distingue par une description détaillée la plante 54 J- F- TAUSCH. — Obseivations botaniques. qu'Ebrliart a nommée P. intermedia. Voici ses principaux ca- ractères : « folia elliptica inciso-lobata, lobis obtusiusculis serra- -«tis, subtus lanugitioso-canis ». Le Sorbus Aria Crantz appar- tient 2LwPjru& Hostii (Aria Hostii -Jacq.) ; il est voisin du P. inter- média , dont il diffère par ses feuilles nues inférieurement (excepté à leur premier âge) et par ses fleurs roses. tjne espèce voisine de XAmygdalus nana est décrite et pu- bliée en même temps dans la collection que fait paraître M. Tausch sous le nom de Dendrotheca exoL boJiem. exsicc. , comme la plupart des autres arbres et arbustes auxquels se rap- portent les observations de l'auteur. A.sibirica: « floribus fasci- « culatis, calycum bracteis lanceolatis patulis, obovatis emargi- « natis, foliis obovatis basi attenuatis obtuse serratis glabris , « stipulia lanceolatis, fructibus compressis suborbiculatis hirsu- « tis. » La plante est trois fois plus haute que VA. nana dont M. Tausch donne une description comparative. Les Prunus virginiana Michx. et rubra Ait.Willd., réunis par quelques auteurs, sont distincts : M. Tausch signale leurs carac- tères distinctifset fait remarquer que Linné paraît avoir décrit le P. rubra sous le nom de virginiana. Dans le premier, les grappes des fleurs sont plus longues , plus lâches et presque pendantes; dans le second, elles sont denses , presque cylin- driques et dressées ; le second a les fruits de grandeur double; les rameaux du premier sont plus grêles et plus luisans, d'un rouge plus ou moins foncé. Sous le nom diHydrangea quercifolia, les jardins présentent deux espèces distinctes. L'auteur regrette de rie pouvoir compa- rer les figures que Bartram et Smith donnent de cette plante. 1° H. quercifolia Willd : « Cymis radia tis thyrsoideis oblongis, « foliis sinuato-lobatis subtus ramulisque cano-tomentosis. « {II, radiata Sm. Pursh) ». — 2° H. angularis T. « Cymis radiatis « thyrsoideis ovatis, foliis angulato-lobatisnudis, ramulis ferru- \JAlnus pubescens T., cueilli dans les forêts de la Bohême, est peut-être un produit hybride àeV Jlnus glutinosa et de VA. incana dans la société desquels il croît : « Ramulis ferrugineis, foliisque « obovatis obtusis duplicato-dentatis, utrinque viridibus subtils « pubescentibus, ad axillasvillosiusculis,stipulis obovatis oblon- « gisve, seminibus non marginatis. w Sous le nom de Fraxinus rotundifolla , on cultive à Prague un arbre voisin du Frax. parçifoUa Willd. , mais à feuilles de grandeur double et d'une forme différente à leur base. M. Tausch lui donne le nom de Fr. obliqua : « Foliis 5-jugis utrinque gla- ce bris, foKolis ex ovato acuminatis argutè serratis basi atlenuatis « obliquis, gemmis fuscis, floribus midis, fructibus ovatis. » Sous le nom de Musa rosacea^ le jardin de Prague a reçu le M. Uranoscopus Rumph. La plante a fleuri, et l'auteur en donne une description détaillée ; les fruits ne sont point parvenus à maturité. Une espèce d'/m sans nom , fleurit tous les ans dans le jar- din de Prague, en septembre et en octobre ; elle appartient au groupe des Limniris et est voisine du J. biglumis Vahl. M. Tausch l'appelle /. autwnnalis. « Imberbis, acaulis, spathis radicalibus « diphyllis bifloris, germinibus obtusis hexagonis longé stipita- « tis, corollse tiibo subnullo, laciniis oblongis subsequalibus, « foliis liiieari-ensiformibus longissimis. — Iris torta, du groupe « des Kyridion, voisine des Iris Gchroleuca^ halophylla., etc. « Im- « berbis,caule paucifloro folia ensiformia adacquante, spathis her- « baceis longé acuminatis corollam adsequantibus, corollse laci- « niis exterioribus reflexis oblongis oblique tortis, tubo elonga- rt to, germine hexagono. » Ranunculus tripartitus DC. M. Tausch soupçonne que ce n'est qu'une variété flottante du R. hederaceus, à feuilles plus pro- fondément lobe'es. Le R. fluviatilis Roth présente ce carac- tère particulier, que ses feuiKes inférieures sont pétiolées et les supérieures sessiles. Le R. rigidus Pers. est une espèce 1res distincte; ses tiges sont fort fragiles. DE cvNDOLLE, — Sur Ics gixiines de T Ananas 5 y Le R. paucistamineusl. , publié dans la seconde centurie de ses Plantœ selectœ Bohemicœ se place dans le voisinage des es- pèces ci-dessus nommées : « R. caule abreviato natante , foliis « omnibus immersis petiolatis capillaceo-multifidis, floribus mi- ce nimis sub-12-andris oligocarpis, corpellis hispidis obtusis:, » Habite les fossés près de Lissa, en Bohême. R. Bauhini T. (/?. aquadlis omnino tenuifolius J. Bauhin hist. plant. 3, p. 781, f. 2. « Caule repente cœspititio, foliis om- « nibus emersis petiolatis vaginantibus decompositis linearibus, « carpellis minutis glabris in spicam oblongam dispositis ». Rap- porté par Sieber du Midi de l'Europe ; ressemble au R, aqua- tilis y terrestris. On cultive à Prague , sans indication de localité le Salifia li- nearifolia T. « Floribus subspicatis seçundis, calycibus opposi- « tis cylindraceis tridentatis, foliis linearibus canaliculatis apice « subdentatis, cauleque suffruticoso sparsè hirsutis. » Le Pteris Sieheri T. , dont les graines ont été rapportées par Sieber, probablement de la Martinique, est voisin des P. Plu- mierii et nemoralis : « Fronde bipinnatifida , stipiteque glabris, « pinnis breviter petiolatis (alternis suboppositisve) subaequalibus « profundè pinnatifidis apiceque caudatis, suprà costis spinulo- « sis, infimis bipartitis, laciniis linearibus subfoliatis obtusis in- « tegerrimis, terminalibus répandis. » Notice sur^ les graines de V Ananas , par M. Auguste Pyr. de Gaiydolle. (Extr. des Mémoires de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève, i835, t. vu, première partie, p. 161). Tout le monde sait que ce qu'on appelle le fruit de l'Ananas est composé des fruits et des bractées de plusieurs fleurs dis- posées en épis serrés, originairement distinctes et qui se soudent pendant la maturation. Cette soudure est facilitée par la consi- stance charnue des ovaires partiels et des parties qui les avoisinent. 58 DE CAWDOLLi:. — Sur les graines de l'ananas. En général, les fruits partiels dont l'Ananas se compose offrent, à la maturité, les riidimens des loges destinées à renfermer les graines ; mais les graines elles-mêmes avortent, et la plante ne se reproduit que par les surgeons qui naissent près du collet, ou par la plantation de la couronne foliacée qui surmonte le fruit général résultant de la soudure des fruits partiels. L'ab- sence habituelle des graines dans le fruit de l'Ananas est un fait connu de tous les cultivateurs, et elle paraissait d'autant plus naturelle qu'elle semblait conforme à ce qui se passe dans l'arbre à pain cultivé. Cependant on a déjà quelques témoignages positifs sur l'exi- stence des graines dans ce fruit. Ainsi Van Rheede {Hort. Malabo XI, p. 5) atteste l'existence des graines, au nombre de trois, sous chacun des tubercules visibles à l'extérieur, et la description qu'il donne de leur situation, peu intelligible quand on n'a pas vu ces graines, devient assez claire lorsqu'on les connaît. Tour- nefort atteste aussi (Instit. p. 653) l'existence des graines dans l'Ananas, et les représente (pi. 4^8) d'une manière assez toléra- ble pour l'état où la carpologie était à cette époque. La figure 568 de l'herbier de Blackwell, représente aussi un fruit d'Ana- nas coupé en travers et les graines situées à l'intérieur; mais si les taches brunes représentent réellement des graines, on peut dire qu'elles ressemblent peu à la réalité, soit pour leur position, soit pour leur forme et leur grosseur. Gommelin (Hort. Amstel. V. \y t. 57) a aussi vu les graines d'Ananas, et il assure les avoir vu semer et en avoir obtenu de jeunes plants , mais il ne donne aucun détail sur la structure et la position de ces graines. Rum- phius [Amboin. 5, t. 81), Loureiro [FI. Cochinch. i, p. 237), Ar- ruda [Diss. pi. bras. p. 18), et quelques autres mentionnent les graines sans les décrire. Gaertner n'a décrit que le Bromelia Pinguin^ et la plupart des modernes, quoiqu'ils aient beaucoup écrit sur la culture et la propagation de l'Ananas, n'ont fait au- cune mention de ses graines. A la fin de l'été de iî533, M. Auguste Saladin a obtenu, dans ses serres de Prégny, près Genève, plusieurs fruits qui, lors- qu'on les coupait en travers à la maturité, présentaient des graines bien conformées. Un de ces fruits munis de graines DE CA.NDOLLE, — SuT Ics gtaines de V ananas. 69 ayant été communiqué à M. De Candolle, celui-ci l'a fait immé- diatement dessiner par M. Heyland, et il en a donné, dans Je Mémoire que nous publions presqu'en totalité, deux planches gravées représentant les détails de l'organisatioîi. Voici l'analyse delà description de ce fruit. La coupe de l'Ananas, faite vers le quart ouïe tiers de sa lon- gueur, présentait l'aspect ordinaire de ces fruits. Mais on y re- marquait cà et là, sous les tubercules visibles à l'extérieur, quel- ques graines solitaires et qui semblaient éparses. On y voyait de plus, comme à l'ordinaire, des cavités superficielles qui sont les traces des fleurs partielles, et où l'on reconnaît les rudimens des pistils et des étamines plus ou moins déformés. Pour comprendre la vraie structure du fruit, M. De Candolle a fait enlever la portion correspondante à chaque tubercule ex- terne; en insérant le dos d'un scalpel sous la bractée des tubercules voisins de la branche, on enlève avec facilité le fruit partiel tout entier. On obtient ainsi un corps en forme de cône renversé qui se compose : 1^ de la bractée qui était au-dessous de la fleur et qui s'est soudée avec elle; 2° des débris de la fleur; 3° d'une sorte de disque écailleux , recouvert par les débris floraux et qui est le sommet du véritable ovaire ; 4° d'un corps charnu qui est le corps même de l'ovaire. Lorsqu'on coupe cet ovaire vertica- lement, on découvre, selon le hasard de la coupe, une ou deux loges dans lesquelles on trouve une graine pendante. Lorsqu'on le coupe en travers, on reconnaît l'existence de trois loges pro- pres à la classe dont l'Ananas fait partie. Pour reconnaître le mode d'attache des graines dans chaque loge, M. Heyland a eu l'heureuse idée de soulever par en bas une portion charnue de l'ovaire, portion qui représente un seg- ment charnu formé du calice et de péricarpe; ce segment se détache de bas en haut, à-peu-près comme on le fait quand on pèle une figue. Ce segment étant soulevé et rebattu sur le disque, on de*î îuvre un corps blanc ovale, divisé en sept ou neuf lobes comrn^î /ayonnans. C'est le placenta, et il est vraisemblable que chacitM des lobes est un cordon ombilical avorté. Un seul d'en- tre eux, ou, plus rarament, deux de ces filets portent des graines pendantes. Chacun de ces placentas naît au-dessous du corps 6o DE CANBOLLE. — Suf les gmincs de V ananas. calleux que M. De Gandolle désigne comme étant la partie su- périeure de l'ovaire, et répondant à ce que plusieurs nomment disque ou aréole apicilaire dans d'autres familles. Rheede décrit assez bien cet arrangement, et le compare à la position de la^ glande pinéale entre les nates du cerveau humain. Les graines à l'état de maturité sont ovoïdes, oblongues, un peu comprimées, de manière que leur coupe transversale est ovale; leur surface externe est d'un roux tirant sur le brun et marquée de très petites stries longitudinales. Sur le côté leplus étroit de l'ovale , on aperçoit une petite bande blanche et cellulaire, qui part de l'insertion du cordon ombilical et vient jusqu'au sommet : on serait tenté de la prendre pour une sorte- d'arille, mais son rôle ne paraît pas clair à M. De Gandolle. La sommité de la graine porte un ombilic proéminent, petit, un peu- conique. L'intérieur de cette graine offre un grand albumen très blanc et très farineux, et un petit embryon d'un blanc moins pur situé- à l'extrémité la plus voisine de l'ombilic : cet embryon isolé présente une forme oblongue; il est un peu plus épais du côté de l'ombilic qui représente la radicule et légèrement aminci vers- l'autre extrémité; il est droit ou à peine courbé et indivis. Il résulte de cette dissection , que les graines sont à un état parfait de maturité, et qu'ainsi qu'il est arrivé à Commelin , on devait espérer de les voir germer. C'est en effet ce qui a eu lieu; semées à l'entrée de l'hiver, dans un vase de terre de bruyère placé dans la serre-chaude, elles ont levé à la fin de mai, c'est-à-dire au bout d'environ cinq mois et demi. M. De Gandolle a donné les figures de cette germination; on y voit la jeune plante de grandeur naturelle, au moment où elle déve- loppe sa sixième ou septième feuille. La graine a donné sortie à l'embryon par celle de ses extrémités qui tenait au cordon ombi- lical. La jeune plante présente une radicule un peu rameuse qui sort abruptement de la base de la tige ; celle-ci porte latéra- lement la graine où il est vraisemblable que le vrai cotylédon est resté enfermé dans l'albumen, dont il tire probablement les sucs par une sorte d'imbibition. La tige porte de plus des écail- les qui sont des rudimens de feuilles ; l'écaillé inférieure est très DE CANHOLLE. — Siir Us gralfies de l'ananas. 6i petite et se fend à son sommet, de manière à simuler un double cotylédon : les supérieures sont entières, disposées en spirale peu prononcée, et se transforment graduellement en feuilles de l'apparence des feuilles ordinaires. Cette germination n'a pas paru à M. De Candolle différer notablement de celle du Maranta zebrina qu'il a eu sous les yeux en même temps. Si l'on compare cette description du fruit de l'Ananas cultivé avec celle que Gaertner a donnée (vol. i, pi. xi) du Bromelia Pinguîny on voit évidemment que ces deux plantes ne peuvent rester dans le même genre. Plumier, qui les a le premier étudiées avec soin dans leur sol natal, avait senti leurs différences et avait très justement formé le genre Ananas, composé des es- pèces connues aujourd'hui sous les noms de B. Pinguin et de B. lingulata. Il avait été moins bien inspiré en élablissant sous le nom de Karatas un troisième genre qui ne peut se séparer de son Bromelia. Linné a réuni ces trois genres en un seul, justement quant aux deux derniers, mais sans motifs suffisans pour le premier. Dès-lors, Miller a admis la séparation du genre de Linné en deux, X Ananas et le Karatas , qui comprenait le Bromelia et le Karatas de Plumier. Richard a aussi admis cette division, mais il a, sans aucun motif, transposé les noms, en donnant à X^Ananas le nom de Bromelia, et à l'autre genre celui de Karatas, Plus récemment M. Lindley(^^o^. reg.u. 1068), et, à son exemple, MM. Schultz (^jri'^. Feg. n. i486) ont admis la même division avec une nomenclature plus conforme aux rè- gles, en établissant les genres Ananas et Bromelia. Ces genres n'étaient jusqu'ici distingués que par la soudure des fruits dans V Ananas et leur liberté dans le Bromelia. L'ana- lyse de la structure des graines et de leur germination, en con- firmant la nécessité de la division , ajoute quelques nouveaux caractères plus intimes, savoir : le placenta charnu et palmati- fide, la direction pendante des graines et la rectitude de l'em- bryon de V Ananas, qui contrastent avec le placenta plus appa- rent, la direction horizontale des graines et la courbure abrupte de l'embryon du vrai genre Bromelia. 02 HAGENBAcri. — Tenlameii flovcE basileensis. Tentamen florœ basileensis , exhibens plantas phanerogamas sponte nascentes^ secundum sjstema sexuale digestas, adjectis Caspari Bauhini synonymis ope horti ejus sied comprobatiSy auct. C. F. Hagenbach, vol, ii, 53^ pag. in- 12. Baie, i834, Neukirch. Prix des deux volâmes , i3 fr. 5o c. Le premier volume de cette flore, orné du portrait de Gas- pard Bauhin et accompagné de deux planches représentant les FeroJîica prœcox et Buxbaumii , a iparu en 1821. Après un intervalle de treize ans, M. Hagenbach s'est enfin décidé à don- ner le second volume. Cet ouvrage est surtout très important par les soins que son auteur a mis à comparer l'herbier de G. Bauhin : un grand nombre des espèces établies par cet auteur célèbre ont été réunies à des plantes avec lesquelles elles n'é- taient nullement identiques. Le deuxième volume commence par ricosandrie de Linné ; le premier volume ayant été comparé d'après l'ordre du système linnéen, l'auteur s'est trouvé dans l'im- possibilité de suivre pour le deuxième la méthode naturelle qui lui semble préférable. Mais il nous semble qu'il aurait pu remé- dier à l'inconvénient de ne point suivre cette dernière méthode, s'il avait au moins accompagné son ouvrage d'un tableau des genres et des espèces rangées par familles naturelles. Les espèces plus difficiles ont été accompagnées de descriptions détaillées dans le deuxième volume. M. Hagenbach a été sobre dans l'admission des espèces dites nouvelles par quelques auteurs, par exemple les Aconits; i! a pré- féré réunir comme variétés ce qui ne lui paraissait point suffisam- ment distinct. Cependant nous aurions encore quelques espèces à indiquer à l'auteur, qui certainement doivent disparaître : il admet X^épargia hastilis comme distincte de XA. hispida : il n'y a cependant que quelques poils de plus dans la seconde de ces plantes et nous avons observé souvent des formes devenant successivement plus glabres. De même les Hieraciwn collïnum Gochn.,y^Z/(3^DG. eX. prœaltum'N'^. assez répandus dans diffé- rentes localités de la vallée du Rhin, ne nous paraissent point devoir être séparés : on sait que M. Monnier dans sa monogra- phie de ce genre a émis une opinion semblable. ^ HAGENBACiT. — Tentaineii florœ hasileen&is, 63 Le Lamiuin hirsutwn Lam. n'est autre chose que le L. macu- latum quand il vient dans les haies. Nous ajouterons encore quelques observations extraites de la Flore de M. Hagenbach. Les Roses nous semblent réduites à leurs justes limites; un voisin de l'auteur, M. Spenner dans la Flore de Fribourg , est probablement allé plus loin qu'il ne faut pour éviter une confusion entière. Dans le ^QnreRubus, l'auteur admet les cinq espèces suivantes: R. cœsias, corylifolius ^frutlcosus ^ tomentosus ^ et glandulosns : il ajoute avec raison : « hae quatuor species posteriores, vel po- te tins formas mullis varietalibus mutuosibi proxime accedunt »; nous avons long-temps, et dans des contrées assez riches en plantes de ce genre, recherché et examiné ces diverses formes et nous avons acquis la conviction que le professeur Spenner a bien fait de les réunir dans sa Flora friburgensis. On sait que les espèces admises par MM. Nées d'Esenbeck et Weihe , et en dernier lieu par M. Reichenbach, s'élèvent à environ quarante; mais il existe encore des formes qui méritent d'être décrites comme espèces, tout aussi bien que celles qui l'ont déjà été ; et où en finirions-nous, si à~peu-près chaque buisson de Rubus présentait une espèce particulière ? C'est avec raison que l'auteur réunit le Potntilla cinerea Chaix {subacaulis Jacq, Nestl. ) au P. verna. Comme le Mentha satif^a L. est une espèce douteuse , M. Ha- genbach admet sous ce nom la plante que Fuchsius a déjà figu- rée dans son Rrseuterbuch ; on le cultive avec le M. crispa Trag., et tous les deux se rencontrent spontanés comme fuyards des jardins. Il ne nous semble point qu'il y ait avantage à ressusci- ter les noms des auteurs qui ont écrit avant Linné : cette ma- nière de procéder ne donnerait lieu qu'à beaucoup de confu- sion. L'auteur donne le nom de Brunella ochroleuca à la plante que les auteurs appellent B. alba et laciniata-, ces derniers noms ne lui semblent pas distinguer suffisamment cette plante des deux autres espèces de Rrunelles, qui présentent des variétés à fleurs blanches et à feuilles laciniées. Le Rhinanthus hirsutus Ail. a , selon M. Hagenbach, des fruits G4 FiEBER. — Nouvelle espèce de Dianthus. ailés , caractère dont l'existence est mise en doute par M. Koch. Le Linaria cymhalaria, qui couvre maintenant les murs de Baie, ne s'y trouvait pas encore du temps de Bauliin, qui ne le possédait que des environs de Padoue. Dans un appendice, l'auteur expose un certain nombre de caractères nouveaux pour les plantes du premier volume : il indique des figures, des rectifications, et décrit quelques es- pèces nouvelles pour la Flore de Baie. Les observations ajou- tées au second volume sont extraites surtout du dernier volume de l'excellente Flore d'Allemagne que publie le professeur Roch. Nous ajouterons encore que M. Hagenbach a omis dans sa Flore le Coronilla minimal qui vient dans les environs de Badenweiler. Notice sur une nouvelle espèce de Dianthus. de la Flore de Bohême, par Fr. X. Fieeer {^Flora, i834 , n° 4û , p. 633). M. Fieber publie une description comparative de deux es- pèces d'OEillets qu'il prétend être distinctes. Nous nous bornerons à transcrire les phrases qu'il propose pour les reconnaître : 2?ia:A^^7^/^s cft?5ms Smilh. Cauîe strie- Dianthus Jlaccidus FieLer. Caulc to rigido suhunifloro, foliis lineavi-lan- laxo subramoso, foliis planis linearibus ceolatis obtusiusculis apice canaliculatis acuminatis serrulatis Iaxis, squamis ca- serrulatis, squamis calycinis subrotun- lycinis oblongo-ovatis acutis submucro- dis mucronatis , calycis deiitibus ovatis natis, dentibus calycis ovato-lanceola- obtusis, petalis inciso-crcnalo-dentatis, tis, petalis inciso-deutato-serratis , basi basi barbatis. D. cœsius Sin., Presl, barbatis. D. cœsius Sprengel. Tratt., Opitz. j. DECA.ISNE. — ■ Plantes de V Trahie-Heureuse. Çi^ Observations sur quelques nouveaux genres et espèces déplantes de r Arabie-Heureuse ^ Par M. J. Decaisne. Depuis les publications faites sur les plantes recueillies par Forskal dans l'Arabie-Heureuse, ainsi que sur celles citées par Vahl d'après les mêmes matériaux, on n'a presque rien ajouté à ce qu'on connaissait de ce pays. M. Ehrenberg a fait connaître dans la Linnsea (1829) un petit nombre de genres nouveaux; mais les résultats botaniques complets de son voyage ainsi que celui de M. Rùppell^dans l'Arabie-Heureuse, sont malheureuse- ment restés inédits. Aussi n'est-il pas surprenant que parmi le petit nombre de végétaux rapportés par M. Bové , il se soit trouvé quelques plantes qui semblent avoir échappé à Forskal ou du moins qui ne sont pas citées dans son ouvrage de ma- nière à y être reconnues. L'une constitue un genre nouveau, dans la famille des Crucifères; l'autre offre plus d'intérêt encore •en ce qu'elle a permis de fixer assez nettement les caractères d'une plante décrite par Cavanilles sous le nom de Serrœa, dont l'organisation, d'après les matériaux qu'il avait à sa disposition, lui était restée imparfaitement connue, de manière que la des- cription et la figure qu'il en avait données avaient pu autoriser M. Kunth à éloigner ce genre des Malvacées, auxquelles néan- moins il appartient incontestablement. A ces deux genres re- marquables se joignent encore plusieurs autres plantes curieuses soit par leur nouveauté, soit parce qu'elles confirment ou recti- fient les connaissances qu'on en avait, ou qu'elles apportent des notions nouvelles à celles qu'on possédait déjà sur leurs limites géographiques. Quoique, sous ce rapport, les collections faites par M. Bové soient trop incomplètes pour ajouter beaucoup de faits nouveaux à ceux qu'avait fournis la connaissance des plantes de Forskal, il a néanmoins, en notant d'une manière assez cer- taine le point d'arrêt de quelques plantes sur la côte asiati qu IV. LOTAIÎ. — Jout. f* ^^66 J. DECAiSNE. — Plantes de V Arabie-Heureuse. de la Mer-Rouge, contribué à établir la limite de certaines es- pèces tropicales qui y étaient indiquées. Ainsi M. Bové nous ap- prend que le Sceura marina de Forskal remonte jusqu'au 26* degré de latitude; j'ai cru, devoir rapporter cette plante à XAvicen- nia alba de Blume, plutôt qu'àl'^. tomentosa, dont elle diffère à plusieurs égards. La plante de la Mer-Rouge, différente aussi de celle qui croît sur les côtes occidentales de l'Afrique, se retrouve à Madagascar, avec le Thalasia ciliata de Banks et un Rhizo^ j>liora^ voisin du/?, acuminata^ comme j'ai pu le constater par l'examen de l'herbier de Du Petit ïhouars; cet arbre ne dé- passe pas le I j® parallèle sur les mêmes côtes où croît MJvi- eennia. Une Apocynée faisant partie des collections de Jacquemont, et récoltée par ce naturaliste dans le Pundjaub, s'est retrouvée dans les collections faites dans l'Yémen par M. Bové; elle m'a paru s'éloigner de toutes lesApocynées connues jusqu'à ce jour, par quelques caractères de la fleur et la position alterne des feuilles. La publication des herbiers formés par M. Ruppell en Abyssi- nie, produira sans doute aussi une foule de faits intéressans de géographie botanique et fournira des points de comparaison avec la végétation de l'Arabie-Heureuse que va explorer un na- turaliste du Muséum. C'est d'après ces considérations que j'ai cru pouvoir citer presque toutes les plantes rapportées par IM. Bové, après les avoir comparées et analysées en détail, car ce n'est, comme le dit bien justement M. R. Brown dans son beau mémoire sur les plantes rapportées de l'Afrique centrale, qu'en constatant avec soin et surtout en comparant les plantes d'après les échantillons authentiques, qu'on parviendra à avoir des don- nées exactes qui serviront un jour à établir sur des bases so- lides la géographie des plantes. CRUCIFERE. DiPTERYGiuM Genus nov. Char, gêner. Calyx œqualis post anthesin patens. Petala icqualia, ovato-lanceolata; ]>reviter unguiculata. Stamiwa sub- j. DEC\isNE. — Plantes de V Trahie-Heureuse» &j œqiialia; filamenta siibulata,edentula; antherae oblongae. Stylus teres ; stigma capitatum.OvARiUM qnadrangulare,angulis dentato- cristatis, iiniloculare, 1-2-ovuIatum ovulis infernè et latera- liter affixis. Silicula indehiscens compresso-alata, unilocularis, scrobiculata. Semen adscendens, abortu solitarium, obovatum; cotyledones incumbentes; radicula dorsalis. Herba glaberrima, glaucescens, ramoso-diffusa, ramis graci- libus , subaphyllis. Flores albi, laxè racemosi, basi bracteolati. D. glaucum. PI. 3. D. foliis caulinis ovato-lanceolatis subaveniis , siiiculis scrobi- culatis. Hab. près de Djedda. DESCR. Herba perennis? glaberrima, glaucescens , ramoso-diffusa , ramis teretibus epidermide viridi-glaucâ vestitis, herbaceis^ subaphyllis. Folia cau- lina i;4-poll. longa , ovato-lanceolata , integerrima, crassiuscula, plana, subave- nia, venis lateralibus inconspicuis, breviter petiolata , glaberrima, glaucescentiaJ Flores laxè racemosi ramulos terminantes , bracteolati, bracteolis pedicellis di- midio brevioribus, lineari-lanceolatis infernè auriculis bifidis minimis instructis. Calyx glàberrimus ; sepalis sequalibus, lanceolatis , subconcavis, obscure ( ia sicco ) trinerviift , interdùm violaceo extrorsùm tinctis , insertione sequalibus. Petala ovato-lanceolata , obtusa , breviter unguiculata , asqualia, alba , medio crassiora, virentia, sepala duplo superantia , post antbesin plana, subdeflexa." Glandul^e hypogynae (propter florum exiguitatem in sicco imperfectè vidi). STAMiNAsuba3qualia; filamenta subulata , glaberrima, edentula; duo lateralia vis breviora ; antherae oblocgje infrà médium dorsum affîxse , biloculares, loculis longitudinali rima dehiscentibus. Stylus teres, glàberrimus, stigmate capitata papilloso coronatus.OvARiuM sessile, ovato-oblongum, quadrangulum, angulis den- tato-cristatis, glaberrimum, uniloculare, biovulatum, ovulis lateraliter et infernè affixis. SiLicuLiE indéhiscentes, scrobiculatse , crustaceae , subrhomboidales, primilùs in utroque disco compresso-alatae, alis 2 epicarpiomembranaceo expansis, 2 (anticâ posticâque) minoribus , semper abortivis, basi et apice subacumioatae, uniloculares , abortu monospermse. Semina obovata, funiculo brevi stipata, f ulva , testa cellulari. Cotyledones incumbentes , lineari-oblongse , plano-con- Texœ ; radicula doi'salis, teres, cotyledonibus subsequalis, basi subattenuata. Obs. L'aspect général de cette plante ne rappelle aucun genre établi jusqu'à ce jour ; mais en portant son attention sur ses ra- meaux diffus, munis de feuilles presque avortées, terminés par des fleurs disposées en grappes très lâches, on croit lui reconnaître une 5. 63 J. DECAisNE. — Plantes de l Arabie -Heureuse. certaine analogie avec quelques Crambe. Cependant aucun des caractères qui distinguent ce dernier genre ne se retrouvent dans le nôtre, tandis qu'on y reconnaît la plupart de ceux qui constituent la tribu des Isatidées de M. DeCandoUe. D'abord, un fruit (silicule) indéhiscent, criistacé, ne renfermant, paravorte- ment, qu'une seule graine attachée au fond de la cavité unique, qui est lisse et sans trace de cloisons j cette graine est pourvue d'un embryon à cotylédons incombens et à radicule dorsale. Le fruit, aminci sur les bords, se retrouve également dans les Isatis et en particulier dans le genre Tetî^apterygiwn établi par MM. Fischer et G. A. Meyer (i), qui possède un fruit à quatre ailes, mais d'une forme différente du Dipterjgium , et d'une consistance assez semblable à celle des Isatis, dont il ne diffère que par la présence des ailes sur chacune des faces; deux de ces appendices, de même que dans notre genre, tendent à disparaître et sont généralement moins développés sur les par- ties antérieures et postérieures du fruit correspondant aux pla- centaires. Un caractère qui, sans être d'une grande valeur clans les Crucifères puisqu'on l'observe dans une même silique, sé- pare cependant nettement les deux genres qui nous occupent; dans le Tetrapterygium de même que dans les Isatis , les graines sont pendantes et la radicule dressée, tandis que dans notre genre la graine est dressée au fond de la loge et la radicule infé- rieure. L'épicarpe , quoique d'une stroctia^e analogue -dans les genres Isatis et Tt^trapterygium , ne s'étend jamais en appendice membraneux au delà des ailes du fruit, comme cela s'observe sur notre genre Dipterjgium , et si cet appendice manque sur la plupart des fruits rapportés par M. Bové , on peut être certaia que c'est par l'effet de l'humidité qui les a détruit, car je les ai retrouvés constamment sur des ovaires développés et des fruits appartenant à des écliint liions mieux conservés. Quoique les fleurs des Crucifères soient fort rarement accompagnées de brac- tées, cependant on eu connaît quelques exemples parmi les plantes de France, telles sont les Matlhiola^ quelques ^S/ij-z/z- brium, etc.; tel est encore VOreas, genre décrit dans le Lin- (i) Index seminum Hort. imper. Petropolitani, i835, p. Sg. j, DECAiSNE. ' — Plantes de l'Arabie-Heureuse. 69 n^ea (i) , par M. de Schlechtenclal. Dans cette plante, où les fleurs sont rapprochées en corymbe , chacune d'elles est accompagnée d'une large bractée qui par leur réunion forment une sorte d'involucre.Dansle ^QUYQEutrema de M. R. Brown, où l'inflores- cence est aussi en corymbe, la fleur la plus intérieure est sou- vent munie d'une bractée, mais ces deux faits sont loin d'être aussi remarquables que dans le genre Dipterygium, où les fleurs étant en grappes très lâches, chacune d'elles est accom- pagnée d'une 'petite bractée munie elle-même à la base d'une auricule ou bractéole bifide. Farsetia longisiliqua. Nov. sp. F. ramosa, ramis foliisque incanis, siliquis peduncnlatis cer- nuis linearibus (2 poUic. long. 2 1/2 iin. latis). Hab. dans les champs de l'Yemen. Obs. Malgré l'état incomplet de cette plante , il m'a été possi- ble de la déterminer d'après les observations génériques éta- blies par M. R. Rrow?? (2) ; elle s'éloigne, par la forme de ses fruits , des caractères que ce célèbre botaniste attribue aux Far- setia ; en effet, dans celle-ci, rapportée de FArabie par M. Bové; les fruits étant beaucoup plus longs quelarges, sont de vraies si- liques, mais les valves planes, les loges polyspermes, les funicules libres, les cloisons parcourues longitudinaiement par une ner- vure, et la lame presque toute couverte par un réseau particu- lier de nervures, sont autant de caractères qui distinguent net- tement les Farsetia. Si on joint à ces caractères ceux que j'ai vus dans la seule fleur même assez jeune que j'ai pu étudier et où j'ai observé un calice tubuleux, mais dont deux des sépales étaient disjoints comme on le rencontre quelquefois sur le F. œgyptiaca, des anthères linéaires rectilignes, dont les filets étaient trop peu développés pour apercevoir les dents, il ne reste pas de doute sur le rapprochement de cette plante avec les Itarsetia malgré la forme du fruit. 5 (i) Linnsea iSaS. Fasc. i,p. 2, g, t. i. . (2) B. Brown. Obs. of llie remarq, pi. coll. hy Oudn., Deiih. et Clapp,, p. 11. rjo j. DECAisNE. — Plantes de l* A raidie-Heureuse. CAPPARIDE^. Oes. Toutes les plantes de cette famille rapportées par M. Bové ont déjà été décrites par Forskal ; ce sont les : Cleome (Siliquaria) brachycarpa DG. — C ornithopodioides Forsk. Arab. n. 402. (Bové, n° 247). C. (Siliquaria) arabica. Linn. Sp. pi. éd. 2. p. gSg. D. G. Prod. I. p. 240. R. Br. in Oud. et Clapp. p. 17. Capparis Sodada R. Br. 1. c. — Sodada deciduà ^ Forsk. Arab. p. 81. Delil. FI. d'Egypte. 1. p. 74. t. 26. D. G. Prod. i. p. 245. Cadaba rotundijolia Forsk. Arab. p. 68. D.G.Prod. i. p. a44- — Slrœmia glandulosa Vahl Symb. i. p. 20. Obs. Le nombre des étamines dans cette espèce se trouve être de cinq, d'après l'examen de plusieurs fleurs. C.farinosa Forsk. Descr. p. 68. D. C. Prod. i. p. 245. — Fi. Seneg. i . p. 2 r . — S trœmia farina sa^ ?^. Symb. i . p. 20. Mœrua racemosa Vahl. Symb. i. p. 36, D. C. Prod. i. p. 254. MALVAGEiE. Serr^a. Gav. (Ghar. reform.) Galyx duplex; exterior tripliyllus, folioîis cordatis latis inte- riorem abscondentibus, aestivatione valvatâ ; interior tubuloso- campanulatus 5-fidus. Prtala 5, laciniis caiycinis allernantia, aestivatione convoluûvâ. Tobus stamineus columnaris , petalis imâ basi adnatus, apice 5-dentatus , ferè è basi ad apicem fila- mentastaminiferapiura emitîens. Stylus filiformis apice 5-fidus, ramis stamineura tubum superantibus , reflexis, apice obliqué îruncatis stigmatosis. Ovarium simplex, 5-loculare, loculis 2-0YU- j. DECAisNE. — Plantes de V Arabie- Heureuse* 71 latis, ovulis angulo interno affixis. Capsula, loculicido-5-valvîs, loculis interdùm abortu i-spermis, laciniis calycinis oppositis- Semina reniformia villosa. Suffrutex? ramosus, pube brevi moUissimâ undique incanus^ Folia cordata plus minusve trilobata. Stipulée setaceœ. Flores axillares involucro (calyce exteriori) amplo triphyllo abscon- diti. Serrœa încana Cav. PI. 4« S. foliis petiolatis cordatis trilobatis denticulatis incanis, flo- rum pedunculis petiolo brevioribus, petalis basi atro-purpu- reis. {Hibiscus, Bové, n° 241.) — Hab. dans les champs de l'Yemen. DESCR. Frutex v. suffrutex? ramosus; rarai lignosi, teretes, crassitie pennsff^ auserinse , pube brevissimâ molliter ïiicani. Folia alterna, rotundo-cordata , plus minusve trilobata, denticulata, basi inlegerrima, ratnulorum majora poU, 1-172-2 iouga, 1-1-1/2 lata, utrinque pube brevissimâ stellatâque incana , 3-5-nervia, nervis obscuris venisque subinconspicuis, petiolata, petiolo poil. 1 circiter longo, tereti. STiPULiE citissimô deciduae , setaceae , incano-tomentosse. Flores solitarii v. cum ramulo juniori ad foliorum axillas insideutes. Pedun- CUEi teretes, tenuissimè pubescentes,incani, exarticulati ? petiolo dimidio brevio- res. Caltx duplex, uterque persistens , sestivatione yalvatâ. Exterior ( brac— îeae v. involucrum) triphyllus, foliolis subœqualibus cordatis, utrinque tenuissimtjr subincano-puberulis, palmalinerviis, submembranaceis , florem obtegentibus. Imterior campanulatu.s lo-nervius, pilosus , 5-fidus , laciniis œqualibus lan- ceolalis , acutis, tubum longitudine sequantibus, erectis, submembranaceis^ Petala aeslivatione convolutivâ , cuneiformi-obovata , obliqua , flabellato-ve- nosa (in sicco) parte inferiore intense violaceâ v. atropurpureâ , supernè sordide flava , glaberrima , calycem duplo superanlia , involucro breviora. Tubus stami— neus corollâ brevioi', glaber, apice 5-dentatus , atropurpureus , 10-nervius, ferè a basi crassiusculâ ad apicem filamenta emittens plura ( circiter 25 ? ) brevia^ patenîia, antherifera. Amtherjb reniformos basifixas, demiim post antbesim peltalse. Stylus filiformis , glaber, tubum stamineum vix superans, apice 5-fîdus, ramis reflexis, oblique truncatis, stigmatosis. Ovarium rotundum, ô-sul— cum , pube incanâ tomentosum , 5-loculare, loculis a-ovulatis. Ovula angula interno affixa. Capsula calyci persistenti adpressa subsequalisque, ovato-ro- tunda, glabra, subcbartacea , reticulato-venosa , loculicido-5-valvis, valvis lacî* niis calycinis oppositis. Semina in unoquoque loculo abortu solitaria, rariùsbina^ 72 j. DECviSNE. — Plantes de V ^rahie-Ueureuse, disscpimentorura marginibus affixa , reniformiaj angulato-compressa; integumen- Tim duplex, exterius pilosiira, interius granuloso-punctatum.EMERYo lamina tenui pcrispcimicâ involutus. Cotyîedones foliaceae, orbiculato-cordatœ, longitror- siim sinuato-plicatœ , altéra alteram involveos ; radicula teres , basi atténua la. Obs. Que cette plante soit bien le Serrœa incana de Cava- iiilles, c'est ce dont il m'est impossible d'avoir maintenant une entière certitude. Toutefois en la comparant avec la description el la figure des Icônes, il ne reste presque plus de doute à ce sujet, tant les points de ressemblance paraissent nombreux. Ce- pendant Cavanilîes cite pour sa plante plusieurs caractères que je n'ai pu retrouver sur celle rapportée par M. Bové. Voyons, en repassant les principaux, ceux qui pourraient motiver la sé- paration de ces deux plantes. D'abord, quant au port général, autant qu'on en peut juger d'après la figure des Icônes, on re- connaît que la plante est rameuse et que la figure de Cavanilîes représente un rameau et non la plante entière, comme il le croyait; la similitude est parf^iite entre la plante de Cavanilîes et celle rapportée par M. Bové, quanta la forme des feuilles, de î'involucre du calice et de la corolle; tous ces points de res- seml>lance bien établis,nous arrivons à l'ovaire qui, d'après Cava- nilîes, est entouré à la base d'un disque à quatre ou cinq lobes, ce qui n'existe ni sur notre plante, ni dans les Malvacées en général. Mais ce qui peut faire soupçonner qu'il y a erreur de la part de ce botaniste, c'est que dans les détails analytiques qui accom- pagnent sa plante, il représente le tube staminal entouré du. disque quadrilobé qu'il dit exister sous l'ovaire , sous lequel il ne figure cependant rien. Ne peut-on pas supposer de là que ce prétendu disque n'est autre chose que la trace qu'auraient lais- sée les pétales que Cavanilîes doit avoir arrachés pour montrer ainsi isolé le tube staminal, qui est presque toujours dans les Malvacées, intimement soudé avec les pétales? Pour ce qui re- garde le caractère des deux loges de l'ovaire, il est exprimé avec doute, et en effet ce serait une anomalie qu'on observe fort rarement dans les autres végétaux que celui d'un style à cinq stigmates surmontant un ovaire à deux loges renfermant cha- cune cinq graines. Ainsi, par tout ce que nous venons de voir, le genre Serrœa de Cavanilîes ne diffère de notre plante que par j. DECA.ISNE. — Fiantes de V Arahie-Heureuse. ^3 deux points bien peu prouvés, ceux d'un disque hipogyn que lui-même n'a pas représenté suivant sa description, et celui d'un ovaire à deux loges. Ce sont sans doute ces différences qui auront engagé M. Runth à retirer cette plante de la famille des Malvacées. Quoi qu'il en soir, les caractères du genre 5^rr6P<2 établi, comme je viens de le faire, se rapprochent tellement des Hibiscus , que c'est à peine s'il en est distinct. Cependant son large involucre, qu'on peut comparer à celui du Melhania Danhami qu'a cité M. R.. Brown , et dont la figure a été reproduite dang la Flore de Sénégambie sous le nom de Broiera, font facilement distin- guer le Serrœa d'avec les Hibiscus, dont il a le calyce campanule à cinq dents, le style et le même nombre des stigmates, l'ovaire à cinq loges et la capsule à déhiscenceioculicide. Un point servira néanmoins à distinguer nettement le ^quvq Serrœa, c'est qu'il a les divisions calicinales opposées aux valves de la capsule au lieu d'être alternes, les dents du calice correspondant exactement à chacune des valves et la lione de déhiscence se trouvant ainsi dans l'intervalle des divisions du calice. Ce fait n'est pas unique dans les Malvacées; le genre Kitaibelia en offre égale- ment un exemple bien net, et ce caractère se retrouve dans plusieurs genres de ïiliacées. La capsule dans le genre Serrœa est mince, glabre et parcourue par un reseau de nervures; chacune des loges, au nombre de cinq, ne renferme le plus ordinairement qu'une seule graine par avortement d'un des ovules. Ces graines offrent un fait assez re- marquable, celui d'offrir sur la face interne du tégument un grand nombre de petits globules noirs, moulés sur les mailles du tissu cellulaire qui compose la membrane interne de ce té- gument, tandis que la face externe de la membrane propre de la graine ne présente aucun de ces mêmes globules. On aurait pu croire à l'existence d'une cryptogame parasite si l'intérieur des loges de la capsule, ainsi que l'embryon, n'eussent été dans un état parfait de conservation. Ces globules paraissent être plutôt une sécrétion particulière, qu'on retrouve quelquefois dans d'au- tres genres de Malvacées et en particulier sur les cotylédons des Cotonniers; même lorsqu'ils sont renfermés dans la graine avant ^4 J- DECAiSNE. — Plantes de V Trahie-Heureuse. leur germination, avec cette différence toutefois, que dans ce cas, la matière brune est contenue dans une glande enfermée dans le tissu cellulaire , tandis que dans le Serrœa la membrane cellulaire très mince paraît portée à émettre ces grains au dehors.' TILIACEiE. Grewia populifolia Vahl Symb. i, p. 33. D. C. Prod. i, p. 5i I. — G. Chadara Lamk. Dict. encycl. 3, p. 44- ' — Cha' dura tenax Forsk. Arab. io5. (Bové n. 2 54 — Moucken Arab.) Hab. l'Yemen. Oes. Cette plante se rapporte à la première description spé- cifique du genre Chadara où Forskal décrit les feuilles comme étant glabres sur leurs deux faces, tandis que plusieurs auteurs semblent l'avoir confondue avec la Chadara arhorea qui, d'après Forskal, aies feuilles velues sur la face inférieure. Antichorus depressus Linn. Mant. 64, L. f. fasc. p. 3, t. 2,i' D.C. Prod. I, p. oo4- — Jussiœa edulis Forsk. Descr^ 2IO. — Carictera Scop. — Corchorus antichorus Rœusch. Hab. près de Louache à trois journées au Nord de Yambo. Oes. Cette plante ne diffère réellement des Corchorus^ commô le dit avec raison M. De Candolle, que par le nombre des parties de la fleur, car le nombre qu'on observe dans les parties du fruit se retrouve également dans certaines espèces de Corchorus où il offre peu de constance. On peut observer fréquemment le C. hirtus avec une capsule à quatre loges, comme le C. olitorius^ qui en a ordinairement six, se trouve presque aussi souvent n'en avoir que cinq. L'inflorescence extraaxillaire ou oppositifoliée s'observe dans le genre Anticliorus comme dans le Corchorus^ PARONYCHIE^. Polycarpœa prostrata, — Arenaria? prostrata Ser. in D. €• j. DEC AISNE. — Plantes de Vu^rahie- Heureuse, 75 Prod. 3, p. 375. — Alsine pTostrata Forsk. Descr. p. 207. Del. FI. Egypt. p. 68,t. 24, f. 4. Hab. près de Yambo. RHIZOPHOREiE. Rhizophora inucronata Poiret. R. foliis ovalibas basi subattenuatis apice abrupte miicrona- tîs, mucrone erecto firiTJO , petioiatis , stipulis lineari-oblongis attenuatis acutis, floribus4-partitis, calycinis folioîis lanceolatis, petalis 4) staminibus 8, anlheris lineari-sagittatis. Rhizophora mucronata Poiret? Dict. 6, p. 169. 111. t. 396, f. 2. Hab. près de Haideytta. Obs. Le Rhizophora inucronata originaire de l'Ile-de-France et décrit par Poiret dans le Dictionnaire encyclopédique, diffère à peine de la plante rapportée de l'Arabie, si ce n'est par les feuilles qui sont plus luisantes; les unes et les autres sont mar- quées sur la face inférieure de petits tubercules; les stipules sont de même forme, et les organes floraux, autant que j'ai pu en juger d'après ceux que j'avais des deux plantes, m'ont paru semblables. Je crois que la même espèce se retrouve aux îles Moluques, comme l'avait déjà indiqué Du Petit ïhouars pour la plante de Madagascar que je suis porté à regarder comme identique avec celle de l'Arabie. La plupart des botanistes qui ont eu occasion de décrire des Rhizophora ont fait mention des corps cylindriques qui se dé- tachent des fruits. Du Petit Thouars est le premier qui^ dans une excellente notice sur le Manglier, insérée dans le journal de Desvaux, ait donné une bonne description du fruit des /^feop/zom et regarde le corps cylindrique comme une tigelle. Voici ce qu'il écritàce sujet: « La radicule tombant perpendiculairement dans le vase, la plumule paraît au grand jour; la plante poussant, il y a toujours une différence de diamètres entre la radicule et la nouvelle pousse : celle-ci semble sortir de son intérieur comme 76 J. DECAiSNE. — Plantes de V Arabie-Heureuse. un tnbe de Innette. Je nomme cette partie intérieure radicule pour me conformer à l'usage; mais c'est une véritable Tigelle : ce que confirme l'existence de la moelle dans son intérieur; elle s'allonge de plusieurs pieds au-dessus de l'eau. » Plus loin dans le caractère générique du Manglier, Du Petit Thouars re- vient sur ce même fait. « Le corps oblong, qui, suivant la dé- nomination ordinaire, est une radicule, je le regarde comme une Tigelle., qui s'allonge en montant quelquefois de plusieurs pieds, suivant la profondeur de l'eau, w Si on rompt ce corps oblong par le milieu, avant qu'il ait poussé, on voit son intérieur composé d'un tissu bomogène qui semble velu. La coupe transversale de ce corps , prise au mi- lieu et vue à un microscope simple, nous montre d'abord les cellules de l'épiderme de forme assez régulière, presque carrées ou rondes, puis du tissu cellulaire dense, brun, parmi lequel se trouvent (encore vers la circonférence) des parties blanchâ- tres arrondies, glanduliformes dues à du tissu cellulaire incolore à parois assez épaisses peut-être réticulées et renfermant souvent des grains colorés, résultat probable d'une sécrétion ; soit qu'on fasse des coupes verticales ou horizontales, on obtient toujours pour ces corps une même forme arrondie. Ce sont eux qui dorment une apparence chagrinée et qui colorent peut-être, par leur sécrétion, le tissu de la baguette. Tout le reste de la partie intérieure est composé d'un tissu cellulaire coloré en brun entre lequel on aperçoit sans ordre des corps presque transparens, arrondis, au centre desquels paraissent une petite partie oblongue, obscure ou lumineuse, comme le sont les sto- mates forsqu'ils sont remplis par un globule d'air ou qu'ils sont vides. Ces petits points sont de grandeur inégale. La coupe verticale du corps cylindrique présente un tissu homogène, soit qu'on l'examine vers le centre ou vers la circon- férence (il faut en excepter toutefois les glandes arrondies qui se trouvent vers l'extérieur) ; mêlés à ce tissu cellulaire arrondi fortement coloré se trouvent sans ordre, des tubes ayant la forme de cristaux (raphides) amincis aux deux bouts, mais beaucoup plus grands; ce sont eux qui donnent l'apparence velue lorsqu'on rompt une des baguettes et que nous venons de j. DECAiSNL'. — Plantes de V Arahie-Heureuse. 7 "7 voir dans la coupe transversale sous la forme de petits points blanchâtres, mêlés au tissu cellulaire et présentant une ligne obscure ou lumineuse au centre, d'où il résulte que ce sont des vaisseaux courts à parois épaisses, creux dans leur longueur, ayant une grande analogie avec des Clostres. Les petits corps transparens qu'on voit par la coupe transversale, ne sont que ces tubes coupés à des points différensdeleur longueur, et ayant un diamètre inégal puisqu'ils sont amincis aux deux extrémités. La zone plus colorée qu'on voit au centre de la baguette n'est due qu'à du tissu cellulaire plus coloré entre lequel on voit, à des intervalles assez éloignés , des vaisseaux rayés très minces ; ce n'est qu'après la végétation que ce cercle qui formera le canal médullaire prend une forme bien arrêtée. Il suit de cet examen qu'on n'observe dans ces tigelles, avant leur végétation, aucun tissu cellulaire régulier formant la moelle; que tout leur intérieur renferme des tubes (clostres) libres, placés verticalement mais sans série régulière, entremêlés de tissu cellulaire incolore ou renfermant une substance brune; que l'acte de la végétation constitue le canal médullaire et le forme par des tubes fibreux, ponctués et rayés. Peut-être les trachées apparaîtront-elles plus tard encore. Dans l'état où j'ai observé le tissu de cette tigelle , elles ne semblent pas exister. Les clostres se retrouvent dans le scion, mais les glandes ne se retrouvent plus à la circonférence, quoique le tissu de la jeune plante soit coloré. Le canal médullaire, vide, ne contenait aucun des tissus qu'on voyait dans la tigelle. PAPILIONACE^. Rhynchosia Memnonia D.C. Prod. 2, p. 386. — Glycine Memnonia Delil. FI. Egyp. 100, t. 38, f. 3. Spr. Syst. 3, p. 195. Hab. l'Yemen. (Bovén. 234.) Jndigofem spinosa Forsk. Descr. p. 137. Vahl Symb. i, p. 55. D.C. Prod. 2, p. 232. Spr. Syst. 3, p. 274. Hab. l'Yemen. «7 8 J. DECAiSNE. — Plantes de V Arabie- Heureuse. Cytisus arabicus. Nov. sp. C. sericeus, ramis gracilibiis deflexis; foliis petiolatis, trifolio* latis, foliolis plerumque linearibus basi et apice acutiusculis mar- ginibus revolutis subteretibus ; floribus pediinculatis, calyce sericeo , laciniis lanceolato-oblongis acutis ; leguminibus linea- ribus sericeis planis, seminibus lenticularibus fulvis. Hab. île Neymann, bords de la Mer-Rouge. (Bové, n. 235.) DESCR. SuFFRUTEX ramosus , ramis deflexis, teretibus, ramulis sericeis. Stipula min ira ae , ovato-lanceolatœ , piloso-sericeae. Folia trifoliolata, petio- lata, petiolo lin. 3-6 longo tereli; foliola inaequalia (terminale majus) lin. 2-3 longa, lineari-oblonga, ssepiùs marginibus involutis teretiuscula ^ basi et apice acutiuscula, sessilia, sericea. Flores flavescentes [Cytisi argentei minores) so- litarii , pcdunculati, pedunculis ssepissimè extraaxillaribus, supernè bracteolatis bracteolis lanceolato-oblongis minimis extrorsùm sericeis. Calyx adpressè et se^ ïiceo-pilosus, lin. 2 longus, 5-dentatus, dentibus lanceolalis, oblongis, acutis, {5 aequalibus), labii inferioris intermedio angustiore. Corolla flava, calyci su- bœqualis, lin. 2 longa : vexillum subcarneum, rotundato-flabellatura, breviter unguiculatiîm, glaberrimum : aise vcxillo sublongiores, cultriformes , obtusis- simœ, subconcavae, unguiculalœ, margine superiore auriculato , basi imbricatim plicatse, glaberrimœ : carina alis subbrevior, curvata, obtusaj vix uuguiculata. Stamina lo, monadelpba-, tubus membranaceus, ovarium piloso sericeumt subsequans. Stylus filiformls, tubum stamineum superans, arcuatus, glaber. Stigma capitatum. Leoumen poil, i 172 longum, lin. 1 173 latum , patulnm {Cytisi argentei longius) calyce persistente plus minusve fisso basi vestitum, îineari-oblongum, plano-compressum, stylo persistente acuminatum^ adpressè sericeum. Semika Icnticularia, subfulva^ laevia. Obs. Cette espèce, voisine du Cytisus uniflorus décrit dans la Florula sinaïca en diffère par ses fleurs un peu plus grandes _, pedonculées, au lieu d'être presque sessiles, les pédoncules étant dans l'une et l'autre souvent oppositifoliés ou extraaxillaires par le développement d'un ou du bourgeon terminal_, comme cela s'observe dans plusieurs autres espèces du même genre. Les ailes sont pourvues vers l'extrémité inférieure de plis im- briqués que je n'ai pu voir sur la seule fleur du C. uniflorus que j'aie étudiée. Les légumes sont beaucoup plus longs, plats; les grains ne sont pas sphériques mais bien lenticulaires et pres- que couleur de chair. J. DECÀiSNE. . — Plantes de V Arabie-Heureuse. CELASTRINE^. 79 Celastrus edulis Vahl Symb. i, p. 21. B.C. Prod. 1. p. 6. Spr. Syst. I, p. 775. — Catha edulis Forsk. Descr. p. 63-64. Obs. Cette espèce est cultivée aujourd'hui dans les Jardins du Caire. COMPOSITE. Oes. Le nombre des plantes appartenant à ce grand groupe des Composées est extrêmement borné dans les collections de M. Bové. IjQ Mlcrorhynchus nudicaulis, un Senecio voisin du ù. arahicus, le Vernonia proliféra [Conyza Lamk.), \e Fulicaria undulata D.C. (Inuïa) sont les seules espèces que j'aie trouvées dans son herbier. RUBIAGE.E. Une seule espèce de cette famille appartient au groupe des Spermacocées ; elle paraît être voisine de V Oldenlandia herbacea. GENTIANES. Erjthrœa pulchella Sw. D. C. F. fr. Hab. : l'Yemen. MYOPORINE^. Ancennia alba Blum. Bijd. p. ^ii.-^Sceura marinaForsk. Descr, p. 87. Pet.-Th. Obs. pî. afr. aust. Mél. bot. p. 17. — Haqk , Bruce Abyss. 5. p. 44- cum. tab. optima. — • Mangîum album Rumph. Amb. pars 3. p. 11 5. t. uœni. Oes. C'est avec VJvicewiia alba, cité par M. Blume que ïa plante rapportée de la Mer-Rouge a le plus de rapport, mais comme je n'ai pu l'analyser comparativement dans le même 8o I- DEC AISNE. — Plantes de V Arahie-Heureuse, état, je n'ai pu en avoir une certitude absolue. L'espèce de la côte occidentale d'Afrique que M. Brown réunit à XA. tomentosa de Linné me paraît différente de celle-ci, du moins à en juger par des rameaux privés de fleurs, dont les feuilles ne noircissent pas sur la face supérieure et sont opaques au lieu d'être luisantes. La description de Palisot de Beauvois, ne s'accorde pas tiès bien non plus avec celle de Forskal ; celle qu'en donne Bruce paraît au contraire se rapporter davantage à la plante qu'a rapportée M. Bové. Les échantillons de l'herbier de Du Petit Thouars sont parfaitement semblables à ceux de l'Arabie. AGANTHAGE^. Oes. La seule espèce de cette famille est \ Acanthodium spi- catum que M. Bové a retrouvé également au Sinaï. SOLANE^. Obs. Autant que j'ai pu en juger sur un fragment, je regarde l'espèce de Solanum rapportée de l'Yemen comme étant le S. Qcetosœfoliinn de Dunal , qui croît dans l'Inde. APOGYNE^ RriÂZYA Genus nov. GALYxparvus 5-partitus. Gorolla hypocrateriformis , 5-loba : lobis rotundati, cequilaterales , sinistrorsùm torti : tubus intror- sùm dense pilosus. Stamina 5 inclusa ; filamenta brevia medio tubo inserta. Antherje ovataî biloculares, loculis parallelis, li- berœ. Discus hypogynus o. Stylus simplex filiformis. Stigma dilatatum rotundato-depressum, appendiculis carnosis conoideis coronatum. Ovarium didymum, glabrum. Folliculi gemini te- retes, Iseves, erecti, acuti. Semina oblonga, basi et apice mutuâ compressione membranacea. Frutex tripedalis, glaberrimus, ramis simplicibus erectis. Fo^ lia alterna, rigida. Flores corymbosi albi, parvuli, limbo subpa- tulo, tubo introrsùm dense piloso, suaveolentes. j. DhCAiSNE. — Plantes de V Arabie-Heureuse. 8i B. stricta , foliis lineari-oblongis acutis breviter petiolatis; floribus albis lobis rotundatis miicroiuilatis. Hab. dans l'Yemen. DESCR. Frutex habitu Daphnes Laureolœ j ramosus; ranii saepiùssimplices, stricti, teretes, epidcrraide herbaceâ vestiti , glabeiriini. Folta alterna (2-5) poil. 3 1/2-4 longa, 3;4cii'ciler lata, lineari-oblonga , acula, sabpungcnti^^ sub- uniiiervia, nervo medio supi'à impresso subtiis prominenle, venis latcialibus vix prominulis, coriacea, ei'ecta,utnnqueglribcnima , basi in petiolum brevern caiia- liculatumatleniiata.CoRYMBipedunculati ad raraorumapicemaxillaresv. terminales; pedunculisimplices v. raiiùs ramosi, ramulis abbreviatis infernè bracteatis, bracteis ovato-lanceolaiis.Fx.oRESsubsessiIesbasibracteolali, albi, suaveolentes, vix 6emi- pollicares, extrorsùui glaberrimi.CALYx parvuscnm pediccllo continiuis, 5-paititus laciniis sequalibus, lanceolatis, acutis, erectis, crassiusciilis, glabcrrimis. Gorolla * 1. 4-6 longa, bypocrateriformisjCrassiuscula, praefloratione sinistrorsùm tortâ; tubus ad faucem contractus, introrsiirn dense pilosus; limbus parvus. 5-lobus, lobis patulis, rotundatis, mucronulatis, obscure venosis, glabcrrimis. Stamina 5 iuclusa, piiis tubi interioris abscondita ; fîlamenta brevia, glabra, medio lubo inscrta ; antberae liberœ , ovatae , obtusse, biloculares, loculis paralleh's, rima longitudinali de- biscentibus; pollen aureum. Stylus filiformis , gracilis, glaber, simplex v. ra- rii!is basi subcohserens. Stigma rotuadato-depressum, papillosum, anlkeraruni basin adaequans, appendiculis duobus carnosis conoideis coronatum. Ovarium conicum, didymum, glaberrimum, disco bypogyno destilutum, multiovulatum. FoLLïCULi lineares, aculi, glabri, poil. 2 i;2 longi. Semina immatura, oblonga, scrobiculata? mutuâ compressione basi et apice submembranacea. Obs. Il me paraît peu probable qu'une plante qui occupe, comme celle-ci, une étendue de pays aussi considérable, puis- qu'on la retrouve sur les côtes de l'Arabie-Heureuse et dans une partie de l'Inde hors du tropique, ait pu rester inconnue jusqu'à ce jour; cependant malgré toutes les recherches que l'ai pu faire à son égard, recherches d'autant plus faciles que cette plante, se reconnaît facilement par ses feuilles alternes, je n'ai pu parvenir à la rapporter même à un genre connu. Elle s'écarte de tous ceux établis jusqu'à ce jour , par sa corolle dépourvue de couronne ou d'appendice , renfermant cinq éta- mines à anthères biloculaires n'ayant aucune connexion intime avec le stigmate, par l'absence de glandes hypogynes ou disque^ enfin par ses follicules linéaires cylindriques, contenant plusieur' graines à surface rugueuse privées de soies, mais légèrement membraneuses aux deux extrémités par l'effet de la compressioQ^' lY. BoTAif. — Août, 6 82 J. DECAisNE. — Plantes de V Arabie-Heureuse. Dans la première section des Apocynées, celles qui ont des co- rolles dépourvues de couronne ou d'appendices, plusieurs ca- ractères servent à distinguer les genres, soit l'adhérence des anthères au stigmate, soit la présence ou l'absence des glandes hypogynes ; une autre division de la même famille est fondée sur le caractère tiré des graines qui sont privées de soies , mais qui sont entourés dans le frnit d'une sorte de pulpe. Comme on le voit, ces deux sections ne renferment aucun genre dont les caractères puissent s'accorder avec le nôtre. Jacquemont a recueilli cette même espèce en fleurs au mois d'avril, sur les collines gypseuses et salines, près de Pinda Den- kan, en se rendant du Pundjaub au Cachemyr. J'ai dédié ce genre à la mémoire de Riiazy, médecin arabe qui a écrit sur la botanique. (Voy. Tourn. Inst. Isag. Spr. Hist. rei Herh.) ASCLEPIADE^. Parmi les plantes de cette famille se trouvent le Sarcostemma pjrrothecnicum, deux espèces de Cynanchum dont l'une, encore inédite, que je dédie à M. Bové. Cynanchum Boveanum. Nov. spec. C. herbaceum incano-pilosum; foliis oblongo-lanceolalis sinu- ati^ subincisis petiolalis; umbellis axillaribus sessilibus;calycinis foliolis lineari-lanceolatis acutis; corollœ lobis lanceolatis, ner- vis fuscis, glandulis basi dilataîis triiobis, lobo medio subulato. Hab. l'Yemen. Oes. Cette plante a le port du Gomphocaryus crispus R. Br. mais les ombellules sontaxillaires et sessiles. L'autre espèce qui pourrait former un genre distinct, et que je rapporte avec doute au Cynanchum radians^ décrit par La- marck, est remarquable par sa corolle campanulée à cinq lobes linéaires-lancéolés, munie intérieurement d'une couronne mem- braneuse à cinq dents obtuses, un peu charnues, alternant avec les lobes de la corolle. La colonne staminale est assez épaisse, coriace, à cinq cannelures, divisée supérieurement en dix dents } celles qui soutiennent les glandes forment deux petites j. DECAiSTîE. — Plantes de l' Arabie -Heureuse. 83^ cornes, tandis que les cinq autres sont linéaires, membraneuses et appliquées sur le sommet du style. Ces deux plantes sont trop incomplètes pour être décrites en entier. AMARANTHACEiE. Digéra ciliata Mart. Diss. Amar. p. 77. (285.) — Chami&- a ciliata Spr. syst. i,p. 8i5. — Jchjraruhes ciliata Lamk. Dict. i, p. 549. Aërva javanica Juss. Mart. diss. p. 83. Spr. syst. i. p. 8i5, Hab. l'Yemen, lieux sablonneux. (Bové n. 243.) Amaranthus retroflexus L. Dub. Bot. Gall. i. p. 3q4. Hab. l'Yemen. EUPHORBIACE^. Obs. La plupart des plantes appartenant à ce groupe me pa- raissent devoir se rapporter à celles citées par Forskal, ce sont deux Jatropha, dont l'un privé de feuilles; l'autre a de l'analogie avec le /. glandulosa.k. ces espèces il faut ajouter VJndrachne aspera de Sprengel, déjà indiquéau Sinaï ainsi que le Chro^ zophora ohlongifolia croissant tous deux dans l'Yemen. NYGTAGINE^. Boerhaana viscosa L. et i5. diffusa Lamk. Hab. dans l'Yemen. MONOCOTYLEDONES. Oes. Le Pandanus et le Cucifera sont les seules espèces re- marquables que signale ou qu'a rapportées M. Bové. Parmi les Graminées, ce sont le Sorgho et le Pennisetum splcatus qui sont cultivés en grand. Trois autres plantes de cette famille, dont deux Poa et un Aristida que je vais décrire sont les seules Graminées que j'ai observées dans l'herbier de M. Bové. Poa ciliaris Linn. var. p Rth. Agr. p. 387. Hab. l'Hedjas près de Yambo. Janv. Obs. J'ai observé en détail les organes de la fleur comparati- vement avec ceux pris sur des échantillons originaires d'Améri^ 84 J' u*:cAisNE. — Plantes de V Arabie-Heureuse. que ainsi que sur la plante cultivée, et sauf des différences peu sensibles dépendant de l'exiguité de celle de l'Arabie, il m'a été impossible de les distinguer; au reste, cette espèce, qu'on dit originaire d'Amérique, a déjà été retrouvée dans l'Inde et fait partie des collections de Jacquemont. Une autre espèce àePoa, voisine du P. littoralis est remarqua- ble par sa hauteur, car elle atteint quatre à cinq pieds de haut en s'appuyant sur les végétaux qu'elle rencontre, ainsi que par la torsion des gaines qui font que les feuilles cessent d'être al- ternes distiques. Poa triticoides Nov. spec. iP. culmo ramoso erecto rigido nodisque glabris ; foliis jun- ciformibus rigidis acutis, vaginis ore pilosis ; spicâ i«terruptâ ; spiculis compressis lo-floris pedicellatis erectis ; gîumis glaber- rimis paleisque exterioribus coriaceis basi sericeo-barbatis. Hab. près de Ehmmek-Ouafou, non loin de Korafidà, sur les bords de la mer. DESCR. GraiMen pereiine,habitu Triticijuncei. Culmus ramosus, ped-alis, in- fernè deflexus, laevis, basi foliis dessicatis fîbroso-dissectis indusiatus, ad nodos geniculatus, nodis fuscescentibus, glabris. Folia limbo involuto junciformia, acuta, erecta v. arcuata, glaberrima, culmum asquantia , infima brevissima, canaliculata, pungentia ; vagina cylindrica, Igevis, ore piloso-scricea. Spica erec- ta spiculis I i-florisj compressis/ lanceolalis, pedicellatis, distantibus, rachidi com- muni adpressis. Gluma bivalvis, œqualis, subueryosa , lanceolata , acuta , gla- Lerrima. Palejs subœquales; exterior lanceolata, snbacuta, trinervia basi seri- ceo-barbata ; interior oblongo-lanceolata , acutior, binervis marginibus involutis, Squamul^ hypogynœ cuneatse v. truncatae, subintegraî, submembranacese. Sta- MiNA terna. ÀNTHERae... Styli basi divergentes, filiformes. Stigmata plumosa fibrillis crebris. Ovarium subrotundo-ovatum, laeve. Obs. Cette espèce appartient par l'ensemble de ses caractères à la première section du genre Poa tel que l'admet M. Kunth- M. Bové, qui a recueilli cette plante en Arabie, a eu occasion de la récolter en Egypte, après un défrichement assez considérable qu'il avait fait exécuter sur la limite du désert, aux environs du Caire. Ce terrain, fraîchement remué, se couvrit de plusieurs plantes étrangères à l'Egypte ou à cette localité, et disparurent ^'année suivante sans se reproduire. J. DECAisNE. — Plantes de V Arabie-Heureuse. 85 Aristida pumila Nov, spec. A. annua; culmis gracilibus basi subgeniculatis glabriusculis; foliis setaceis invoîutis siiprà scabris ; vaginâ ciliatâ ; florum pe- dicellis pilosis; glnmis inœqualibiiSj inferiori acuminatâ, supe- riori lineari duplo longiori; paleâ infer. 3-aristatâ, arisiis denti- culato-scabris. Hab. l'Hedjas. Gramen anniium, i i]2-4 poil. Radicelle: fibrosse, pilosœ. Culmi plures^ fili- formes, striati, deflexi, glaberrimi, nodosi nodis fuscis. Folia setacea involuta, acutaj suprà praesertim denticulato-aspera, pallidè viridia, gîaucescentia, subar- cuata ; vagina iîssa^ striata, scabriuscula, margine membranacea, oie ciliata. Panicula subcontracta, culmo longitudiiie stibaequalis. Spicul/e uniflorse ,pedun- culatae , scabrae. Gluma bivalvis iusequalis, linearis : inferior macronato-arista- ta ; superior duplo longior, acata, glabra. Flos breviter pedicellatus, pedi-- cello piloso. Palea inferior linearis, elongata, involuta, subcarinaîa, carinâ aspera tiinerviâ, nervis apice in très aristas filiformes denîiculato-scabras iiite- quales (latéral, breviores) desincntibus. Palea inferior brevissiraa, inferiori raul- toties brevior, inclusa, ovata, obtusa, membranacea. Sqttamul.e bypogynas binœ, ïanceolato-ovalse, longitudinaliter venosse, palcœ superiori subœquales. Stamina terna, paleam superioiem sequantia, erecta. Antiieb^e lineari-obîongae. Styli filiformes, brèves. Stigmata fibrillosa stamina vix superantia. Ovarium ovato- oblongum. EXPLICATION DES PLANCHES III ET IV. PL. III. Fig. I. Rameau an Dipteryglam glaucum de grandeurnaturelle. Fig. 2.Un bouton à fleur très grossi, avec une partie du rameau sur lequel il est inséré et la bractée qui l'accompagne. Fig. 3. Bractée très grossie ainsi que les auricules biliJes qui se trouvent à sa base. Fig. 4. Une fleur très grossie. Fig. 5. Un sépale. Fig. 6. Un pétale. Fig 7. Une étamine. Fig. 8. Une fleur dont les sépales et pétales sont tombés, afin de montrer l'insertion et la grandeur relatives des étamines.Fig. 9. Ovaire, le stigmate pi'eud un développement sensible après la fécondaliou. Fig 10. Un fruit (uucule) très grossi; on \oit en a les ailes membraneuses qui les bordent, ea a une partie du tissu membraneux. Fig. ri. Fruit coupé (sans ailes membraneuses) afin de montrer l'insertion des graines; quelquefois elles sont insérées, je crois, de chaque côté. Fig. 12. Une graine. Fig. i3.La même, coupée transversalement. Fig. 14. Embryon, PL. IV. Fig I. Rameau de grandeur naturelle du Serraea ; le duvet qui couvre toute la plante n'a pas été représenté. Fig. i . plan symétrique de la fleur en a l'involucre à préfl. valv. b. le calice id. c. k'spelales à relation tordue; d. le tube staminal ; e. l'ovaire. Fig. a. Fleur de grand. Bat. une des folioles de l'involucre étant coupée. Fig. 3. La même coupée verticalement pour montrer la révélation de chacune des parties: a l'involucre; b. le calice ; c. pétales; d. le tube staminal; e. le style. /. l'ovaire. Fig. 4. Une anthère jeune. Fig. 5. Après l'émission du pollen, Fig. 6. Pollen. Fig. 7. Une branche du st) le afin de montrer 1^ stigmate. Fig. 8. Un fruit grossi recouvert par le calice dont les divisions sont opposées aux valves. Fig. 9. Le mémo privé Bertcro Collect. n. i63i. Hab. ad corticem arborum. Apnli, majolecta. 70. S. Guillemini Montag. : tballo membranacco suprà murino subtùs car- neo-pallido, îobaîo, lobis rolundato-crenatis, utrinque velutino sorre- diisque citrinis punctiforraibus adspcrso ; apotlicciis marginalibiis urceo- latis badiis margine îîiallode inflexo integerrimo. Tliecse ovali-oblongse vel cymbiformcs quatuor sporas rotundas foventes et ascis oblongis inclusae. Hab. ad cortices fruticum aliis Liclienibus immixta. Obs. Simillima S. endoclirysœ Delis. at saîis differre videtur strate medullari albo,non luteo, pubescentiâ paginée superio- ris, situque ajDotlieciorum marginali non autem sparso. S. Kun- thii Hook. et 5. obpoluta Acii. nostroe affines, cyphellis albis dignoscendœ. S. Humboldtii Hook. praeter eamdem notam quâ biDse précédentes à nostrâ recédant, scutellis sparsis, tomento denso quo obducta est, in super di versa. Denique â S. pallidâ Hook. (S. Kunthii Delis.) margine integerrimo scutellarum nec- non villo tenuissimo totam frondem induente facile distin. guitur. S8 c. MONTAGNE. — FloTa Femandesiana. Clar. Guillemin, amico carissimo, cujus liberalitas materiam hujiisco Ojjusculi milii subininistravit, Stictam hanc nobiiissi- mam io signum grati aiiinii adscribere vobii. 71 iS. aurata Acb. — Paimella aurnta Eschw. in Mart. FI. Bras. 1. p. 216. t. i4. f. I. — Bcriero Gollect. n. i658. Crcscit ad corticcm arboriim veluslarum in sylvis montium. Majo steri- lis lecta. 72. S, aurigera Delis. 1. c. p. 54. pi. 3. f. 8. — S. bufonia Sieber mss. in Herb. cel. Boiy. Crescit cuin sequcnte ad saxa in sylvis. 73. S. Mougeoùana Delis. 1. c. p. 62, pi. 5. f. i3. — Bertero Gollect. n. 165/, 1659 et 1G61. Crescit ad tei-ram et rupes in locis jàm indicatis. Obs. Species no 72 et 78 colore tballi tantùra diffère rnibi videntur. In utrâque aulem apothecia, cl. Deliseo ignota, si- millima inveniuntur , id est marginalia, subsessilia, clisco fiisco- badio piano, mare^ine decorticalo purpurascenti ! primùm invo- luto dein explanalo. 74. S.hlrsuta Montag. : tballo cartilagineo amplo libero lobato, loLis lacinia- tis rotundato-cieualis supra cervino-fuscescente liirsuto, subtiis tomen- toso subconcolori, cyj)heliis sorrediiformibus citrinis ; apotbeciis raargi- nalibus cyatbiformibiis margine inflexo piloso. Tbecae fusiformes, quatuor sporul:)S globosas foventes, plures ascis clavatis inclusse. Crescit ad corticem arboruin, etiam in Cbile sylvis rnontanis, specim. n, 676 et 677 propè Rancagua, in Monte la Leona. Thallus centro afiîxus, 2-4-uncialis, submonopbyllus latè lobatus, lobi atilicè rotundati sublobulati, marginibus magis miniisve repando- crcnatis. Faciès anterior in prima juventute pilis albis tota hirsuta, ïw aJultis centro calvescit. Obs. s. cyathicarpœ Delis. cœterùm simillimae nec non S, ob^ volutœ ^ tomentosœ , Humbolddi 2X^\ms> ^ cyphellis citrinis aliis- que notis satis siiperqiie d:ffert. 75. S. carpoloma Dclise Monogr. p. 169. icoa nulla. Peltigerœ ausiruli irninixta. Obs. ïhecae fusiformes biloculares, binae ascis brevibus ellip- ticis incliisae. c. MONTAGNE. — Flora Fernandesïana, 89 76. S. argyracea Delis. 1. c. p. gi, pi. 7. f. 3o. Hab. ad corticem arborum. (Numéro caret). Obs. Apothecia , non anteà reperta, in fronde sparsa, sessilia , conferta, disco fusco-nigro, margine discolori crenulato. , 77. S.fdicina Ach. Syn. p. 23o. — Platisma Filix Hoffm. pi. licb. T. 55\ f. 1-2. — Bertero Collect. n. 1660. Crescit ad corticem arborum in sylvis monlosis. Obs. Specimina nostra eu m icône Hoffmannianâ parùm con- veniunt, si excipias formam stipitatam costasque qnibiis laciniae thalli in facie supinâ percursse simt. Ramificatio flabellata cum illâ ^, damœcornis magis analcga; sed omnibus aliis notis spe- cies diversa. Var. ? a : marginihus isidiophoris vel in Isidio viulatis. — Bertei'O Collect. n. 1689. Crescit ad corticem arborum in sylvis umbrosis secùs rivulos. Oes. Forma insignis marglnibus tenuissimè dissectis, lacinulis teretibiis pluries ramulosis. Specimina caeterùm sterilia magis qiiàm praecedentis vel typi cum Hoffmanni icône congruunt. 78. S. variahilis Ach. Syn. p. 235. Crescit ad corticem arborum. 79. S. Piichardi Montag. : tLallo cartilagineo-coriaceo crasso,dichotomè laci- niato, laciniis angustis liberis elongalis divergenti-corniculatis, apici- bus rotundatîs vel emarginato-truncatis, supra viridi-rufesrente, scro- biculato, marginibus corrugato-ascendentibus, subti!is badio, fulvo ocbroîeucove, centro nigro, fusco tomenloso; cypliellis niveis planis vel parùm excavatis (in apice verrucularum thalli) ; apotheciis submar- ginahbus, disco nigrescente, margine crasse decorticalo crenulato dis- colori, deraùm explicato tenui subintegro. JNob. ^Thecae fusiformes olivaceœ tri-quadriseptalse, quoque locuîo sporam fo- vente , aàcis clavatis inclusœ. S. carpoloma Rich. Voy. de l'Astrol. p. 3o. tab. 9. f. 1. (exlmia) noa Delise, quae toto habitu cyphellisquc citrinis dislinctissima. Hab. ad corticem arborum in sylvis montosis. ^ Obs, Mea specimina, cœterùm simiUima, ab illls Novae-Zee- landiœ, quœ meciim bénigne celeb. Ach. Richard communica- go c. MONTAGNE. — Flova Fernandesiana, vit, fade siipinâ centre nigro piceo tomento fusco obductâ, non vero ochrolencâ subntidâ paululùm recedunt : sed hsec nota œtate vel loco pendens, adventitia et parvi moment! videtur. 80. S. Berteroana, Montag. : thallo inembranaceo orbiculari? adpresso pul- cherrimc exstanter reticulato sublacunoso viridi-plumbeo, ambitu fuscescenti lobato, lobis rotuodatis sinuato-repandis planis, subtùs nigro tomeutoso acjphellino; apotheciis sparsis (ssepiùs centralibus) sessilibus, disco piano fusco marginem decorticatum purpurascentem intcgrum tandem excludente. Tbecse ut in S. Guillemini sed fuscse. A secs non vidi. Farmelia Bertero Collect. n. 1662. Hab. ad corticcra arbortim in sylvis monlosis. Majo parce lecta. Obs. Thallus Parmeliœ erosœ Escbw., apolhecia S. MougeO' tlanœ. Quoad tballum nulli descripîre affinis. Eximia species manibus Berteroanis religiosè dicata , quse, quantum ex paucis speciminibus lectis judicare liceat, centrifuga videtur. 81. Parmella crenulata Hook. in Kunlb Syn. plant, œquinoct. 1. p. 23.' Bertero Collect. n. i633. Crescit ad cort. arb. in sylvis raontium edit, 82. P. leucome las Ach. Melh. p. 266. — Bertero Collect. n. 1783. Crescit ad ramos Adesmiœ microphyllœ, Usneœ Ceruchi immixta. Obs. Tballi adscendentis laciniae 1-2 lin. latae, abbreviaîae, dichotomœ, obtusœ, ciliattc, aibidœ, subtùs canaliculatse nivese; apothecia podiceliata, concava disco nigro cœsio-pruinoso, margine inflelo ciîiato. Speciniina nostra exacte média inter P. leucomelan et P. speciosam ita ut Escbweiler qui ambas con- junxit, forsan rectè fecerit. 83. P. ruhiginosa Ach. Lich. univ. p. 4^7. — Bertero Collect. n. i652. Crescit ad corticem Myrti cujusdam in sylvis. Obs. Variât apotheciis (ab hypothallo oriundis?) subtùs vil- loso-l>arbatis. 84. P. (Psoroma) spJiinctrina Montag. : llialli squamulis membranaceis cer- vinis margine tenuissimè dissectis granulosisve, centre rosularum im- bricatis concrescentibusque ambitu radiantibus demùm liberis ; expan- c. MONTAGNE. — Flova Femandesiana. yt sis, Lypolliallo fusco suLoLliterato j apotheciis confertis sessilibus marginc incurvo (sinuoso) crenulato-striato discum planum testaceo» rufum superante. Thecae parvse, cllipticœ, limbo hyalino cinclae paraphysibus inordinatè immersse sporas plurimas rotundas foventes. Bertero Collect. n. 1621, 1625 et i63o. Crescit ad corticem arborum variarum. Aprili , majo. 4 Obs. Ciim P. hrunneâ aiialoga est hcecce species à quâtamen abundè diversa, niarsupio semiclauso et sic in rugas coacto/quo calculi lusorii olim apud nos reponebantur. Apothecium persi- niile. Hinc nomen sDecificum. 65. P. (Psoroma)"p7zcZi(i?oifa Montag. : tîialli squamulis membranaceis paryis orbiculatis glaucesccnli-pallidis crenulatis, hypolhallo byssino indeter- minato efFuso ferme nigro areolato-adpressis demùm confluentibus j apotlieciorum disco rufo-fulvo piano tandem Lemispbaerico marginem. tcnuem subcrenulatum excludcnte. Thecae elb'pticae ascis clavatis in- clusse. — Bertero Collect. n. 162^. Crescit ad corticem Dry mis chilensis , vulgô Canelo. Obs. È distiiictioribus hujus sectionis et nulli affinis. 86. P. cerina Acb. metb. p. ij5. — ■ Bertero Collect. n. i6ig. Hab. ad cortices arborum. Parcissimè lecla. Sj. P. varia Fries Scbed. crit. 9. p. 28. var. leacoclilora Montag. : crusta granulosa albida lineâ nigrâ limifata, vel indeterminata ;] apotheciis sparsis primo cerineo-albis concavis, disco viridi, margine lucido crasso, deraùm totis viridi-nigrescentibus convcxis. Thecae ellipticae biloculares hyalinse , plures série duplici ascis conformibus inclusse. Lecidea muscorum. Bertero Collect. n. i6i6. Hab. ad cortices varias. Obs. Crusta variât grannlata vel leproso-deliquescens ; apo- thecia illis Lecanorce intricatœ Ach. (Fries Lich. Suec. n. 101) simillima. 88. P. (Biaîora) nigro-cincta Montag. : thalli squamulis membranaceis con- tiguis è centro radiantibus rotundato-incisis explanatis rufis, hypo- thallo cserulescenti-nigro effuso latè marginante ; apotheciorum disco piano rufo-fusco margine pallidiori intcgerrimo. Thecae ovatse ascis cylindricis série simplici inclusse.' Cum aliis Lichenibus permixla,' Hab. ad corticem arborum. ^2 c. MONTAGNE. — Flora Fcmandesiana. Oes. Ad cortices effiisa totaqiie adglutinata, rosLilas 1-2 poil, latas, irregiilarcs, confluenter,, ab hjpothallo latè êffuso. limita- tas, efformans. Colore Panneliœ muscorum œmulans eique ut et P. amniocolœ proxiiiia. Species omnino distincta. ^ 89. P. (Bia:ora)/tf/r«^ine« Fr. Licli. europ. 170. — Bertero Collect. n. 1628. Hab. ad cortices arLorum. ^0. Stereocaulon ramulosum AcL. Syn. p. 284. — Ach. Rich. Voy. As- trol. t. g. f. 4. cura S. macrocarpo qaod forsan noa difTert. — Ber- tero Collect. n. 16Ô2. Hab. ad saxa in locis collium et montium sterilibus. Martio lectum. 91. S. coralUnum Fries, Lich. europ. p. aoi. — Bertero Collect. n. 2g. Hab. ad rupes in moutosis apiicis; stciilis lectum. 92. Cladonia gracilis HofFm. var. c. elongata Fr. Lich. eur. p. 219. Ceno~ viyce ecmocyna\ Acli. — Dill. Musc. t. i4. f. i3. C. coniocrœa ? videtur diversa , Bertero Collect. n. 1606. Hab. adtciTamin petrosis sterilibus mont. edit. loco dicto el Portozuelo. Aprili. g3. C.Jîmhriata HofFiu. var. ràdlata Fr. 1. c. p. 223. — Dill. Musc. t. i5. f. 16. — Bertero Collect. n. 1607. Hab. in pascuis petrosis sterilibus collium. Majo. 94. C. rangiferina HoiFm. var. sylvaiica Fr. 1. c. p. 243*^ alpestris. Dill. Musc. t. 16. f. 29. EF. Cladonia è furcatis;, Bertero Collect. n. i6o5. Hab. in muscosis frigidis mont, editis. ; apiib. gS. Blaiora placophylla? Fries 1. c. p. 257. Patellarla. Bertero Collect. n. 358. Hab. ad terram in sterilibus montosis. Obs. Thallus {^Parmeliœ lentigerœ) satis cum descriptione Friesianâ congruit. Apothecia vero sessilia (malè aitt non evo- luta) sympliicarpea, intùs cum Glypliideis analoga, immargina- to-radiosa. An species genuina sit, vel tantiim B. placophyllœ anamorphosis incertum est et autoptis inquirendum. 96. B. /j>a7'pi/b/mMontag. — Lecidea parçifolla Fers. Voy. Uran. p. 192.' Bertero Collect. n. i648, Hab. in cortice arbor. yclust. ia sylvis umbrosis montium edit. ; aprili majo Iccta. c. MONTAGNE. — Flora Fernanclesiana. gS Obs. a speciminibus Gaiidichaiidianis in Brasilia lectis nostra minime differimt. An tantùm forma sequentis ? 97. B. vernalis Fr. 1. c. p. 260. var. varians NoL. — Lecidea vernalis v.' varians Esclnv. in Mart. FI. Bras. 1. p. 253. — Bertero Gollect. n. i6i5. Hab. in cortice X.anihoxyli M^^ju ; Majo 98. B. carneola. Fr. 1 c. p. 264. — Bertero Gollect. n. 2. Hab. ad corticera arborura. 9g. Grophis scalpturaia kc\\. Syn. p. 8 S. — Leiogramma scalpturatum Eschw. in Mart. FI. Bras. i. p. 97. Icon. sélect, cryptog. Tab. 6. f. 2. — Arthonia obtrita Fée, Crypt. ofFicin. p. 5i. tab. i4. f. 2. — Bertero Gollect. n. 1612. Crescit ad corticem. arborum. 100. Sphœrophoron compressum Acli. Mcfb. p. i35. Crescit inter frondes Peltigerœ australis Nob. loi. Verrucaria aspistea Acb. Syn. p. i23. — Bertero Gollect. n. 4ii. Hab. ad corticera in rarais arborum. 102. V. planorbis Acb. Syn. p, 92. — Bertero CoUect. n. i6i8. Hab. ad corticem Isevigatam arborum in sylvis umbrosis inontiuui»^ Majo. io5. V. actinostoma Acb. l. c p.^S. — Montag. Arcb. de Bot. i833. tom. 2. p. 3o8. pi. i5. f. 5. ~ Bertero Gollect. n. 874. Hab. ad rupes in montibus. lo4. Pyrenastrum americanum Spr. Syst. vcget. 4. p. 248. — Parmen- taria astroidea Fée 1. c. p. 70. tab. •20. f. 1. — Bertero Gollect. n. 1622, Hab. in cortice Xantlioxyli Moju. Majo Iccîa. io5. Collema phyïlocarpum Pers. Voy. Uran. p. 2o4. ■ — Bertero Gollect.' n. i644. Hab. ad rames arborura in sylvis buraidis frigidisque mont. edit. aprili majo. 106. C. marianum Pers. 1. c- p. 2o3. — C. oirovirens Delis. mss. ■ — Ber- tero Gollect. n. i645. Hab. ad cordcem arborura, Apvili cuni fruclu lectum. 107. C. azureum Acb. Syn. p. 325. — Bertero Gollect n. i64o. Grescit ad corîices 94 c. MONTAGNE. — Flova Femandesiana. BYSSACE^ Fr. Syst. orb. veg. p. 291. 108 Cilicianoli tangere Montag. Ann. des se. nat., 2. série, tom. 2. p. 3/5, pi. 16. f. a. — Bertero Collect. n. 176. Crescitad ramulos arLorum G\.ix\Usneâ ceratinâ: sterilislccta. Specimina chilensia sola fructifera vidi. log. Cora paponia Fr. 1. c. p. 3oo. — Bertero Collect. 1649. Hab. ad. saxa et corticesnecuon ad terrain ia collibus; aprili, majo. HEPATIC^ Lin. 120. Marchantia Berteroana Lelim. Nov. et min. cognit. Stirp. Pug. VI. p. 21. — M. polymorplia? videtar diversa. Bertero Collect, n. iSgS. Hab. ad terrain secùs rivuîos et in sylvis umbrosis. Oes. Lehmannianse descriptioni acide : frondes prcesertim versiis apicem subtùs irradiatim lamellosse, îamellœ crebrse latse albse vel purpurascentes margine libero integro. Scyphuli propè emarginaluram frondis siti, urceolares, obliqui, coronâ amplâ denticulatâ, dentibus subulatis incurvis, instructse , gemmis 10-20 lenticularibus vixemarginatis, junioribus viridibus, adul- tis purpureis, omnibus albo-verriicosis,repletae.Receptacula mas- cula in plantis diversis, pedicello prœdita polUcari longioreve, basi squamis subrotundis involucrato, slriato, ovata siibhemis- phserica 8-9 loba, lobislinearibus teretibus in£equalibus, siibUis tôt calyces cylindricos pendulos albos margine ciliatos, basi longe "villosos, gerentia. 121. Jungermanniafarcata L. ■ — /. dichotomaSw. non Web. — Bertero Collect. n. 1593. Crescit ad corîicem arborumj sterilis lectai 122. /. pinnaûfida. Nées in Mart. FI. Bras. 1. p. 527.' Anihoceros punciatus? Bertero Collect. n. 1593. Crescit in eodcni corticc ac prœcedens et , ut illa , sterilis. Z23. /. rhizohoîa Scbwsegr. Prodr. p. 3i. — Hook. Musc. Exot. t. 87. — 7, rhiziloha Web. Prodr, p. j42. nomçn forsan aptius. — Bertero Col- Içct. n. 159g, c. MONTAGNE. — Flora Fernandesiana. qS Hab. terrestris in locis udis umbrosis montium secùs rivulos, Racopilo tûmentoso Brid. immixta. Majo sterilis lecta. Specimina cLilensia ejus- dem coUectionis fcrtilia habeo. 124. /. heterophylla Scbrad. Journ. 5. p. 66. — Hook Brit. Jung, t 3i. — Bertero Collect. n. \5']Z. Hab. rcpens et sterilis ad caespites Hypnî cîrcînalis Hook. 125. /. coadunata Sw. FI. Ind. occ. ÏII. p. i85o. Hab. cum i.furcatâ in cortice arborum. 126. J. serpyllifolia Hook. Brit. Jimg. t. 42. Crescit ad cortices Macroinilrio adculari immixta et cum caîycibus lecta. A speciminibus europœanis nihilô quidem nostra difïèrunt. 127. /. acuminata Lebm. 1. c. p. 49. — Bertero Collect. n. 1602. Ci'escit terrestris et caespitosa secùs rivulos sylvarum montium editia-^ rum, necnon ad saxa, sed sterilis lecta. 128. /. colorata Lehra. Jung. Cap. in Linnœa Jul. 1839, n. Zi. — Bertero Collect. n. iSg/. Hab. ad terram in locis umbrosis frigidis montium editiorum j aprili, majo cum calyce lecta. 129. /. tomeniella Ehrh. Beytr. H. p. i5r-. — Bertero Collect n. i6oi; Hab. in eisdem locis ac /. acuminata jutiiiD. J.pallens Sw. FI. Ind. occid. HI. p. 1847. — Bo'tero Collect. n. i5qG. Crescit ad saxa locis udis umbrosis secùs rivulos ia sylvis montium. Aprili, majo cum caîycibus et capsulis lecta. i3i. J. Berteroana Hook. Bot. mise. Tora. 2. p. i48. — Genus forte no- vum Lycopodiis et filicibus interraedium, Bertero Collect. n. i548. Hab. ad saxa locis udis secùs rivulos iu montibus. Planta mascula adhùc tantùm lecta. Obs. Species insignis è sectione Aligerarum , cujiis surcula feminea nondiim comperta fuerunt. Lobi folioriim prœsertim superioriim foventes antheras maximas,semiDibusFilicum pedi- cello aimuloqiie elastico praeditis subsimiies^ indè dubiiis hœre- bat B. Bertero, observator acutissimus, au hsec stirps fuisset necne typus novi generis. g6 c. MONTAGNE. — Flôra Fernandesiana. MUSGI FRONDOSI L. JUSS. i3a PJiascmn nerposum Hook. Musc. Exot. II. t. GV. var, Robinsonii Montag. .-foliis inferionbus oyatis serratisnervo crasso excurrente mii- creaatis, superioribusque pericbselialibus longioribus margine versus apicem inflexo longe acuminatis; pedunculibreviusculi vaginâ oblongâ. An species propria? ■ — Bertero CoUect. n. i23i. Eliam in Chile sob n. 5ZQ. Hab. ad terram in pascuis apricis humidiusculis collium. Eliam prope Quillota in Chile cum capsulis mense Augusti ineunte collecta fuit. Obs. Cùm typus hujus insignis speciei tantummodo mihl notus sit icône eximiâ Hookerianâ quâcum nostra specimina, Botis suprà allatis exceptis, satis coiiveniiint, novam speciem caracteribus tam parvi momenti innixam condere nolui. i33. Macromitrlum aciculare Brid. Bryol. imiv. II. p. 307. — ScLwasgr. SuppL II. P. L p. 35. t. CXI. —Bertero Collect. n. \5j5. Hab. in cortice arbor. emortuar. sylvarum raontium. Majo. l34. M. urceolatum'ènà. 1. c. p. 3i2. Orthotrichum urceoîaium Hook. 1. c. t. CXXIY. — Bertero Collect. n, 1592. Hab. ad cortices arborumin sylvis collium. Majo. Obs. Capsulas imraatiira; illas Splachni ampullacei L. quoad formam non au'^çm statiirâ œmulant. ;i35. M. mîcrosiomum'M.oniA^. Orthotrichum microsiomum Hook. et Grev.^ in Edimb. Journ. of Science i824. 1. p. ii4. t. IV. — Leiotheca microstoma Brid. 1. c p. 729. — Bertero Collect. n. 1589. Hab. ad saxa ! contra morem gentis, locis umbrosis collium. Majo capsu- lis immaturis lecta. i36. Dicranum Boryanum Scbwsegr.fSuppl. II. p. 71 . t. CXXI. — Oncojpho- rus dichotomus Brid. 1. c. i. p. 4oi. — Bertero Collect. n. i55<^. Hab. ad terram in sylvis umbrosis. Obs. Utut specimina nobiscum communicata capsulis ca- reant, pedunculi tamen superstites levant omne dubium quod ad determinationem hujus speciei attinet. ,137. D. introflexum Iledw. Sp. Musc. p. U/. t. XXIY.f. 1-7. — ^Bertero Collect. n ? Bab. in sylvalicis. c. MONTAGNE. — Floïa Femandcsiana. 97 Obs. Caulis elongatus,2-3 pollices altus, ter quaterve prolifer. Seta innovationibus hypogynaeis pseudolateralis. 'i38. Trichcstomitm longifoUum Bnd.Mant. Musc. p. 85. Hypnum,.,', Ber- tero Collect. n. 392. Hab. ad truncos arborum. Obs. Annulus prœsens. 159. Tortula ruralis Schwœgr. Suppl. 1 .p. 121 . var. ausiraUs Montag. : follis obtusis pilo vix deatato brevissimo mucronatis. — Bertero Collect. D. 90. Hab. ad tcrram in locis umbrosis. Obs. Inter T. înucronaiam efc T. ruralem p. nostra ferè iriter- média , quœ Cceterùm à planta europœâ spécifiée non differre videtur. i4o. Bryum cœspiticium L. Sp. Plant, p. î586'. Trichostomum ? Bevlcro Collect. n. 1781. Hab. in pascuis et ad saxa loeis liumidiusculis collium. ^ lii. Bartrmiiia stricta Brid. Musc, récent. H. P. ÎIÎ. p. i32. t. 1. f, 5. Bertero Collect. ... ? Hab. ad terram. i42. Polytrichum piliferum Scîireb. Spicil. Fi,Lîps. p. 74. — Bertero Col- lect. n. i586. Hab. ad terram ; sterilis lectum. i43. Leskea cœspitosa Sw. — -Hedw. Sp. Musc. p. 233. t. XLïX.f. i-5.— Hypnum? Bertero Collect. n. iSSa et i"588. Hab. in cortice putresc. arljoy. eniortuar. in sylvis monîiura locis udis seciis rivulos ; aprili fructifera lecta. i44. L. mollis Hedw. Musc, froud. ÏV. p. io3. t. XL. Hjpnum... Bertero Collect. n. 1677. Hab. ad arborum ramos in sylvis luimidis montiiim cditiorum 5 martio, aprili sterilis lecta. j/l5. Hookeria? splendidissima Montag. : caule flexuoso radiciformi re- pente, divisionibus erectis ? simpliciusculis, foliis imbricaîo-disli- cnis OTato-obloQgis acuminaîisj acumine subtilissimo, sub acri lente versus apicem tcnuissimè aut vix denticulatis , prorsiis enerviis, niti- dissimis. IV, BOTAH. — . Août. m n ^9 c. MONTAGNE. — Flora Fernandesiana. Ilypniim ? Bevtero Collect, n. i565. Hab. in cortice arliorum vetustarum locis urabrosis montium cditiornm. Sterilis. Gemis incertuni. Obs. Ab ooiRibiis congeiieribos îmo eS; aliorum genenim affinibiis areolalione tenuissiœè lineari-rliomboideâ, forma et splendorefolioriim iîisigni, certè diversa et nondiim descripta species. l46. Hyprium senulatum Hedw. Sp. Musc. ïî p. 238. t. LX. f.i-4. -— Ab H,coiiferîo Dicks nondiffertex. cî.W. Am. — Bertcro Collect. n. 15/4 et i587. Hab. ad corticem arborum in sylvis collium ; aprili. lij. R. cirrhifolium Schwœgr.Gaudicb.Voy. del'Uran. p. 229. — Hoolerîa W. Am. ras, in Heib. Delessert. Hab. stérile intei' surcula Macromitrii acicularis , ad corticem ar- boi'um. t/}8, II. loxarion ScLwsegr. Suppl. 1. P. II. p. 283 : caiile repente, ramis erectis bipinnatis filesccntibus, foliis c cordato-acuminatis carinato- concavis siibiutegerrimis nervo dimidiato, caulinis recurvis, rameis Ci'ectis, pericbastialibus squarrosis; (liaec Schwsegr.) tliecœ inocqualis ovato-subroîundae operciilo conico-acurcinato obtuse. Nobis. Jfypnum. . . . Bertero Collect. n. 1080. Hab. adîcrram in s jlvisdensishumidis montium editiorum seciis rivuîos, saepè H. circinaîi Hook. immixtum. Gapsulis maturis onustum, majo lectum. Obs. Hùcusque stérile, quantum sciam, lectum foerat. Speci- mina fernandesiana perfecta baoc speciem ab H. tamariscino cui cœterùra vaidè affinem reipsà differre satis demonstrant. Bescriptioni Schwaggricheniance adde : Pedunculi brèves, vix ti\s liîieas metientes, è vaginiilâ crassâobloogâ solitarii in cauJe ramisve primariis latérales, porpurei, leeves. Capsula ineequalis nutans, ovata, ovaîo-oblonga, evacuala \'ix aut non arcuata, dilutè badia rubrave. Peristomii exterioris dentés sedecira subu- lati luîeo straminei apice albo inflexi, pidcherrimè trabeculati, interioris cilki totklem perforata è membranâ albissiraâ cari- naîO'Sulcatâ, ciliola 1-2 interposita. Annidusniillns. Operculum conicum vel conico-acuminatmii incurviusculura concolor. Ga- lyptra cncultiformis palUda. c. MONTAGNE. — FloTCi Femanclesiana, 99 149. H. aîopeciirum L. Sp. Plant, p. i584, s^r. flagelUferum Montag. ra- mis magis complanatis apice flagelliferis. An hùc pertinet Pilotrichum Jlagelliferum Bricl/ Bryol. univ. lî. p. 269?— Bortero GoUect. n. 1576. Hab. ad saxa locis humidis seciis riyulos in sylvis umbrosis montiuia editioruin. Majo. i5o. H. aciculare Brid. Musc, récent. II. P. II. p. i58. t. v. f. 2. •— Ber- tero Collect. n. i56o et iSyo. Hab. in sylvis apricis mont, editior. locis berbidis; cîini capsulis matu- ris majo leclum. i5l. H. circinaîe Hook. Musc. Exot. IL p. 21. t. GVII. — Bertero Col- lect. n. 15/3. Hab. in arbor. emortuarum cortice marcido 5 majo capsulis maturis lec- tum. i52. Flssidens bryoides ? Hedw. — Leskea ? Bertero GoUect. n. iSgo. Hab. ad saxa locis udis seciis riyulos in montibus, Majo capsulis consumptis lectus. 1 53. Racopilum tomentosum Brid. Mant. Musc. p. iSa. — ■ Pt. mnloides Pal. Beauv. Prodr. p. 87. — Hypnum tomentosum Ilcdw. Musc, frond. IV. t. XIX. Hypnum? Bertero GoUect. n. i564, i566, i583 et i585. Hab. in cortice arborum locis urabrosis humidis montium. Majo frncti- forum copiosG Icctum. SPECIES OMISSuE. l54. Polyporm australis Fr. Elcncli. p. 108. i55. P. ignarius Fr. Syst. Myc. i.p. 375. i56. P. violaceus Fr. 1. c. p. 379. 157. Hydnum nivemn Pers. Syn. p. 5Q'5. 158. Jungerm.annia Belangeriana Lehm. Pug. 5. p. 4. iSg. /. reptans L. ad Poljporum australem parasitica. 160, /. seiacea Web. cum prœcedente occurrit. loo AI). STKiNHEiL. — Siir la théorie de la Phyllotaxis^ etc. Quelques observations relatives à la Théorie de la Phyllotaxis et des Verticilles y Par Ad. Steiniieil. I. Les systèmes les plus artificiels ont toujours cet immense avantage, lorsqu'ils sont bien faits, qu'ils établissent leurs rap- procbemens et leurs distinctions sur les diverses modifications d'une série phénoménale unique ou à-peu-près,et par conséquent celui d'attirer l'attention des botanistes sur ces modifications et de faire sentir les rcîalions qu'elles peuvent avoir avec d'autres ordres de faits. Ainsi le système de Linné nous donne en quelque sorte un tableau statistique de la végétation sous le point de vue du nombre des parties de la fleur, et lorsque plus tard ou eût bien distingué les Monocotylédones d'avec les Dicotylédones , on fut frappé de cette particularité, cfue le nombre le plus fréquent dans les premières était trois ou un de ses multiples, et dans les autres deux ou trois quelquefois, mais bien plus souvent cinq et leurs multiples. On se contenta d'abord de généraliser ce fait et de ramener le plus possible les exceptions apparentes au type plus fréquem- ment observable. Ainsi M. De Candolie dans sa Théorie élémen- taire ( i8i3 ), s'exprime de la manière suivante : « Les nombres quatre et cinq et leurs multiples, paraissent l'apanage des Dico- tylédones; le nombre trois et ses multiples, celui des Monocoty- lédones; le nombre deux et ses multiples sont très fixes parmi les Acotylédones et les Mousses (r). Il est donc probable que si (i) Depuis celle t^poque, plusieurs auteurs ont présenté des considérations sur les nombres «3lémentaircs;entrc autres M. Turpin, Dupetit-Thouars et tout récemment M. Dutrochef, qui rei^arde le nombre deux comme le nombre élcmenlaire duquel dérivent tous les autres, ce qui ne nous paraît pas admissible pour les Monocotylédones. Voir à la fm de ce mémoire. ADs sTEiîNiiEiL.— 5V^r la théorie de la P hyîlo taxis ^ etc. loi nous connaissions assez bien l'étendue et la flexibilité des causes qui altèrent les nombres absolus des organes, nous pourrions, à cet égard, les ramener à des types primitifs, et alors la con» naissance des nombres absolus se trouverait intimement liée avec la véritable symétrie des plantes. )> Ce fut également dans cet ouvrage que M. De Candolle exposa ses idées sur la symétrie des plantes , et qu'il avança une autre idée qu'il n'a pas cherché à développer depuis, et sur laquelle nous reviendrons plus bas, savoir : que dans toutes lesMonocotylé- dones les feuilles sont normalement alternes, distiques et que dans les Dicotylédones elles sont toujours normalement opposées en croix. Cette opinion, ainsi que les observations de Phjllotaxis , faites par plusieurs botanistes (Ch. Bonnet, Palisot de Beauvois), ne présentaient encore aucune relation saisissable avec les don- nées que l'on avait recueillies sur la constance remarquable de certains nombres. Depuis ce temps pénétrèrent en France les observations de Goethe sur l'identité normale des organes floraux et des feuilles, pensée féconde que l'homme de génie laissa tomber sur la bo- tanique et qui devait en modifier la face (i). On commença en France à ne plus s'occuper uniquement de perfectionner les fa- milles naturelles ou de multiplier les distinctions spécifiques, et l'organogénésie végétale fut étudiée avec un dévouement conti- nuel par Du Petit Thouars , avec un rare bonheur pour la famille des Graminées par Raspail. Alors on chercha à expliquer la cause de la constance de ces nombres 8,9, 4j8, 5, 10, i5,20, et l'origine des pièces qui se trouvent soumises à cette loi numé- rique. En 1825, M. Raspail, dans ses Mémoires sur les Graminées, (i) Goëlhe paraît avoir été amené à cette pensée par l'observation de quelques monstruo- sités; il l'exposa en 1790 dans un petit mémoire; plus tard il développa davantage ses idées, et reconnut qne le germe en existait déjà dans Jungius {Isagoge phytocospica) et dans Linné {Prolepsls), et que Gaspard Frédéric Wolf , académicien de St.-Pétersbourg, pensait aussi que tous les organes extérieurs des végétaux peuvent être ramenés à un type unique. Du reste, cette idée surgit peu à peu de toutes parts par la force des choses. En France l'opuscule de Goëlhe était peu ou point connu ; Du Petit Thouars, Raspail , Turpin arrivaient aux meures idées par des routes différentes; Cassini s'en défendait péuiblement; actuellement tout le monde eu est convaincu. 102 AD. STEiTSHÈîL. — Sur la théorie de la Phyllotaxis, etc. expliqua de la manière la plus satisfaisante l'origine des parties et la cause du nombre de ces parties dans cette famille. Là, il y avait une grande difficulté à vaincre, parce qu'il y avait une idée- mère à trouver, un fait fondamental à reconnaître, et qui ne se liait encore à aucun autre fait connu, le détachement et le dé- veloppement ultérieur de la nervure moyenne d'une pièce for- mant verticille (i). Du reste, dans les autres Monocotylédones, la question paraissait présenter peu de difficultés; les feuilles sur la tige étant souvent disposées par spires de trois pièces chacune, il paraissait tout simpie de supposer que chaque verticille fût formé par une spire contractée. (2) En 1828, M. Du Petit Thouars s'occupa de la question d'une manière plus générale dans un mémoire que je ne connais que par l'extrait qui en été donné dans le bulletin deM.Férussac(3), et qui est intitulé : Considérations sur la position mutuelle des étamines, sur les verticilles de la fleur en général^ et sur les nom- bres qui sont les plusjréquens dans les parties qui composent les 'Verticilles. On sait que Du Petit ïhouars considérait la fleur comme étant une transformation de la feuille et du bourgeon qui en dépend; la feuille donne les étainines , le calice et la CO' rolle quand il y en a ^ et le bourgeon donne le fruit .^ et par suite la graine.'^ous aurons peut-être un jour occasion de discuter les cas où il peut y avoir quelque chose de vraidans cette théorie; mais actuellement ce serait trop nous écarter de notre sujet. Quant à l'origine de chaque partie de la fleur , Du Petit Thouars admet- tait que le plus grand nombre des plantes est formé de quatre verticilles , dont les trois inférieurs, du moins dans les Dlcotylé- dones , sont le plus souvent cojnposés de cinq feuilles^ le qua- trième^ qui est en même temps le plus élevé, offre fréquemment un moins grand nombre de parties. Du Petit Thouars recherche ensuite la cause du nombre nor- mal; il pense que l'on peut la trouver dans la manière dont les fais- ceaux se ramifient en sortant du scion pour se rendre dans la (i) Ce fait se reconnaît encore dans d'autres familles de Monocotylédones. (2) Cela ne peut s'appliquer qu'à une portion des Monocotylédones; les Iridées , les Narcis- sées, etc.. ont des feuilles alternes disliclies. Voyez plus bas. (S) Bu^let. dt'sScieuc. mit. Juia i83o, p. 422. AD. sTEî«HEiL, -— Sut Ici thèûTiê de la Phylîotaxis^ etc* iù% feuille. D'après une autre considération , c'est dans la position relative des feuilles sur la tige que l'on doit chercher la cause des nombres élémentaires ; en effet, dans un très grand nombre de Dicotylédones, les feuilles sont disposées quinconcialement comme les pièces du calice et de la corolle. Du reste, M. Du; Petit Thouars reconnaît un si grand nombre de larges exceptions aux deux théories qu'il propose ( i ) , et il est si facile à tout obser- vateur de les reconnaître au premier instant que l'on peut dire que si cet auteur jeta une vive lumière sur la question, il ne réussit nullement à la résoudre; peut-être y serait-il arrivé si la théorie des dédoublemens eût été mieux connue de son temps. Depuis cette époque, je ne sache pas que personne en France se soit occupé de cette question d'une manière positive et un peu générale; on peut dire seulement que si parfois un botaniste reconnaissait une identité niunérique entre la disposition des feuilles sur la tige et celle des parties de la fleur, il la signalait comme une preuve remarquable de la vérité de la théorie des métamorphoses, se contentant ainsi de s'agiter un moment dans la route où le génie de Du Petit Thonars avait échoué, sans même chercher si la théorie des métamorphoses exigeait rigoureuse* ment que chaque partie de la fleur eût la même valeur qu'une feuille de la tige. Tout récemment, M. Dutrochet a publié un Mémoire très im- portant sur la dissociation des feuilles, dans lequel il émet, sans nous citer, une opinion qui présente beaucoup d'analogie avec la nôtre , que les feuilles des Dicotylédones sont d'abord opposées (i) Elles se présentent au premier coup-d'œii dans les Labiées, les Cariophyllées, les Genlia- nées, etc.; les parties de la fleur sont au nombre de cinq, leur estivaliou est souvent quiu- conciale, et cependant les feuilles sont constamment opposées en croix. Dans les Davhne Mezc" rciim et Laiireola les feuilles sont en quinconce (a/S Eraun) et les parties de la fleur au nom- bre de quatre ; le Daphne Gnidïum présente 3/8. Dans la plupart des Narcissées, on trouve des feuilles alternes distiches (1/2) comme jaussi dans quelques Liiiacées, Allium eepa^ Jloe pli- catilis et autres, le Convallaiia maialis; on trouve 3/5 dans le Tradescantla crassifolia, 3/8 dans le iis blanc , 5/i3 dans VJgave amcricana et les bractées de V HemerocaUis cœi-ulea^ 8/21 dans plusieurs espèces à' Yucca, 78/34 dans V Yucca aloifoUa, etc. Cependant dans toutes ces plantes les parties de chaque verticille de la fleur sont au nombre de trois. Nous avons em- prunté la plupart de ces données au Mémoire de M. Alex. Braun. ( Vergleichende Untersu- chung iiber die Ordnung dcr Schuppen an den ïanneuzaplen, etc. (V. l'extrait de ce Mémoire dans les Archives botaniq. avril i833 , p. 817 et suiv.}. io4 AD. STEiNHEiL. -«■ Suv la iliéorlo de la Phylloiaxisy etc, en croix (i); nous reviendrons sur ce Mémoire à la fin de notre travail. Nous croyons devoir attribuer aux causes suivantes toutes les difficultés qui obstruent cette route et la rendent pleine d'hési- tations : le manque d'idées arrêtées sur la valeur de l'élément primitif dans les organes des végétaux, valeur que Goethe, ni aucun de ses successeurs, ne chercha à déterminer, et qu'il est cependant nécessaire d'avoir appréciée pour arriver à la solution de la question des nombres; car il n'y a rien de plus vague, quant à sa valeur organogénésique , que ce que l'on appelle une feuille, surtout lorsque l'on désigne par là les parties transfor- mées. En effet, nous remarquerons que les parties de la fleur forment le plus généralement des verticilles simples qui , à leur base au moins, circonscrivent complètement l'axe qui les porte, et nous pouvons admettre par extension qu'un verticille complet est formé par l'ensemble des parties nécessaires pour circonscrire l'axe; ,dès-lors vous verrez que chaque feuille caulinaire peut être un verticille tout entier ou une portion de verticille, comme une moitié, un tiers, un quart , un sixième , un dixième, etc. (2); mais dans la plante la plus simple, la plante à l'état d'embryon qui vient de se développer, le verticille est formé ou par une pièce ou par deux (cotylédons) et si plus tard il faut un plus grand nombre de pièces , cela vient de ce que celles-ci se sont dédoublées ou de ce que la tige augmentant graduellement en (i) Voy. la uote ajoutée à la fia de notre Mémoire sur les tiges du Lamîiim album. Ann. des Se. nat. Février i834- Nous devons dire que ce numéro des Annales, ayant été beaucoup re- tardé par la lenteur de l'impression, n'a paru que vers le temps où M. Dutrochet communiquait son mémoire à l'Institut; mais nous avions déjà développé notre opinion dans un mémoire qui resta inédit, et qui fut communiqué à la Société d'Histoire naturelle de Paris, dans sa séance du mois de décembre i83o. L'idée générale appartient à notre connaissance à M. DeCandolle; quant à la théorie de la dissociation, la priorité en est sans aucun doute à M. Dutrochet; nous nous occupions de l'étudier sans avoir encore rien publié à cet égard. (2) Souvent le verticille ne suffit pas pour embrasser complètement l'axe, parce que celui- ci grossit par le développement des parties supérieures, tandis que les appendices qu'il porte ne s'élargissent pas à proportion. C'est donc toujours au sommet des branches et dans leur pre-" mier développement qu'il faut chercher à apprécier la valeur des appendices comme fraction de verticille; la pertui'baîion opérée par le grossissement de l'axe peut facilement être ap- préciée si l'on examine une plante à feuilles opposées dont les péiioles sont embrassans ; comme elles ne peuvent être écartée:!, il se fait un décliiremcnl très visible. {Scabiosa airopurpurca). Aï). sTEiNHErL. — Sur la théorie de la PJijUotaxisy etc. io5 largeur et en épaisseur les pièces qui constituaient le verticille sont forcées de s'écarter entre elles, (i) Notre plante, à l'état le plus simple, recompose un axe ter- miné par un ou par deux appendices; la base de ces deux ap- pendices forme le sommet du premier mérithalle ou entre-nœud, duquel partira bientôtun nouvel axe terminéparun,par deux, ou par plusieurs appendices, circonscrivant complètement leur axe, c'est-à-dire formant un second verticille. Toute plante peut être considérée comme formée par une répétition cootioueile de ver- ticilles normalement semblables, terminant des axes aussi norma- lement semblables, mais altérés par l'une des causes suivantes, qui sont dues souvent à la création des parties déjà formées sur celles qui se forment encore, et vice versa. 1° La soudure; 2° le dédoublement; 3° la dissociation; 4° l'a- vortement. Je me propose d'étudier à mesure que l'occasion s'en présentera ces différens modes de déviation , lesquels étant re- connus, nous dirons avec 'Ni. De Gandolle (Théorie élémentaire) que dans les Dicotylédones les feuilles sont normalement décus- satives, et normalement distiches dans les Monocotylédones. Or, les verticilles floraux , au moins dans le plus grand nom- bre des cas, étant simples et circonscrivant complètement leur axe, nous les regarderons commeayant la même valeur primitive que le verticille caulinaire ou cotylédonaire, savoir celle d'une feuille dans les Monocotylédones, et de deux feuilles dans les Dicotylédones. Dès lors nous sommes obligés dans la recherche de l'explication des nombres élémentaires de revenir à la pre- mière idée de Du Petit Thouars, et l'application nous en paraît assez facile. Nous remarquerons en effet que dans presque tou- tes les Monocotylédones les feuilles sont à trois nervures princi- pales, et dans notre Mémoire sur l'organisation des tiges du La- mium album ^ nous avons expliqué comment se forme le nombre cinq* dans le verticille floral des Dicotylédones. (i) Voyez la note précédente. Ceci constitue deux cas particuliers : dans le premier, toutes les pièces nécessaires pour envelopper la lige font partie d'uo seul et même verticille; il n'en est pas de même dans le second, et on conçoit qu'il peut arriver qu'un très grand nombre de ■verticilles soient devenus nécessaires pour envelopper uu axe très dilaté, comme cela a lieu daos certains iuvolucres de Synanlhérées, par exemple. io6 A». STEïNiiEiL. •— Suv la théorie de la Phy^Uotaoiis ^ etc. A l'opinion que nous avons émise alors , nous n'avons ren- contré aucune objeclion (i); le silence est peut-être la moins encourageante de toutes; cependant notre conviction s'étant con- firmée par de nouvelles observations, nous croyons devoir pour- suivre le développement de notre opinion, et nous allons dans ce Mémoire présenter encore quelques faits à Fappui des idées théoriques émises précédemment; mais auparavant nous sentons la nécessité de soumettre d'abord aux botanistes les réflexions qui nous ont été inspirées par un travail qui fut connu en France, à-peu-près en même temps que le nôîre, et produisit une grande sensation , c'est le Mémoire de M. Alexandre Braun sur les cô-"à€S des Pins et sur la disposition spirale des feuilles en général (2). La masse imposante des faits, leur forme mathématique et l'ob- scurité même avec laquelle ce Mémoire est écrit, favorisèrent sans doute cette impression , et on crut pressentir qu'il y avait dans ce travail le germe d'un avenir immense. Nous sommes loin de vouloir contester l'exactitude des faits ou le mérite dss ob- servations, mais nous nous demandons ce qu'elles peuvent prou- ver; et si nous recherchons quelle influence ce travail peut ob- tenir soit sur la classification naturelle, soit sur la théorie de l'organogénésicjnous croyons qu'elle ne sera que fort peude chose ; nous allons essayer de justifier cette opinion parles observations que nous avons faites sur le travail de M. Braun lui-même. (5) a) M. Braun étant parvenu à reconnaître dans le cône d'un Pin (i) M. Meyen annonce qu'il est peu dispesé à partager notre manière de voir. (Arcliiv. fur natursg. Berlin iS35 , p. igS.) (2) M. Raspail avait depuis lorigtems considéré les feuilles comme devant être toujours ou spirales ou allerncs dislicîies,* il avait été amené à cette opinion par des considérations parti- culières entièrement étrangères à notre sujet. Charles Bonnet avait déjà remarqué la disposi- tion spirale des feuilles ; après lui Palisot de Beauvois s'occupa aussi de cette étude, mais il ne £t que cliercîier des relations entre le nombre des feuilles qui composent la spire et la forme de l'étui médullaire. M.Turpin, dans son mémoire sur les Cypérécs, s'occupe de phy'ilolaxis et admet la position alterne en spirale comme un des trois types de position. M. De Candolle, dans son Or- ganographie, admet des spirales multiples. M. L.Thienemann attribue la position spir.ile à une torsion de l'axe (Zîw i834, p. 867), Il est certain que ce fait accompagne souvent la dissociation des feuilles, et peut-être en est-il d'abord l'effet, et par suite, en se contiuuant, devient-ii une cause de plus pour cette dissociation. (3) Nous n'avons lu que l'extrait que M. Martlns a donné de ce travail dans les Archives de l'olauique. AD. STEiNHEiL. — Su7' la théorie de la Phyllotaxis y etc. 107 une spire unique qui comprend toutes les écailles sans se détour- ner jamais, en conclut que c'est là la spire génératrice , et il en tire une formule qui est la loi Ôl organotopie (phyllotaxis) du Pin. Nous nous demandons ce que c'est que la spire génératrice , pourquoi il ne peut y en avoir qu'une lorsque le premier état de la plante nous présente plusieurs cotylédons disposés en ver- ticilles et paraissant plutôt devoir former le commencement de plusieurs spires qui courraient parallèlement autour de l'axe. h) M. Braun reconnaît qu'il y a identité entre la spire décrite par les écailles du cône et celle formée par les feuilles dans le bourgeon; rien n'est moins étonnant puisque ces écailles ne sont que des espèces de bractées (i), mais aussi cela ne prouve pas grand chose relatiyement à la formation de la fleur. c) Les formules des spires varient beaucoup pour des espèces extrêmement voisines. On ne saurait donc leur attribuer comme caractère une importance beaucoup plus grande qu'à la forme, la largeur, la longueur, etc., des feuilles. d) Des cônes M. Braun passe àl'involucre des Synanthérées ; cela nous paraît assez juste, parce que cet organe est également formé par des bractées très rapprochées; seulement ici on re- connaît plus d'analogie entre les bractées et les feuilles ; mais quand il se sert de cette transition pour arriver au calice , c'est- à-dire aux verticilles floraux, nous voudrions qu'il nous prouvât d'abord qu'un sépale de Narcisse, par exemple, a autant de valeur qu'une feuille , et s'il s'appuyait, pour le prouver, de ce que les sépales sont en quinconce dans beaucoup de calices, comme les feuilles le sont sur la tige, nous lui rappellerions que dans un très grand nombre de plantes il n'y a pas la moindre analogie entre la disposition des feuilles florales et celle des feuilles cau- linaires , ainsi que le témoignent les exemples que nous avons cités plus haut, et beaucoup d'autres qu'il serait trop long de multiplier ici (2). Il faudrait donc que M. Braun trouvât une autre preuve. (i) Ceci découle évidemment de toutes les théories admises en botanique. Si quelqu'un en demandait des preuves plus positives, nous le ren\ errions au mémoire de M. Jœger dont nous avons donné un extrait dans le Bulletin des Se. nat. de Férussac pour août 1 83o, t. 22, p. a63. (2) Le Pldladelphus coionarius a les parties de la fleur au nombre de 4 et les feuilles dccus- jo8 Al). sxr.iiMiiîiL. —Sar la théorie de la PhjUo taxis , etc. e) Non seulement il n'y a pas identité entre la disposition des feuilles florales et celle des feuilles qui servent à la nutrition, mais il y a même souvent de grandes différences entre la dispo- sition des feuilles sur la tige aux différentes époques de la vie. On sait que les premières feuilles et les dernières à la base des fleurs sont souvent opposées, tandis qu'elles sont spiralées sur le reste de la tige. Nous ne citerons qu'un exemple remarquable : dans le Plantago amplexicaulis les deux cotylédons sont opposés aussi rigoureusement cju'il est possible , les feuilles qui leur suc- cèdent au lieu d'être décussatives, comme cela devrait être pour que la phyllotaxis ne fût pas dérangée, et comme cela a lieu dausîes autres Plantains caulescens, sont aiternes-distiches (ip) tant que l'axe prend un développement suffisant pour tenir les feuilles à une certaine distance ; mais à mesure que la plante se développe, l'accroissement de la tige diminue, les entre-nœuds se raccourcissent et finissent par devenir à-peu-près nuls; les feuilles rapprochées au sommet de la tige, y forment une rosette dans laquelle elles décrivent une spirale plus compliquée que je n'ai pas cherché à déterminer. Je crois qu'il ne serait pas difficile de recueillir un assez grand nombre de faits analogues, et on peut en conclure qu'il n'est pas exact de dire, comme M. Alex. Braun, qu'il est prouvé «qu'à partir des cotylédons, les organes appendiculaires des plantes forment une spire non interrom- pue , régie par des lois presque constantes, » ( Arch. bot. avril i883. p. 334.) f) S'il nous est facile de reconnaître qu'il n'y a pas la moindre analogie entre les formules des spires dans les diverses plantes d'une même famille (et nous n'en citerons qu'un exemple très frap- pant parce qu'il nous offre non pas de simples modifications de nombre, mais des types distincts, c'est que VOthonna cheirifolia a des feuilles distiches, tandis qu'elles sont décussatives dans les salives. Ce fait, dans une famille où les fleurs ont généralement une corolle à cinq pétales, pa- rait -îniliîer en faveur de l'opinion de M. Braun ; mais si l'on examine la position relative des 4 pétales, on trouve qu'ils sont tous recouvrans par l'un de leurs bords et recouverts par l'au- tre, provenant par conséquent d'un vertici'.le unique; dans les Crucifères, au contraire, où les folioles calicinales paraissent décussatives, l'insertion des feuilles sur la tige décrit des spires varices. AD. sTEiNnEiL. — Sur la théorie de la PhfUotaxis ^ etc. 109 Bidens et décrivent diverses spires dans la plupart desSynanthé- rées),il nous sera aussi très facile de trouver au contraire un rap- port entre la complication croissante des formules qui expriment la spire et la contraction plus évidente de l'axe. Il suffit de jeter un coup-d'œil sur la Nature ou sur le livre de M. Braun pour s'a- percevoir que les spires sont d'autant moins compliquées que les entre-nœuds sont plus allongés proportionnellement à la longueur et à la largeur des feuilles, et vice versa; et il faut bien l'avouer, tel nous paraît être presque le seul résultat général au- quel puisse prétendre le travail à-îa-fois si pénible et si ingénieux dans lequel cet auteur à fait preuve d'un talent remarquable d'ob- servation. Cette généralisation, qui n'est en réalité qu'une déter- mination plus rigoureuse d'un principe admis depuis long-temps ( que les parties des plantes s'éloignent de leur position normale pour chercher l'air et la lumière) est même soumise à de notables exceptions. Ainsi les feuilles des Labiées, des Cariophy liées, des Narcissées , des Iridées, paraissent organisées de manière à ne pouvoir obéir à cette loi que dans des limites très peu étendues, et qui ne vont qu'à tordre légèrement Taxe, sans pouvoir disso- cier les feuilles opposées , ou rendre spiralées celles qui sont al- ternes, (i) Nous avons cru ce préambule nécessaire à l'intelligence des ob- servations qui vont suivre ; il fera mieux sentir de quelle ma- nière elles se rattachent aux discussions flottantes et à ce que nous avons publié jusqu'à ce jour. Toutes les fois que l'occasion s'en présentera, nous nous efforcerons de mieux développer certaines choses qui s'y trouvent renfermées et qui auraient sans doute besoin d'une confirmation plus étendue. Comme il n'a d'autre but que celui de présenter l'état actuel de la discussion, on nous pardonnera d'avoir passé aussi légèrement sur des questions parfois assez importantes, et encore imparfaitement résolues. ÇLa suîle à un prochain cahicr.J (i) M. dcMirbeîa démontré pourquoi celte dissociation est impossiijle dans les plantes à Jeuilles opposées Voy. Journ. bot. de Desvaux, tom, 2, p, i3o(i8i3). Cassini a également donné à ce sujet quelques observations intéressantes dans un point de vue tout différent. Voyez ses Opuscules pbytologiques , tom. 2, page 532. î lo Extraits des ouvrages périodiques anglais. Revue des principaux ouvrages périodiques anglais concernant la Botanique p qui ont paru dans le courant des années i833 et 1834. Parmi les publications périodiques consacrées à la Botanique en A ngleterre, les plus remarquables sont sans contredit le Botanical Magazine et le Botanical Register, qui paraissent régulièrement chaque mois depuis un grand nombre d'années. Ces recueils ont triomphé des obstacles qui arrêtent ordinairement tant d'autres entreprises scientifiques; ce qui prouve que la botanique et l'horticulture comptent, en Angleterre , plus de zélés partisans que partout ailleurs. En effet, on trouverait difficilement dans l'Europe continentale , les élémens du succès qu'obtiennent les botanistes anglais, c'est-à-dire des plantes nouvelles pour alimenter les publications et des abonnés pour les soutenir. Si, à des causes si puissantes de succès, se joint l'avantage d'a- voir à la tête de la rédaction de ces ouvrages périodiques , des savans connus par d'imporîans travaux, on comprendra facile- ment l'intérêt que toutes les personnes qui s'occupent de bota- nique, soit en Angleterre, soit dans le reste de l'Europe, portent aux publications dont nous parlons en ce moment. Mais elles forment aujourd'hui des collections trop fortes pour être à la portée de la plupart de nos lecteurs; il en est même peu parmi ceux-ci qui voudraient souscrire aux dernières années, attendu qu'elles n'ont pour objet principal que de faire connaître par des figures et des descriptions les plantes qui fleurissent seule- ment dans les jardins d'Angleterre. Or, pour s'intéresser vivement à l'ensemble des ouvrages de cette nature, il ne suffit pas de s'occuper avec zèle de la science des végétaux, il faut encore être riche et horticulteur. En publiant de temps en temps un extrait de ce qui nous paraîtra le plus intéressant dans ces recueils, nous croirons satisfaire suffisamment aux désirs des botanistes. Pour cela nous donnerons l'indication de toutes les espèces nouvelles ou qui n'riuront pas encore été figurées, Nous ajouterons, pour les es- Extraits du Boîanical Regisîer. ï i i pèces absolument nouvelles , la phrase caractérîstique , et pour les plantes déjà connues, leur synonymie. Enfin, les genres nou- vellement établis seront traités avec tous les détails nécessaires, afin qu'on en saisisse bien les caractères et les affinités. Nous commencerons la revue de ces ouvrages par celle du Botanical Register, et nous donnerons également un extrait du Botanical Magazine. Si d'autres publications anglaises nous paraissent fournir des docuraens intéressans pour la scien- ce, nous ne négligerons pas d'en présenter promptement l'analyse dans les Annales des Sciences Naturelles, (i) Botanical Registeu , par M. J. Lindley. Nouy. scrie, vol. 6 et 7 (en parlic) j depuis avril i833 jusqu'à dccemlne i834 inclusivement. 1572. Banksia prostrata R. Biown. Suppî. Prodr. p. 36. 1574. Gompliolohiiim venulosum : Foliis 3 îineari-lanceolatis venuîosis mu- cronaiis margine revolutis, stipulis petiolo longioribus, pedunculis sub- terminalibus solitariis, corollis calyce longioribus. Espèce nouvelle originaire de la Nouvelle-Hollande, comme toutes ses congénères. Elle est voisine du G, tetrathecoides D.G. 1575. Clarhia elegans. Douglas in îitt. ; Foliis ovatis dentatis intcgrisquc, caulc glauco raccmoso, peîalis rhomboideis indivisis, stigmate pubescentc, ovaiio piloso. Espèce nouvelle trouvée en Californie, par M. Douglas. 1576. Calceolarict Herhertiana^ var. jmrvijlora: Corollis duplo minoribus, la- beilo sulcato. Cette variété est originaire des environs de Valparaiso, dans le Chili , et des basses Cordillères, près d'Aconcagua. 1677. Stenactis speciosa : Gaule erecto apice coiyœboso multifloio glabro, fo- liis ciliatisacutisintegerrimis : radicalibus spatulatis, cauiinis ovato-lanceo- latis sub amplexicaulibus; radio involucro dupîo longiore. (i) La Notice ci-dessus et celles qui paraîtront plus tard dans les Annales des Sciences natu- relles sont destinées à former le complément de la série d'extraits que nous avons donnés dans le Bulletin de M. de Férussac et di\us les Arcîùvei de Botam'qiie. Le dernier ai iick sur le So- iankal reg'istcrdt para dans le lonic u, p. 79 de nos Archives. (Gun^iSjWB'v 112 Extraits du Botanical Register. Plante vivace, native de la Californie. M. Lindley la rapporte au genre Stenactis, tel qu'il a été formé aux dépens désister par M. Nées d'Esenbeck, (Gen. et Sp. Ast. p. ayS). 157S. Pimelea hispida R. Br. Prodr. 36o. 1579. Benthamiafragifera. Le genre Benthamia d'Ach. Richard étant le même que VHer' minium , M. Lindley rétablit ici ce nom générique en l'honneur de M. 'G. Bentham. Il appartient à la famille des Cornées de M. De Candolle. Voici ses caractères essentiels : Benthamia. Calycis limbus minimus, 4-dentatus. Petala 4, cornosa, cuneata. Stamina 4. Stylus 1. Fructus c drnpis plurimis concretis coadu- natus; quoque carpelle biloculari. Semina solitaria, pendula. — Arbores V. frutices. Folia opposita. Fiores capilati, involucro petaloideo cincti. B. fra^ifera. — Cornus capiîata Wall, in Roxb. fl. ind. I. 434. Plant, asiat. rar. v. 3. p. 10. t. 21 4, Ce bel arbre se rapproche des Cornus florida Qt Canadensîs, M. Lindley ne comprend pas comment on a pu confondre ce nouveau genre avec le Cornus^ dont il diffère par la fleur et par le fruit. Il serait porté à considérer le C. florida comme une espèce de Benthamia. i58o. Duvaua latifoUa Gillies mss. : Foîiis oblongis grosse dentatis undulatis subcomplicatis acutis, floribus ssepins octandris, racemis densisfoliis subse- qualibus. — - D. dépendent llook. bot. mise. 3. 176 (y). Cette espèce est native du Chili , où elle est très commune ; elle y est connue sous le nom à'Huingan. i58i. Luplnus elegans DG. Prodr. 2. 4o8. i5S2. Pimelea sylvestris R. Br. Prodr. 36i. i583. Potentilla glandulosa : Caulibus crectis foliisque glandiiloso-pilosis : ra- dicalibus pinnatis 3-4-ingis, foliolis oblongis grosse duplicato-serratis : caulinis supcrioribus sessilibus ternatis, foliolis oblongo-lanccolatis acutis, stipulis merabranaceis subrotundis cuspidatis , paniculis subdichotoinis paucifloris, laciniis calycinis ovaîis acutis intcgerrimiS; petalis ovatis obtusis calyci œqualibus. Cette nouvelle espèce a été trouvée j par M.Douglas, en Ca- lifornie, Elle est voisine du P. viscosa. Extraits du Botanical Registerj n3 ï584, Pultenœa rosmarlnifolia : Capilulis multifloris, bractcis calyciLus Lre- vioribus, foliislinearibus mucronatis niargine revolutis subtùs puLescenti- Idus, stipulis 3 in unam bifidam concretis petiolo longiorem. Espèce nouvelle découverte sur la côte méridionale de la Nou* velle-Hollande. Elle se distingue aisément du P. stipulacea par ses feuilles repliées en dessous sur leurs bords, et par ses brac- tées beaucoup plus courtes. l585. Oxalis Bowiei : Radice bulbosa, foliis tematis; petiolo Yiridi sexuiiciali, foliolis magnis rotiindalè obversèqiie coidatis; viridibus, medio biunciali majore, scapo petiolis longiore viridi mitante dein suberectOj umbellâ circi- ter 12-florâ^ bracteis minulis rubescentibas, pcduncuîis i-3-floris i il» uncialibus ex viridi rubcscentibuscurvatis suberectis deinrectè devexis, ca- Ijcis foliolis oblongis acutis rubro marginatis, corollœ tnbo liiteo limbo saturatè roseo, expansione i 5[4 -unciab; staminibus tubo breYioribus, stig- matibus provectioribus, 5 cseteris longioribus; planta totâ (perianlliio ex- cepte) minutissimc pubesccnte. W, H. La patrie originaire de cette espèce, remarquable par ses belles fleurs roses, n'est pas indiquée. \b^Q. Anielayichier Jlorida : Voliis oblongis utrinque obtusis versus apiceat grosse serratis seraper nudis, bracîeis stipulisque apice plumosis deciduis, racemis strictis multifloris, staminibus calyce extus glabro brevioribus. Cette espèce nouvelle est native du nord-ouest de l'Amérique, où elle a été trouvée par M. Douglas. L'extrême brièveté des étamines peut la faire reconnaître au premier abord; elle se rapproche d'ailleurs de VJ. sanguinea déjà figuré n" Ï171 du Botanical Register. i5go. Calliprora lutetu Cette plante a été trouvée dans le nord de la Californie, par M. Douglas. Elle forme un genre nouveau voisin du Brodiœa^ dans la famille des Asphodelées de Jussieu. Voici ses caractères essentiels : Callîpîiora. Periaîîtbium subcampanuîatum , cum pediccllo contî-' îiuum, 6-partitum. Stamina 6 omnia fertilia, fance exorta, verticillata, quorum 3 breviora : filnraenta pcîaîoidea , biloba ; anlherîe inter lobes sessiîcs.Sqnamœ hypogynse 0. Ovarium sdpitatuni, 3-angulare, o-loculare, polyspcrmiim. Stylus simples. Sligma 3-loî)um. Capsula mciabrauacea, 3- ptera. — Herba Alla facie. IV. BoïAN. — Août. 8 Ii4 IM'W Extraits du Botanical Register. Le genre CalUprora diffère des genres Brodiœa et LeucO" coryne par l'absence d'écaillés hypogynes, par ses étamines toutes fertiles et verticillées ; du Triteleia, par ses filets pélaloïdes in- sérés sur l'orifice du tube du périanthe. i5gi. Mimulus roseus : Caule erecto viscido-pubescente, foliis oblongis apice dentatis 5-costatis pilosis, calycis dentibus brevibus subaequalibus, corollse ïaciniis oblongis obtusis ciliatis, staminibus tubo brevioribus. Celte jolie espèce a été trouvée dans le nord de la Californie; elle a été envoyée par M. Douglas , qui la regarde comme très rare et en même temps comme une des productions les plus inté- ressantes qu'il ait rencontrées dans ce pays. La culture de cette plante présente quelques difficultés, parce qu'on ne connaît pas encore son véritable traitement. i522. Nicotiana persica : Foliis radicalibus o1:)loiigo-spatliulatis, caulinis sessili- bus semiamplexicaulibus acuminatis, calycibus acutè 5-fidis, tubo corollae hypocralerifonnis gracili clavaîo, fauce ventricosâ, limbi Ïaciniis oyalis emarginaîis subinœqualibus. M. Liodley se félicite d'avoir Toccasion de donner la figure et la description de la plante qui produit le tabac si renommé, connu sous le nom de tabac de Scliiraz. Le tabac commun de Virginie est aussi cultivé en Perse, mais c'est de l'espèce ci-dessus que l'on tire une qualité de tabac supérieure. Des graines avaient été rapportées de Perse par Sir Henri Willock, lors de son retour de la cour d'Ispahan , et communiquées à la Société d'tiorticul- ture. La plante a fleuri dans les jardins de cette Société aux mois de septembre et d'octobre de l'année i832. Le mode de fabrication de ce tabac, en usage chez les Persans, se trouve complètement détaillé dans le premier volume de la nouvelle série des Transactions de la Société d'horticulture, p, ao5. iSgS. OEnofhera densijlora : Annua, incano-tomentosa, foliis liiieari-lanceô- latis sessilibus acuminatis dentatis, ramulis axillaribus corymbosis in cau- îem raceraosis, ovariis cylindraceis bractcis breyioribus, sepalis subco- loratis intùs glabris, petalis bilobis obtusis^ staminibus 4 sœpè sterilibus fertilibus duplo longioribus. Espèce nouvelle très remarquable et qui provient du nord de Extraits du Botanical Register* î 1 5 la Californie. M. Lindley la considère comme formant le passage du genre Gaura à XOEnothera, et il présume même qu'elle doit constituer un genre nouveau. 1594* Costus pictus: Foliis lanceolatis pilosis, spicâ ovatâ termînali Lracteis api- culatis, labello 3-lobo ; laciniâ intermediâ brevissimâ inciso-dentatâ revo- lutâ. D. Don mss. Cette nouvelle espèce provient de graines envoyées du Mexi- que. La structure du labelle fournit un bon caractère, qui la distingue aisément de toutes celles décrites jusqu'ici. 1595. Lupinus ripularis : perennis, suhsericeus, viridis, caule herbaceo, folioUs 7 petioli longiludine siibtus lœvissime pubescentibus, racemis vcrticillatis, bracteis pedicellis subseqiialibus, calyce ebracteato : labiis integerrimis, 5U- periore basigibboso, vexillo sessili alis sessilibus parallelo et quaîi. Originaire de Californie, et rapportée par Douglas. 1596. Cactus speciosîssimus var. lateritius. Variété hybride à fleurs d'un rouge de brique , qui se rappro- che du C. Jenkinsoni. 697. A&ter cordifolius L. Cette espèce est fréquemment confondue dans les jardins avec \A. paniculatus y et dans les herbiers avec XA» corymbosus qui est une plante totalement différente appartenant au genre Eurjbîa. 1598. Calandrinia speciosa : Glaberrlma, diffusa, foliis spalîmîatis acutis longe in petioluni angusîatis, floribus racemosis, pedicellis bracteis brcvioribus, pelalis calyce longioribus. Très jolie espèce, ressemblant au C. pilosiuscula , mais fort B'.npérieure en beauté. Originaire de la Californie, et rapportée p ar Douglas, i5 99. Loasa Placeî LindL in Hort; Trans. v. 6. p. gS. — L. acanthifoUct Ker in Bot. rcg. 785. — L. nitida P. Hook. in Bot. mise. 3. 238. — ? L> nitida Don in Swcet fl. gard. n. ser. 196. 1600 '• Burtonia confertaUQt^ Prodr. 2. p. loS. i6oi, • Nemophila ûw/ito : Foliis pinnatifidîs basi alatis auricuktis, caule aîigus-» tftto asperrimo^ coroUà calyce pcnlagono duplo longiore» Ii6 Extraits du Botanical Register. Rapportée de la Californie par Douglas. \Go2. Bœhera încana : Foliis incanis suLtiis glaucis profundè fpinnatifîc^ïs : laciniis linearibus subintegris, involucro exteriore 8- pliyîlo, squamis inîe- gerrimis, pappi paleis omnibus in pilos fasciculatos divisis. . Native du Mexique. Elle ne répond pas précisément aux ca- ractères assignés par M. Lessingau ^Sop/^em, mais le manque de quelques écailles entières sur le côté extérieur de l'aigrette ne paraît pas suffisant pour caractériser un nouveau genre. \Bo5. Pdssîflora phœnicea : Foliis glabris oblongis cuspiclalis iutegriS; petiolis apice biglandulosis, stipulislineari-lanccolatis pétiole brevioribus, bracteis cordato-ovatis basi serratis. Espèce extrêmement voisine des P. alata et quadrangidaris, i6o4. OEnothera biennis var. grandijîora. — OE. biennis L. — OE. gran- dijlora Ait. Hort. Kew. DG. Prodr. — OE. suweolens Dcsf. et DG. — OE. muricata L. et DG. 1605. Calandrinia arenaria Hook. et Arn. Bot. mise. 3. p. 246. 1606. Opuntia aurantiaca : articulis linearibus vcl lineari-lanceolatis diva- ricatis apice compressis basi teretibus atro-viridibus,aculeis 2-3 clongatis glabris. Originaire du Chili. 1607. Rubus rorldas : Ramis teretibus vîllosis aculcatis, foliis cordatls lobatis' argule duplicato-serratis subtus tomentosis, raccmis inferioiibus axillari-' Lus erectis pctiolo brevioribus, stipulis bractcisquc pectinato-multipar-' titis glanduîosis, sepalis multifidis, petalis lotundatis subœqualibus. Espèce nouvelle de Madagascar. 161 4. Aster eminens Willd. Enum. hort.' Berol. 2 86. — A. junceus et^^» mutabilis Hort. Kew. — A. longifolius Lam, Encycî, 1 006. -—^.' ^ce>'- vigatus Pursh FI. Am. 2, 553. — A. virgineus Nces Syn. ast. p.- 2-^ . iGi5. Gompholobium /ew^e : Glaberrimum, caulibus flliformibus laevibur,. i?^ - liolis 3 linearibus anguslissimis raargine revolutis mucrouulalis, flotiSi us solitariis pedunculatis, yexillo cmarginato cavinâ iiaberbi duplo longL'ô, re. Espèce voisine des G. virgatian et G.venulosum. 16)6. Congora maculata : Foliis 5-])licatis obovaio-oblorîgls basi valdè'à'ft gus- talls;, tjepalis latciv,lil?us e lata basi augustutis, bypoebilio obîojig,]BrauQï;chweig, i834. 1 20 MEYEN. — Sur les trauauùc botaniques de l'année 1 834. Si l'on peut s'exprimer ainsi, ce serait l'opinion qui fait passer de l'air dans les trachées qui est fondée sur une apparence. Il regarde les vaisseaux séveux comme étant articulés, opinion qui avait , à la vérité , été mise en avant par Schultz, mais qui a de- puis long-temps été réfutée par nous (1827). La situation des vaisseaux auprès des trachées n'est pas non plus expliquée d'une manière Lien exacte. L'ascension de la sève est expliquée par deux causes géné- rales, savoir : l'action des spongioles radicales dont les cejlules se contractent alternativement, ou élargissent et rétrécissent tour-à-tour leurs méats in ter-cellulaires; et deuxièmement par l'influence des feuilles. Quoique cette action des spongioles radi- cales ait déjà été mise en avant par M. De CandoUe, nous ne con- naissons aucune observation sur laquelle s'appuie cette explica- tion qui nous parait tout-à-fait arbitraire. M. Wiegmann pense que les fibres de la racine exécutent sur- tout des fonctions de triage , et il s'appuie sur cette observation que quand on place un bulbe de jacinthe dans de l'eau de chaux, cette substance est chassée de la racine à l'aide d'une sécrétion d'acide carbonique. Nous pensons que dans ce cas l'endosmose et l'exosmose jouent un grand rôle. Quels seraient donc les or- ganes qui doivent amener l'acide carbonique aux racines ? Se- raient-ce les trachées ? M. Wiegmann pense pouvoir établir sur cette observation la règle que l'on ne doit pas couper les racines des arbres que l'on veut transplanter, tandis que l'expérience et la théorie sont également en faveur de ce procédé, car les trachées ouvertes sucent l'eau avec plus de promptitude. M. Wiegmann s'oc- cupe aussi de cette singulière altération des racines que l'on ap- pelle queue de renard, et qui se produit lorsque celles-ci passent de la terre dans l'eau. On observe très fréquemment cette formation sur des Aulnes qui sont plantés près de l'eau et l'on pourrait sans doute tirer de leur étude un meilleur parti que ne l'a faitM.Wicg- mann. Nous les considérons conne une luxuriance parasitique, et nous nous sommes expliqué à ce sujet avec plus de détail dans un travail publié en 1828 (Flora 1829). L'observation d'un tronc de Saule mort au miheu d'un tronc vivant est très intéres- MEYEN. — Sur les trapaux botaniques de Vannée 1 83/|. 127 santé ; ce phénomène a été observé par Lindiey sur un peuplier et s'explique bien par la théorie de Du Petit ïhouars. Les feuilles sont de nouveau comparées aux organes de la res- piration , tandis que nous sommes persuadé que les végétaux n'ont aucune respiration qui puisse être le moins du monde comparée à celle des animaux. M. J. Mùller, un des physiolo- gistes les plus remplis de sagacité de notre époque, nomme, dans son Traité de Physiologie qui vient de paraître, la respiration des plantes une ratification de la nutrition. La structure des glandes de l'épiderme est indiquée d'après les ob3erva^lons de Unger et de Dutrochet, et (afin que la respiration s'explique plus facile- ment) avec une fente dans le milieu. Nous n'avons pas encore été assez heureux pour découvrir une pareille fente au milieu des deux cellules qui forment chaque glande, quoique dans ses figures M. Unger ait rendu la chose si claire que l'on voit des pédicules de champignon sortir par cette fente. Les recherches faites par Dutrochet avec la machine pneumatique ne prouvent rien et peuvent s'expliquer d'une manière très simple. Relativement à l'exhalation de l'acide carbonique par les plantes, M. Sprengel le rédacteur fait une observation à la- quelle nous ne saurions refuser notre assentiment : il pense que les plantes n'exhalent de l'acide carbonique pendant la nuit que parce qu'elles sont alors incapables de décomposer celui que les racines pompent dans la terre. En général, l'exhalation de l'a- cide carbonique et des autres gaz est liée avec celle de la vapeur d'eau, et celle-ci est plus ou moins favorisée par l'état hygromé- trique de l'atmosphère, d'après lequel tout peut ici s'expliquer naturellement. La chute des feuilles est expliquée d'une manière inexacte mé- caniquement et anatomiquement. L'auteur ne s'appesantit pas assez sur la périodicité de ce phénomène inexplicable; dans les feuilles qui ont des pétioles grands et gros, on voit la \\c\nQ de démarcation le long de laquelle se fera la séparation de !;ï feuille morte dans le tissu cellulaire bien plus tôt que dans les fais- ceaux ligneux, et nous connaissons des exemples comme, par exemple, dans les Fougères arborescentes où les faisceaux li- gneux sont encore trè$ entiers, tandis que le tissu cellulaire 128 MEYT.^.'^iSar les travaux botaniques de Vannée i834. interposé est déjà décomposé depuis long-temps ; ce n'est qu'à la fin que les faisceaux se séparent dans l'articulation, nom qui convient réellement à cette connexion. Pendant l'année qui vient de se passer, on a beaucoup écrit sur l'amidon, dont l'histoire a été éclaircie tant sous le rapport physique , que sous le rapport chimique. Cette substance étant d'une grande importance dans l'économie publique, les chimis- tes se sont appliqués à son étude avec une constance et un soin remarquables, et plusieurs des résultats qu'ils ont obtenus nous seront aussi utiles pour nous aider à mieux connaître les pro- priétés physiques de ce corps^ Une commission de l'Acadé- mie des Sciences de Paris , a fait un rapport précieux et dé- taillé sur les nombreux travaux qui lui ont été présentés relati- vement à l'amidon. Ce rapport nous a fait connaître d'une ma- nière générale les travaux particuliers des chimistes, dont ■ quelques nouvelles étaient déjà parvenues par le journal 1'/^- stitut. (i) En Allemagne, M. S. Frilzsche (2) , actuellement à Saint-Péters- bourg, a publié un travail très intéressant , qui donnera lieu à beaucoup de nouvelles recherches sur l'amidon , et dans lequel sont précisément traitées les parties de l'histoire de ce corps qui ont été néghgées en France. Il faut avant tout se rappeler que lorsque l'on veut étudier la structure de l'amidon , on doit prendre ce corps dans son état naturel, car il est si facilement altérable qu'il donne après l'action des agens chimiques des ré- sultats entièrement différens de' ceux qui ont été d'abord pu- bliés par M. Raspail, et qui en peu d'années ont été reconnus par la majorité des chimistes et des botanistes. Le travail de M. Fritzsche est principalement dirigé contre les (i) Rapport sur plusieurs mémoires de MM. Paycn', Persoz, Couvcrcliol, Guérin Vary et Lassaigiie, fait à l'Académie des Sciences de Paris, le 7 juillet iS34 au nom d'une commission composée de MM. Duloug, Dumas, Ptobiquet et Chevreul, par M, Cheyreul, roppoj'tcur. Ànn. mus. i834. p. 24o-3o6. (2) Uber das Amilura. Pog^jeudorfs Anaaicn, i835. Bd. ^xs, 5. 129-106, MEYEPT. •— Sur les travaux botaniques de Vannée i834. 129 résultats de M. Raspail; on y voit que les grains d'amidon ne sont nullement, comme le prétend cet auteur, formés d'une substance extérieure insoluble et d'une substance intérieure so- luble, mais que ce sont des corps solides qui ne sont enveloppés d'aucune membrane particulière , opinion que nous avons déjà exprimée en 1828 et en i83o. Toutefois, c'est avec raison que M, Raspail a dit que les grains d'amidon, au moins dans leur état naturel, sont formés par deux substances qui diffèrent chi- miquement. Cette observation est très facile à répéter, et M. Fritzsche a au moins négligé ce côté de l'observation. Si l'on prend une certaine quantité de grains récens d'amidon de pomme de terre, et si^on les place dans de l'eau froide sans les endommager, rien ne se dissoudra; mais si on les écrase, une grande partie de leur substance intérieure se dissoudra et cette portion doit, suivant M. Guérin , s'élever jusqu'à 4^5^ p. 100. Si on filtre la solution obtenue et qu'on la mêle ensuite avec une solution d'iode, on ne remarque pas la coloration en bleu qui se manifeste au contraire très promptement avec îa portion restée sur le filtre. Quoique cette expérience nous ait réussi avec plusieurs espèces d'amidon , elle a été combattue par M.Guibourt, qui prétend que la substance soluble et la substance insoluble sont toutes deux colorées en bleu par l'iode. Sans doute M. Guibourt aura opéré avec de l'eau chaude, car la solution faite à froid ne se colore qu'en brun -jaunâtre. Cependant M. Guibourt a raison quand il pense que la couche extérieure et la couche intérieure sont dans un état différent d'agrégation ; car la première a de l'analogie avec une membrane, tandis que l'intérieure est quelque peu soluble à l'eau. Comme nous l'avons montré plus haut, la substance soluble diffère chimiquement de la partie insoluble : ceci a été également démontré par MM. Biot etPersoz, à l'aide d'une autre voie d'observation (1); ils ont nommé dextrine la substance intérieure soluble de l'amidon , parce que cette substance détermine la rotation des rayons polarisés à droite, tandis que la gomme les fait tourner à (i) Sur l'application de la polariâatioa circulaire à l'analyse de la végétalf H des Graminées^ ^OHY» aiin. liu nius; t. iiij i834. IV, BoTAîf!-— l'îfg/cwiî'rc, 9 i3o MEYEN. — Sur las travaux botaniques de V année 1834- gauche. Il a depuis loUg-temps été démontré par les chimistes que la partie soluble de l'amidon n'est pasde la gomme comme M. Ras- pail le prétend. M. Guérin est arrivé, par des recherches chimi- ques , à ce résultat que chaque grain d'amidon est formé par trois substances différentes, qui sont : l'amidine, l'amidine tégumentaire et l'amidine soluble. Un grand nombre d'expériences confirme ce résultat qui n'est plus douteux qu'en ceci , qu'il peut être at- tribué à l'action de l'eau bouillante. J'ajouterai ici, comme ren- seignement, que les grains d'amidon après qu'ils ont été soumis à l'action de l'eau bouillante ne contiennent plus que 24,4 1 pour loo de substance soluble, le reste ayant donc été altéré dans sa nature chimique. Nous arrivons maintenant aux nouvelles découvertes pu- bliées par M. Fritzsche sur l'amidon : suivant lui, on voit, à l'aide d'un très bon microscope et d'une bonne lumière, sur tous les grains d'amidon des cercles concentriques, plus ou moins nombreux, plus ou moins réguliers, et l'on peut s'as- surer qu'ils sont l'indice d'autant de couches concentriques dans le grain d'amidon. Ces cercles partent d'un point que M. Fritzsche nomme le noyau et qu'il regarde comme différent chimiquement des couches environnantes, ce que nous ne pou- vons adopter. Nous n'avons pu voir ces noyaux d'une m.anière aussi nette que M. Fritzsche les a figurés dans les planches de son Mémoire, quoique nous ayons employé un grossissement de 35o fois avec un microscope dioptrique d'Amici. Ce n'est que l'éclai- rage à le lampe qui nous montre ces boules éclairées entou- rées de cercles ombrés, que M. Fritzsche a nommées le noyau. Lorsque les couches concentriques du grain d'amidon sont ellip- soïdes comme dans le pois commun, on n'aperçoit rien d'un pareil noyau. De même dpais plusieurs espèces diHedfchium et dans diverses autres plantes, nous ne pouvons voir rien d'ana- logue à un noyau nettement limité. Toujours est-il bon de conserver ce nom pour marquer le point duquel part la for- mation des couches. Celles-ci sont disposées d'une manière variée dans les différentes plantes ; elles sont concentriques dans l'a- midon des pommes de terres et des pois, tandis qu'elles forment des cercles rapprochés et plus ou moins voûtés dans plusieurs ME YEN. — Sur les irai^aiix botaniques de V année 1 834. 1 3 1 Scitaminées ; pour que l'on connaisse toutes ces différences, au moins en grande partie, il faut qu'elles deviennent le but d'un travail spécial sur l'amidon. On sait que les grains d'ami- don les plus gros sont encore si petits qu'il devient très difficile de les partager même sous un microscope simple; si on réussit à le faire avec tout le soin nécessaire , on remarque que la sub- stance intérieure et la substance extérieure de ces grains sont de densité différentes. Cependant il n'est pas possible de rendre visible la séparation des couches décrites précédemment, et si on se demande comment il est possible que ces couches, quoi-* que incolores soient visibles à l'œil , on ne peut, d'après ce qui précède , expliquer ce fait autrement qu'en attribuant|une plus grande densité à la surface extérieure de chaque couche qu'à la surface intérieure de la couche qui précède immédiatement, de sorte que la différence des densités produirait cette apparence. Au reste, il faut remarquer que sur les dessins de M. Fritzsche, la structure supposée des grains d'amidon n'est pas exposée d'une manière aussi satisfaisante que dans la description; les dessins sont généralement beaucoup plus gros que le micros- cope ne les montre : je sais bien que, quant aux données de grandeur sous le microscope, presque tout le monde les voit d'une manière différente, mais du moment que l'on a admis des mesures pour les objets on peut faire les dessins d'une manière exacte. Si, par exemple, on admet, comme le fait M. Fritzsche, que les grains d'amidon présentent dans l'épais- seur un diamètre de ^ jusqu'à 3-^ de ligne, alors les dessins doivent d'après le grossissement qu'il emploie avoir de f de ligne à huit lignes, tout au plus. H faut encore remarquer, que (la figure 4 exceptée) nous trouvons plus de couches dans un grain d'amidon que l'auteur n'en a figurées; il est vrai qu'elles sont si extraordinairement fines, qu'à un grossissment de 35o fois dans la Pomme de terre, par exemple, elles ne parais- sent que comme des cercles très fins, immédiatement appli- qués les uns contre les autres. La méthode de dessiner plus grand que l'on ne voit a cet avantage qu'elle permet de donner nettement des détails intérieurs, mais il en résulte un nombre inconcevable d'erreurs, lorsque l'on ne saisit pas complètement 9' î 32 MEYEN. — Sur les trduaux botaniques de Vannée \ 834.* ce que l'on voit^ comme cela arrive très souvent. M. Fritzsche a aussi observé des grains d'amidon agglomérés, formés, les uns de plusieurs granules qui se sont réunis, les autres de plusieurs granules entourés d'une enveloppe commune. Nous n'avons jamais pu trouver ces derniers; quant aux premiers, nous les avons connus précédemment, et nous en avons décrit des formes très remarquables dans la Citrouille et XePrimula sinensîs. Si plusieurs granules se réunissent pour former un grain, ils produisent une boule plus ou moins arrondie comme dans les Zamia^ ou bien ils prennent une forme rayonnante autour d'un point central, comme cela se voit souvent dans les cellules des pétioles près des faisceaux ligneux chez le Primula sinensîs, en automne. M. Fritzsche nomme les grains d'amidon réunis des monstruosités , mais c'est à tort , car on les trouve habi- tuellement ainsi sur certaines plantes, et de plus ils paraissent sur celles-ci à des époques déterminées comme à la fin de l'au- tomne lorsque se forment les dépôts de substance alimentaire pour l'hiver. M. Fritzsche a observé que de jeunes Pommes de terre de la OTosF.eur d'une noix renferment des crains d'amidon aussi bien développés que les tubercules qui ont pris tout leur accroisse- îîient, d'où il conclut que, pendant le développement de laPomme de terre, il y a formation de nouvelles cellules; il attribue à l'albu- mine en solution dans le suc de la cellule la plus grande densité de la couche extérieure du grain d'amidon. Cette opinion est peu probable. M. Friîzsche a fait un grand nombre d'observations pour démontrer une différence chimique entre la substance du noyau et celle des couches qui l'entourent , mais il nous semble que ses résultats peuvent s'expliquer par ime moindre densité du noyau. Aussitôt que l'on place un grain d'amidon dans de l'eau chaude, ou dans une autre substance brûlante, il augmente de volume et il se forme dans le noyau et à l'entour des déchirures irrégulières. Bientôt après , s'ouvrent les couches les plus exté- rieures du granule et le noyau en sort avec plus ou moins de force et de rapidité, pour disparaître le plus souvent très promptement dans le liquide ambiant. Ceci s'observe très facilement si l'on fait agir une solution alcoolique de potasse caustique, et donne MEYEir. — Sur les travaux botaniques de l'année 1 83/} . \ 35 le moyen de comprendre les figures très variées que M. Fritzsche a obtenues par l'action de leau chaude et de plusieurs agens chi- miques, et qu'il a représentées tab. i. Si le grain d'amidon n'é- clate pas , après, par exemple, qu'on Ta placé dans de Falcali caustique , le globule représente une figure comme M. Fritzsche Fa donnée t. i, fig. 24*5 ^ semble qu'il se soit formé dans son in- térieur une cavité remplie de tout petits globules; du reste, les cercles ne disparaissent pas dans les couches extérieures du grain d'amidon , même après l'action de Falcali caustique. Peut-être M. Fritzsche a-t-il voulu donner une explication un peu trop in- génieuse des phénomènes que ce corps nous montre dans la cuisson, même chez ces espèces de grains, comme ceux des Sci- taminées qui semblent formés par plusieurs plats circulaires posés les uns au-dessus des autres. Il nous semble que dans ce cas les couches ne s'étendent que longitudinalement, et par conséquent par les côtés. M. Fritzsche admet que par l'action de l'alcali caustique , il se forme dans l'intérieur de chaque grain d'amidon une bulle d'air qui prend précisément la place du noyau et disparaît aussitôt que l'on ajoute de l'eau; nous avons souvent répété cette expérience, m.ais nos résultats ne s'accordent pas avec l'opinion de l'auteur. Le grain d'amidon éclate par Faction de l'alcali , et le noyau , c'est-à-dire la portion de l'intérieur du grain qui absorbe le mieux l'humidité, ne trouvant plus de place dans les enveloppes qui le circonscrivent, les traverse et en sort ; la place qui reste dans le milieu du grain présente , au microscope, de l'analogie avec une bulle de gaz, ce qui s'explique facilement; mais sitôt qu'il y a de l'eau en contact avec l'amidon, le resto de la masse s'enfle et la place qui était restée vide se remplit d'une substance d'une densité égale, de sorte que l'apparence d'une bulle d'air disparaît. M. Fritzsche démontre aussi avec détail que l'iodure d'amidon, est une véritable combinaison chimique , et qu'on doit la ranger parmi les exceptions à cette loi , d'après laquelle on pense qu' I n'y a de combinaison possible qu'entre un corps combiné et un corps aussi déjà combiné; à cet égard, quoique les recherches de M. Fritzsche soient très coucluantes, on peut se demander si i34 MEYiiH.^^ Sur les irapaux botaniques de Vannée 1834. l'iode et l'amidon sont réellement à l'état naturel dans cette com- binaison ; nous croyons pouvoir en douter , parce que la solu- tion à froid de l'amidon se colore en brun-jaune par l'iode et non pas en bleu; on doit aussi se rappeler ici les motifs donnés en faveur de cette opinion par Langlois , qui y est arrivé pas une autre voie. Le brome se combine avec l'amidon comme l'iode ; cette com- Hnaison est d'un jaune-orangé. En terminant, nous devons encore rapporter ici quelques opinions émises par M. Sommerauer , (i) , relativement à l'importance de la diaslase dans la germination des graines : la solution aqueuse de la diastase est neutre, à une température de 52 à 60 li. Elle jouit de la propriété remarquable de faire éclater les enveloppes des grains d'amidon !, de rendre solu- ble à l'eau la substance qu'ils renferment, et même de la trans- former en une substance sucrée si la même température est con- tinuée pendant deux ou trois heures. Nous n'avons pas encore pu répéter les expériences sur la diastase , mais quant à ce qui concerne la propriété remarquable de faire éclater les grains d'amidon, cela a également lieu à cette température dans de l'eau pure , et l'addition de la diastase paraît avoir peu contribué à cette action. Dans la germination le grain d'amidon , qui autre- ment serait inutile à la nourriture de la jeune plante ! doit, suivant Fauteur, par la rupture de l'enveloppe , se transformer en une substance sirupeuse, comme cela est nécessaire à l'ali- mentation de la plantule. Cependant la diastase ne se développe que dans la germination, et les altérations que le grain d'ami- don éprouve pendant cet acte de la graine, et que l'on peut suivre de l'œil sont tout-à-fait différentes de celles qui sont indiquées ici. C'est pourquoi nous pensons qu'il est encore prématuré de se servir de la diastase pour expliquer les phénomènes de la germi- nation. M. Nées d'Esenbeck {Flora i834, i, p. 20) a trouvé des fibres spirales dans le tégument extérieur de Xlijdrocliaris (i) Notiz u'^bcr das SUirkeniohl ( Flora îblH- ix, auli; s. t2,4}< MEYEN. ^— Sur les tràçaux botaniques de Vannée i834. i35 morsus-ranœ : cette observation avait déjà été faite depuis plu- sieurs années, par M. Horkel, à Berlin , qui la comrauniquait à ses élèves. L'anatomie comparée des végétaux s'est enrichie dans le cours de l'année dernière de plusieurs observations importantes; les Fougères ligneuses encore peu connues ont été principalement l'objet de nouvelles recherches. MM. Link (i) et Moîil(7) se sont ainsi que nous-même (3) occupés de ce sujet. Nous donnons ici les principaux résultats de ces recherches dans l'ordre des temps où les ouvrages mentionnés ont paru. Le manque de ma- tériaux avait jusqu'alors fait négliger l'étude anatomique des Fougères; aussi quelle ne fut pas notre joie lorsque dans le mois de novembre 1 83o, nous traversions des contrées où des plantes de cette famille élèvent à 1 5 ou 20 pieds leurs stipes grêles couron- nés d'un feuillage tremblottant. Dans un travail tel que la relation historique de notre voyage, l'anatomie de ces belles plantes ne pouvait être exposée que d'une manière très abrégée, et nous ré- servions pour une autre occasion la publication des dessins que nous avions faits pour nos recherches particulières. Nous avons d'abord combattu l'opinion de I^ink qui , dans des travaux an- térieurs , regarde le stipe des Fougères comme formé par une réunion de pétioles ; ensuite nous avons exprimé l'idée qu'il y a plus d'analogie qu'on ne l'a cru jusqu'à ce jour entre les stipes des Fougères et ceux desCycadées. Le plus souvent, les faisceaux ligneux des Fougères éloignés les uns des autres, forment un cercle ligneux situé plus ou moins près du bord du stipe et ne formant pas un cylindre clos. Dans les stipes entièrement dé- veloppés ces faisceaux sont entourés d'un pleurenchyme coloré en brun-rouge, dont le bord intérieur est garni d'une couche étroite d'un parenchyme amilacé auquel les grains d'amidon donnent un aspect d'un blanc luisant : à l'intérieur de (i) Die Urwelt und das Allerthum erlaulert durcli die Katiirkunde. 2 ausg. Berlin i834, Th. I. s. 177. und s. 235. etc. (2) De slructurâ eaudicis Filicutn avborearum, Martius , icônes selectœ plautar, cryptog, Monaclîii 1828-1834, fol, p, 40-61, (3) Mepîs ^eige mi di? Fvde^ WUn if)34» ï. {?, loij-n?, 1 36 ME YEN; — Sur les travaux botaniques de Vannée 1 834- cette couche de cellules contenant de l'amidon , il y a une très mince bordure de cellules parenchymateuses étroites et allon- gées, qui entourent immédiatement les faisceaux de tubes spi- rales. Les tubes spirales de ces faisceaux des Fougères sont géné- ralement des tubes rayés. Outre cette couronne de faisceaux indépeodans, on trouve encore dans différens genres un plus ou moins grand nombre de petits faisceaux h-peu-près cylin- driques qui sont tantôt hors du cercle ligneux et par conséquent entre lui et Técorce , ou bien aussi dans son intérieur. Dans le cercle ligneux il y a beaucoup de moelle ou tissu cel- lulaire entièrement dépourvu de faisceaux ligneux. Nous avons mentionné ces faits comme plus ou moins conformes à l'état normal des Fougères tout en appelant en même temps l'atten- tion sur des différences très importantes qui s'observent dans d'autres circonstances. Le stipe du Sadleria cyatheoides Kaulf. ( Blechnum Fontanesîa" nwn Gaud.) s'éloigne par sa structure ainsi que par la forme des pétioles du type indiqué ci-dessus. Tout le stipe est forme d'une masse ligneuse très ferme, brune, qui est formé d'un prosen- chyme brun et ne présente que cinq à six faisceaux cylindriques de vaisseaux spirales rayés situés très près du centre , séparés par le prosenchyme habituel du stipe et se joignant rarement par des ramifications latérales. Nous avons encore indiqué dans notre voyage une autre forme qui s'éloigne entièrement du type habituel; c'est un stipe dans lequel on ne trouve rien d'analogue à un cylindre régulier de faisceaux de vaisseaux spi- rales. Ces faisceaux qui ne sont pas accompagnés d'un tissu cellulaire particulier se ramifient et courent de tous côtés d'une manière irrégulière. Sur la coupe transversale, on reconnaît tantôt des faisceaux arrondis, tantôt des faisceaux plus ou moins larges qui ne sont que des ramifications courant horizontalement des autres faisceaux. Dans laracinede cette Fougère les vaisseaux spirales sont placés en étoile et ils occupent tout le centre d'où ils envoient des rayons vers ki circonférence. Le tissu cellulaire de ce stipe est formé d'un parenchyme à grosses mailles et d'un prosenchyme riche en parties amilacées. Bientôt après notte ouvrage parut la seconde éclition du Monde Primitif MEYEN. ^— Sur les travaux botaniques de Vannée i%?>t\. iZj de M. Link, où il reproduisit en partie les idées antérieures sur le stipe des Fougères , et donna en partie des idées et des observa- tions nouvelles. M. Link dit que les pétioles dans quelques Fougères se sou- dent et forment des stipes qui s'élèvent jusqu'à quinze ou vingt pieds, et que tandis que ce stipe s'élève, il se produit inférieure- ment des pétioles qui n'arrivent pas à un développement com- plet mais se séparent des parties vraiment foliacées et for- ment ainsi les figures qui avaient été prises jusqu'à présent pour des traces de pétioles tombés. Nous ne saurions adopter cette manière de voir ; guidé par l'étude de genres nombreux et variés, nous savons positivement que des pétioles isolés se développent au sommet du stipe sans avoir été d'abord formés dans son intérieur; jamais il ne se développe de pétioles à la portion inférieure du stipe et les traces que l'on remarque à sa surface ne sont formées que par la chute de pétioles qui se trou- vaient d'abord au sommet. Il résulte déjà de là que le stipe ne peut être formé par la soudure des pétioles, et cette idée est évidemment combattue par la dissection des faisceaux li- gneux qui courent sans interruption depuis le sommet jusqu'à la base, et n'envoient que des ramifications latérales à chaque pétiole. M. Link pense d'ailleurs que tous ces stipes sont creux, mais ceci ne se voit que dans les échantillons secs. A l'état na- turel, nous n'avons jamais trouvé de cavité dans ces stipes, et nous en avons abattu et rapporté plusieurs qui sont entièrement pleins; toutefois le tronc du Struthiopterîs germanica présente de petites lacunes. Dans l'étude des pétioles du Poljpodlum vuîgare, M. Link a trouvé les faisceaux ligneux disposés dans un ordre très analogue à celui des Monocotylédones, et ses obser- vations à ce sujet s'accordent assez bien avec celles de notre travail. M. Link regarde les feuilles des Fougères comme formées par la soudure de la feuille et du pétiole, comme la partie qui les supporte est formée par une soudure du pétiole et du tronc, si toutefois nous l'avons bien compris. Plus loin , M. Link compare la portion inférieure d'un stipe de Fougère^àun bourgeon et peuse qu'elle croît comme un bour- geon. l38 3ii:yen. — Sur les trapaux botaniques de l^ année i834. D'après l'aspect extérieur de cette partie, nous pourrions adopter une telle manière de voir, eii regardant le stipe comme un bourgeon très étendu où le centre est devenu la pointe du stipe. Mais nous ne pouvons admettre que ce stipe soit creux au sommet. Le travail de M. Mohl , plus important que les précédens , a paru dans le magnifique ouvrage de M. Martius; il est accom- pagné de huit planches coloriées. Il est à regretter que M. Mohl n'ait pas eu à sa disposition des matériaux plus variés, car tous les stipes qu'il a étudiés ne montrent que la structure c|ue nous nous sommes efforcé de présenter comme l'état normal : c'est avec raison que M. Mohl regarde comme inexacte la comparai- son des tiges de Fougères avec celles des Palmiers; il reconnaît leur analogie avec celles des Cycadées. Il pense que les feuilles des Fougères sont placées tantôt en spirales, tantôt en verticilles. Ce dernier fait n'est pas exact: les feuilles sont toujours placées en spirales, et les traces de feuilles tombées observées par lui à une même hauteur appartenaient à des spirales différentes courant parallèlement. Quelquefois ces traces de feuilles tombées s'élèvent un peu au-dessus de la surface du stipe , d'autres fois cela n'a pas lieu ; cependant nous avons observé des cas que nous ferons un jour connaître par des figures, où les cicatrices des feuilles sont pla- cées sur des protubérances tuberculeuses longues de 3-4 pouces, et d'autres cas où de longues portions du pétiole restent fixés de sorte cpi'il n'y a pas de cicatrice. M. Mohl a observé un sillon allongé dans le milieu de la partie inférieure de cette cica- trice; nous le trouvons également dans quelques Polypodiacées tandis cjLie nous n'en voyons aucune trace dans d'autres. Ce sillon démontre, d'après nos observations répétées, qu'ici le miheu se trouve entre àQUii. faisceaux ligneux placés à côté l'un de l'autre, car les faisceaux ligneux dans chaque pétiole de ces plantes sont formés par deux faisceaux placés Fun à côté de l'autre, et figurent, comme M, Mohl l'a indiqué d'abord, deux demi-cercles, dont l'un forme la paroi inférieure , l'autre la paroi supérieure, tandis que quelques autres plus petits sont dispersés entre ces dçux derai-çercles» MEYEN. ►— Sur les travaux botaniques de l'année 1 834- 1 39 L'écorce ou îa portion extérieure du stipe des Fougères , est formée par deux couches qui se confondentFune dans l'autre, et ne se distinguent pas par une différence dans la forme des cellules : la couche extérieure forme l'épiderme sans glandes corticales. Ce qui reste à dire sur la membrane celluleuse des Fougères a déjà été publié précédemment par M. Mohl, et nous partageons assez sa manière de voir à ce sujet. Il n'en est pas de même de cette opinion, émise par lui , que la zone ligneuse dans ces plantes forme un cylindre complet, qui est seulement traversé par une fente aux endroits qui correspondent aux marques des feuilles; notre opi- nion en ceci est entièrement différente, car nous avons trouvé que la zone ligneuse est formée par des faisceaux isolés et dis- tincts, qui seulement se rapprochent un peu plus ou s'unissent aux places où les petits faisceaux se séparent pour passer dans les pétioles; car, comme il a déjà été observé plus haut, ceux-ci proviennent de deux faisceaux placés à côté l'un de l'autre. Cette fausse manière de considérer le cylindre hgneux des Fougères, que l'on reconnaît dans tout le travail de M. Mohl, mais qui est très facile à réfuter, rend inutiles beaucoup de belles comparaisons faites entre la structure relative des Dicotylédones, des Monocoîylédones et des autres Acotylédonées. Dans l'expo- sition delà structure des faisceaux pris isolément, M. Mohl est assez bien d'accord avec nous; les différences qu'il y a entre lui et nous à cet égard pourraient bien n'être dues qu'à des cas particu- liers : ainsi, dans YAlsophylla phalerata^X. dans d'autres espèces, M. Mohl indique la couche de tissu cellulaire contenant' de l'a- midon à l'intérieur du faisceau ligneux, comme étant très large, tandis que là où nous l'avons trouvée, elle était toujours très étroite; mais M. Mohl avance certainement un fait inexact, en nous montrant dans cet Alsophylla un petit faisceau ligneux sans prosenchyme à l'entour (t. xxxi, fig. 3. ). Nous ne pouvons pas dire si le prosenchyme qui est représenté dans ces figures existe réellement; dans \(d Pofypodium speciosum'^oh. et le P. axillare Raddi , que nous avons sous les yeux, on ne le trouve pas; l'entourage brun et dur des gros faisceaux ligneux y est formé par des cellules vraiment fibreuses, dont on parvient très rarement à voir l'exlrémité, La masse cellulaire qui entoure i4o MEYEifl — Sur les travaux botaniques de Vannée i834. extérieurement le cylindre ligneux et qui en remplit l'intérieur est formée en partie de parenchyme , et en partie de prosen- chyme; cependant , comme nous l'avons observé, ceci varie dans tous les cas particuliers. M. Mohl parle de grosses cellules exis- tant dans le parenchyme de ces tiges, et qui sont rempHes d'une substance gommo-résineuse; il les compare aux cryptœ de Link, ce qui est exact ; toutefois ces cryptœ^ ainsi que les réservoirs de gomme résine dont il est ici question , ne possèdent pas une paroi particulière, et ne sont point, par conséquent, de grosses cellules isolées, mais bien des cavités dans le tissu cellulaire , tout-à-fait analogues à celles que l'on trouve dans le parenchyme des Cactus. La substance gommeuse des Fougères est liquide et très abondante à l'état frais. Dans la comparaison de la structure des Fougères avec celle des autres plantes, M. Mohl se base encore une fois sur ce que l'on trouve dans un faisceau ligneux de Monocotylédone , et cherche à prouver que dans ces plantes le faisceau est complè- tement distinct de celui des Fougères. Ici manqueraient, par exemple, les cellules du liber {hastzelle^ et les vaisseaux pro- pres. Quant aux premières , nous dirons que nous n'avons pas trouvé souvent des organes de cette nature aussi bien déve- loppés que les cellules que nous avons observées dans la couche brune, dure et ligneuse des grandes Polypodiacées. Quant aux vaisseaux propres, il se présente une considération particulière. M. Mohl a donné le nom de vaisseaux propres aux cellules fines, allongées, funiliformes, que l'on trouve dans le miheu des faisceaux hgneux des Monocotylédones , sans considérer que ce nom avait déjà été donné à d'autres organes et qu'il n'y a aucune raison pour donner un nom particulier aux cellules dont il est ici question. Nous nous attendions bien moins à voir M. Mohl comparer ou confondre ce qu'il appelle des vaisseaux propres, avec les vaisseaux du Latex de Schultz, comme cela est arrivé dans la remarque de la page 5i. Dans la détermination d'un faisceau ligneux on ne doit pas toujours, ce nous semble, avoir sous les yeux un faisceau de Monocotylé- done. Que l'on examine, par exemple, un faisceau ligneux de Conifères, et Ton sera convaincu que la notion de la structure MEYEN. •— Sur les travaux botaniques de Vannée 1 834. i4t du bois doit être un peu agrandie. Plus loin, M. Mohl exprime cette opinion, que le faisceau de trachées doit seul être consi- déré comme un faisceau ligneux, et que l'entourage brun et so- lide doit être rapporté au tissu cellulaire; dans beaucoup d'es- pèces que M. Mohl n'a pas connues, cet entourage du faisceau de trachées manque , mais lorsqu'il existe, il nous semble qu'il doit être rapporté au faisceau ligneux. Le résultat des recher- ches de M.Mohlest que les Monocotylédones etles Dicotylédones, aussi bien que les Acotylédones, différent non-seulement par la structure de leur fruit, mais aussi par leur organisation générale. Le premier cas est généralement vrai, le second présente des exceptions remarquables, car les Fougères se placent incontes- tablement auprès des Cycadées. M. Mohl s'occupe encore, dans sou anatomie du stipe des Fougères, d'organes particuliers qui se montrent sur l'écorce de ces stipes et sont toujours groupés à la base de chaque pé- tiole. M. Martius les avait pris pour des anthères, mais il a aban- donné cette opinion. Le nombre et la distribution de ces orga- nes à la surface du stipe sont variables dans les différens genres et espèces ; dans plusieurs ils manquent entière'iîent; ce sont des productions très spéciales. Cependant nous possédons un stipe d'une Gycadée de Manille avec des feuilles en verticilles rappro- chés, où se trouvent des organes entièrement analogues, mais plus arrondis; les cellules contenues dans ces cavités ovales ont une forme étoile'e; pourtant, dans un âge moins avancé, on les voit encore entièrement eUipsoïdes, de sorte que ce n'est que postérieurement que les rayons se prononcent à leur surface, comme dans notre tissu cellulaire étoile. — Il nous paraît ac- tuellement très probable que ces petites cellules lâchement unies doivent être considérées comme des germes, car les jeunes Ma- rattia, qui, d'après des observations faites dans le jardin de Ber- hn, se développent sous les écailles du Marattia cicutœfolïa^ et qui ont été figurées par M. de Martius {Icônes selectœ plant, cryptogam. tab. lxix, fig. 5), naissent précisément de ces cavités ^ans lesquelles sont contenues de petites cellules. ( La suite au prochain cahier.) i4^ AD. STEiNHEiL. — Siiv h théoriû de la Phyllotaxis^ etc. Quelques observations relatives à la théerie de la Phjllotaxis et des Verticilles , f Par M. Ad. Steinheil. ( Suite. Voyez page lOO. j II. Feuilles normalement et habituellement opposées, décussatives ,■ qui sont devenues alternes par soudure sur un individu du Salvia verbenaca (fig. i ), et preuves que cette soudure devient souvent Vétat habituel . En août 1829, j'avais récolté au Havre, le long des falaises sur lesquelles s'élève le fanal , un assez grand nombre d'échan- tillons de la Sauge à feuilles de Verveine. En les plaçant dans mon herbier, je m'aperçus que l'un d'eux avait des feuilles al- ternes , et il me suffit de jeter un coup-d'œîl sur cet échantillon pour reconnaître que l'anomalie n'était due, ni à une mutila- tion accidentelle, ni à un avortement, car la feuille caulinaire la plus grande (les feuilles radicales manquent), qui paraît simple dans son tiers inférieur , est partagée en deux lobes très distincts dans sa partie supérieure, et chacun de ces à^vcL lobes est aussi grand qu'une feuille ordinaire, et caractérisé par une forme tout-à-fait semblable. La feuille supérieure est située beau- coup plus haut que celle-ci ; elle est sessile et très large relative- ment à sa longueur; sa nervure médiane, au lieu de se partager en deux comme fait celle de la première feuille, reste simple jusqu'au sommet, et, malgré la largeur de cette feuille, rien ne nous indiquerait qu'elle est double, si nous n'avions l'exemple de la feuille inférieure, qui nous montre, par un fait intermé- diaire, la cause de cette largeur anormale. D'ailleurs, nous re- marquerons que cette feuille, se trouvant au sommet du méri- AD, stEiKHÉiL. — Sur la théorie de la Phyllotaxîs ^ etc. ï43 thalle sMpérieur , à la même place que la première feuille qui est double, doit avoir absolument la même valeur qu'elle et repré- senter aussi les deux feuilles qui devraient terminer ce méri- tlialle. Celte observation nous démontre : 1? Que les feuilles des Labiées peuvent devenir alternes en se soudant ; 2^ Que les traces de l'origiiie de ia feuille résultant d'une pa- reille déviation peuvent disparaître entièrement ; 3° Que l'alternance des feuilles dans les Dicotylédones ne tloit pas toujours être regardée comme l'état normal, ou s'expliquer par une dissociation ; 4" Que dans le cas où il y a eu soudure de deux feuilles oppo- sées, la feuille qui en résulte est embrassante à sa base, quelle occupe un point intermédiaire à celui qu'occupaient les deux- premières feuilles ; 5" Que dans ce cas, les feuilles deviennent alternes distiches. Pour bien comprendre ceci , il faut se reporter à notre Mémoire sur la tige diiLamiuin album (i) , et supposer que les quatre fais- ceaux formant la tige (fig. 2) se sont rapprochés en A au lieu de former deux feuilles en B etB'. Or, nous avons vu (Mém. cité) que les feuilles alternes des différens verticiiles naissent de fais- ceaux continus dont les ramifications se dirigent en sens con- traire; voilà pourquoi ici, dans le verticille supérieur, les fais- ceaux, au heu de produire deux feuilles en G et G' ou une par soudure en B', point intermédiaire à G et G', se rapprochent tous en G' pour former luie feuille opposée (e diametro^ à celle qui l'a précédée. Le Valantla cruciata nous offre à l'état habituel un cas re- marquable de soudure : on sait que les feuilles sont disposées sur Taxe par verticiiles de quatre; celles du verticille supé- rieur sont exactement superposées à celles du verticille qui le précède et de celui qui lui succède. La loi d'alternance semble donc éprouver ici une exception évidente; mais ceci n'est qu'une apparence; il faut supposer que chaque verticille est normalement formé par six pièces , savoir : deux feuilles oppo- (i) Ann. Se. naî. fcvr. i83/,, ' i44 A.D- STÎÉmHEiL. — Siiv la théorie de laPhylloiaxisy etc, sées et deux stipules à la base de chacune'; les stipules se sou- dant deux à deux , on ne voit plus que quatre feuilles égales en largeur. Si, dans un verticille, ce sont les feuilles nord et sud qui étaient produites par la soudure des stipules, ce seront, dans le verticille supérieur, les feuilles est et ouest. L'observa- tion de l'inflorescence confirme parfaitement cette explication, car les fleurs ne naissent jamais que dans l'aisselle de deux des feuilles , et les pièces qui portent les fleurs suivent la loi de dé- çu ssation. Les conclusions que j'ai tirées ci-dessus de la déviation obser- vée dans les feuilles du Salvia verbenaca, m'avaient amené à penser que toutes les fois que dans les Dicotylédones on trouve des feuilles alternes disliclies et embrassantes à-la-fois , comme celles du Lierre, des Ombellifères , des Papilionacées , des Poly- gonées, etc. (i) , on devait regarder ces feuilles comme résultant de la soudure unilatérale de deux feuilles opposées. L'analogie militait en faveur de mon opinion, puisque le premier axe de ces plantes, fort analogue aux axes successifs qui forment la tige, se termine toujours par deux feuilles j de plus, on avait déjà depuis long-temps admisque les plantes qui lèvent avec un seul cotylédon et que tous leurs autres caractères rapprochent des Dicotylédones, ne présentent cette exception que par la soudure de leurs deux appendices primitifs ; mais je fus assez heureux pour obtenir une preuve beaucoup plus directe de la vraisem- blance de ma théorie. Lorsque l'on fait germer des graines du Lierre {Hedera Hélix), on voit d'abord sortir de terre une tigelle recourbée qui , en se dressant, entraîne les deux cotylédons , appliqués face à face ; ceux-ci sont ovales, rétrécis en une pointe très obtuse, glabres, luisans, à trois nervures principales, et portés par deux petits (i) On les observe rarement à cet état normal d'allernance, mais on les trouve quelquefois et il est presque toujours facile par une observation attentive de reconnaître l'origine de l'altéra- tion. Ainsi, par exemple, la dernière feuille qni se développe est le plus souvent exactement op- posée à celle qui la précède et qui l'embrasse ; or, si ce fait est constant, il est évident que toutes les feuilles, quelle que soit leur position actuelle, ont été successivement opposées e diamctro et s'embrassent réciproquement; si donc elles avaient gardé leur première position elles seraient toutes alternes distiches et ce n'est que par une torsion (très observable) de l'axe ou une dévia- lioa du pétiole qu'elles sont arrivées à décrire des spires, AD. STEiNHEiL, — Sur la théorie de la Phyllotaxîs, etc. i45 pétioles assez courts et qui s'écartent peu ; la plumule est encore invisible, mais en écartant un peu les cotylédons, on en trouve un rudiment situé entre les pétioles, et dans lequel il est encore impossible de rien discerner nettement. Vingt-cinq jours plus tard, la plumule est devenue très vi- sible; les cotylédons, qui se sont accrus, se sont aussi très sen- siblement rapprochés d'un côté et ouverts du côté opposé , de manière à figurer sur la coupe transversale une espèce de V, ce qui ressemble déjà à un commencement de soudure, d'autant plus que chacun d'eux est un peu moins développé du côté in- terne que du côté extérieur du V. Ils sont connivens à la base du pétiole, où ils embrassent complètement la plumule; celle-ci <^st légèrement trilobée , beaucoup plus large que les cotylé- dons, à trois nervures principales, pétiolée , pliée sur sa face in- terne de manière à former, lorsqu'elle se développe, un V ana- logue à celui des deux cotylédons, mais plus complet; elle est interposée aux deux cotylédons du côté où ils sont écartés, c'est- à-dire qu'elle est opposée ( e dlametro ) au point où seraient si- tués les deux cotylédons s'ils s'étaient soudés complètement. Plus tard, lorsque la deuxième feuille paraît, elle est com- plètement opposée [e diametro) à la première, et superposée au point où les deux cotylédons se sont rapprochés. Si maintenant nous appliquons le raisonnement à cette obser- vation , nous verrons que la première feuille s'étant conduite à l'égard de la seconde absolument de la même manière que les cotylédons s'étaient conduits à l'égard de celle-là, elle doit avoir la même valeur orgauogénésique que les deux cotylédons, c'est- à-dire représenter à elle seule deux cotylédons soudés. L'étude de la disposition des faisceaux ligneux confirme par- faitement ce résultat. Si l'on fait, avant k développement de la plumule, une coupe transversale immédiatement au-dessous du point de la naissance des cotylédons, on aperçoit très distincte- ment quatre vaisseaux ligneux , situés chacun à un angle d'un quadrilatère inscrit; à mesure que l'on arrive plus près du pé- tiole, on voit ces quatre faisceaux se rapprocher par paires , de sorte qu'il devient évident que deux d'entre eux concourent à la formation de chaque pétiole. IV, BoiAW, — SepUmbre^ îô ï46 A.D. STEINHEIL. -^ Sur la théorie de la Phyllotaxis, etc. Si ensuite on examine la nervation du pétiole et du cotylédon, on voit que les deux faisceaux qui y arrivent en se rapprochant ne tardent pas à se bifurquer de manière à posséder chacun deux ramifications, Tune interne, Tautre externe; les ramifications internes forment la nervure moyenne, et les externes forment chacune une nervure latérale. L'analogie de ce fait est très grande avec celui que j'ai observé dans la tige d'une Labiée {La- mium albuni) ; il y a donc toute apparence que le fait subséquent de l'alternance des feuilles doit avoir la plus grande analogie aussi avec le cas où les feuilles des I^abiées deviennent alternes j il y a cette seule différence que là c'est l'état habituel , et ici une déviation accidentelle. Nous avons donc ici deux feuilles à trois nervures ; mais si ces deux feuilles viennent à se souder, qu'arrivera-t-il ? leurs deux nervures médianes se souderont en une seule, et nous aurons encore une feuille à trois lobes qui pourra en acquérir cinq par un développement plus complet. Si , à l'époque où la première feuille s'est formée, on pratique une coupe immédiatement au- dessous du point de la naissance des cotylédons, on aperçoit un nouveau faisceau qui apparaît entre les deux paires primi- tives du côté où est située la première feuille. Or, nous savons, par les observations de M. Dutrochet sur l'accroissement des faisceaux hgneux, qu'un nouveau faisceau se trouve toujours au milieu d'un faisceau primitif qui se sépare en deux moitiés égales, et que ce nouveau faisceau a la même valeur que celui d'abord simple duquel il est sorti. De là , il résulte qu'ici les paires de faisceaux qui se rendent dans chaque cotylédon ont agi de la rnéme manière que si elles avaient été chacune la moitié d'un faisceau primitif, ce qui équivaut à dire , en d'autres termes , que les quatre faisceaux primitifs de la tige ont agi comme s'ils s'étaient soudés en un faisceau unique qui s'est accru par dé- doublement en produisant un nouveau faisceau semblable (vir- tuellement) à lui-même. Mais les quatre faisceaux primitifs de la tige équivalent aux deux cotylédons : c'est donc absolument comme si les deux cotylédons s'étaient soudés : donc la nouvelle feuille a la valeur de deux feuilles. Cette observation explique ce que j'entends par la soudure de deux feuilles, et la rendra. AD. STEIKHKÎL. — Suj' la théoHe de la Phjlloîaxis^ eic. î47 je pense, moins difficile à admettre pour certaines personnes qui répugneraient à la complication d'une opération théorique dans laquelle on suppose d'abord deux feuilles distinctes pour les faire se souder ensuite. Il faut bien se rappeler que des théories ne sont jamais que des manières d'expliquer; cependant je suis bien aise de pouvoir dire que la preuve matérielle ne m'a pas manqué , puisque, parmi les graines de Lierre que j'avais semées j Tune a levé avec ses deux cotylédons complètement sou- dés en une seule pièce qui ressemblait absolument, pour sa forme, à la feuille primordiale, et lui était opposée comme le sommet du V l'est dans les cas ordinaires. III. Ferticilles dont les parties se sont multipliées par dédoublement. Scabiosa atropurpurea à feuilles tcrnées. Observations relatives à la théorie de la fleur et au Mémoire de M. Datrochet sur la loi de dissociation des feuilles. J'ai déjà eu occasion de publier une observation faite sur une fleur de Scabieuse, et qui était très favorable à ma manière de comprendre la fleur (i). Les Scabieuses ont des feuilles dans lesquelles il serait bien difficile de considérer la décussatioii comme le résultat d'une altération quelconque de l'ordre nor- mal; car, non-seulement elles sont parfaitement opposées à la base, mais, de plus, elles sont obvolutées dans le bourgeon, ce qui prouve que leur développement est égal et qu'elles partent bien du. même point; enfin, les stries qui indiquent les inter- stices des vaisseaux ligneux sont bien droites d'un mérithalle à l'autre, à moins qu'il y ait eu un commencement de torsion dii à finfluence de la lumière ou d'une trop grande accumulation des feuilles, etc., cas auquel les stries de la tige s'inclinent en spirale plus ou moins rapide, et alors le troisième verticiile ne coupe plus le deuxième à angle droit et n'est plus exactement superposé au premier. (i) BuUct, des Sciences naturelles j mai x83i j page 20$, i48 AD. srEiNHEiL. — ^ Sur la théorie de la Fhyllotaxis , etc. Je cultivais un individu de Scabiosa atropurpurea pour suivre ces différens phénomènes; comme je l'avais abrité du froid pen- dant l'hiver, il poussa avec une grande vigueur au printemps, et je m'aperçus bientôt que l'une des feuilles de la tige qui se formait présentait un phénomène en apparence très analogue à celui que m'avait offert ma feuille de Sauge, c'est-à-dire (fig. 3) que, simple dans sa moitié inférieure, elle portait dans sa moitié supérieure deux lobes terminaux égaux entre eux et étant cha- cun au moins une fois aussi grands et de même forme que le lobe terminal des feuilles ordinaires. Chacun d'eux est d'ailleurs doué d'une nervure moyenne forte , saillante, et émettant des ra- mifications ; et comme aucune nervure longitudinale ne se trouve à l'interstice de ces deux lobes, il ariive que la partie supérieure de la feuille est véritablement parinerviée, tandis que sa partie inférieure est imparinerviée, puisqu'elle offre cinq faisceaux principaux dont l'un occupe le milieu. Si l'on recherche l'origine de cette feuille, on s'aperçoit facile- ment qu'elle ne résulte pas de la soudure des deux appendices terminant le même mérithalle, puisque la feuille qui lui est op- posée est restée à l'état habituel , formant la paire avec elle ; la paire supérieure et la paire inférieure sont également à letat ha- bituel et en croix avec celle-ci; la direction rectiligne des côtés et des stries de l'axe ne laisse d'ailleurs croire à aucune espèce de torsion ou de raccourcissement : il est donc évident que l'aug- mentation ne peut provenir que d'un excès d'accroissement dans la feuille elle-même, c'est-à-dire d'un véritable dédoublement du faisceau principal. Si maintenant nous voulons connaître la valeur de cette feuille, nous trouverons que, relativement à l'axe qui la porte, elle ne paraît avoir que la valeur d'une feuille, puisque, comme les autres (fig. 4) et comme celle qui lui est opposée, elle ne porte qu'un bourgeon axillaire; mais, relativement à ce bourgeon axillaire, elle est égale à deux feuilles, comme nous allons es- sayer de le démontrer. Tout le monde sait que le bourgeon axillaire se conduit, relativement au verticille dont fait partie la feuille qui le porte, comme s'il succédait immédiatement à ce verticille sur le même axe, c'est-à-dire que ses pièces alternent AD. STEINHEIL. — Suv la théorie de la Phyllotaxis^ etc. 149 avec les siennes (i). Ainsi , dans un cas ordinaire , si deux feuilles regardent l'une à droite, l'autre à gauche, les deux feuilles du bourgeon axillaire de l'une ou l'autre de celles-ci seront situées en avant et en arrière. Or, ici, le premier verticille du rameau axillaire porte trois feuilles, l'une superposée au milieu de la feuille-mère (bifurquée) , ce qui indique que celle-ci est formée par deux feuilles soudées ( non dédoublées) (2) , les deux autres placées au-dessus des interstices qui séparent à droite et à gauche la feuille-mère de celle qui lui est opposée. Le second verticille porte trois feuilles alternes avec celles du premier; le troisième a également trois feuilles superposées à celles du premier verti- cille. Au quatrième, le dédoublement a été plus complet, et on trouve quatre feuilles situées absolument à la même hauteur, et chacune d'elles a bien la valeur d'une feuille, car, au-dessus d'elles , la tige se bifurque et produit deux scions qui ne portent plus que des feuilles simplement opposées ( fig. 4 ) » et on ne peut aucunement prendre ces scions pour les bourgeons axil- laires de deux feuilles (les deux autres étant supposées des es- pèces de stipules comme dans les Rubiacées), parce que: 1° on ne trouve aucune trace de ce que pourrait être devenu le bour- geon terminal; 2" ces scions sont placés entre deux feuilles, de chaque côté et non pas à l'aisselle de l'une des deux, comme cela aurait lieu s'ils étaient axillaires ; 5"^ enfin , chacune des quatre feuilles entre lesquelles ils se sont développés portent elles-mêmes un petit bourgeon axillaire comme toutes les autres feuilles du scion. Cette seule observation me semble autoriser l'adoption des propositions suivantes : 1° La tige peut, dans quelques cas, se ramifier autrement que par la production de bourgeons axillaires, par un simple dé- doublement, comme cela a déjà été dit des Yucca /]Q crois; 2" Quand il y a plus de deux feuilles dans la formation d'un (i) Pour éviter une digression superflue, je n'étendrai actuellement celte proposition qu'aux Dicotylédones à feuilles décussatives. (2) De même que dans les Labiées la deat du calice opposée au lobe supérieur indique que celui-ci est formé par deux pièces soudées. i5o AD. STEiNHEiL. — Siir la théorie de la PhyîÎQtaxis^ etc. verticille, c'est-à-dire dans r expansion simple et complète d'un mérithalle (i), cette augmentation est le résultat d'un dédouble- ment des deux pièces primiiives , et non pas d'une contraction qui aurait rapproché les parties normalement distinctes et dans la supposition d'une disposition spéciale. 3° De ce que les pièces d'un calice ou d'une corolle se trans- forment quelquefois chacune en un organe aussi grand et de îîiéme forme que la feuille caractéristique (un ou un demi-ver- t. cille communément), cela ne prouve pas que le calice soit pour cela formé par la réunion d'un pareil nombre de feuilles ayant la même valeur , puisque nous voyons ici le dédoublement pro- duire des pièces toutes de même forme, de même grandeur et de même capacité à produire le bourgeon axillaire, et qui possè- dent les valeurs Suivantes : Feuille à Fétaâ; habituel. . . . un demi-verticiile; Feuille bifurquée deux tiers de verticille ; Feuille du scion un tiers de verticille; Feuille du dernier verticille. . un quart de verticille; mais, comme au-dessus de ce point il reproduit deux axes, on peut aussi, si l'on veut , dire qu'ici chaque feuille vaut un demi-ver- ticilîe. l>îous allons actuellement revenir au Mémoire de M. Dutro- cheî (2) , qui a été imprimé pendant que nous nous occupions de la rédaction de celui-ci. M. Dutrochet admet comme nous, et comme M. De Candolle l'avait supposé depuis long-temps, que les feuilles des Dicotylédones sont primitivement opposées dé- cussatives; il étend même cette opinion aux Monocotylédones. Pour lui, toutes les autres dispositions regardées comme des al- térations de cet état normal, sont expliquées par la loi de disso- ciation, que nous reconnaissons être, en effet, la cause proba- blement plus générale de cette modification; mais, d'après ce que nous avons dit plus haut, on voit que nous sommes loin de (i) Supposé aussi simple et non composé d'un grand nombre de mérillialles emboîtés conime cela a lieu ordinairemenl. (2) Observations sur les variations accidentelles du mode suivant lequel les feuilles sont distribuées sur les liges des végéîaux, lues à l' Académie des Sciences le 24 avril i834. Nouv. Ana, du Mus. d'Ui:>t. nalur, t, in, p, iGi et suivantes. AD. STEïNiiEiL.«--- Suf la théorie de la Phylloiaxlsj etc. i5r la regarder comme cause unique, la soudure de deux feuilles en un seul organe àppendiculaire nous paraissant également un phénomène très fréquent. Quant à la formation des verticilles ayant plus de deux pièces, M. Dutrochet l'explique par la contraction des spires qui ré- sultent de la dissociation des paires primitives : comme il a suivi la formation d'un verticille apparent résultant de cette modifi- cation, et que nous ne voyons pas qu'elle soit absolument im- possible, nous ne saurions la révoquer en doute; mais elle nous paraît devoir être un cas extrêmement rare. Nous sommes, à l'aide d'une observation au moins aussi positive exposée ci- dessus , arrivé à expliquer cette formation par un dédoublement, et nous pensons que c'est le cas le plus général, auquel nous croyons même devoir ramener tous les verticilles de trois feuilles indiqués par M. Dutrochet lorsqu'il dit n'avoir pu en suivre la formation (i). Nous sommes encore confirmé dans notre opi- nion par l'étude anatomique que M. Dutrochet lui-même a faite du mérithalle dans les cas indiqués, puisqu'il y trouve une aug- mentation proportionnelle du nombre des faisceaux, ce qui coïncide mieux avec un dédoublement qu'avec l'idée d'une con- traction , puisque nous avons vu dans la tige du Lamiam que les feuilles de la paire supérieure naissent de faisceaux qui sont la continuation des faisceaux qui ont formé la paire inférieure. Il est extrêmement fréquent, dans les Dicotylédones, de voir des feuilles qui se dédoublent plus ou moins complètement, comme celles de notre Scabieuse, et j'ai sous les yeux un échan- (i) J'ai observé récemment une branche de Troëne {Lîgustrum vulgai-e) à feuilles ternées; les trois premières l'étaient aussi complètement que toutes les autres; il y avait ea tout dix- neuf verticilles, et par conséquei^ cinquante-sept fenillcs ; si cet état n'est qu'une dissocia- tion de l'état de décussation , qu'est devenue la 58e feuille appartenant à la vingt-neuvième paire? On ne trouve pas de trace d'un organe avorté; il y a un bourgeon terminal couvert par trois écailles lancéolées ; il faudrait supposer que de la vingt-neuvième paire une pièce est devenue feuille de la génération actuelle, l'autre écaille de la génération de l'année prochaine. Cela nous paraît peu probable parce que nous n'admet tons pas entre les deux fœtus gemmaires une indépendance aussi absolue que M. Dutrochet; voyez à la fin de ce Mémoire. Voici un fait de pJus à ce sujet : ayant étudié une pousse de Daphne laiireola surmontée d'une pousse de l'année et par conséquent bien terminée, j'y trouvai les feuilles disposées en quinconce (2(5) et pourtant il y avait i6 fouilles, c'est-à-dire 8 paires complètes, qui par dissociatioa avaient produit 3 quinconces plus une feuille. i5i AD. STEiNHEiL. ^ 5^/r la thèorlô de la Phyîîotaxis ^ etc* tillon d'un Cerastium dans lequel les feuilles inférieures sont op- posées, comme cela a lieu ordinairement, mais à une certaine hauteur; l'une d'elles possède deux nervures médianes, et, au- dessus de cette paire , elles sont ternées. Notre observation sur le L. album explique très bien pourquoi le plus souvent, lors- que la tige possède une fois un verticille de trois feuilles, ils se continuent ainsi sur toute sa longueur, et l'on conçoit que lors- que le dédoublement est complet et que chacune des trois feuilles s'est isolée, le bourgeon axiliaire "de chacune de ces feuilles ne présente plus que des verticilles de deux pièces, parce que ce bourgeon naît dans l'aisselle d'une feuille qui ne diffère en rien de celles qui existent à l'état habituel. Enfin on voit très'.fréquem- ment, dans les semis, lever des plantes à trois cotylédons et qui se continuent par des feuilles ternées; or, comme le plus souvent la plumule n'existe pas encore au moment de la germination , il paraît , dans ce cas , peu naturel d'admettre que le troisième co- tylédon, situé d'ailleurs exactement sur le même plan que les deux premiers, et leur ressemblant tout-à-fait par tous ses ca- ractères, provienne d'une dissociation de l'une des deux feuilles destinées à la formation de la plumule. M. Dutrochet étend sa théorie aux Monocotylédones, et il re- garde leurs feuilles alternes distiches comme résultant de feuilles primitivement opposées sur deux rangs au lieu d'être opposées en croix; ceci nous paraît difficile à admettre, parce que, d'a- bord, nous ne connaissons pas d'exemple de feuilles opposées sur deux rangs , et qu'en effet leur existence devrait renverser complètement la loi d'alternance aujourd'hui généralement ad- mise. L'exemple des Potamogeton nous paraît de nulle valeur, parce que les feuilles n'y sont pas réellement opposées, mais seulement très rapprochées , et , dans chaque paire , une des feuilles couvre toujours un peu l'autre par ses deux bords (i); (i) Ceci est évident; dans le Potamogeton densiim l'une des feuilles recouvre toujours l'au- tre par ses deux bords. Je ne regarderais pas ce fait comme concluant s'il était, isolé; mais comme la plus grande partie des Potamogeton ont des feuilles alternes distiches , il devient tout na- turel de ramener à ce type le cas où de deux feuilles extrêmement rapprochées l'une ne fait que couvrir un peu l'autre , au lieu de l'embrasser complètement. Nous voyons d'ailleurs très bien dans le P. natam comment ces paires se forment par le rapprochement de deux feuilles AP. STETNHËiL. ^ Sar la théorie de la Phyllotaxis, eic, 1 53 il en est de même des Bioscorea^ et, dans lesMonocotylédones en général, il y a toujours un moment (ordinairement facile à saisir) où une feuille embrasse celle qui lui succède immédiate- ment, parce ^ue chaque feuille est la terminaison complète d'un mérithalle comme dans les Dicotylédones à feuilles soudées : nous ne pensons pas cependant qu'il y ait identité entre ces deux cas, mais nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet que nous avons l'intention de traiter dans un mémoire particu- lier sur Vindwidualité dans les végétaux. L'analogie entre la manière dont les feuilles deviennent al- ternes dans les Potamogeton et dans l'Orme {IJlmus campes tris) , n'est qu'apparente 5 il est très vrai que les feuilles de l'Orme, d'a- bord décussatives (i), deviennent brusquement alternes; mais nous croyons pouvoir expliquer ce fait par un avortement. Voici , au reste, l'observation que nous a fournie cette explication : en exa- minant de jeunes individus d'Ormes dont les deux premières feuilles sont bien développées, je vois que les cotylédons, d'abord très exactement opposés, se sont un peu rapprochés d'avant en arrière; les deux feuilles primordiales sont en croix avec les coty- lédons et parfaitement opposées quant à leur insertion, mais sensiblement fléchies vers la gauche ; elles sont accompagnées à leur base chacune de deux petites stipules, et de la flexion qu'elles ont éprouvée résulte un plus grand vide sur la droite en avant ; cette flexion n'était pas sensible au commencement du dévelop- pement, et les deux feuilles s'emboîtent réciproquement par leurs bords, ce qui nous paraît une preuve irrécusable d'oppo- sition rigoureuse. Les deux feuilles de la seconde paire non en- core développée s'emboîtaient de même réciproquement. Lors- que celles-ci sont bien développées, rien n'est changé dans les verticilles inférieures; seulement on observe quelquefois une que l'on croirait opposées au-dessous d'un épi de fleurs, si elles n'étaient armées de stipules intra-axillaires très développées dont l'une (celle de la feuille inférieure) emboîte toujours la feuille opposée ou du moins sa stipule. Ces stipules inlraaxillaires me paraissent avoir la plus grande analogie avec les ligules des Graminées qui placées au sommet d'une gaine enveloppent l'axe et la feuille vivante; ici c'est la gaine qui manque, ou plutôt elle est changée en pétiole et le développement stipulaire au lieu de se faire à son sommet a eu lieu dès la base, (i) Et non pas opposées sur deux rangs. î 54 AD. STEïNiîFJL. — 8/27' la tkéorle de la Phylhîascis, etc. très légère inégalité de position entre les deux feuilles primor- diales ;4e3 feuilles de cette seconde paire, quoique encore bien opposées, ne couvrent pas exactement les cotylédons, sans doute à cause d'une légère torsion de l'axe. On voit qu'il y a ici un commencement de dissociation qui produirait peut-être à-la-fois des pentaphyllcs spirales, si tout le mode de développement ne venait à être changé; mais au lieu d'une troisième paire de feuilles, je ne trouve plus qu'une seule feuille accompagnée à sa base de deux stipules beaucoup plus larges que celles des feuilles précédentes , étant devenues ovales au lieu d'être, comme les autres, linéaires et presque subulées. En opposition à la feuille développée , et plus à l'intérieur que les stipules, se trouve une pièce fort semblable à celles-ci, seu- lement wxï peu plus large; je la regarde comme une feuille avor- tée. Oo trouve ensuite une seconde feuille entièrement semblable à la précédente et qui lui est exactement superposée, ce qui prouve suffisamment qu'elle n'est pas une feuille de la paire m- férieure séparée par dissociation ; elle est entre à^wn stipules semblables à celles de la feuille précédente, et on trouve égale- ment une autre écaille qui est couverte par les deux stipules et opposée à la feuille. Ce qu'il y a de très remarquable , c'est que toutes les pièces de ce verticiile sont opposées à celles du verti- cille précédent. Cela contrarierait la loi d'alternance, s'il ne nous était pas permis de supposer que l'écaillé stipuliforme op- posée à la feuille est elle-même une feuille avortée; il faut ad- mettre aussi que l'avortement se continue du même côté, jus- qu'à ce qu'il soit devenu complet, et que cependant il a déjà influé sur la position des feuilles qui ne sont plus en croix (i) : c'est sans doute cet avortement d'une feuille qui augmente Fac- (i) Il y a ici une perturbalion cvidenle. N'est-il pas probable que l'avortemoul d'une feuille ayanl dès le premier vcrliclile déterminé la tendance à l'accroissement bilatéral , il arrive que les faisceaux, destinés à la formation des stipules produisent une feuille d'un côté et une sti- pule du côté de l'avortcnienf , tandis que les faisceaux destinésà la formation des feui'les pro- duisent des stipules? Cotte explication est forcée par la comparaison que l'on peut faire d'une plante où l'avortement a porté sur la troisième paire de feuilles avec celle oîi il n'a lieu que beaucoup plus tard, et elle es! juàtifiée par la ressembiaucc qui existe outre la feuille avortée et une stipule. AD. STEiKHEiL. — Scir la théorie de la Phylloîascisy etc. ï 55 croissement des stipules ; peut-être aussi celles-là sont- elles for- mées par la soudure des deux stipules primitives de chaque côté. Or, remarquons qu'une fois que Favortement est complet, le phénomène est devenu identique avec celui de la soudure ; etl efi'et, les faisceaux qui se rendaient d'abord dans deux feuilles opposées, ne produisant plus de faisceaux que d'un seul côté, agissent dès-lors comme les deux moitiés d'un faisceau primiti- vement simple; dès-lors aussi les feuilles deviennent alternes istiques comme celles du lierre. Je dois ajouter que ce phéno- mène, qui s'accomplit toujours dans la première année, a lieii d'une manière peu constante et peu régulière : ainsi nous avons, comme M. Dutrochet , vu des Ormes ayant plusieurs paires de feuilles opposées croisées. On trouve aussi quelques modifica- tions dans la manière dont le phénomène se passe : ainsi j'ai trouvé une fois que la feuille avortée, quoiqu'elle fut à peine plus grande que les stipules, avait conservé sa forme de feuille, et ii y avait deux stipules ^nn côté, iine seule de l'autre. Une des conséquences qui découlent du Mémoire de M. Du- trochet, est que les verticilles floraux ne sont formés que par la contraction de îriphylles ou de penîaphylles spirales; telle pa- raît être aussi à-pe i-près l'opinion de M. Al. Braun. Mais la ma- nière dont M. Dutrochet considère la spire génératrice comme n'étant qu'une modification par déclinaison d'une série de pen- taphy lies spirales, rend cette théorie beaucoup plus probable, en répondant d'une manière très satisfaisante à la majeure partie des objections que nous avons présentées ci-dessus; toutefois, ïlous croyons devoir persister dans notre manière de voir en vertu des considérations suivantes. Notre théorie (i) est aussi facile à concevoir que l'autre; car il n'est pas plus effrayant pour l'imagination de supposer que deux feuilles , en se dédoublant , produisent un verticille , que de supposer que cinq feuilles, dont chacune enibrasse la moitié r (i) Que chaque verticille floral est formé par une feuille dédoublée en Irois dans les Mono- colylédories , et dans les Dicotylédones par deux feuilles dédoublées chacune en cinq parties, ce qui en produit dix qui se soudeul deux à deux comme les nervures longitudinales de la co- rolle des Synauthérées, couiuie les quatre faisceaux de la tige du Lamlum album, de la tigelie du Lierre , etc. ï 56 AD. STEiNHEiL. — Sut la théorie de la Phyllotaxisj etc. d'une circonférence de tige, se contractent pour former ce verti- cille simple, et l'observation directe est au moins autant en notre faveur. Dans les Monocotylédones , il est réellement encore plus difficile de concevoir la contraction d'une spire, parce que chaque organe embrasse la totalité de l'axe dans la généralité des cas, comme on le voit dans les bulbes tuniques des Lilia- cées, dans la tige des Graminées, etc. Le Mémoire de M. Dutrochet est un pas immense fait au-delà de celui de M. Braun. Celui-ci paraît s'être contenté de constater les formules des spires , tandis que le premier est remonté à leur origine et a démontré qu'elles résultent toujours de la dissocia- tion d'élémens organiques formés par deux fœtus gemmaires accolés, c'est-à-dire que ce ne sont que des altérations de la loi normale de décussation. Mais M. Dutrochet suppose que ces modifications s'opèrent dans les germes invisibles des feuilles , et ne cherche pas à en reconnaître la cause physiologique. Nous pensons qu'il lui eût été assez facile, par l'étude de quelques plantes prises dans leur premier développement immédiatement après la germination, de reconnaître que cette déviation est due à l'influence des feuilles les unes sur les autres ; que pour les premiers organes, qui d'abord existent isolément, elle est sou- vent postérieure à leur premier développement, mais qu'une fois décidée, elle doit nécessairement réagir sur les parties sui- vantes à mesure qu'elles paraissent : or, remarquons que dans la fleur, le développement de tous les organes est à-peu-près si- multané comparativement à celui des parties d'un scion ; qu'ils sont d'ailleurs enfermés pendant le temps de leur formation, et par conséquent abrités de l'action des agens extérieurs , qui ont une si grande influence sur la position absolue et relative des organes : il y a donc bien moins de chances dans la fleur pour que les organes se dissocient et s'éloignent de l'état normal; et si la disposition décussative est l'état normal , elle doit se re- trouver dans les fleurs, et elle s'y trouve en effet avec une seule différence de nombre, différence qui ne peut former qu'une objection peu grave. Notre théorie explique aussi bien le quinconce ; mais il nous AD. STEiNHEiL. — SuT la théorie de la Phyllotaxis, etc. 1 57 semble impossible à celle que nous combattons d'expliquer d'une manière satisfaisante l'inflorescence convolutive. Quant aux nombres élémentaires , nous y arrivons d'une manière qui nous paraît aussi susceptible d'être admise que l'explication donnée par M. Dutrochet. Dans les Monocotylédones, si le verticille n'a qu'une pièce comme dans les Graminées, on y remarque ordi- nairement trois nervures principales ( lorsque l'une d'elles ne s'est pas détachée). Les feuilles des Monocotylédones présentent aussi fréquemment le même fait. Il est donc facile d'admettre que chaque pièce formant verticille se dédouble en trois pétales ou sépales, etc. Les feuilles des Dicotylédones sont souvent à cinq lobes ou nervures principales, ce qui fait dix pièces qui, en se soudant, reproduisent le nombre deux. On ne saurait nous objecter la moindre constance de ce nombre dans les feuilles, parce qu'elle s'explique suffisamment par la lenteur du développement, par l'influence des agens extérieurs, parce qu'enfin ces feuilles, qui se soudent, se dédoublent, se disso- cient, doivent présenter beaucoup plus de chances d'altération; aussi voyons-nous les nombres varier dans les feuilles, non-seu- lement lorsqu'elles sont devenues des cotylédons , des bractées , ou quelquefois des stipules, mais aussi dans les feuilles propre- ment dites , suivant l'âge de la plante. Nous avons fait remar- quer ci-dessus que, dans les fleurs, les chances d'altération sont presque entièrement écartées. Notre théorie paraît d'abord plus compliquée à cause de cette supposition de soudures succédant à des dédoublemens ; mais ce dédoublement signalé dans les fleurs pour des cas particu- liers par MM. Dunal et Moquin, n'est que le fait d'accroissement en largeur observé il y a long-temps par M. Dutrochet , et qui produit tous les lobes des feuilles ; pourquoi donc ne produirait- il pas ceux de la fleur? et la soudure de deux faisceaux (dans les dicotylédones) pour produire un lobe, n'est-elle pas un fait réel et constaté dans la formation des feuilles? Quant au nombre, elle est plus simple ; supposons, en effet, une fleur à cinq verticilles de cinq pièces, nous la faisons avec dix feuilles et cinq mérithalles; dans l'autre théorie; il faut vingt-cinq feuilles 1 58 AD. STEiNnEiL. — • Sur la théorie de la Phjllotaxis , etc. et douze méritballes , plus lui demi; mais qnc devient la vingt- sixième feuille? (i) M. Martius, dans son mémoire sur les Eriocaulées (2), s'étonne du nombre considérable de feuilles développées en peu de temps et concourant à la formation d'un seul capitule ^Eriocaulon ; d'après notre théorie , ce nombre est réduit des deux tiers : il nous paraît plus rationnel d'admettre la théorie qui, sur un axe aussi raccourci que l'est celui des fleurs, exige un moindre nombre de feuilles transformées. Si les spires sont le résultat d'une déviation du plan primitif, cette déviation est due à l'action réciproque des organes les uns sur les autres : les feuilles , d'abord opposées, deviennent ensuite quinconciales; le quinconce est formé par deux verticilles de deux feuilles, plus im demi; Tavortement si fréquent d'un ver- ticille floral complet ne devrait-il pas apporter de grandes per- turbations dans la formation des spires? n'est-il pas naturel de penser que c'est un verticiile complet et unique qui avorte, plu- tôt que deux et un demi ? Je n'insiste ici que sur les faits géné- raux; il me serait peu difficile de produire aussi des faits en fa- veur de ma théorie ; j'en ai indiqué quelques-uns dans mes pré- cédens mémoires (3) ; je me contenterai ici de rapporter, en ter- minant, une observation qui me paraît propre à montrer com- bien ma théorie de la fleur est facile à concevoir par l'étude de ce qui se passe dans la formation des feuilles. Si on examine la coupe transversale d'un jeune rameau de Gui terminé par deux feuilles et un bourgeon , on verra dans cette coupe une couche cellulaire couvrant un cercle de huit gros vaisseaux ligneux ; au centre existe un cercle médullaire entouré aussi par huit faisceaux qui sont plus petits et exacte- (i) Je discute ici la théorie telle qu'elle a été modifiée par M. Dulrocliet. Si l'on n'admet- tait pas que les spires sont formées par la dissociation des paires primitives on rentrerait dans la théoiie de M. A. Eraun, et toutes les objectious émises précédemment conserveraient leur yaleur. (2) Die Eiiocauîecc aïs sclhstœndîge Pjlan%en-Familte aufgestellt^ etc. V. Annales des Se. nat. Juillet, i834, page 4r. (3) observations sur une fleur de Scabieuse. V. Bulletin de Férussac. Mai, i83i, p. aoO, Observations sur la tige du Lamlim album, Ann. des Sciences nat. Février î834. AD. STEîNîiEiL, ' — Siu^ta théorie de la PhjUotaxis y, etc. iSq ment opposés aux huit gros faisceaux extérieurs que je regarde comme appartenant au système cortical , tandis que les petits constituent le bois; entre les uns et les autres, on remarque le commencement de nouveaux faisceaux formés par l'accroisse- ment en épaisseur, et qui , devenus très forts, forment (comme cela se voit sur des mérithalies plus anciens) des couches ligneuses c|ui ont l'aspect de huit pyramides placées entre les seize fais- ceaux primitifs. Si nous étudions le petit mérithalle naissant entre les deuï^ feuilles dont nous avons parlé ci-dessus et supportant le bour- geon terminal, nous retrouverons les huit faisceaux exté- rieurs très rapprochés des huit intérieurs dont ils sont à peine distincts. Les feuilles sont exactement opposées ; chacune d'elles pré- sente cinq nervures principales^ et la coupe transversale de l'une d'elles faite près de la base m'a offert sept faisceaux, savoir : un au milieu, pios fort; un autre de chaque côté de celui-ci et plus petit; de plus, deux autres de chaque côté presqu'aussi grands que celui du milieu. Chacun de ces faisceaux présente un portion supérieure ligneuse et tsne portion inférieure corti- cale; elles sont séparées par une petite ligne sombre, que je pense être du tissu cellulaire très serré. Les huit faisceaux de la tige en passant dans les feuilles en ont donc produit quatorze. Gomment cette multiplication a-t- elîe eu lieu ? Je remarque d'abord que les deux faisceaux plus petits situés aux côtés de la nervure médiane doivent être con- sidérés comme des ramifications de celui-ci à cause de l'analogie de ce qui se passe dans toutes les feuilles ; je n'ai donc plus à m'occuper que de cinq faisceaux pour chaque feuille, ou dix pour la totalité du verticiile. En examinant leurs positions rela- tives, je trouve que des huit faisceaux, deux qui sont opposés entre eux répondent au milieu des feuilles et deviennent leurs nervures médianes ; les deux faisceaux opposés qui font la croix avec ceux-là répondent à l'intervalle qui sépare les feuilles de. chaque côté; il faut donc pour pénétrer dans la feuille que ceux-ci se dédoublent de manière à fournir un rameau à la feuille de gauche. Ainsi il arrive que nos deux feuilles sont impariner- i6ô AD. STiiïNHEiL. — Siir la théorie de la Phyîlotaxis^ etc, viées, quoique formées avec huit faisceaux primitifs et d'une manière très égale ; il est inutile de dire que les faisceaux situés entre les quatre que nous avons particulièrement mentionnés passent dans la feuille où ils se placent entre la nervure moyenne et les deux nervures latérales internes. A l'entre-nœud supérieur, les feuilles devant former la croix , il arrivera que les faisceaux qui se sont ramifiés deviendront à leur tour nervures médianes et que ceux qui ont fourni les ner- vures médianes se ramifieront. On peut, par des dénudations longitudinales et des coupes transversales de plus en plus rapprochées suivre d'une manière positive les explications que nous donnons ici, et desquelles il résulte, suivant nous, que l'indépendance des fœtus gemmaires dont parle M. Dutrochet, n'est pas aussi complète que cet au- teur le pense. La théorie que nous donnons ici a la plus grande analogie avec ce qui se passe dans la tige du Lamium album; (i) elle diffère cependant par quelques détails , et cela devait être, car la loi étant la même (produire avec des faisceaux continus des feuilles décussatives) son application peut varier autant que varieront les détails anatomiques. Il est évident que l'on pourra trouver encore bien d'autres moditications, et nous pensons qu'un travail complet entrepris dans ce but serait d'un grand intérêt; malheureusement il est le plus souvent difficile ou même impossible de bien suivre et même de distinguer les faisceaux li- gneux dans le mérithalle. Maintenant avec nos deux feuilles à cinq faisceaux chacune, il nous est bien facile de former le verticille de cinq pièces ; mais si, comme cela a lieu dans le Gui, les parties de la fleur sont pour chaque verticille au nombre de quatre, l'analogie sera encore bien plus évidente; car il nous suffira de supposer que quatre des faisceaux de l'axe ont formé des nervures moyennes, (r) Si nous supposons que dans cette dernière plante les quatre petits faisceaux produits par ritmification latérale des quatre gros faisceaux angulaires acquièrent autant d'importance que ceux-ci, tous les phénomènes deviendront identiques. Ici se présente une question : le nombre quatre dans la fleur est-il lié avec ce dédoublement plus complet des fibres de la tige ? Dès-lors il y aurait peut-être des plantes chez lesquelles quatre esU'état ûormal taudis que chez tl'aulves il résulterait d*UQ ayorteraeat. r.D. GPACH. — Synopsis nionographiœ On.igrearum. i6î tandis que les quatre autres, interposées aux lobes, se sont bi- furquées pour former les nervures latérales de chaque lobe. Nous ajouterons que dans le Gui, où les mérithalles paraissent trop distincts pour que l'idée d'une dissociation soit facile à concevoir, nous avons trouvé des verticilles de trois feuilles distinctes, dont l'une était à l'état ordinaire, tandis que l'autre était plus ou moins profondément dédoublée, EXPLICAïlON DE LA PLANCHE. Fig. I. Saîvla verbenaca à feuilles alternes. Fjg. 2. Figure imaginaire deslincè à expliquer la manière dont se conduisent les faisceaux qui produisent des feuilles distinctes dans les Dicotylédones. rig. 3. Feuille dédoublée du Scabiosa atropurpwea. Fig. 4. Branche à feuilles lernées, venue à l'aisselle de celte feuille. Plus petit que nalui'e.' Fig. 5. Position relative des parties qui composent cette branche. Fig. 6. Disposition des faisceaux ligneux dans la coupe transversale d'un rameau du Fiscurn album. AA, AA. indiquent la position des feuilles qui terminent le rameau. Fig. 7. Coupe transversale du m:êrne rameau faite plus près de la naissance des feuilles et où l'on voit les deux faisceaux interposés qui se dédoublent. SYNOPSIS MONOGRAPl-ÎIiE ONAGREARUM, ^ Juctore Eduardo Spaco. CONSPEGTUS TRIBUUM ORDÏNIS ONAGRARIARUM. L JUSSIEVEiE De Cancl Caîycistubiis ultra ovarium haud productus; iimbus per- sistens v. tarde decidiius , /j.-6-partitiis. Nectarium ovarii apici adnatum, plenimqoe conicum v. pyramidatum, 4-6- îobum : lobis petalis antepositis, ssepe pilosis. Stamiiia seg- mentis calycinis isomera v. diplomera. Pericarpiiim capsu- lare, septicidum. Semina nuda, inappendiculata : radicula saepe cotyiedonibiis longior, IL ON AGREEE Nob. Calycis tubus ultra ovariiini plus miîiosve productus ; pars libéra cum limbo [^-{Td.xo 3-) partito, plerumque re- IV. r.OTAW -^ Septdrihre. li 102 ED. svAcn. "^ Sf/iopsis fîicnograpInœOnuQTecirum. flexo, cadiica. Nectarium calycis tubo adnatum. Stamina segmentis calycinis diplomera. Pericarpium baccatum, V. nucamentaceum, vei îoculicido-capsulare. Semina nuda, V. margine fimbriato coronaîa, v. comata : radicula brevis- sima, conica (raro elongata.) m. LOPEZiEiE Nob. Calycis tubiis ultra ovariimi vix aut ne vix productiis (rarissime longé productiis) ; pars libéra cum limbo 2-4- partito, reflexo, caduca. Stamina 2 (altero sœpissimè ste- riii, petaliformi), vel stamen unicum. Pericarpium Ioculi- cido-capsulare (pîacentis a dissepimentis haud solubilibus) V. nucamentaceum. Semina rugosa, nuda, inappendiculata : radicula brevis, conica. CONSPECTUS SECTIONUM GEJNERUMQUE ONAGREIRUM. Sectiol. GAYOPHYTINEiE Nob. Calycis tubi pars libéra brevis v. siibniilla ; limbus reflexus. Stamina i-serialia, alterne longiora. Ovula adscendentia, ple- ramque i-serialia. Stigma indivisum. Pericarpium capsulare. Semina inappendiculata : radicula seepissimè colyledonibus ongior. — Folia estipuîata. Flores diurni , regulares. y^. Segmenta calycina dorso inappendiculata. Ovula i-seriata. Stîgîna subglobosum. Capsula chartacea , prismatica , angulis dehiscens. Semina inappendiculata. Radicula cotjledonibus longior, Gaïophytum Juss. fil. Calycis tubus snbnuUus. Stamina petalis anteposita mînima, sterilia. Ovarium a-locuiare. Capsula compresso-tetragona, 2- locularis, 4-valvis : valvis 2 septo opposilis latioribus, planisj a alternis angustioribus, carinatis. Species unica : Gayopuïtu3î hdmile Juss. fil, ( 0, miçranthum Hook, cxcl. Syn. Presî. ) ED. sPACii. — Synopsis mojiographlœ Onagreariim. i63 HOLOSTIGMA Nob. {Jgassi7Ja Nob. in Suites à Baffon, non Ghavannes. ) Calycis tubus infundibnliformis v. cyatliiformis , ovario bre- vior. Stamiiia omnia fertiîia. Ovarium 4-loculare. Capsula pris- matico-tetragona, 4"'^ocnlaris, Hiic pertinent : H. ARGUTUM Nob. {OEnoÛiera deniata CaTan.) H. TENUiFOMUM Nob. [OEnotliera tenuifolia Bertero, manûscr. non Gayan: nec Ruiz et Pav.) H. HETEROPHYLLUM Nob. {OEnotheva dentata Link, Enum. non Cavan; nec Ruiz et Pav.) H. MiCRANTHUM Nob. [OEnotliera micrantlia Horu. •=-« OEnotliera îdrta Link, Euum.) II. CHEiRANTHiFOLiUM Nob. [OEnothera cheiranthifolia Horn.) H. BoTTiE Nob. (Spec. nov. e Californiâ.) H. PARADOXUM Nob. ( Œi^zo^/iera micrantlia Prcsl, Rel. Hsenk.j non Horn.) Ex auctorum descriptionibus liiic quoquc spcctant scquentes^ nobis haud notae : OEnothera Boothii Douglas, in Hook. Flor, Bor. Amer; OEnothera pygmœa Dougl. 1. c. OEnothera spiralis Hook. 1. c. OEnothera viridescens Hook. 1. c." OEnothera contorta Dougl. 1. c. B. Segmenta calycina dorso cristata. Stylus medio genicuîatiis. Stigma disciforme. Ovula biseriata. Capsula subteres , corici' cea , leviter sulcata , sulcis apice dehiscens. Semina ad chala^ zam marginata. Radicula cotyledonibus multo breçion Calylophis Nob. Calycis tubus infundibnliformis, ovario brevîor. Staniina omnia fertiîia. Ovarium 44oculare. Capsula subcyiindracea , ï-locularis, demum apice 4-valvis. Semina abortu 4"Seriata. Species novimus sequentes : C. NuTTALMi Nob, {OEnothera serrulaia EuUalh) C. Drummondii Nob. (Spec. nov. mexicana. ) C. Beblai^dieri Nob, (Spec. nov» mexicana.) iG4 £D- SPACiï, --^Synopsis nioïiOQraphiœOniï^rQUïiun. Sectio IL OENOÏHERINE^ Nob. Calycis tubi pars libéra elongata, sub anthesi erecta; lim- bus 4-partitnSj segmentis refîexis. Petala œqualia, pateiitia, bre- Yissime ungiiiculata. Stamina i-seriata, .Tqniioiîga : filameiita erecla, v. declioato-aclscendeirtia. Ovarium 4-loculare , locuUs îiîultiovulatis; ovula adscendentia, v. horizoutalia, v. suspensa. S5;!goiata4> elongata, criiciatim pateotia. Piericarpiiim capsii- lare , polyspermum , 4-V3^ve, anguHs debiscens : valvis (pla- cenîaqiie) post dehiscentiam persistentibus, baud coiitortis; dissepinieiilis ex eiidocarpio natis. Semina nuda. Embryo rec- lus : radicula brevissima; cotyledones planaî. — » Flores sa'^pis- sime ïiocturni , fugaces. Foiia estipulata. A. Opuia adscendentia. Anogra Nob. i^Baumannia Nob. in Suites à Buffon ; non De Cand. ÎA.) Ovula i-seriata, superposlta, inappendiculaîa. Capsula linea- ris, 4"goi^^^î 4-locuîaris, 4- valvis , subcoriacea. Semina parva, lœvia, angulosa. — Flores diurni, rosei , prœfloratione penduii. ■ Hujus generis novimus : A. DoUGLAsiANA Nol:). [OEnothera pallida Douglas.) A. NuTTALLiANA Nob. {OEnotJiera albicaulh Nuttaîl, non Piirsh.) A. ïinnatifid Nob. {OEnothera pinanatifida Nutt. non Kuntli,) OEnothera Nob. Ovula 2-seriata, imbricata, inappendiculaîa. Capsula cla- vato-cylindracea, subcartilaginea, obscure tetragona, estipitaîa, [4-locularis, 4-valvis. Semina parva , subfusiformia, scrobicu- lata. — Flores nocturni, fugaces, lutei, prœjtloratione erecti. Sub hoc génère militant: OE. Drummondii Hook. OE. LoNGifLORA Jacq. 01']. Bertf-iuana Nob. (sj,)novi' chiîciisis.) Ei). sPACir. ■-"- Synopsis monogmphlœ OiiagreaViim i65 OE. PRopiNQxjA Nob. (sp, nov. chilensis.) OE. STRicTA Ledeb. OE. ODORATAJacq. OE. MALAcopiiYLLA NoL. (sp. nov. chilcnsis.) OE. CATHARiNENsis Cambess. OE. BRACHYSEPALA Nob. (sp. nov. chilcnsis.) OE. MOLLISSIMA L. OE. AFFiNis Cambess. OE. viLLosA Thunb. OE. iNDEcoRA Cambess. OE. AEBicANs Lamk. {OE. nocturna Jacq! — OE. prostmta Ruiz et Pavon!) OE. siNUATA Linn. OE. MiNiMA Pursh. ? OE. HUMIFUSA Nuit. MEGAPTERIUSl Nob. Ovula i-seriata,imbricata,ad clialazam crlstato-appendicuîata. Capsula eliipsoidea, coriacea, stipitaîa, subcompressa, tetraptera, 4-îocularis, 4-valvis. Semina rugosa, apice marginata. — Flores diurni, lutei, praefloratioué erecti. Hue réfère nda : M. NuTTAELiANUM Nob. {OEiiotJiem macrocarpa Pur.sli, cxcî. syn.) M. MissouRiENSE Nob. [OEnolhera missouriensis Sims.) B. Opuïa horizontalia , biseriata , sessilia. ONâGEA Nob. Ovarium 4-suicum_, 4-costatum. Ovula horizontalia, 2^seria- ta, sessilia. Capsula subcylindracea v. oblongo-conica, coriacea, estipitata , 4-goî'sa, Zj-costata, 4-^ocularis, /p'^^ivis. Semina sub- quadrata : integumeiîtum exterius (arilius ?) fuogosum , lœve , embryoîie crassior. — - Flores lutei, nocturni, fugaces, praîflora- tione erecti. Hùc refereudcie ftequentes : 0. spECTABiLis Nob. {OEnotliera spectabilis Hoxlow— - OE no ther a corymbosa Bot. Mag. non Lamk.) O. KuNTHiANA Nob, {OEfîolhera elata Kii?îîIî, in Humb. et Bonpl. — OEno- tliera crassipes Horî. Berpl. — ;. OEnotliera mltcifolia Dçsfont, liort, Par.) i66 ED. spAcii. ^— Synopsis monographiœ OiVcV^YktiiTwm. O, VULGARIS Nob. [OEnothera oieiinis L. — p : OEnothera suaveolensDcsîowl. Hort. Par. — OEnothera grandijlora Lamk.) O. Ljnoana Nob. [OEnoihara média Link,-Enum.) O. Leîïmanniana '^Qh.'*[OEjiothera erosa^hûim.) O. cHïiYSAKTiiA Nob. {OEnotJierct parpiflora L. — p : OE. muricata Murr. — « [OEnothera cruciata Nutt.) Pachylophis Nob. Segmenta calycina dorso cristato-carinata. Ovarium i3~cos- tatum, i2-siilcum. Ovula liorizontalia, 2-seriata, sessilia. Capsula oblongo-conica, coriacea, stipitata, 4-iocularis, /|-valvis, cristato- tetragona : cristis crassis, tuberculatis, dorso canaliculatis. Semina ovalia, subcylindracea, inappendiculata. -~ Flores ro- se!, lîocturni, fugaces, praefloratione erecti. Species imica: PACHYLornis NuTTALLïi Nob. {OEnothera cœspîiosa Nutî.) LAVAUXIA Nob. Ovarium tetraquetrum, 4-costatum. Ovula horizontalia, i~ seriata, sessilia. Capsula ellipsoidea v. obovata, coriacea, rugosa, subsessilis , tetraquetra, 4"Costata, 4-locularis, 4~valvis : aiigulis supernè alato-cristatis. Semina compresso-subquadrata : integu- mentum exteriùs (arillus?) crassura, crustaceum, granulosum, apice lacunoso-depressum. - — Flores carnei v, rariùs citrini, lîocturni, fugaces, praefloratione erecti. Ad hoc genus pertinent ; L. NuTTALLiANA Nob. {OEnothera triloba Nutt, -»- OEnothera rhizocarpci Spreng.) Lavauxia CUSPIÎ5ATA Nob, {OEnothera acaulis Liudl. ia Bot. Reg. non Cavan.) L. MUTicA Nob. {OEnothera acaulis Cavan. — OEnothera grandiflora Ruiz et Paron. — OE. taraxacifoUa et OE. anisoloba Sweet, Brit. Flow. Gard.) L. cENTAUKiFOLiA Nob. (sp. nov. montevidensis.) HARTMANNÏA Nob. Ovarsiim telraquetrum , 4-costatum, Ovula nidulantia, foni- ED. spACH. »— Synopsis nionographiœ Onagrearum. 1G7 CLilo brevi affixa, horizoïitalia. Capsula clavata, v. obovata, v. subovata,, cartilaginea, loDgè stipitata, tetraptera, v. tetraquei tra, 4-costata, 4-loculans, 4-valvis, apice 4-cleotata : dissepimenla membranacea. SemÏDa subovata, Itevia, minuta, inappentlicula- ta. — Flores carnei, v. rosei, v. purpurei, nocturiii, fugaces, prîefloratioîie erecti. Hue réfère ndae : H. GAtJRoiDEs Nob. {OEïiolhera rosea k\\.) H. AFFiNis Nob. {OEnothera virgata Riiiz et Pav.) H. PARVirLORA ^o\i.{OEnot]iera pinnatifida Hortor. non Kunlb, ncc Nutt.) H. MACRANTHA Nob. {OEnotliera tetraptera Cavan. — OEnothera duhia et OE. capensis Hortul.) H. KuNTHiANA Nob. {OEiiotheva piimatifcda Kunîh, inHamb. et Bonpî.) Sequentes, nobis haud satis notœ, hùc etiam pertinere vi- dentur : OEnothera tarquensis Kunth^ iu Humb. et Bonpl. OEnothera epilohifoUa Kunth^ 1. c. OEnothera multicaulis Ruiz et Pav. KNEIFFÏA Nob. Ovula nidulantia, horizoutalia, fuuiculo brevi affixa. Capsula clavata, v. obovata, v. subglobosa, stipitata, v. subsessilis, car- tilaginea, ^-q'Jetra , truncata , 4"CosLata, 4-^ocularis, 4-valvis : dissepimentis chartaceis. Semina subovata, laevia, minuta^ inap- pendiculata. — Flores citrini, diurni, prœfloratione erecti. Species novimus sequentes : K. GLAUCA Nob. {OEnothera glauca Micbx.) K. suiTRUTicosA Nob. (OEnothera fruticosaSims, Bot. Mag.) K. MACULATA Nob. [OEnothera serotina Sweet.) K. Fraseri '^oh. [OEnothera Fraseri Piirsli.) K. FLORiEUNDA Nob, [OEnothera hy brida Micbx. — OEnotJiera atnbigua Nutt. — OEnothera tetragona Rotli.) K. ANGUSTiFOLiA Nob. [OEnothera Unearis Michx.) K. PUMiLA Nob. [OEnothera pumila L. — OEnothera graciles Sclirad.) K. MicHAuxii Nob. [OEnothera chrysantha et OE. pusilla Michx.) K. LiNEARiFOLiA Nob. [OEnothôru linifolia Nutt.) ? OEnothera riparia Nutt. ? OEnothera incana Nutt. i68 ED. sPACAi. — SpiopiiiS moriGgnipfuœ Onagrearmu. XTLOPLEURUM Wob. Ovula nidalantia,i"oniciîlo eloogato suspeosa. Capsula ï-Ioco- îaris (dissepimentis deraum evanidis)^ sublignosa, clavata, v, suîjfusiformis, sulcata, 8-costata, apice 4-valvis. Semiua subova- îa, minuta, lœvia. — Flores diurni, rosei, prœfloratioDe pendiiii. Geiius sistitur speciebus sequentibus : X. TiiRsuTUM Noli. (Sp. nov. mexicana. } X. EERi-A>fDiERi Nob. (Sp. nov. mexicana. ) X. ]N"uTTALLii Nob. [OEnoihera speclosa Nutt.) X. Dkummondiï Nob. (Sp. ïaov. provinciœ mercicanie Texas incola). X. OBTUSiFOiiiUM Nob. ( Sf. nov. e provincia mexicana 7^exas. ) Sectio ///. GAURINEzENob. Calycis tubi pars libéra elongata , sub aniJiesi pîerumque por- recta v. deorsum arcuata; !imbus 3-v. 4-parLitu3 : segmentis reflexis. Petaîa 3 v. 4» a^qualia v. ioa^qualia, arrecta, subse- cunda, unguicuîata (rarissime subsessilia, cruciatim pateotia). Stamina i-seriata, iinscquilonga, omnia fertilia : filamenta sœ- pissime declinata v. deorsum réfracta, divergentia, recta. Ovarium 4-ioculare (rarissime i~locuIare, 4-ovulatum): lo- culis I -V. rarissime 2-ovulalis ; ovula funiculo elongato me- diante suspeusa. Sîyius deflexo-decîiiiatusStigmata 4 > cru- ciatim patentia, sœpissime brevia. Pericarpium nucamenta- ceum, i-4-spermum, i-loculare, demum deciduum. Embryo rectus : radicuîa brevis, coïvica; cotyledones convolutse i^ex- lerior involvens interiorera introrsum convolutam. — Flores îîoclurni(an omnibus?). Folia estipulata. Zé. Flores î'egulai^es, caljcino tabo sub anthesi erecto , corolla cruciatim patente. Petalorum unguis latus, brepissimus. Stig- mata Uneari-filiformia , elongata. Gauribtdm Nob. Petala 4? "subovata, paîentissima, marginibus incumbentia. Stamina 8, subœquilouga : antherae lineares, elongataî, infra médium affixœ. Ovarium 4-loculare , 4-ovulatum. Nux ovali-v. oblongo-conicayestipitata, telragona, 4-costata , transverse ru- gosa . subtetraspermaj apice aîtenuata et traiicata. ED. sPAcii. — Sfjiopsis luonoi^mphiœ Oiiagrcarum. 169 Hujus generis sunt sequentia : G. MuTABiLE NoL. {Gaura mutabilis Cavan.) G. KuNTHii Kob. {Gaura mollis Kunth, in HumL, et Boiipl.) i>\ Flores irreguîares : calycino tubo suh anthesi porrecto v. deorsum arcuato, coroUa quasi dimidiata. P étala arrecta, subsecunda^ dlstantia : ungue angusto ^ plerumque longo. Fila- menta deorsum réfracta y recta ^ dlvergentia. Stigmata hret^ia, crassa. a.) Oçarium tetragonum [faciehus i-nerpiis), ^-locitlare : loculis aut 1- ouulaiis, aut raro alterne i-et '2-ouulatis ! Gaura (Linn.) Nob. Floris parles numéro quaternario v. raro numéro ternario. Scgmeiîla calycina tubo œquilonga v. ssepius longiora. Antberse lineari-oblonga3, paulo supra basin affixaî. Nux stipilata v. esti- pitata, tetraquetra (raro triquetra), v. cristato-tetraptera , i-4- sperma,apice truncata. Hujus loci sunt sequentia : G. TRii'ETALA Cavan. (G. hexandra Ortcg.) G. BIENNIS LillD. G. ANGUsTiFOLiA Mïcîix. {G. undulata Desf. Cat. Hort. Par. ctl. 2.-^ G. fra~ ticosa Jacq.) G. MiciiATJXîi Nob. (Species neglecta , a Micliauxlo in tcrritorio Cherchée collecta.) G. FiLiPES Nob. (Species nova, e Garolina aut c Georgia.) Species sequentes, nobis haud notas , a génère forsan erint revocandae : Gaura sinuala Nutî. Gaura odorata Sessé. Gaura hracteata Sering. in De Caod. Prodr. Gaurà coccinea Nutt. Gaura? sujfruiescens Sering. 1. c Gaura ? epilohia Sering. 1. c. Vix citandœ suuî G. œnotherlflora Zacc, et G.- chinensis Lour, lyo ED. sPACii. — Synojysis mo?iographiœ Onii^reariim. SciiizocARyA Nob. Floris partes numéro quaternario. Segmenta caîycina tubo œquilonga v. sœpius loiigiora. Antherœ ellipticse, meclio affixce, V. lineari-oblongœ, paulo supra basin affixae. Nux Icevis, i-4- sperma , a medio in stipitem crassissimum , obconicum , obsolète octogonum attenuata, superne tetraquetra v. tetragona, pyra- midata, 4-suica, apice demum in dentés 4 acutos fissa! Huic generi tribuendce sequentes : ScH. MicRANTHA NoL. (Spccics nova , in mexlcana provincia Texas col- lecta a cl. Drummond et Beiiaudier.) ScH. Drummondii Nob. (Species nova, e mexicana pi-ovincia 2''exas.) Species 2 sequentes, fructibus nounisi immaturis nobis obviae, tamen hujus videntur loci : ScHizoCARYA? KuNïHii Kot. ( Guura epilohioides Kunth, in Huml). et Bonpl.) ScHizocARYA? CRISPA Nob. (Specics nova, in Mexico lecîa a cl. Berlandier,) b.) Opariumi-loculare, k-o\^ulatum » oçale, suhcompressum, marginatum^ dorso convexum, facie planum^ utrinque (prcetor margineni) trinerpe. Stenosïphon Nob. Floris partes numéro quaternario. Calycis tubos filiformis , longissimus. Antlierœ oblongce, medio aiiixas. Nux monosperma, subsessilis, ovata, truncata, subcompressa, facie plana, dorso convexa, prœter margineni nerviformem utrinque trinervis ; nervo medio dorsali carinato, casteris crassiore, Species unica: Stenosiphon virgatus Nob. {Gàura UnifoUa Nuit, ex defînitione cl. Sc- ring. in De Cand. Piodr.) Crcscit in mexicana provincia TtJarûts (Drummond !) nec non (nisi Nuttalliana spccics a nostra dieversa) inAnglo-Americanorum îcr- ritorio Arkanza. ED. spAcn. — Synopsis monographiœ Onagrearum. 171 Scctio IV, EPILOBINE^ Nob, Calycis tubi pars libéra brevis v. subnulla (rarissime elonga- ta); limbus erectns v. refiexus. Stamioa i-v. a-seriata, alterne longiora. Sîigma clavatum, v. [\-ï\àwxn, v. 4-partitum : lobis ple- rumqiie brevibus, subrotunclis. Pericarpium capsulare : valvis dehiscentia peracta persisteotibus; placenta sœpe decidua. Se- mioa ad cbalazam appendice membranaceo aucta, v. longe co- niosa , V. margine fimbriato coronata. — Flores diurni. Folia estipiilaîa. A. Caljcis liinhus erectus. Capsula angulis dehiscens : placenta decidua. Stamina i-seriata, omnia fertilia. Semina ad cliala- zam appendice membranaceo aucta , nuda. Cratericarpium Nob. Calyx infundibuliformis. Petala biloba. Stamina 4 petalis anteposita alternis longiora. Ovarii loculi sub-6-ovulati ; ovula i-seriata, adscendentia. Stigma 4-dentatum. Capsula estipitata, cylindraceo-clavata, tetragona, sub apice tetraptera, i-locularis (dissepimentis evanidis), apice 4"Valvis : placenta angusta, te- tragona ; loculi oligosperr/ii. Species unica : C. ARGYROPHYLLUM NoL, [OEiiothera subuîata Ruiz et Pav.) BoisDUVALiA Nob, Calyx infundibuliformis. Petala biloba. Stamina 4 petalis an- teposita brevissima. Ovarii loculi pauciovulati ; ovula ï-seriata, adscendentia. Stigma 4-fitlum. Capsula oblongo-conica , obs- cure 4-gona, estipitata, 4-locularis {placentœ angulis dissepi- menta efformantibus) , 4~valvis, i6-sio-sperma : placenta alato- V. marginato-tetraquetra, membranacea. Genus sistunt species 2 sequentes : B. coNciNNA NoL. {OEnothera concinna Don, in Swect, Brit. Fiow. Gard.) B. DouGLASii Nob. {OEnothera dendjlora Lip.dl.) 1^2 ED. sPAcn. — Synopsis monographice OmiCF^veMum. B, Calycis limbus reflexus. Capsula angulis dehiscens : pla- centa persislente. Stamina l'Seriata. Semina adchalazam mar^ §ine fimbriato coronata. GODETIA. Nob. Petala indivisa, flabelliformia', brevissime ungaicLilala. Tubus calycinus intus supra basin barbatus. Neclarium in fan ce caly- cis subannuîiforrae. Stamina omaiafertiiia : 4 petalis anteposita alternis breviora ; filamenta recta; anlherœ œqiiilongœ, supra basin affixœ. Ovula aclsceodentia , v. subhorizontalia, imbri- cata, i-seriata. Stigma 4-partitum. Capsula conica v. subcylin- dracea^ estipitata (rarissime stipitata), 4"V. 8-gona, 4"^ocuiaris, 4-valvis, polysperraa. Semina parva, granulosa, subquadrata. Huic generi tribuend?e : G. WiLLDENowiANA Nob. {OEnot/iera purpuvea'WiWà,) G. DECUMBENs NoL. (OE. decumbens DougL) G. RoMAMzowii Nob. (Œ. Romanzowii Ledeb.) G. viMiNEA Nob. {OE. viminea Don^l.^ G. QUADRivujLKERA Nob. (OE. quadripuluera Dougl.) G. TENELLA Nob. {OE. tcnella Cavan.) G. Gayana Nob. (Species nova chileusis.) G. Lehmamniana Nob. {OE. amœna Lcbm. — OE, roseo-alha BcniL.) G. LiNDLEYANA Nob. {OE, Lindleyi Dougi.) G. TENUiFOiiiA Nob. {OE. tenulfolia Cavan.) G. BoTTiE Nob. (species nova è Galiforniâ.) ? OEnothera leucocarpa, Lehm. Ph^ostoma Nob. Calycis tubus intus glaber. Nectariom fauce 4-lobum, hirsu- tum. Petala longé imguiculata, indivisa, ovato-rbombea. Stamina omnia fertilia : 4 petalis anteposita alternis duplo breviora, an- theris minoribus ; filamenta arcuato-adscendeotia ; antherœ basi affixce. Ovula i-seriata, adscendentia, subimbricata. Stigma 4-partitum. Capsula sublinearis, subsessilis, prismatico-tetra- gona, demum esulca, 4-locularis, 4-valvis, polysperma. Semina pax^va, granulosa, obovata. ED. sPAcn. — Synopsis monographicv 0nùgvc2ivum. j^3 Species iinica : Vu. DouGLAsii Nob. {Clarkla elegans Dougl.) CiAKKîA Piirsh. Calycis tubus intns giaber. Nectarium gîabrom. Pelala longè unguiculata, profundè 3-loba. Stamina 4 petalis anteposita ste- riiia, minima, aiiiheris effœtis; 4 alterna fertilia, vix petalorum iiiiguibiis longiora ; fiiamenîa recta; antherse basi affixa?. Ovula adscendentia, i-seriata, subimbricata. Stigma 4-partitum. Cap- sula sublinearis, stipitata, 4-costata, 4-SLilca, 4-valvis, 4-locula- ris, polysperma. Semiiia parva, obovata , granulosa. * Species unica : G. PULCHBLLA PlU'slî. C. Capsula sœpissime prismatica^facierum neivo medlo dehis- cens; placenta decidua, angulis dissepimenta effbrmans. Se- mina ad chalazam longe comata. Chamjenerium: (Tourn.) Nob. Calyx 4*P^^^titus : limbo patente v. refîexo. Nectarium cras- sum, fundo calycis adoatum. Corolia cruciaîa : petala inaîqua- lia V. sequalia. Stamina i-seriata, declinata, v. declinato-adscen- deiitia : 4 petalis anteposita alternis breviora v. snbiongiora ; filamenta basi diiatata; antherœ eliipticse, medio dorso affixie. Ovula adscendentia, biseriaîa. Stylus declinatus. Stigmata li^ve- voluta. Capsula longè stipitata, 4-locularis, 4-valvis, polysperma, ab apice ad basin debiscens. -— Flores porrecti. Hùc referenda : Epilohium angusiifoUum L. Epilohiuin ro&marinifolium lîœnk. Epilobium angustissimwn Ait. Epilobiam labifoliuin L. ? Epi.îvhlum iufeum Pnrsh. 174 ED. sPAcii. — Sjnopsis monographice OïiâgvQurum. Epilobiubi (Linn.) Nob. Calyx 4-fi<^iïs, limbo erecto. Neciarium membranaceum, ore 4-lobum. Gorolla infunclibularis : petaîa cequa'ia. SUimina a-se- riata, brevia, erecta : 4 petalis anteposita altérais breviora; filamenta filiformia ; aiitherae minutae , suborbiculares. Ovula i-seriata, adscenclentia. Stylus rectus. Stigma clavatum, v. 4- fidum, V. 4-partitum : lobis erectis. Capsula prismatico-tetra- gona, stipitata, 4-'iocularis, 4-valvis, ab apice ad basin deliis- cens , polysperma. — • Flores erecti v. subporrecti. Huic geueri irïhuenàx Epilobiorum species auctorum verosimiliterpleicequc, quas extricarc adîiucdum haucl valemiis. Grossostigma. Nob. Calyx profonde 4-ndus : tubus infundibuliformis; limbi seg- menta patenti-recurva. Wectarium infra tubi calycini apicem in annulum incrassaîum. Peîala ?equalia, erecta, oblongo-cunei- formia, profunde biloba. Stamina a-seriata, minuta: 4 petalis anteposita altérais paulo breviora. Filamenta recta. Jlntherœ minimce , subrotundse, medio affixse. Ovariuni 4-locuîare; ovula i-seriata, superposita, adscendentia, in singulis loculis 8-1 G. Stylus rectus. Stigma oblique truncatum , concavum , de- mum explanatum, fimbriatum. Capsula gracilis, torulosa, stipi- tata, obscure tetragona, 4-locularis, 4-valvis, a basi ad apicem dehiscens : loculis 6-io-spermis. — Flores subdeclinati. Species unica : Grossostigma Lindleyi NoL. [Epilohium minutum Lindî.) D. Genus paradoxum; inter Epilobineas et Fuchsine A s «m" biguum, ZAfsCHNEîiTA Presî. Calyx infundibuliformis ; tubus elongatus, supra ovarîum ventricosus ; limbus reflexus. Stamina biseriata ; filamenta fili- formia, petalis longiora; antherœ lineares, medio affixœ. Ova*» ED. sPACîi. — Synopsis monographlœ Onagrearuin. 173 riiim i-Iociilare. Stigma capitatura, l^-lohum. Capsula brève sli- pitata, i-îocularis, 4-valvis, polysperraa. Genus inter Epiiobineas et Fuchsineas médium, specics sis- tens 2 : Z. californica et Z. mexicana Presl. ^ectio F. FUCHSINES Nob. Calycis tubi pars libéra plus miniisve eloogaîa; limbi seg- menta ab apice ad baslii secedentia, erecta, v. patentia, v. rariùs refiesa. Stamina i-seriata, sœpe alternatim loogiora. Stigma in- divisum, v. 4-t^entatura, v. stigmata 4 distiiicla. Ovula hori- zontalia, biseriaîa, v. raîissime aut i-seriata, aut nidulantia. Pericarpiiim baccaîum.Semiria nuda, iDappeodiciilata, nonnun- quàm reniformia : cotyledones plaoîE ; radicula brevis, conica. — Folia petiolata, sœpissime opposita : petiolus ad basin slipulis 2 caducis v. mox decidois, subulatis, minutis instructus. Flores pedicellati, liaud horarii, saepissime axillares ac penduli. A. Petala exunguiculata^ œstivatione -pllcato-undulata^ flore evoluto plana v. extrorswn conduplicata, dipergentia. Stamina îïiinima , œquilonga : [\ petalis anteposita (jam œstwtlone) reflexa ; 4 alterna recta. Antherœ filamento longiores. Ovula numéro definito v. suhdefinito , horizontalia, a.) Ouula campylotropa, in singulis luculls 6 i^. 8^ biseriaîa. Semina sub- reniformia, exangulata. Emhryo curpatus. Brebissonia Nob. Calycis tubus cylindracens, tetragonos ; limbi segmenta erec- ta, ovato-oblouga , tiîbo breviora. Petala plana, cunciformia, acuminata, erecto-divergentia. Filamenta fiiiformia. Ovarium subglobosum. Stylus filiformis, exsertus, subdeclioatus. Stig- mata [\.,hve\Ï2i., iineari-subtrigona , obtusa, demum patentia. Bacca exsucca, oligosperma. Semina la3via, m.edio affixa. • — Folia opposita, subcoriacea, denticulata. Pedicelli axillares, penduli. Hùc pertineî : B. MiCKOPHTLLA Nob. {Fucksia microphylla Kuntîî, ia Hurabt et Bon pi.) j'^G TD. SPACII. — Synopsis monographiœ Oni]n.re'dvum. h. Oçula anatropa, in singulls loculis 3j uniseriaici. Semina niutua corn- pressiojie varie angulcsa. Emhryo reclus. Lycîopsïs Nob. Calycis tuÎ3US obcoiiicus , teres, brevis jlimbi segmenta trian- giilari-ovata, cuspidata, reflexa, tubo breviora. Petala obovato- elliptica, v. lato-eliiptica, obtuse triloba, extrorsiim condupli- cata, patentissima. Filaraeiita triangularia. Ovarium ovale. Stylus filiformis, longe exsertus, deflexo-declinatus, apice nonnun- quam 4-fi^^^^s. Stigniata 4? sublinearia, brevia, obtusa, deninm subrevoluta. Bacca oligosperma. — Folia subopposiîa, iiite- gerrima, subretusa, membranacea, mollia. Pediceîli'axiliares, penduli. Species unica : L. THYMiFOLiA Noh. ( FiLchsia thymifolia Kuntli , in liumb, et Bonpl. ) B. Petala flore expanso erecta y sœpissime convoluta,imhriccitay corollain tuhuloso-campaniformem simulantia. Stamina in- œquilojiga; filamenta ( plerumque longissima) filiformiay omnia recta : 4 petalis anteposita alternis breviora. Ovula nu- méro indefinlto , hiserialia , horizontalia. ai) Pediceîll axillares , pendiUL Semina mutua conipressione varie an- guîosa. KlEHSCHLIGERIA Nob. Calycis tubus cyîiiidraceus, octogonus, supra ovarium cou- strictus; limbi segmenta reflexa, tubo eequiîonga. Petala exun- guiculata, planiuscula, oblougo-cuoeiformia, apice subtriioba V. profunde emarginata, stamioibus dnpio longiora. Stamina 4 minora alternis dupîo breviora. Stigmata4, subgiobosa. Bacca exsucca, polysperma. — Fratex. Folia sparsa v. subverticillata, subintegerriraa, Isevigata; petioli basis incrassata, persistens,' demum indurata, subspinesccns. StipuLx fugaces, minimœ. IIùc pertinent : K. LYCioiDES Nob. [FiLchua lycioides Andr.) %'l LiNDT-ryi Nol), [Fiichaia parvijhra l^iucil.) ED. SPACH. •— Synopsis monogjvphîœ Onagrearum. 177 FuCHSïA (Liniî.) Nob, Calycis ttibus subcylindraceus v. ventricosus, subteres, elon- gatus ; limbi segmenta erecta v. recurvo-patentia. Petala brève ungaiculata, convoluta, imbricata. Stamina petalis longiora. Ovarium ellipsoideum v. obloiigum. Stigma conicum, v. sub» globosum, integerrimiim, v. 4*denîatum. Bacca polysperma. — Friitices. Folia opposita , membranacea denticulata : petiolo in- articulato , haud spmescente. Stipulae tarde decidua?, Genuinae hujiis generis species novimus sequentes : F. MACROSTEMMA Ruiz Ct PaV. F. DECussATA Ruiz ct Pav. F. GHAciLis Lindl. {F, decmsata Sirns» •— F, muUiflora Lindl.) F. coNicA Lindî. F. cocciNEA Ait. {F. mageîîanîcaXidXûk,') F. PUBESCENS Cambcss. F. MONTANA Cambess. Fuchsiœ pleraeque aliae, quartim nonnuUse verosîmiliter gênera sistuut nova, nobis haud satis nota;, dubiae rémanent affinitatis. b.) Flores terminales :, in paniciilam cymosam], subtrichotomam , suhsessi- lent, subnudam dispositi ; pedunculi pedicellique erecti, •— Semina par- va, suberecta, compressa, exangulata^ SOHUFIA Nob. Calycis tubus obconicus, basi subinflatiis 5 limbi segmenta reflexa, tubo longiora. Petala iinguiculata, plana. Sîamina ex- serta. Stigma 4-lobum. Bacca polysperma. — Frutex inermis , foliis amplioribus , opposilis v. ternis , subîntegerrimis. Species unica : r. ScHUFiA ARBOREscuNs Nob. {Fitchsiajirborescens Siins.} C. Petala squamiformia, tninîma. Stamina inœquîîonga. Fila* menta filiformla , omnia recta : 4 petalis anteposita alternis 178 G. bentham. — Caractères des Scrophularinées, i hrevïora. Ovula minutissima , secus pîacentam centraient iri' ordinatè conferta. Semina. Skinnera. Forst. Calycis tubus infimdibuliformis, basi ventricosus'; limbi seg- menta reflexa. Filamenta longé exserta. Ovariiim ellipsoideum. Stigma 4-dentatam. — Folia sparsa. Pedicelli axillares , penduli. Species unica : Sk-innera excorticata Forst. {Fuchsia exçorticata L. fil.) Caractères des tribus et des genres de la famille des Scrophularinées , Par M. G. Bentham. (Extrait du Botanical Register^ vol. viii (new séries) , n° 4, juin i835-) Tribus I. VERBASCEiE, Bartl. GoroUa tubo abbreviato vel subgloboso, îimbo explanato 4-5-fîdo vel bilabiato non ringente. Stamiua fertilia 2-5, saepius de clinata. Antherae approximatae vel cohaerentes nunc uniloculares nunc subbilocu- lares, loculis divaricatis confluentibus. Capsula bivalvis septicide dehiscens, val- vulis sa3pe bifidis , dissepimeato è marginibus valvulorum inflexis duplicato solubili. Semina nuda. — Gênera Soîanaceis rotatis affinia sed sestivatione coroUœ abundè distincta. *CoroUa subrotata 5" loba. 1 . Veubascum , Linn. Stamina fertilia 5. 2. Celsia, Linn. Stamina fertilia 4. Capsula globosa usque ad basin dehiscens. 5. Alonsoa, Ruiz et Pav. Stamina fertilia 4. Capsula ovato-oblonga vix ad médium dehiscens. Flores torsionc pedicelli resupinaîi. ( Hcmimeris àuct., quoad speciera americanam). ** Corolla bilabiata, labiis concavis, 4. Jovellana, Ca^. CoroUœ lobi concavi subsequales patentes. 5. Calceolaria, LinUf^ GoroUœ lobus inferior incuvus calceolatus. G. BENTHAM.— ' Caractères des Scrophularinées. 179 '^'^'*' Corolla f tubo subgloboso , limho valdè inœquali. 6. ScROPHULARiA , Linn. Tribns II. HEMIMERIDEtE. CoioUa tubo abbreviato, faiice concavâ , limLo explanato lacinia infîma (sœpe bifîda) basi concava 1-2-saccata vel calcarata. Starnina fertilia 2 vel 4 didynama adscendentia. Antbcrse approximata; unilocu- lares vel bilocularcs, loculis divaricatis. Capsula bivalvis, loculicide dehiscens valvulis integrisbifidisve velsepticide dehiscens valvulisbifidis,rariùsindehiscens, dissepimento è marginibus valvularum inflexis duplicato solubili vel rariîis concreto. * Coroîla ecalcarata brepiter bisaccala. Capsula globosa. 7. Angelonia, Humb. et Kunih. Capsula loculicide dehiscens , valvulis iutegris. 8. PiiYLACANTHUS , "Nees et Mart. Capsula indchiscens. 9. Hemimeris. Linn. Capsula loculicide dehiscens septicide bipartibilis yt\ dehiscens. (Diascia, Link ). *^ Corolla calcarata. Capsula compressa apicè truncald. 10. Nemesia, Vent. Tribus III. ANTIRRHINEvE, C/iava/iwes. Corolla tubulosa , limbo personato vel ringente bilabialo rariùs subsequali. Starnina fertilia 4 didynama. Antherse per paria approximatœ biloculares. Capsula dentibus scu valvulis pluribus opei- culisve circumscissis dehiscens vel irregulariter rumpcns. Semina nuda vel testa; arilliformi inclusa. * Corolla basi calcarata, 11. Anarrhinum, Desf. Corolla bilabiata. Capsula operculis 2 valviforraibus dehiscens. 12. LiNARiA, Tourn. Corolla personata. Capsula operculis circumscissis vel plurimis dentiformibus vel valviformibus dehiscens. 1 8o G. BENTHAM. — Caractères des Scrophularinées, f* Corolîa hasi saccata gibba vel cequalls. i3. Antirrhinum , Linn, Corolla<'personata. Capsula aplce poïis vel foramini- Liis 2-3 dehiscens. i4. Maurandia, Jacq. CoroUa personata. Capsula apice denlibus lo dehiscens. (Usteria, Cap,). 1 5. Galvezia, Juss. CoioUa bilabiata. Capsula snL apice irregulariter rumpens ; tubus corollae intiis nudus. (Agassizia, Chavannes), l6*. LoPHOSRERMUM , Don. Covolla bJlabiata. Capsula sub apice irregulariter rumpens; tubus corollae intùs pilorum seriebus 2 percursus. 17. Rhodochiton, Zmcc. Calyx amplus coloratus. Corollae limbus s ubœqua- liter 5 - fidus. Capsula sub apice irregulariter ruropeiis. Tribus IV. SALPIGLOSSIDEiE. Corolla tube elongato rariùs abbreviato, limbo oblique nunc irregulariter bilabiato nunc 'concavo vel subpiano lobis 5 sœpe incisis. Stamina fertilia 3 vel 4 didynama dcclinata. Anîlierae biloculares loculis apice demùra ssepius confluentibus. Capsula 2-4-valvis, valvulis septicide dehiscentibus bifîdisve. — Gênera plura a Solanaceis capsularibus ( praeserlim à Pétunia) nonnisi Eestivatione corolîœ imbricaliva et staminibus 4: nec 5 differunt. * Corolla basi supra gibba, limbo valdè irregulari. 18. CoLLiNsiA, Nutt. Corolla 5-fida. Capsula globosa 4-valvis» ig, Schizanthus, Ruiz et Pav» Corolla multifida. Capsula oblonga. ** Corolla înfundibuliformis, limbo parum inœquali. 20. Salpiglossis , Ruiz et Pa%>. Corollae tubus ampliatus suberectus, limbi ex- planati laciniae emaginatae vel bifidae. 21- Bnow ALLIA, Z^i/z/z. Corollîe tubus tenuis rectus apice parum dilatatus , limbi lobis integerrimis emarginatisve. 22. Franciscea, PohL CoroUai tubus tenuis apice încurvus, limbi lobis inte-«j gerrimis planis. 23.? Brunsfelsia, Linn. Corollae tubus elongatus rectus œqualis , limbi lobis integerrimis planis. Capsula baccata. 24. Anthocerck, hahilU CoioUae tubus ampliatus, limbo subrecto. G. BENTHAM4 -~ Caractères des Scrophularlnées. 1 8 r Tribus V. DIGITALE^E. Gorolla tubulosa sœpius ventricosa limbo bilabialo. Stamina Lasi declinata apice sa;pissimè adscendentia , 4 fcrtilia didyma, quinlo summo stcrili vel nuUo, Antherae biloculares, loculis dcmum sœpissimè divari- catis confliientibus. Stigma simplex, vel in lobis brcvibiis styli 2 vix inciassata. Capsula dura bivalvis , valvulis seplicide dehisccntibus saspiùs bifîdis vel bipar- tilis, dissepimento duplicato è marginibus valvularum inflexis demum bipartibili. Placentœ a dissepimento demum saepiiis solutœ. — Gênera priora Bignoniaceis affinia sed abundc distincta. Tribus habita magis quam chàracteribus a Gratio- leis differt. * Stamen quintum prœsem stérile, sS, Chêlone, Linn. Corollae labium superius amplum concavum, Scmina mem- branaceo-alatai 26. Pentstemon, V ht rit. CoroUae laciniœ subplanae. Semina nuda. '^^ Staminîs quinti vestîgium nuUum. 27. RussEiiiA , Jacq* Corollae laciniae vix inœqualcs. 28. DiGiTALis , Linn. CoroUa declinata , labio inferiore longiore. 2g. IsoPLEXis, LindL Corolla incurva, labio superiorc longiore. Tribus VI. GRATIOLE^. Corolla tubulosa , limbo bilabiato. Stamina fertilia 3 vel 4 adscendentia. Antherae biloculares muticse. Capsula 2-4-valvis septicide vel loculicide dehiscens valvulis integris bifîdisve. Placentœ dissepimento non bipartibili demùm libero adnatse. Semina nuda. § 1 . Antherarum loculi disjunctl, 3o. Pterostigma , Benth. Stamina superiora fertilia antlierarum loculis disjunc- tis, inferiora sterilia vel dimidiata. Calyx sub-5-partitus, ïacinia suprema majore. (Adenosma villosum. A. macrophyllum et Stemodia. capitata. Benth. in PFall. Cat. n. 385 1 , 3853 eif 3926, cum specie quartâ nova eus China. ) 3l# LiNDENBERGiA , Link et Otto. Stamina 4 fertilia, loculis disjunctis. Calyx semi-5-fîdus. (Brachycoris, Schrader, Bovea, Decaisne.) 32. Stemodia, Linn. Stamina 4 fertilia, loculis disjunctis. Calyx 5-partitus. (Modestia et Diamosle> C/iam^ et Sçhleçth. Cybbanthera, /fawi/^.) i82 G. BENTHAM. — Caractères des Scrophularinêes. § 2. Antlierarum loculi contigui. Capsulœ valvulœ 4 vel si 2 loculicide déhiscentes velfissœ. * Stamina fertilia 4. Calyx semi'h-fldus, Capsulœ vali^ularum margines septiferœ inflexœ. 33. DoDARTiA^ Linn. Calyx tubuloso-campanulatus , denlibus rectis. Corollae labiuiii iufei'ius basi papillosum biggibbosura. Herba rigida paucifoliata. 54. Mazus, Lour. Calyx campanulatus , dentibus patentibus. Corollse labium inferius basi papillosum bigibbosum. Hcrbae humiles, scapis subnudis. ( Horncmannia , J4^illd. ) 35. LiMKOPHiLA, Br. Calyx tubuloso-campanulatus, labio inferiore glabro laciniis planis. Herbœ uliginosse. /^ '*''*' Stamina ferlilia 4. Calyx 5~partilus. Capsulœ çalvularum margines septiferœ inflexœ. 36.? Caprauia^ Linn. Corolla vix bilabiata. Stigma obtusum vix incrassatum ( G. biflora, Linn.) 3/. Moroania, Br. Corolla bilabiata. Stigma bilabeîlatum. ^'^^ Stamina fertilia 4. Calyx tubulosus 5-denlatus, Capsulœ val- pularum margines suhplanœ. 38. MiMULUs, Linn. Capsula 2-valvis. 39. UvEDALiA, Br. Capsula 4-valvis. '**^* Stamina fertilia 4. Calyx h-partitus. Capsulœ valvularum margines planœ. 40. Herpestis, Gœrtn. Capsulœ valvulae bipartiîae. Calycis laciniae valdc inœ- quales (Monniera, Rlicli.\ Bramia, Lam. ) 4i . Sfii-ebotheca , Cham. et Schlecht. Capsulœ yulvulae bipartiîae. Çalycis la- niœ subœqualcs. 42. Matqtjrea, Auhl. Capsulae valvulae subintegrae loculicide debiscentes. Calycis laciniae parum insequales. [Species americanœ 4-5, inclusa Gra- tiola acuminata , Elliott. ) G. BENTHAM. — Caractères des Scrophularinées. ï83 ^**^>f Staminafertilia 2. Calyx 5-partiius. 43. Gratiola, Linn. S^f^mina superiora fertilia. 44. Beyriciiia, Cham. et Schlecht. Stamina infcrlora fertilia] Capsulas valvulae vix iissse (5/?. 4, brasilienses.) 45.? Achetaria, Cham. et Schlecht. Stamina inferiora fertilia. Capsulœ val- vulae hipartibiles. *f-'<-*f-* Slaminîa fertilia 2. Calyx 3-5-deniàtus vel S-fidus. 46. Dopatrium , Hamilt. Corolla calyce multo longior faucc ampUata ( Gratiola juncea, lobelioides et nudicaulis. ) 4/. Microoarpvëa Br. Corolla calycem miuutum vix excedens. § 3. Antherarum loculi contigui. Capsulœ valçulœ 2 integrœ , marginibus planisj dissepimento membranaceo parallelo. * Stam ina feriUia a. 48. Peplidiom, Delile. Stamina sterilia nulla. Capsula sœpiùs irregulariter rupta valvulis vix solutis. 49. BoNNAYA, Linh et Otto. Stamina sterilia 2. Capsula constanler valvatim dehiscens. ** Stamina fertilia l^yinferiorumfHamenta basi appendiculata vel gibba. 50. Yandellia , Linn. Calyx 5-partitus vel regulariter 5-dentatus non plica- tus. CoroUae tubus intùs nudus (Tittmannia, Reich. Torenia, Cham. et Schlecht. 5i. Artanema, Don. Calyx 6-partitus. Corollae tubus intus 4'squamatus. (Diceros, Pers. non.Lour.) 52. Torenia, Linn. Calyx tubulosus plicatus oblique 5-dentatus. (Nortenia, Du P. Th. *** Staminafertilia ^ ^filamentis nudis integris. 53 . ?Heteranthia, Nées et Mart. Anthera; filamentorura inferiorum magnse stylum ampleQtcntes. (Vrolikia, Spreng.) i 84 <^>. BEXTHAM. — Caractères des Scwphidannées. ôi. LiNDERNiA, Linn. Antîicr® conformqs. Calyx 5-parlitus. 55. LiMOSELLA , Linn, AntberîB conformes. Calyx 5-dentatus vel 5-fidus. Tribus VII. EUGHNERE^.Coroîîœ tuLo tenui, limbo siibplano 4-5-ndo, U- ciniis sa3pè bifidîs. Stamina fertilia 4 didyaama adscendentia. Antherœ unilocu- lares vel loculis demùm divaricatis confluentibus. Capsula 2-valvis , valvulis in^ tegris biûdisvc. — Gênera nonnulla Selagineis habitu afûnis. * Capsulœ valvuîce locullcido'-deJiiscentes elastîcm integrœ. 56. BucHNERA, Linn. (Campuleia, Vu P* 2V*., tiibo apice incurvo, Piripea, AubL > tubo apice recto.) ** Capsulœ valçulcs hlfidœ marglnibus septiferia injlexis, 5/. Nycterinia , Z?o/î. Calyx oblongo tubulosus 5-angulalus, 5-dentatus. Co- rollae laciniœ emarginatœ vel bifides. ( Ërini capenses. ) 58. Erinusj Linn. Calyx 5-parîilus. Corollae laciniae emarginate. (E. aîpinus.) §9. Manulea , Linn. Calyx 5-parîitus. Coroîîaî lacinise integerrimae inaequaîes/ ( Nemia , Berg. ) 60. SuTEKA, Rolh. Calyx 5-partitus. Corollae laciniae 5 brevissimae intégras œquales vix patentes. (S. glandulosa^ Rotk, et Capraria multifîda, Linn. ?) Tribus VIIÏ. BUDDLEIE^.jCorollatubo recto limbo, piano patente œqua- liter4-fido. Stamina ferîilia4subaBqualia. AntheraB distantes biloculares. Capsula .2-valvis. iBi. 'Bnmxi&.i Linn. Tribus IX. TEEDIEjE. Corolîa tubulosa bilabîata vel subinfundibulifor- mis , limbo subœqualiter 4-fîdo. Stapiina fertilia 5 tubo inclusa didynama vel su- baequalia distantia. Autheras biloculares. Fructus baccatus. * Bacca indeJdscens^ 'm 6a. Leucocarpus, Don. Corolla bilabiata. Calyx 5-dentatus, 63. Teedia, Rud. CorolIaQ Umbus subaequalis. Calyx 5'partilus, G. EE3ÎTHA.M. — Caractères des Scrophularinèes» 1 85 ** Capsula baccata ^-valvis. 64. Hemiphragma, Wall. Tribus X. VERONICEjE. Corolla rotata infundibullformis vcl rarius irrugula- liter bilabiata. Stamina fertilia , nunc 4 ( vel 6-7 ? } subaequalia exserta distaniia nunc 2 ( superiora) , inferiorum vestigiis nuUis. Stylus simplex stigmate tenui vel rarius incrassato subcapitato. Capsula 2-valvis loculicide dehiscens, valvulis sse- pissimè septicide bilîdis bipartitisve. Semiiia nuda vel testa laxa ari]liformi iu- clusa. * Stamina 4 ( vel 6-7 ? }. Corolla 5- ( vel 6-7 ? )Jida, 65. OuRisiA, Comm, Corolla campanulata 5-fida. Stamina 4. 66. ?DisANDRA, Linn. Corolla rotata 6-8-fida. Stamina S^j^ {Anhujiis ordinis ? ) 67. SiBTHORPiA, Zriww. Corolla rotata 5-fîda. Stamina 4. ** Stamina 4. Corolla i-Jîda. 68. ScoPARTA, Linn, Corolla rotata. 69. Geochorda, Cham. et Schlecht. Corolla infundibullformis. 70. PicRORHizA, Royle. Corolla campanulata calyce brcyior. (Veronica Lind- leyana, JVall.) *** Stamina 2.. 71. Veronica, Linn. Corolla rotata vel iufundibuliformis. (Psederota j Linn. Lcptandra, Nutt. Diplophyllura, Lehm. Cochlidiospermum j Reichb. Ompbalospora , Bess. Hebe, Juss. Aidelus, Spreng..) 72. Calorhabdos , BentJi. Corolla tubulosa incurva ore obliqué 2-3-fîdo. ( Ve- ronica Brunoniana , Wall.) 73. Wulfenia, Jacq. CoroUa tubulosa, recta, limbo subbilabiato. Calyx 4-5- partitus 74. Gymnandra, Pall. Corolla tubulosa recta , limbo subbilabiato. Calyx 2- partitus(Lagotis, Gœrtn.) Tribus XI. GERARDIEiE. Corolla campanulata infundibuliformis vel tubu-* losa, limbo 5-ûdo laciniis lotundatis planis. Stamina fertilia 4 adsccndentia» An- 1 86 G. 53ENTHAM. — Caractères des ScrophularinéeG. therae approximatse s-loculares, loculis discrctls parallelis sa3pè acuminatis. Sty- lus simplex, stigmate olbtuso sœpiùs elongato. Capsula 2-valvis locuiicide dehis- cens, valvulis intcgris bifxdisve. Semina ssepissimè testa merabranacea laxa aril- liformi inclusa. * Calyx 5-dentatus. Corolla infundibuliformis. 75. EsconEDiA , Ruiz et Pai>. CoroUse tubus elongatus, limbo amplo 5-fido. ']Q. PiiYsocALYX, Pohl. Calyx inflatus. CoroUse limbus parvus œqualiter 5- fidus. ** Calyx 5'dentatus vel 5-fidus. Corolla campanulata vel tubulosa. 77. ViRGULARiA, Ruiz ct Pav. Calyx 5-dentatus. Corolla ample tubulosa. 78. Macranthera, Nutt. Calyx profundè 5-fidus. Corolla tubulosa vel in- curva. Capsula acuminata. 79. Gerardia, Linn. Calyx 5-dentatus vel semi-5-fidus. Corolla campanu- lata. Capsula obtusa (Melasma, Berg.7 Sopubia , Hamilt.) 80. ? Seymeria ; Pursh. Calyx 5-pertitus. Corolla rotato-campanulata. Capsula acuta. (Afzelia, Gmel.) 81. Glossostylis^ Cham. et Schlecht. Calyx 2-5-dentatus. Corolla oblique carapanulaîa. Semina intra membranamlineari-caueatam minima. (Species observatse très : 1. G. aspera, Cham. et Schlecht. Brasiliensis ; 2. Rhi- nanthus scaber, Thunh.7 Capensis : 3" Hymenospermum dcntatum Benth. Avensis; et forsan quarta inter plantas Senegalenses Perrotte- tianas, ) *** Calyx compressus hinc /Issus. 82. Centranthera, Br. (Razumovia, Spreng,?) Tribus XII. RHINANTHE^. CoroUœ limbus bilabiatus, labio superiore concavo galeato vellineari, integro vel emarginato, inferiorc patente trifido.Sta- mina fertilia 4 didynaraa (rariusa) adscendentia. Antherae bilocnlarcs loculis discretis parallelis ssepè acuminatis. Stylus simplex. Capsula 2-valvis locuiicide dehiscens, valvulis sœpissimè integris. Semina nunc testa laxa raembranacea in- clusa , nunc nuda. * Antherarum loculi tenues mutici. 83. Orthocarpus , Nutt. Antberarum loculi inscquales. Calyx tubulosus vel campanulatus 4-fidus. G. BENTHAM . — Caractères des Scrophularinées. 187 84. CASTiLi^Eja^ Nuit, Antheranim loculi inaequales. Calyx compressus hifi- dus vel quadrifidus hiac fissus. (Euchroma, Nutt. ) 85. ScHWALBEA, Linn. Antherarum loculi a3quales. Calyx compressus oblique 5-fidus. ** Antherarum. loculi crassl sœpiùs acuti vel aristath 86. Lamourouxia, Humh. et Kunth. Corolla tubulosa compressa venlricosa, labio inferiore brevi. Calyx 4-5-fidus. 87. Cymbaria, Linn. Corolla tubulosa ventricosa. Calyx 10-partitus. 88. Odontites, Steç. Calyx campanulatus 4-fidus. Corolla profundè bilabiata j labio superiore laciniisque inferioris subaequilongis integerrimis vclinter-. média retusa. Antherœ oblongœ galeam superantes. 89. EupHRASiA, Lijin. Calyx campanulatus 4-fldus. Gorollse labium superius galeatum emarginatum, inferius magnum païens laciniis emarginatis. ( Pa- rentucellia, Fii>.?) 90. SiPHONosTEGiA, ^era^/i. Calyx infundibuliformis , tubo elongato, limbo 4- 5-partito. CoroUse labium superius incurvum, inferius brevius {Species unica chinensis), 91. Bartsia , Linn. Calyx campanulatus vel tubulosus 4-fîdus. Coroliœ labium superius galeatum compressum, inferioris laciniae integex'rimse. Antheraî ovatae galea breviores. (Trixago, Steu. ) 92. Pedicularis, Linn. Calyx 5-fidus vel inaequaliter 2-3-fldus. Gorollœ galea elongata saepiùs incurva. g.^. Rhinanthus, Linn. Calyx compressus raembranacco-inflatus. CofoUaî la- bium superius galeatum. Semina pauca alâ membranaceâ cincta. ( Aleclo- rolopbus , Steç. ) 94. Elephas. Tour. Corollse labium superius lineare proboscideum. Semina pauca stria ta. ( Rhinanthus , Steç. ) 95. Melampyrum, Linn. CoroUae galea compressa, lobis replicalis. Semina in loculo solitaria magna exalata. Genus incertœ sedis. ■'• 96. T0ZZIA, Linn. Corolla Gratiolearum. Stamina Gerardiearum vel Rhinan- thearum^ Capsula abortu monosperma. Gênera mihi non satis nota. Conobea, Aubl. Gomara, Sanchesia, Xùa- ï83 Koca. »-» Sur les Draba aizokles et Aizoon. rc::ia et Caîylnplex, Ruiz et Pav. Leucophyllum, Humh. et Kunth, Di- cliroma, Cav. Curtia, Cham. etSchlecht. Lafuentla, Lag. Hemiantbus, Nutt. Willicîiia , Mut. ( Hydranthelium Humh. et Kunth.) Aptosimum, Burch. Hy- drotriclîe, Zucc. Diceros, Picria et Tiipinna, Lour. Bœa, Commers. Palms- truckia, Helzfil. Comparaison /(3i7ô sur les plantes vivantes des Draba aizoides L. e^ Aizoon Wahlenb. , /7«r le professeur Kocn. (Flora i834, n'*4o5P» 635.). M. Koch, infatigable dans ses recherches sur les plantes de la Flore d'Allemagne, s'étant procuré, pour le jardin d'Erlangen^, le Draha aizoides L. et le D. Aizoon Wahl. ( lasiocarpa , Roch. ) expose de la manière suivante les caractères comparatifs de ces deux plantes. î. Les feuilles duD. Aizoon sont lancéolées et non de largeur égale, d'un vert plus foncé, et à cils des bords plus robustes. 2. Le />. Aizoon a les fleurs un peu plus petites, d'un jaune soufre clair; le D. aizoides les a d'un jaune presque doré. 3. Les filets des étamines du D. Aizoon sont d'un jaune ver- dâtre pâle et subuliformes; dans le D. aizoides ils sont plutôt filiformes. 4- Les sépales du D. Aizoon sont un peu plus larges et ont le bord plus pâle , d'un blanc jaunâtre : la couleur est la même dans le D, aizoides. La partie herbacée est souvent brunâtre et prend alors, à l'état sec, un vert noirâtre. 5. La dessiccation rend les pétales de la première espèce pâles, ce qui ne se voit point dans le D. aizoides. A l'état vivant , les pétales défleuris des deux espèces deviennent pâles. 6. L'ovaire, à l'époque de la floraison du D. Aizoon n'a que la moitié de la grosseur de celui du D. aizoides. Le style est plus court et porte un stigmate plus en tête. Les fruits lisses ou poilus ne présentent point de caractère constant; cependant on n'a encore jamais trouvé le A Aizoon à siliculcs lisses. La forme des silicules est aussi très variable : dans LÉON DUFOUR. — Suï la Volvaria conchylioides. 189 la même localité, Fauteur les a cueillies longues de 7 millimètres et larges de 2,5 millimètres, et longues de 4 millimètres sur une largeur de 3 millimètres. Notice sur la Volvaria conchylioides de la Flore française ; Par M. Léon Dufour, Correspondant de l'Institut. Sans adopter toutes les conséquences de la morphologie des Lichens exposée par MM. Walroth, Mc^er et Fries, il est néan- moins bien démontré à l'observateur attentif et consciencieux que les formes variées sous lesquelles se jouent ces Protées de la cryptogamie, ont amené dans la détermination des espèces d'innombrables erreurs. Les sources principales de celies-ci se trouvent dans l'âge de ces productions, dans la nature du sup- port où elles croissent, et dans les influences météorologiques. Ce n'est pas ici le lieu de se laisser entraîner dans des dévelop- pemens à ce sujet : je rentre dans la spécialité de ma notice. C'est dans mon herbier même, et sur un échantillon (que je conserve encore) cueilli par mon ami le docteur Viîlcrmé, aujourd'hui membre de l'Institut, sur un grès friable, aux en- virons d'Étampes, que M. De Candolle fonda îa Volvaria con- chjlioides de la Flore française. « Cette espèce de Lichen, ilit-il, n'offre pas de croûte sensible; on y remarque des tubercules ' arrondis, aplatis, blancs et légèrement enfoncés, qui s'ouvrent au sommet et mettent à découvert un réceptacle noir, orbicu- laire, en forme de lentille. Dans cet état, on croirait voir un très petit Lichen foliacé dont chaque feuille porte un seul tu- bercule; à la fin de la vie de îa plante le réceptacle tombs^ et l'on voit alors une coupe concave blanche crustacée et qui ressemble à une petite coquille (i). » M. Duby, dans le Botani- I con gaîlicum {p) , n'a pu que calquer une phrase spécifique sur ! ' (i) Flor, franc. 3e édit. (i8o^), t; ii, p. 373. (2) Botanic, gallic. Pars secunda {18^0), ^^.ô'jB, igo LÉON DUFOUR. — Sur la Volvaria conchylioides. la description de l'illustre auteur de la Flore française, et il a placé cette production dans le genre Thelotrema. Enfin, le sa- vant cryptogamiste M. Tries a compris, sans l'avoir vue, la Volvaria conchylioides parmi les modifications de la Parmelia coarctata. (i) Les botanistes qui se sont livrés à une étude suivie des Li- chens , auront pu remarquer que , soit par les progrès de l'âge , soit par l'influence destructive des agens extérieurs, le disque coloré ou la lame proligère des apothécies de certaines espèces, notamment des Parmelia subfusca et atra^ est sujet ou à se détacher et à disparaître entièrement, de manière qu'il ne reste alors qu'une cupule blanchâtre d'une texture analogue à celle de la croûte, ou, dans une décrépitude avancée et par l'action prolongée de l'humidité, à tomber dans une sorte de déliques- cence qui, surprise plus tard par une chaleur intense, se con- crète de nouveau, mais devient informe. Le Lichen revêt, dans ces divers états, un aspect étrange, une physionomie insidieuse, qui en imposent facilement à des yeux peu exercés. C'est précisément ce qui est arrivé pour l'établissement de la T^olvaria conchylioides. Dans l'échantillon qui a servi à la des- cription de M. De Gandolle, le thallus ou la croûte, usé par l'action météorologique que favorisaient les petites aspérités caduques du support, est assez vaguement répandu et presque nul. Les apothécies s'y observent dans les divers états de dété- rioration dont je viens de parler. Il en est même un petit nom- • bre avec le type normal inaltéré , qui achèvent de nous mettre sur la voie de l'espèce légitime à laquelle appartient la Voharia. Celle-ci se rattache évidemment aux innombrables polymor- phies de \di Parmelia subfusca ou Lichen subfuscus Lm., et plus spécialement aux individus saxatiles de ce groupe. La Volvaria conchjlioides doit donc disparaître du catalogue déjà surchargé des Lichens, et ne devra désormais figurer que pour mémoire dans la synonymie inextricable de ceux-ci. La Lecanora leucopis d'Acharius, à en juger par des échan- tillons reçus de M. Schleicher, qui communiqua primitiveiient {i) TÀchenograpIr. Europ,{\^'ii),\f. lo5* LÉON DUFOUR. ' — Suv la Vol Varia conchylioides. 191 l'espèce au célèbre fondateur de la Lichénographie , ainsi qu'on peut le voir dans sa Lichenographia universalis (p. 354) > pré- sente les mêmes traits que la Volvaria dont je viens de parler, et doit éprouver le même sort. Seulement son état de détério- ration est bien moins avancé, et sa croûte, qui repose sur une roche granitique, support plus dur, moins altérable que le grès, est assez épaisse et continue, mais j'y vois, comme dans la FoU varia conchylioides , des apothécies, les uns bruns, régulière- ment arrondis, adultes, entourés d'un rebord blanchâtre, les autres noirâtres, informes, décrépits, comme diffluens ; enfin j'observe à la croûte des fossettes conchoïdes d'où la lame pro- ligère a disparu. M. Fries (1. c. pag. 14^), qui paraît avoir eu sous les yeux des échantillons de la Lecanora leucopis avec une croûte épaisse, blanche, inégale, sorediïfère, tels que ceux que j'ai reçus d'Acharius lui-même, a rangé cette dernière produc- tion dans les variations de la Parmelia atra. Ainsi , il y a une grande conformité dans notre manière de voir sur ce point; et si ce profond lichénographe eût vu comme moi les apothécies bruns de la L. leucopis , il n'aurait pas balancé à la placer dans les polymorphies de la Parm. subfusca. Histoire naturelle des îles Canaries, par MM, P. Barker-Weeb et Sabin Berthelov. (Extrait du Prospectus. — Botanique.) Le nombre des espèces que MM. Webb et Berthelot sont par- venus à rassembler durant leurs longues herborisations dépasse de beaucoup le chiffre que M. de Buch avait fixé à 535 comme com- plément numérique de la Flore canarienne. Ils ont rapporté en- viron 1,000 phanérogrames et une collection fort riche en cr-yptogames ; dans ce nombre , plus de 1 5o espèces sont entiè- rement nouvelles ou encore peu connues. Les espèces qui composent leurs collections ont été détermi- nées et classées par des études comparatives faites aux meilleures sources, afin de connaître avec exactitude tout ce qui a été pu- blié ou rapporté par leurs devanciers et pour pouvoir juger de la validité de leurs découvertes. Le texte de la partie phyto- iga Histoire naturelle des îles Canaries, graphique sera en latin, d'après le plan des beaux ouvrages de MM. de Humboldt etBonpland {^Nova gênera et species), et de celui que publie en ce moment M. Auguste de Saint-Hilaire {Flora Brasiliœ meridionalis) ; le format en sera le même; plus de 200 planches accompagneront ce texte et donneront non- seulement les figures au trait de toutes les espèces nouvelles, mais encore de celles qui n'ont jamais été représentées. M. Hey- land, dont les talens se sont formés sous les yeux du savant professeur De CandoUe, a été chargé des dessins et des détails organographiques qui s'y rapportent. Un des plus habiles gra- veurs de la capitale, M. Vielle, s'occupe de les reproduire. L'introduction de la Flore est presque achevée; la géographie botanique y est traitée en détail : l'aspect général de la végéta- tion, la distribution des plantes sur le sol, d'après les exposi- tions et les altitudes qu'elles affectent, leurs rapports de forme et de nombre avec les flores d'autres contrées, sont autant de questions importantes que les auteurs se sont attachés à déve- lopper. Cette première partie offrira tout l'intérêt de la nou- veauté; elle sera riche en beaux dessins, exéclités d'après nature, par M. J. WiUiams, et lithographies par M. de Saint-Aulaire. Ces dessins se composeront de plusieurs vues phytostatiques indiquant l'aspect de la végétation à diverses hauteurs. A ces tableaux variés, MM. Webb et Berthelot ajouteront les faciès des plantes, ce caractère qu'on embrasse d'un regard, et qui se dessine à grands traits. M. Martius, dans son ouvrage sur le Brésil, avait déjà montré tout l'avantage que Ion pourrait tirer des dessins de port dans la famille des Palmiers, où les dimen- sions des feuilles et le développement des parties florales exi- geaient de grandes réductions : MM. Webb et Berthelot en ont fait autant pour les Dicotylédones ligneuses. Espérons que leur heureuse innovation trouvera des imitateurs parmi les botanistes iconographes. VHistoire naturelle des îles Canaries se composera de trois volumes grand in-4°, divisés par parties, et sera accompagnée d'un atlas de S25 à 3o planches de grande dimension. L'ouvrage en entier contiendra environ 3oo gravures ou lithographies. Le troisième volume embrassera dans son ensemble la Flore générale des Ca- naries, c'est-à-dire la Géographie botanique etlaPhytographie. L'ouvrage complet se composera de 5o livraisons de 3 à 4 feuilles de texte avec 5 à 6 planches correspondantes. Il paraîtra une livraison tous les quinze jours^, qui sera remise aux souscripteurs au prix de 6 francs, sur beau papier et carac- tères neufs, à dater du i5 novembi-e. On souscrit : à Paris, chez Béthune, éditeur. Pour toute l'Allemagne, la Suisse, l'Autriche et les Etats du Nord, à la librairie de B. Hcrder, à Carlsruhc, Fribourg et Leipzig. A Londres, chez Barlhcs et Lowcll. j. DEC Al SISE. — Plantes cV Egypte. io3 Notice sur quelques plantes de la Flore d Egypte , Par M. J. Decaisne. En commençant la publication des plantes rapportées par M. Bové, j'avais pensé ne donner qu'une simple liste de celles qu'il avait recueillies en Egypte, afin de confirmer la de'termi- nation des noms sous lesquels il les avait distribuées; mais un examen plus attentif m'ayant fait voir qu'il n'y avait presque rien à changer sous ce rapport, j'ai cru qu'il serait au contraire utile de donner quelques observations sur plusieurs genres ou espèces jusqu'ici imparfaitement connus , ou qui ne se trouvent même pas mentionnés dans l'excellent ouvrage publié par M. Delile. FUNGI. (i) j4garicus campestris L. — Hab. : autour du Caire. A. (Pleurotus)y?c/co/(2Montag. A. magnus , dimidiatus, imbricatus, horizontalis , pileis car- nosis obovatis subsquamosis, marginibus involutis, lamel- lisque angustis utrinque acutis fornicatis alutaceo-fucescen- tibus integerrimis, stipitibus elongatis attenuatis lineatis. Trois ou quatre pédicules horizontaux amincis à la base et soudés ensemble dans toute leur étendue, acquièrent jusqu'à trois pouces et demi de longueur et s'évasent en autant de cha- peaux de forme obovale attachés par le côté et imbriqués. La face supérieure de ceux-ci est glabre, mais fendillée et comme écailleuse, et leur bord est si largement roulé en volute que son (i) Ces trois nouvelles espèces de Champignons ont été nommées et décrites par M. le doc- leur Montagne . IV. BoTAN. — Octobre. 1 3 194 J- iJEc AISNE. — Plajites d'Egypte. épaisseur en ce point est de plus d'un pouce. Les feuillets ont de une à deux lignes de largeur dans le milieu et vont en se rétrécissant aux deux extrémités qui se terminent en pointe très aiguë; ils sont à peine décurrens et très entiers. On aperçoit pourtant sur le pédicule des stries très rapprochées qui corres- pondent à la position des feuillets dans le jeune âge du cham- pignon. La consistance du chapeau est charnue et molle; celle du pédicule est dure et coriace. Cet Agaric a quelque analogie avec \'^. orcellus Fr. , mais il est iTibriqué, avec X^. glandulosus Bull. , mais ses feuillets sont étroits, non anastomosés ni glanduleux, enfin avec l'^. ostrea- tus Fr., mais son pédicule est très long et son bord enroulé. Il a été cueilli aux environs du Caire, sur im vieux Figuier-Sy- comore, des fentes duquel il sortait horizontalement. Hydnum (Apus) Boveanum Montag. H. pileo crasso convexo carnoso molli fucescenti-luteo subvelu- tino, aculeis confertis angulato-compressis subulatis olivaceis apice brunneo-péllucido! sporidiis creberrimis oblongo-sub- globosis luteo-viridibus. Obs. Son chapeau, recouvert d'un duvet extrêmement court, principalement vers son bord libre, est large de cinq à huit pouces, irrégulièrement semi-orbiculaire, et épais d'un pouce, y compris les aiguillons. Sa chair est compacte, molle, élastique, d'un jaune pâle près de la surface supérieure, d'un jaune ver- dâtre près de celle d'où naissent les pointes. Celles-ci sont nom- breuses, pressées, subulées, comprimées à la base, triquètres, marqués d'un ou deux sillons, et ont environ quatre lignes de longueur; leur couleur est olivacée dans les cinq sixièmes supé- rieurs , brune au sommet qui est transparent. Cet Hydne qui se distingue facilement de tous ses congénères croissait dans le palais d'Ibrahim , au Caire , sur de vieilles pou- tres qu'il envahissait dans un assez long espace. Je l'ai dédié au voyageur qui a enrichi la Botanique de beaucoup d'espèces nou- velles ou peu connues. j. DECAiSNE. — Plantes d'Egypte. 195 Podaxon œgyptiacus Montag. P. stipite fibroso torto lignoso, peridio oblongo ochraceo spo- ridiis fusco-purpurascentibus. Hab. : Dans les sables mouvans du désert entre Suez et Gaza. Obs. Quoique l'individu unique et incomplet rapporté par M. Bové ne nous ait pas permis d'observer cette curieuse Lyco- perdacée dans toutes les phases de son développement, nous pouvons poiu^tant la distinguer par des caractères certains des deux espèces de la seconde section de ce genre, tel qu'il est établi dans le Systema mycologicum. Le pédicule, un peu renflé à sa base, C|ui offre une con- sistance molle analogue à celle de l'amadou, est droit, fistu- leux, long de près de 4 pouces, y compris la portion qui se pro- longe à travers le péridium , épais de 1 lignes et demie à 3 lignes, et composé de fibres d'une dureté extrême , contournées en spirale. Le prolongement faisant l'office de columelle dans îe péridium et auquel est attaché le réseau chevelu, est moins dur, moins épais, plus flexible et plus élastique. Le capitule a la forme d'une datte ou d'une olive un peu allongée ; sa lone^ueur est de 14 lignes et son diamètre de 5. Dans l'échantillon que j'ai sous les yeux, il n'en reste que les filamens et les sporidies qui y sont fixées. Cependant on remarque encore çà et là quelques squames qui décèlent la couleur ochracée de ce péridium avant sa rupture, couleur , au reste, dont il a été tenu note par M. Bové. Les sporidies observées en masses et à l'oeil nu , sont d'un pourpre brun très prononcé; vùes*au microscope, elles paraissent brunes avec un pomt transparent d'un jaune d'or au centre. Leur forme est sphériqne. N'ayant trouvé aucune trace de coiffe icalyptrd) , nous ne pouvons dire si , dans le jeune âge, ce champignon en est re- couvert. Notre espèce diffère ànP.calyptratus^r. [Lycoperdon axatum Bosc), dont nous avons vu la figure, non-seulement par ses di- mensions et la forme tant du péridium que de la racine, mais l3. ï9^ J. DECAisNE. — Plantes d^ Egypte. encore par la couleur des sporidies qui sont d'un pourpre-brun dans la plante d'Egypte, olivâtres ou iDistrées dans celle du Séné- gal Le Ljcoperdon pislillare L. s'éloigne encore davantage de l'espèce en question, soit par la forme en massue, soit par la couleur safranée de son péridium , soit enfin par ses sporidies ferrugineuses. CYPERACEiE. Scirpus œgyptiacus Nov. spec. S. culmo tereti, apice subulato umbellam compositam œquante, spicis pedunculatis patulis v. reflexisovatis, squamis margine membranaceo apiculatis fuscis, antherarum apicibus lanceo- latis setisque hy.pogynis fimbriatis. Hab. sur les rives du Nil. Obs. Cette espèce se distingue aisément du S. lacustris par ses chaumes plus grêles, ses épis plus petits portés sur des pédon- cules étalés ou réfléchis, très rarement sessiles, géminés ou ternes; les soies hypogynes sont brunes, aplaties, fimbriées au lieu d'être raides, presque subulées et munies de denticules re- courbées, comme elles le sont dans l'espèce commune. On lui reconnaît au contraire la plus grande analogie, par son en- semble général, avec le «S. littoralis auquel Sprengel réunit avec raison le S.fimbrisetus Del., mais elle en diffère par ses chaumes cylindriques, ses épis un peu moins gros, ses anthères termi- nées par un appendice lancéolé et fimbrié, tandis qu'ils sont tronqués quoique fimbriés dans le S. littoralis, très bien repré- senté dans la Flore d'Egypte , sous le nom de S.fimhrisetus. CHENOPODEiE. Cornulacca monacantha Delil. FI. Egyp. p. 206 , t. 22 , fig. 3. Spr. Syst. I. p. 816. (Bové, n. 248.) Hab. : près de Suez. Salicornia fruticosa L. ( Bové , n. 4 f •) Hab, : les marais salés près de Suez. j, DECAISSE. — Plantes d'Egjpte. [97 S. cruciata Forsk. — Delil. Fl. Egyp. descr. p. 69(Bové,n. 42.) Hab. : avec la précédente. Echinopsilonmuricatum^loq. Ann. Se. Nat. 1. (i834) p. 27. — Villemetia muricata Ejusd. 1. c. tom. i , p. 206. — Cornu-- lacca 7nuricataJ)e\. Descr. Egyp., p. 81. — Saiso la muricata L. Spr. Syst. i. p. 926. — S. monohracteata Forsk. Hab. : le désert entre le Caire et Suez. ANREDERA Juss. Ca-kac. GENER. Bracte^ 4i ^ inferiorcs minimae deciduœ, a superiores concavae, naviculares, membranâ latissimâ dorso alatae, florem ineludentes. Calyx 5-partitus, laciniis subaeqiia- libiis membranaceis , exterioribus latioribus apice inflexis, œstivatione imbricativâ. Stamina 5 laciniis opposita; filamenta subulata basi in discum brevem subcarnosum calyci adnatum interse coalita; antheras sagitfatse introrsae. Stylus brevis, tri- partitus, ramis apice incrassatis emarginatis papillosis. Utri- culus circumcissus? monospermus. Anrederaspicata Juss. Gen. p. 84. Gmel. Syst. veg. p. 454^ Pers. Syn. I , p. 297. Poir. Encycl. siipp. i, p. 391. Kth. Syn. pi. œquinoct., i,p. 475. Spreng. Syst. i , p. 824. Basella vesicaria Lamk. Encycl. i , p. 382. AVilld. Sp.pl. i,, p. i5i5. Poljgonum scandens Linn. Willd. Sp. pi. 2. p. 456. Fagopyrum scandens Sloane Jara. p. i38* t. 90, f. i. Hab. Cette plante, originaire du Mexique, est cultivée d^Ds quelques jardins du Caire ,.011 elle sert à orner et à couvrir les berceaux. Obs. Depuis la publication de ce genre dans le Gênera plari' tarum^ les divers auteurs qui ont eu occasion de le décrire ont tellement varié sur ses caractères, que je crois utile de le re- produire ici. A. L. de Jussieu, qui a retiré celte plante des Polygonum où l'avait classée Linné, n'a établi son genre que sur des ma- «9^ J- DECAisNE. — Plantes d'Egypte. tériaux insuffisans, de manière que le caractère qu'il trace est incomplet, comme il le fait observer lui-même. Le calice est dé- crit à deux pièces; il n'y est point fait mention des étaraines ni du verticille auquel elles sont opposées; le style est dit bifide. Gaertner fils ( i8of)) décrit les pièces extérieures comme for- mant un calice monophylle à quatre dents, dont deux plus pe- tites (très caduques) et deux grandes persistant après la fécon- dation. Le verticille qui précède les étamiues n'est pas mentionné. (Corolla o). Lamarck, dans l'Encyclopédie, signale cette plante sous le nom de Basella ; les caractères sont à-peu-près les mêmes que ceux exprimés dans le Gênera; mais il représente dans ses Illus- trations le style bifide et chacune des branches elle-mêmes pro- fondément divisée en deux parties. Sprengel , dans son Sjstema, reprend le cacactère tel qu'il a été donné par M. de Jussieu. Enfin M. Runth reconnaît à cette plante un calice à cinq par- ties, dont deux extérieures carénées, ailées sur le dos, et trois intérieures un peu plus courtes , concaves ; cinq étamines ; trois styles; pour fruit un akène. Comme on vient de le voir, les caractères de XAnredera diffè~ rent suivant les botanistes qui l'ont décrit, mais chacun en par- ticulier apporte un trait d'organisation qui convient à la plante, avec plusieurs autres inexacts, de manière que celui que je pro- pose n'en présente en réalité aucun entièrement nouveau; c'est le résultat d'une sorte de triage entre ces caractères les uns vrais et les autres faux. Voici ce qu'on remarque : d'abord, à la partie supérieure du pédicelle uu peu renflé, deux petites écailles ovoïdes, mem- braneuses, l'une inférieure, l'autre supérieure par rapport à l'axe de l'épi, très caduques, alternant avec les deux grandes divisions latérales persistantes, très développées, concaves, appliquées l'une contre l'autre par leurs bords. Le calice ren- fermé dans la cavité que forment ces deux grandes bractées, est à cinq parties, à estivation imbricative, un peu inégales, les deux extérieures plus larges, infléchies à l'extrémité supérieure. Les étamines, au nombre de cinq, sont opposées aux divisions j. DECAiswii. — Plantes cV Egypte. 199 calicinales, les filets sonl subiilés, dilatés à la base où ils for- ment par leur réunion un disque cupuliformeun peu charnu adhérent au calice; les anthères sont sagittées. Le style, très court, se divise en trois branches un peu élargies et légère- ment échancrées au sommet. Le fruit paraît être un utri- cule s'ouvrant transversalement, si on en peut juger ainsi d'à- près une ligne circulaire d'un tissu un peu différent qu'on ob- serve vers la partie moyenne de l'ovaire. L'intérieur du fruit était vide, dans mes échantillons comme dans ceux qu'a figu- rés Gaertner, de sorte qu'on ignore encore la forme de l'embryon qui doit être périphérique, d'après la forme des grai- nes avortées que j'ai pu examiner. La présence de ces deux sortes de bractées caractérise bien nettement X Anredera , car je ne crois pas qu'on puisse regarder ces deux paires de foholes comme autre chose, le calice étant véritablement le verticille à estivation imbriquée, à cinq divi- sions auxquelles sont opposées les étamines. Si on admettait que les deux paires de folioles dussent être regardées comme le calice, le verticille que j'ai regardé comme tel serait une corolle qui, par la portion des étamines, devrait faire rapporter cette plante à un groupe de monopétales , où s'observe ce caractère : rapprochement qu'aucun botaniste ne sera tenté de proposer. \1 Anredera , par la présence des deux bractées très dévelop- pées et celle d'un calice à cinq pièces, réunit, pour ainsi dire davantage les deux familles des Amaranthacées et des Atripli- cées. En effet la disposition de ces deux larges bractées, pré- sente quelque analogie avec ce qu'on observe sur les fleurs de plusieurs genres des Amaranthacées, les deux sortes de fleurs si remarquables qu'on aperçoit sur les J triplex, ne peuvent être, je crois, assimilées à ce qu'on observe sur X Anrederay car les deux fleurs biparties des Atriplex (i) ont la préfloraison valvaire comme les grandes bractées de V Anredera, mais elles (i) M. Dupont, dans uite exeellente notice insérée dans le Journal de physique (juillet 1818), a établi que l'infloreseeuce des Atriplex était composée de (rois sortes de fleurs, les unes à ein([ parties mâles et femelles et non hermaphrodites, les autres biparties constamment femelles. 200 3. DECAiSNE. — Plantes d'Egypte. occupent presque constamment la bifurcation des rameaux de la cime contractée qui constitue l'inflorescence des Chénopo- dées, tandis que les fleurs à cinq divisions ont la préfloraison quinconciale et sont accompagnées de trois bractéoles, une inférieure et deux latérales qui manquent totalement dans les autres sortes de fleurs. Il arrive souvent aussi dans des cas de monstruosité des Atriplex patula et hastata , que l'intérieur de ces deux pièces qui constituent seuls les enveloppes de ces fleurs femelles, se couvre de petits globules qu'on peut con- sidérer , je crois, comme des productions florales très imparfaites produites par des cymes avortées naissant à l'aisselle de ces deux folioles et soudées à leur paroi intérieure. Les fruits provenant des fleurs biparties, sont toujours comprimés, légèrement sli- pités et produisent, par la germination, ainsi que les fruits déprimés des fleurs à cinq parties, des plantes qui donnent, comme on pouvait le supposer d'avance, des inflorescences renfermant encore des fleurs de deux sortes. La différence dans ces deux modifications de fruits , en produit également une dans le mode de courbure de l'embryon, qui suit toujours dans les deux cas la plus grande courbe de la graine, les cotylédons restant incombans dans les deux cas. Les genres Basella, Anredera , Hablitzia et Lecanocarpus réunis pourraient former à la fin des Chénopodées un petit groupe qui réunirait presque cette famille à celle des Amaran- thacées. LABIAT^. Leucas inflata Ben th. L. fruticosa, foliis sessilibus orbiculatis basisubcordatis utrin- que liirsutis viridibus, floralibus conformibus, verticillastris 6-io-floris subspicatis,bracteis minutis, calycibus ovato-inflatis striatis, dentibus dénis brevibus erectis, fauce intus subnuda. Leucas inflata Ben th. Lab. Gen. p. 744. [Sideritis, Bové,n. 68 et 5.8.) [lab. : le désert de Siieii à G.iza. j. DECAisNE. — Plantes d^ Egypte. 2oi Thymus Bovei Ben th. T. erectus, ramis rigidis strictis villosis, foliis breviter petio- latis ovatis obtusis planiusculis margine petiolisque subcilialis, floralibus conformibus adpressis, verticillastris paucifloris spi- catis, calycis labio superiore niaximo breviter tridentato, infe- rioris laciniis subulatis ciliatis. Thymus Bovei Beiith. Lab. Gen. p. 34'2. {Satureia Bové, n. 68. ) Hab. : le désert de Suez à Gaza. Fruticulits basi ramosissimus , erectus , 6-g-pollicaris. Foj.ia ferc '1\ Pi- perellœ. Verticillàstri subsexflori , inferiores parum distantes, superiores iii spica poUicari densa approximati. Calyces subsessiles villosuli , erecli , adpressi vel maturi subnutantes. Gorolla T. Serpylli. (Benth. 1. c.) OROBANCHEyE. Orobanche Delilii. Nov. spec. O. simplex v. ssepiùs ramosa, ramis angulatis pubesceritibus, squamis cauliiiis lanceolatis acutis semi-poliicaribiis, floralibus brevioribus, spicis ramulos terminantibus laxifloris, floribus sessilibu.s, calyce cupuliformi deiitibus laiiceolato-setaceis, co- rollâ pollicari extrorsùm puberulà fauce dilatatâ introrsùm pu- bescente, staminibus infrà médium tubum insertis, filamentis glabris , stylo glabro fauci sequali. Orobanche ramosa Délit. FI. Egypt. ex herb. [Orobanche , Bové , n. 160.) Hab. : Dans les jardins du Caire , où il croît sur les racines des choux et des mélongènes. Obs. Cette plante atteint de huit à douze pouces de haut; les tiges sont brunes; les fleurs d'un bleu d'azur ne sont pas aussi scarieuses que dans YO. ramosa , mais du double plus grandes; les séj)ales restent soudés dans leur moitié inférieure, de mauière ({ue le calice est presque campanule, cupuliforme, les derits 302 J. DECAISSE. — Plantes cV Egypte. sont subulées. Elle paraît être très voisine de l'O. œgyptiaca Pers, mais elle en diffère par ses fleurs sessiles. J'ai observé sur cette plante plusieurs ovaires à quatre pla- centaires et des capsules s'ouvrant en quatre valves sans que la corolle présentât la plus légère anomalie. COMPOSITE. Asteriscus graveolens Less. Gen. Comp., p. 209. — Buphtal- mum graveolens Vahl. (^Buphtalmum y Bové, n. 116,) Hab.: le désert entre le Caire et Suez. Obs. Le genre Ceruana ne peutj> ce me semble , rester éloigné des Asteriscus ., dont il ne diffère que par un caractère de peu de valeur, celui de la double rangée de fleurs femelles du ra^^on. Dans les C. pratensis et spinosa, les appendices des anthères ne sont pas moins développés que dans les A. graveolens et mari- timus j tandis que, dans une autre espèce du même genre, XA, flosculosus {Buphtalmum'yeut. — B. arabicum Delil.)(i), 'es appendices sont filiformes et atteignent en longueur presque la moitié des filets staminaux. Le caractère du double rang de fleurs femelles et des anthères à peine caudées est ce qui a engagé sans doute M. Lessing à placer le genre Ceruana dans sa tribu des Baccharidées, où il se trouve posséder seul un ré- ceptacle couvert de larges bractées coriaces semblables à celles qui s'observent dans les Asteriscus; les autres caractères, tirés de l'aigrette ainsi que de la forme du fruit, semblent encore devoir éloigner ce genre des Baccharidées et le réunir auxBuph- talmées, dont il a en outre tous les caractères extérieurs, et oui Cassini l'avait placé. J'ai pu étudier, d'après les échantillons rapportés par Pacho, la plante que M. Lessing a décrite sous le nom de Ceruana fru- ticosa y et m'assurer qu'elle ne diffère pas suffisamment du C. {i) Fragiiieiis d'une Flore de l'Aiabie-Pélrée , p. i4, t. r, fig. 4. j. DECAISSE. — Plantes d^Egjpte. 2o3 pratensis pour en être séparée; c'est une plante qui varie beau- coup, suivant ses différens âges, tant par la grosseur des capi- tules que par le nombre des fleurs femelles de la circonférence; elle présente aussi beaucoup de variation quant à sa grandeur, car suivant le rapport de M. Delile, elle atteint quelquefois des dimensions telles qu'on l'emploie, en Egypte, pour faire des balais. OXALIDEiE. Oxalis Libyca Viv. Flor. Libye, p. 24? t. x3, f. 2. Sp. Sysï. 2, p. 4^6. Obs. Cette plainte croît spontanément dans les jardins, ainsi que dans quelques parties humides et cultivées des environs du Caire. M. Viviani indique la sienne comme se trouvant dans les prairies de la Cyrenaïque. SALICARIEiE. Lyihrum tribracteatum Salzm. — Spr. Syst. Hab. : les chanips humides près du Nil. (Bové, n. Say.) MORINGE^. Moringa aptera Gaertn. — Nob. Pi. 4. M. rachibus aphyllis elongatis deflexis gracilibusj fructibus obtuse triangulatis sulcatis torulosis rostratis; seminibus ro- tundo-v.-subturbinato-trigonis apteris. Moringa aptera Gaertn. Fruct. 2, p. 3i5. D. C. Prod. 2, p. 478. — 'M. zeylanica L. Delil. FI. Egypt. Sieb. PI. œgypt. exsic. ~ Balanus myrepsica Belon, Obs. p. 126. (édit. fr. i553). Hab. : dans le Senaar (Bové), Egypte supérieure ; Spont? (Sie- ber) au mont Sinaï et en Palestine (Belon); cidtivé au Caire. DESCR. Arbok, arinoaetat.octavo, 25-3oped. ait., lamosa, rarniscorticefusco vestitis. Ramuli epidcrmide herbacea viridi-glaucâ vesliti, graciles. Stipuliî 2o4 J. DECAISSE. — Plantes d'Egypte. (in sp. juu. cuit.) tenues, lanceolato-oblongae, coloratae , deciduse. Foma ad petiolos reducta , racliide communi ped. i et ultra longâ suprà plauiusculâ ra- cliides partiales 6 gerente geminallm oppositos, graciles, deflexos, inter juga glandulis stipitatis glabris instructos ; (in spcc. junior in Musei caldariis ho- diè cultis sunt folia rachibus secundariis 4 oppositis, 1-2 pinnis, foliolis cir- citer 5-9 jugis, infîmis subsessilibus petiolulatis rachide articulatis, décidais, se- raipollicaribus, obovaîis^obtusis,terminalimajori longe petiolatoovatov.obovato, glaucescentibus. Paniculae axillares folium sequantes, raultiflorae , erectae, ra- mosae, ramiserectis basi foliole squamiformi instructis, herbaceis, glaucescentibus V. pubc tenuissimâ farinaceâ incanis. Flores pedicellati (illas M . pierygospermœ referentes) pedicellis articulatis, basi bracteolatis , bracteolis minimis citissiraè deciduis. CALYx5-partitus,laciniisin œstivatione imbricatis, subaequalibus, oblon- gis, acutiusculis, extrorsùm parte obtectà incano-puberulis , longitudinaliter ve- nosis, introrsùm pube tenuissimâ undique incanis, primo erectis dein patulis v. reflexis, Petala, œstivatione irabricatâ, perigyna, oblongo-linearia, superiora vix longiora, (in sicco) undulata, crassiuscula , glabra , foliolis calycinis longiora , re- flexa V. saepè revoluta. Stamina loinaequalia, superiora (axi proxima) majora, basi in discum brevem cupularem cum caiyci concretum coalita^ indè perigyna, basi sublibera, suprà usque ad médium monadelpha, apice distincla, infernè villosa ; fila- menta 5 exteriora sepalis opposita sterilia, membranacea, glabra, fertilibussubbre- viora ; 5 antherifera petalis opposita, crassiuscula. Anther>e uniloculares rima longitudinali déhiscentes, oblongo-ovatse, crassiusculœ , medio dorso affixse, in- trorsae, post anthesim peltatœ, pallidse. Pollen rotundum, punctis tribus papillosis, aureum. Stylus ovarium superans, teres, glaber, apice submembranaceus, tubu- losus, margine (stigma?) subintegro. Ovarium liberum, stipitatum, ovato-obïon-- gum, 3-sulcum, lenuissimè puberulum, uniloculare, placentariis tribus vix pro- rainulis parietalibus multiovulatis, ovulis uniseriatis anatropis, pendulis, deiu lineare, elongatum, subcompressum. Fructus leguminiforrais, rostralus, obs- cure trigonus, torulosus, longitudinaliter sulcatus , 6-costatus , costis 5 placenti- ferisangustioribus, 3 alternis suturse longitudinali respundentibus ; unilocubris , 3-valvis, valvis medio sepliferis, septo accrescente fungoso, albo, in dissepimento transversim extenso. Semina ovato-v. turbinato-trigona, pendula, ad apicem hilo albo suberoso notata; testa subcrustacea, extùs griseo-fusca. opaca, inlùs membranâ interna venosâ, albâ, crassâ veslita. Embryo reclus ; cotylcdones carnosae, plano-convcxae, albse , germinatione bypogese; radicula parvula , vix prominula ; plumula cum foliolis piimordialibus ponspicua. Oes. Cet arbre remarquable jDaraît avoir été introduit au Caire, où il est aujourd'hui cultivé, de graines venues du Sennaar; cel- les-ci sont fort répandues dans les marchés de l'Egypte, où on les emploie à diffërens usages médicinaux ou ahmentaires et, suivant le rapport de M. Eové, on en exporte uiie assez grande quantité en Palestine et en Syrie, l! î)araît certain que ce sor;t j. DKCAiSNE. — Plantes crEgypie. 2ô5 elles qui produisent, par expression de leurs cotylédons, l'huile de Ben du commerce, c'est du moins l'opinion des anciens au- teurs. Van Rheede et Rumphius, qui s'étendent longuement sur une foule d'usages auxquels on emploie les feuilles ou les graines du Morlnga pterjgosperma , ne disent cependant pas qu'on en fasse derhuiie,tandis que Bçlon, qui est en tout sivéri- dique, fait plusieurs fois mention de ce produit et de l'arbre lui-même, sous le nom de Balanus myrepsica. Il le cite dans son voyage au mont Sinaï, où il ne paraît plus exister aujour- d'hui. L'usage où sont les Arabes de couper les arbres pour en faire du charbon aura probablement détruit celui-ci déjà, à ce qu'il paraît, assez rare à l'époque où Bélon parcourait l'Arabie. Voici ce qu'il écrit à ce sujet : « le montay là haut sur la roche, où ie trouvay des arbres de Balanus Myrepsica, croissant à la hauteur d'un bouleau, entre les rocs : auoit aussi ses rameaux de mesme façon, car il est blanc par le tronc : tellement que quand ie le vey de loing, ie pensoye fermemèt que ce fust un arbre de bouleau. Les habitats de Pharagou (village non loin de Tor) sont diligents à recueillir sa semence, de laquelle ils font grande quantité d'huille. Ce qui le me feit trouuer, est que vey des semencea auec les siliques, qui se fendent en trois, qu'un Arabe du pays avoit là amassées en un monceau auprès du village. » Plus loin , ce célèbre voyageur fait encore mention du Moringa qu'il a rencontré dans les montagnes de la Pales- tine. «Estant, dit-il, encor dessus le Cousteau, avant arriver au Carbaschara, trouuasmes l'arbre nommé Balanus Myrepsica, lequel, au regard de ceux de l'Arabie, est moult grâd, sem- blant à un bouleau, autrement nommé Betula. » Bélon ne dit point si les arbres qu'il observait étaient privés de folioles comme celui rapporté du Caire par M. Bové, qui m'a assuré n'avoir jamais vu ces arbres en produire. Les échantillons que j'ai examinés dans l'herbier de M. Gay, recueillis par Sieber dans la Haute-Egypte, sont également dans le même état, tandis que les jeunes individus cultivés dans les serres du Mu- séum sont, au contraire, pourvus de foholes. Il arrive proba- blement que, dans un âge plus avancé, les folioles avortent ici comme dans un grand nombre de Légumineuses. 2o6 J. DECAISSE. — Plantes d'Egypte. Quant à la place que doit occuper le Moringa dans l'ordre na- turel, elle est encore fort peu certaine, et les diverses opinions émises avec réserve par M. Lindley , au sujet de l'analogie que présente la famille des Moringées avec celle des Violacées, Buttneriacées ou Bignoniacées, indiquées, soit dans les Nixus ou l'Introduction au Système naturel, publiés par ce savant, me paraissent moins justes que celles qui tendraient à considérer cette famille comme voisine du groupedes Légumineuses. Au reste M. Lindley n'ayant pas conservé, dans la série des familles qu'il a donnée , le caractère de l'insertion , a pu indiquer de l'analogie entre les Moringées, les Tiliacées et les Violacées, comme on pour- rait tout aussi justement lui en attribuer avec les Sapindacées ou les Oxalidées. Cependant quoiqu'il soit prouvé que le caractère de l'in- sertion offre souvent des exceptions, il n'en reste pas moins encore un des plus importans et d'après ce fait, je crois que le Moringa ne peut offrir qu'un rapprochement bien faible avec les Bignones qui ont bien , il est vrai, des feuilles compo sées, mais non alternes, des anthères parfois uniloculaires, mais portées sur un seul rang de filets insérés sur une corolle monopétale hypogyne. La même objection tirée de l'insertion peut également s'appliquer aux analogies qu'on pourrait trouver entre les Moringées, les Violacées et Buttneriacées , soit à cause de la placentation pariétale de la première, soit par le double rang d'étamines de la seconde, lesquelles, dans ces deux cas, s'insèrent sous l'ovaire. Les différences d'organisation assez nombreuses et impor- tantes qui séparent cette famille des Légumineuses , se trou- vent surtout dans la structure du fruit, car la disposition des parties du calice , de la corolle et des étamines , ne s'écarte pas beaucoup de ce qu'on observe habituellement dans ces der- nières; mais les anthères uniloculaires , le style tubuleux, l'ovaire à trois placentaires pariétaux et la capsule s'ouvranî en trois valves dans le Moringa^ n'ont rien d'analogue parmi le groupe des Légumineuses. Les cloisons qui caractérisent les fruits de quelques genres de cette famille, diffèrent encore essentielle- ment de celles qu'on observe dans les Moringées : dans celles-ci j. DECAiSNE. — Plantes d/Eg^pie. 207 la séparation est formée par le prolongement subéreux des trois placentas qui viennent se réunir au lieu d'insertion d'une graine, là où le tissu cellulaire qui compose les placentas peut plus facile- ment se dilater, chacune des valves produisant alternativement une graine , tandis que dans les Légumineuses elles sont in- sérées horizontalement entre chacune des cloisons formées par le tissu du péricarpe. Les graines sont pendantes dans le Moringa, comme dans plusieurs Légumineuses: ainsi cette position contrarie moins les rapports avec l'autre famille que la forme des graines, la nature particulière du testa, son opa- cité et l'absence de la caroncule. La présence des glandes et des stipules sur les feuilles indique aussi des analogies avec les Lé- gumineuses. EXPLICATION DE LA PLANCHE IV, Fig. A. Rameau de grandeur naturelle du Moringa aptera . A' portion supérieure d'une pani- cule également de grandeurnaturelle. Fig. r. Plan symétrique de la fleur. Fig. a. Un bouton à flenr , grossi ainsi que les autres détails qui suivent, Fig. 3, Une fleur dont une partie des sé- pales coupés. Fig. 4. Un sépale. Fig. 5. Un pétale. Fig. 6. Une anthère vue par le dos. Fig. 7. La même vue par devant, afin de montrer sa déliiscence. Fig. 8. Pollen. Fig. 9, Une étamine dont l'anthère est avortée. Fig. 10. Coupe verticale d'une fleur , afin de montrer l'in- sertion périgynique des parties et la forme de l'ovaire, a. calice, b. pétales, c. étamines, e. ovaire. Fig. II. Coupe transversale d'un ovaire. Fig. 12. Portion verticale d'un fruit, afin de montrer la position pendante des graines du milieu de la loge. Fig. i3. Un ovule. Fig. 14. Graine de grandeur naturelle, a. le hile, b. le point où correspond la chalaze. Fig. i5. La même cou- pée verticalement, a. testa, b. membrane interne, c. hile, d. chalaze, e. cotylédons, /. gem- mule. Fig. 16. Cotylédon séparé avec la gemmule. Fig. 17. Celle-ci séparée. Fig. 18. Coupe transversale des cotylédons. Fig. 19. Une foliole prise sur un jeune individu de Moringa vi- vant dans les serres du Muséum. Fig. 20. Germination; les cotylédons sont hypogés. PAPILIONACE^. Voandzeia suhterranea Du Pet. Th. — D. C. Prod. 2 , p. 474- — Glycine suhterranea L. — Arachis af ricana Burm. Obs. Cette plante, aujourd'hui cultivée au Caire, y a été ap- portée à ce que dit M. Bové , de graines venues de la Nubie supérieure. Ce fait confirmerait l'opinion de M. R. Brown qui regarde l'Afrique comme la patrie de cette plante. Le Voandzeia ^ dont la structure de la graine était encore in- Qo8 J. DECAïSNE. — Plantes d'Egypte. connue, me paraît devoir appartenir à la tribu des Phaséolées. Ses fruits portés par des pédoncules grêles , allongés, glabres , sont indéhiscens , arrondis , entourés par un bourrelet formé, d'un côté par la suture dorsale plus large, un peu rugueuse terminée par un bec court formé par le rudiment du style,- de l'autre par la suture ventrale plus étroite. Le sarco- carpe, à l'état sec, est coriace, jaunâtre; l'endocarpe est membra- neux , d'un blanc argenté comme dans les Phaséolées. La se- mence est presque ronde, àtesta lisse, opaque, rouge-noir; lehile est presque rond d'un blanc pur, un peu charnu, la caroncule est formée par deux petites protubérances linéaires élargies à la base vers laquelle on voit deux petites taches rondes noirâtres. Le testa est mince, légèrement crustacé, tapissé intérieurement par la membrane interne très fine, d'une couleur blanche argentée; les cotylédons sont blancs, très charnus; la radicule est petite, courbée sur leur commissure; les deux feuilles primor- diales sont déjà très visibles ainsi que les stipules cordifor- mes qui les accompagnent. Si on peut juger de la position des premières feuilles d'après celle qu'elle offre sur la plumule, elles sembleraient être alternes lors de la germination , car on en observe une un peu plus grande et plus haute que l'autre. On voit par l'ensemble des caractères que je viens de tracer des fruits et des graines du Foandzeia,({ue ce genre , en suivant le tableau donné par M. De Candolle dans son Prodrome, ap- partiendrait à la division des Légumineuses à embryons cour- bes, et viendrait se ranger dans la division des Sarcolobées, ren- fermant la sixième tribu des Dalbergiées, quoiqu'il me paraisse se classer plus naturellement dans la tribu des Phaséolées. MOQUiN-TANDON. — Gciieva Chenopodeciriim. 209 CONSPEGTUS GENERUM CHENOPODEARUM (Atriplicearum Juss. et Chenopodearum DC. Gen.) , Auctore A. Moquin-Tawdoiv. Subordol. SPIROLOBE^ C.A. Meyer. Embryo spiralis. — Albumen nullum vel parcuni ,bipartitum, excentricum. — Folia saepius subcylindrica, carnosa. Tribus 1. SALSOLE^. (^Anabaseœ et Salsolearum Gênera G. A. Mey.) Flores hermaphroditi , bracteati. — Semina verticalia vel hori- zontalia. — Integumentum simplex, membranaceum. — Albumen nullum. — Embryo conico-spiralis (cochleatus ). Caulis continuus aut articulatus. — Folia saepius semiteretia. { ç, , ( Calyx alalus. . . Anabasis L. I oquamulael •' 1 hypogynœ. (.^|^^ g^j^-f^^ ^ Cornulacca Del. Semen ] \ verticale, j , C^lyx alatus. . . Halogeton C. A. Mey. SALSOLE^.( |Squamulae| I nuUae. 1 Calyx inappendi- \ ( culatus. . . . Halimocnemis G. A. Mey. Seraen l Calyx inappendiculatus . Traganum Del. Calyx alatus Salsola L. horizontale. \ IV. BoTAN — Octobre. 2 H) MOQiJiN-TANDON. — Gejiera Chenopodearum. I" ANA.BASIS. {Anahasis sp. \^.-=Anah. prim. sect. (partim), Schrad.= Anah, et Brachjlepis C. A. Mey.)j Flores hermaphroditi , bibracteati. — Sepala 5, demùm dorso transversira alata. — Stamina 5, receptaculo inserta. — Squamu- lae hypogynae 5, cum staminibus alternantes. — Styli 2, brevis- simi, divaricati. — Fructus(utriculns) compressas, succulentus val subchartaceus, calyce clauso et 5-appendiculato involutus; pericarpio pulposo. — Semen verticale , suborbiculare; integu- raento simplici, membranaceo. — Albumen nulliira. — Embryo cochleatiis; radiculâ dorsali. Frutices vel suffrutîces, articulât!, aphylli aut foliis parvulis basi connatisinstructi. — Flores sessiles, oppositi. — (abortuin- terdùm alterni). — Squamulae rainulae obtusœ, interdùm ciliolatse^ aut villosiusculoe, à filamentis omnino distinctte. — Alœ 3 aut 5, suberectae . Obs. Species 8, quœdam dubise, Sibiricae, Persicse, Taurico- Caucasicae et iEgypto-Arabicœ, quarum una crescit in Hispania. A génère dimovendœ A. foliosa L., tamariscifolia L., spinosis- sima\j.f Sieversi ^\^à. ^ glomerata Bieb. , nionandra Bieb., ob squamularum absentiam, stigmatum structuraQi, nec non alios caractères et totum habitum. Anabases verse sic disponendœ : -j- quinque-alatse. Ex. : A. Amniodendron C. A. Mey. *j*-J- trialatœ Ex. ^. aphjlla L. Brachjlepis clar.' C. A. Meyeri Anahasis congener. Caracter alarum delectus non legitimum ; in Brachjlepide salsâ C. A. Mey., ut in Anahas. aphyllâ L., calyx alifer; sed alae minutse, vix cons- picuse, colore calycis et ad ejus apicem applicatse, indè vix conspicuse (Vide Bélanger. Flor. Pers.) Linnseus calycem sub coroilae nomine, et bracteas foliumque florale conjunctim sub calycis nomine designavit. MOQUiN-TANDON. — Gênera Chenopodearuni. 1 1 1 2° CORNULACCA^ Del. Flores hermaphroditi , bibracteati. — Sepala 5 demùm sicca et indurata, uno dorso spinifero. — Stamina 5, receptaculo in- serta. — Squamulae hypogynse 5 , cum staminibus alternantes — Styli 2, filiformes, infernè coaliti. — Fructus (utriculus) com- pressiis , calyce subcapsulari et unispinoso obtectus; pericarpio membranaceo. — Semen verticale , suborbiciilare; integumento simplici tenuissimo. — Albumen nullum. — Embryo in cochleam subcompressam convolutus;radiculâ dorsali, Suffrutex ramosus, haudarticulatus. — Folia alterna, subtrique- tra, carnosa. — Flores villisinvoluti. — Squamulae membranaceœ, sublineares, erectœ, infernè cum filamentis in tubum coalita?. ■ — Spinula longa , rigida , acuta , subverticalis. Obs. Species unica ^Egypto-arabica. C. monacantha Del. Genus omnino distinctura. 3' Halogeton C. a. Mey. {Anahasis et Salsoîœ sp. Auct. = Anab. prim. sect. (partim' Schrad.) Flores hermaphroditi, bibracteati.— Sepala 3 aut 5, demùm indurata et dorso transversim alata. — Stamina i, 3 vel 5, re- ceptaculo inserta. — Squamulae hypogynae nullae. — Styli 2,seta- cei, basi cohaerentes. — Fructus (utriculus) compressus, sub- chartaceus, calyce 3 -aut 5-appendiculato inclusus; pericarpio membranaceo, interdùm suprà crassiusculo. — Semen verticale, suborbiculare ; integumento simplici, membranaceo. — Albumen nullum. — Embryo cochleatus; radiculâ dorsali. Herbae vel suffrutices, glabra vel pubescentia. — Folia altern? vel opposita, semiteretia, carnosa. — Flores axillares. — Alœ 3 aut 5, subinaequales , patentes. Obs. Species 8, Sibiricae, Persicae, Taurico-caucasicae, iEgyp- to-arabicœ , quarum una aut 2 Hispanicae, sic disponendaî : 110. MoQiJN-TANDON. — Generci Chenopodcarum. *j- Quinquealalae. Ex.: H. spinosissimus i^Anabasis spinO" sis.sima L. ) -f-j- Trialatae. Ex. : /^. oppositiflorus {Salsola oppositifLora Pall.) Halogetones ad Salsolas habitu accédant; discrepant tamen , semiiie verticali iiec horizontali. Ab Anahasi et Cornulaccâ squamulis hypogynis nullis differunt. 4° Halimocnemis C. a. Mey. [Anabasis et Polycnemi sp. Auct. = Anab. sect. ecund. Schrad.) Flores hermaphoditi, bibracteati. — Sepala 2, 3, 4 aut 5, de- mùm indurala inappeudiculata. — Semina i-5, receptaculo inserta. — Squamulse hypogynae nullaî. — Styli 2, basi plerumque coaliîi.' — Fructus (utriciilus) compressus siibchartaceus, calyce clause protectus; pericarpio membranaceo. — Semen verticale, suborblciilare; integumento simplici, membranaceo. — Albumen nullum. — Embryo cochleatus; radiculâ dorsali. Herbœ , rarissime suffrutices , pubescenti a , raro glabra. — Folia alterna vel opposita, plus minus cyiindrica,succulenta. — Flores solitarii, axillares. — Bracteœ foliis conformes, persistentes, cum sepalis in fructu induratis utriculum siccura arcte includentes. Obs. Species circiter ï4jq"œdara recognoscendae, Sibiricse, Persicae, Taurico-Caucasicae, Arabicœ, sic disponendae : •j* Calyx 2-4-sepalus. : Ex. Disepalus in H. crassifoliâ C. A. Mey. {Polycneino crassifolio Pall. III.); trisepalus in H. vol- uoce C. A. Mey. [Poljcn. triandro Pall. It.) ; tetrasepalus in H. piliferà Moq. in Bélang. FI. Pers. ♦J*-J* Calyx 5-sepalus. Ex.: H. sibirica C. A. Mey. {Polyc- nemwn sibiricum Pall. III.), brachiata C. A. Mey. {Polycn, bra- chiatum Bieb.), tomentosa Moq. in Bélang. MCQUiN-TANDON. — Gênera Chenopodearum. i \ 3 Halimocnemis crasslfolia interdum trisepala videhir, el H. mo- nandra C. A. Mey. {Poljcn. monandrum Pall. 111.) nunc tri, nimc letrasepala. Genus apprimè naturale. Prœcipuè differt ah Haîogetone se- palis muticis, ab Anabasi et Coimulaccâ defectu squamarum hypogynarum et calycinorum appendiculorum , à Salsolâ et Tragano semine verticali. Haliinocnemides plerasque Po/)^CA7e/7zi L. congénères existimant Pallas, Marschal à Bieherstein, "Wil- denow, Schultes et Sprengel. Species sola, H. monandra , ha- bitum Polycneini refert; ceterae omnes nec faciem nec carac- tères hujus generis prœbent. Antherœ nunc suprà appendictdalae nunc simplices; appeii- dicuii membranacei, erecti, ligulaeformes vel cochleariforroes. Cl. Fr. Lessing [Linnœa^ 9 band, a h., 197) hoc genns dividit io Nanophftonem , « appendiculis rostratis, subulatis et elonga- tis >^ f et Halimocnemidem , « appendicuhs, cucuUatis et denta- tis ». Omnes intermedias invenirnus evolutiones inter rostra et cucuUos, inter stamina longé appendiculata et stamina simplicia ; indè caracter ex appendiculorum structura aut presentiâ aut defectu, generis àMeyero conditinon deposcit divisionem. Prœ- tereà , stamina minutissima et antherœ mox deciduse caracteris ex appendiculis desunipti perdifficilem faciunt œstimationem. Salsoleœ haud squamulalœ et seminihus horizontalibus in- structae, [duas naturales constituunt séries, nempè : Salsoleas alatas {Halogetones) et Salsoleas muticas [Halimocneniides?) 5° Salsola. 'ySalsolœ sp. L. = Salsolœ sect. secund. Scfirad.) Flores hermaphroditi, bihracteati. — Sepala 5, demùm dorsu transverslra alata. — Stamina 5, rariùs 3, annulo depresso vel cyathulo hypogyno inserta. — Squamulse hypogyuse nullse. — Styii 2, basi plerumque connati (rarissime stigma subcapitatum, siibsessile). — Fructus f utricuhis) depressus, calyce capsulari et stellatim 5-alato vestitus; pericarpio exsucco, merabranaceo , 2 1 4 MoQuiN-TANDON. — Gênera Chenopodearum. interdùm suprà subchartaceo vel carnoso, raro subbaccato. — Semen horizontale , subglobosum ; integumento simplici , mem- branaceo. — Albumen nuUuni. — Embrjo cochleatus; radiculâ externum spirœ gyrum absolvente. Herbae vel suffrutices, glabra vel pubescentia, rarissime aphyl- la. — Folia alterna vel opposita , subcylindrica, rare planiuscula carnosa. — Flores axillares, sessiles. — Aise 5,maximœautparvulœ, patentes, saepius inaequales, striaiœ , scariosse , interdùm coloratse, rarô crassiusculœ et unguiformes. Obs. Sub nomine Salsolarmn species circiter 80 ab aucto- ribus enumeratœ; sed è génère accuratiùs nunc circumscripto, circiter 3o ad alia rejiciendœ; aS imperfectè descriptae et re- cognoscendaî; qusedam prœterea in herbariis novae et ineditœ; eujus generis certè 25, ferè omnes littoreœ, plerseque Africanse et Asiaticae, 2 aut 3 è Novâ-Hollandiâ, totidem Americanœ, quîe- ilam Emopseanae quarum 2 è Galliâ, S. Soda L. et S. Kali L. {S. Tragus L. certè prsecedentis varietas.) Verœ Salsolœ sic disponendœ : *}* Aise scarios8e,dilatatse(disco calycis longiores). Ex.: S. Kali L., .5. oppositifolia Desf., S. Auricula Moq. in Belang. *j**J* Aloe scariosae, parvulae (disco calycis breviores). Ex. : S. brachiata Pâli. 111., S. tamariscina Pall. 111., S. clavifoUa Pall. m. {^Anahasis foliosa L.) "I"*)**!* Aise crassiuscniae, brevissiraœ (unguiformes). Ex.: S. Soda L-, S. collina Palî. 111., S. brachypteris Moq. in Belang. Salsoleœ haud sqiiamulatœ et embryone horizontaliter co- chleato gaudentes , duo valdè distincta constituunt gênera, nempè : Salsolam calyce alato instructam , et Traganum calyce mutico prœditum. Salsolœ brevissimè alatœ ad Traganum inap- pendiculatum transitionem suppeditant.Sepalorum excrescentia aut simplicitas post florationem , gravissimi momenti genericas suadent in Chenopodeis distinctiones. Genus Caroxylon Thunb. et Juss. à Salsolâ non differt. MOQUiN-TANDOTV. — Gênera Chenopodearum. 1 1 5 6° Traganum Del. Flores hermaphroditi , bibracteati — Sepala 5 , infernè coalita, demùm incrassata et nucamentacea. — Stamina 5, receptaculo inserta. — Squamulae hypogynae nullœ. — Styli 2, filiformes, in- fernè coaliti — Fructiîs (utricukis) depressus, calyce sublignoso et nuciformi reconditus; pericarpio membranaceo. — Semen horizontale, orbiculare, integumento simplici, membranaceo. — Albumen nuUum — Erabryo in cochleam depressam conîor- tus; radiculâ externâ. Frutex ramosissimus. — Folia alterna, parva, subamplexicaulia, subtriquetra. — Flores sessiles, 2, 3-glomerulati, villis involnti. — Filamentamajusciila, crassa, compressa, suprà dilatata, apice truncata. — Antheise sagittatse, acutae, moxdeciduae. Obs. Species unica /Egypto-arabica et Canariensis : 7\ nuda- tum Del. A Salsolâ differt Traganum calyce mutico, antheris sagittatis, fructu nuciformi, villorum involntione, denique habitii. Tribus IL. SUiEDINE^. {Salsolearam gen. C. A. Mey.) Flores hermaphroditi, bracteolati.- — Semina verticalia vel ho- rizontalia. — Integumentum duplex exteriore crustaceo. — Albu- men nullum vel parcum (massulas 2 excentricas efformans). — Embryo plano-spiralis. Caulis continuus. — Folia saepius vermicularia. SU^DTNEiE. Galyx corniculatus (ovariiim superuin) Sciioeeria C.A. Mcy. Calyx itiappeudi- 1 i_ Ovariiim siipeiuni . Su^da Forsk. ulalus. K-arium iufcniin, .1 Schangikia C. A. Mcy. 2 1 6 MOQUiw-TANDON. — OcTiera Chenopodearum. 7° SCHOBERIA. {Schoberice sp. C. A. Mey. ) Flores hermaphroditi, bracteolati. — Calyx profundè 5-fiduSy laciniis subinsequalibus , demùm ciiciillatis et dorso bicorni- culatis. — Stamina 5,receptacnIo inserta. — Disons niillus. — Styli 1 filiformes, infernè coaliti; ovarium superiim. — Fructus (utri- culus) subdepressus, calyce clauso irregulariter substellato cir- cumdiictus; pericarpio membranaceo, non adhérente. — ^ Semen horizontale, lenîiculare, vix rostellatum ; integumento duplici exteriore crustaceo. — Albumen parcum, farinosum, in massulas duas plané distinctas et utrinqiie ad embryonis spiram appli- citas separatum. — Embryo spiralis, tereliuscuUis, radiculâ ex- tern â. Herba erecta vel patula,glabra. — Folia alterna semicyUndrica, depressa, subcarnosa. — Flores axillares glomerulati. — Bracteolaî miniJtse,sqiiam3eformes. — Corniculiinsequales; superioresmajo» res, porrecli, inferiores basilares, subhorizontales. Obs. Species unica Altaïca : Sck. corniculata C. A. Mey. Ma- turis fructibus, planta faciem Atriplicis littoralis refert. In Schoberiâ et in cœteris S iiœdine is, emhryo plano-spiralis, testam compressam Molljscorum generis Planorbi effingit ; in Salsoleis, embryo conico-spiralis, spiram subdilatam constituitet Trochorum aut Helicum cochleam subglobosam mentitur. 8" SuiEDA Forsk. {Salsolœ et Cheiiopodlisp. L. =r= Lerchia Hall. = Cochllosper- mum L'dg.=:Chenop. sect. i et Sais. sect. 2, praeter Sodam, Schrad. ■=z. Schoberiœ sp. G. A. Mey.) Flores hermaphroditi, bracteolati. — Calyx urceolatns 5-par- titus; sepalis crassiusculis, carnosis, demùm inflatis, interdùm subcarinatis, nunqiiam appendiculatis. — Staoïina f>,"receptaculo MOQUiN-TANBON. — Geuera Chp.nopodearum. a 1 7 aut imâ basi sepalorum inserta. — Disciis interdùm parvulus ari- nularis. — Styli coaliti; stigmata distincta 2,3, raro 4 aut 5, divaricata, papillosa; ovarium superum. — Fructus (utriciilus) depressiis aut compressus, calyce clauso et plus minus inflato tectus; pericarpio pelliculâ tenuissimâ, non adhérente. — Semen horizontale, lenliculare, integumento duplici, exteriore crus- taceo. — Albumen nullum aut parcum et in massulas 2 divisum utrinque ad embryonis centrum dispositas.- — Embryo discoï- deo-spiralis, teres; radiculâ externâ. Herbœ vel suffrutices, glabra. — 'Folia alterna subteretia, car- nosa. — Floresaxillares(in3speciebusbasifolioruraadnati),ssepius glomerulati. — Bracteolœsquamulae minutissim8e,albidge,hyalinae. — Sepala carnosa, demùm inflata, globulosa et baccam mentien- tia, interdùm longitrorsùm subcarinata. Obs. Species circiter aS, quaedam forte tantùm varietates, omnes littorese, Africanae, una aut 1 Americanae, una e Novâ- Hollandiâ, plures Europseanœ quarum 3 in Galliâ nascuntur, iiempè : S. maritima Moq. { Chenopodium maritimum L. ), fruticosaVoYÛi. [Salsola /ruticosa L.) et setigeraMo(\. {Chenop. setigerum DC. ). Suœda macrocarpa Moq. {Cheiiop. macrocar' pum Desv.) varietas videtur proecedentis. Depellendse S. Siever- siana^ Pal!., hjssopifolia Pall, hnuricata Pall., albidaVsiW., quœ ad gênera Kochiam Roth et Echinopsilonem Moq. pertinent. Suœda pinnatifida Del. forsàn è familia Cruciferarum(Tef/v2^/- dis Stev.) Sic disponendœ verae Suœdœ : ^ Semen horizontale. Ex. : S. maritima Moq., S, setigera Moq. *!**}• Semen verticale. Ex.: S. fruticosa Forsk,»S. baccata Forsk. Ad frontem secundae seclionis collocanda S. altissima Pall. Genus admodùm naturale. Species tamen diversae prassentiâ aut defectu albuminis et seminis positione. Albumen parcum et bipartiîum in S. maritima, nullum in S. altissima ( Sais. 2i8 moQUiis-TANDOJ^. —Gênera Ckenopodearum. altissima L. ); semen verticale in S.fruticosâ., horizontale in S. maritimâ, verticale vel obliquum quandoquè horizontale in S. altissima. Dictse variationes in caeteris Chenopodeis non in- firmant ex albumine et semine desumptos genericos carac- tères, qiios saepissimè constantes et magni momenti in totâ f"a- miliâ vidimus. 9" ScHANGiNiA. C. A. Mey. {Suœdœ s p. Pall.) Flores polygami (hermaphrodid et feminei) bracteolati. — Hermaphr. Calyx tubulato-urceolatus,siib 5-fidus, laciniis necin- flatisnecappendiculatis. — Stamina5,mediocalycisinserta.— Styli coaliti; stigmata distincta, 2 aut 3, subulata, patula, papillosa; ovarium inferum. — Fructus infernè tubo calycis involutus, suprà nudus (calycinis laciniis haud clausis et stellatim explanatis); pericarpio tubo calycis arctè adnato, suprà libero et sicco. — Semen verticale, lenticulari-pyriforme , subrostellatum; integu- mento duplici, exteriore crustaceo.^ — -Albumen nuUum. — Em- bryo plano-spiralis , teretiusculus; radiculâ marginali inféra. — Fera, hermaphroditis similes, sed staminibus destituti vel tantùm castratis filamentis donatio Herba glauca, glabra. — Folia alterna , hnearia , carnosiuscula. — Flores sessiles,nunc solitarii,nuncinglomerulosa-6 dispositi. ' — Bracteolse minutissimse squaœseformes. Obs. Species unica Altaïca : Sch. linifolia C. A. Mey. i^Suœda linifoliaVsXX.lW,) Ovario gaudent supero plerœque Chenopodese et stamini- bus receptaculo aut imo calycis insertis. In Schanginiâ^, sep.-îla inferne coalita urceolatum tubum constituunt et partem infe- riorem pistilli includunt; indè ovarium inferum aut semini- ferum, stamina versus médium calycis nascentia et pericarpium infernè adnatum. MEYEN. — Sur les trauaux botaniques de Vannée i834- 219 Coup-d'œil annuel sur les résultats des travaux faits en Bota- nique physiologique pendant Vannée i854, Par M. Meten. [Extrait des Archiv fiir Naturgeschichte in Verbindung mit mehrcren gelehrten Hei-ausgegeben, von D. Fr. Aug. Wiegmann. Erster Jabrgang; Zweites Heft; Bogen 10-19; Tab. m und iv. Berlin i835.) Suite. (V. p. 125.) M. Valentin a communiqué à la Société silésienne de Breslau un travail sur le phénomène de la circulation de la sève dans les plantes. Il distribue tous les mouvemens des sucs dans les végétaux en trois classes, qui ne paraissent pas devoir être ad- mises ; ce sont : le mouvement des Molécules Browniennes : celles-ci sont de petits corps arrondis, le plus souvent d'une couleur foncée , qui se trouvent ordinairement dans les parois des cellules, plus rarement dans le suc des plantes. Nous avouons n'avoir jamais trouvé ces corpuscules; et les parois des cellules nous ont paru comme des membranes continues. M. Valentin dit les avoir observés en quantité sous l'épiderme dans le Hoya carnosa, mais ce ne sont certainement que des vésicules séveu- ses qui, comme on sait, ont un mouvement particulier tout- à-fait indépendant de la circulation de la sève; ceci est surtout facile à voir dans les Oycas et les Zamia. La seconde classe des mouvemens intérieurs dans les plantes est appelée par M. Va- lentin mouvemens infusoriels; on les observe normalement dans les plantes mortes ou mourantes, surtout en automne. A la troisième classe appartient le mouvement du suc des plantes, tant du suc séveux que du suc des cellules. M. Valentin a répété toutes les observations du mouvement circulaire dans les Cha- racées et dans le Vallisneria spiralis , et il a vu aussi les atmo- sphères des utricules du suc des cellules , que nous avions précé- demment observées, mais dont les botanistes paraissent jusqu'à ce jour s'être peu occupés. 220 MEYEN. — Sur les travaux botaniques de Vannée 1 834* M. Gœppert (i) a fait voir que, sous Tinfluence de la lumière solaire, l'iode et le brome activent la germination , comme M, Alex, de Humboldt l'avait déjà observé j30ur le chlore. Toute- fois, ce ne sont pas ces substances à l'état de pureté, mais bien leur combinaison avec l'eau qui jouissent de cette propriété. Une immersion de i5 secondes des graines du Camelina sativa dans une solution de brome à i5" R., fit germer ces graines en peu d'heures, tandis que dans de l'eau pure, elles ne germent qu'en 24 heures. Une action analogue sur la germination fut reconnue dans les acides, tels que les acides sulfurique, nitrique, phospho- rique, tartrique, benzoïque, citrique, oxalique, acétique etgal- lique en solution dans l'eau. L'influence des alcalis est en sens contraire. M. Ph. A. Pieper (s) a essayé de remplir la lacune qui existe dans les ouvrages de physiologie, sur la coloration des feuilles. Le point de vue fondamental, annoncé et étabh avec détail dans ce travail, est que la coloration résulte d'une séparation polaire des élémens de la lumière : le rouge est + , le violet — , et le vert représente la neutralité L'auteur parle d'abord, dans son ouvrage, du développement de la matière colorante ( Chromato -généslologie) , ensuite de la transformation de cette matière {Chromato -métamorpholo giê) ^ et enfin de l'action de la vie des plantes relativement à la forma- tion àescoxÀGwvs {Chromato-mëtamorphologie comparative). Les recherches de l'auteur sur la germination et la végétation des plantes, sous des verres de différentes couleurs, sont intéres- santes; il a observé le développement du cresson des jardins sous les sept couleurs du spectre, sous un verre blanc et sous un verre entièrement obscurci. Il me semble que les résultats ainsi obtenus ne sont pas complètement démontrés, et que les phénomènes n'ont aucunement répondu à ce que l'on pouvait (i) Versuche ùber die Eiuwirkung der Clilor , lod, Brom, der Saeureu und Alkalien auf das Keimen der Saamen (Frorieps Nolizen u. 86i , Mœrz i834) (2) Das wechselnde Farl)enveilia;ltulss iu den verschiedenen Lebcnspcrioder.'des Blatles iiach seineu Erscheiniuijjen uud Uisachen. Nebsl 4 iithograpliirtea Tal'elu. Beihii, i834S' MEYErc. — Sur les travaux botaniques de l'année 1 834- ^^2 1 attendre; toujours est-il à désirer que ces recherches soient ré- pétées souvent. Dans la deuxième partie, sur la métamorphose des couleurs, M. Pieper donne un grand nombre d'observations relatives à ce phénomène dans les feuilles, et les coordonne souvent d'une manière très remarquable, tantôt pour appuyer son opinion, tautôt pour prévenir des objections. Dans la troisième partie, M. Pieper démontre que la feuille, lors de l'épanouissement du bourgeon, parcourt les mêmes degrés de coloration que la feuille qui tend à périr. Seulement la marche est opposée parce que, d'un côté la vie s'accroît, tandis qu'elle décroît de l'autre; ici, le vert passe au rouge, là, c'est le rouge qui passe au vert, ce que l'auteur établit avec patience et sagacité, même quand en dernier lieu il ne réussit pas, car les faits cités par lui peuvent aussi s'expliquer d'une autre manière. M. Unger (i) a fait des recherches sur la lueur remarquable du Schistostega osmundacea , qui végète dans des cavités de la terre. Cette plante croît dans une cavité du sol près de Kitzbiihl, et on y remarque, sur des places privées de végétation, une moisissure vivante d'un vert d'émeraude. Cette moisissure a plutôt l'éclat métallique que la lueur phosphorique ; c'est en juin qu'elle a pris son plus grand développement , en automne elle diminue, et plus tard on n'en trouve plus de traces. Or, M. Unger a découvert que ce sont les prétendus cotylédons de cette mousse qui produisent la lueur, et que celle-ci ne provient pas d'un dé- veloppement de lumière, mais bien de la réfraction et de la ré- flexion des rayons lumineux du jour. Les filamens confervoïdes de celte mousse ont ceci de particulier, que les jets isolés se rou- lent plus ou moins en forme de boule et contiennent les utri- cules du suc cellulaire, amassés dans le milieu de chaque cel- lule. Du reste, ces organes se conduisent comme ceux des autres Mousses dans la germination. (i) UeberBiidelsCaloptridiiimsmaragdinum. Flora i834,i, p. 33, — Ann. se. nat. deuxième série, i. p. 378. ^21 MEYEN. — Suf^ les trai^aux botaniques de V année 1 834- M. C. Prest (i) a cherché à faire coïncider la classification des plantes d'après la caducité des feuilles avec celle des plantes d'après le nombre des cotylédons. Cette entreprise paraît impos- sible à accomplir; car, non-seulement dans telle ou telle division générale, mais même dans certaines familles, il y a des plantes qui perdent leurs feuilles, et d'autres qui les conservent. Nous desi- rons néanmoins une suite au travail de l'auteur. Le travail de M. Meyer sur le sommeil des plantes est très intéressant (2). Le sommeil des plantes , tant leur sommeil noc- turne que leur sommeil hibernal, est comparé à celui des ani- maux; les différences que l'on remarque entre eux ne sont que le résultat de l'organisation particulière des plantes. Suivant M. Meyer, on peut étudier dans une même plante toutes les dé- gradations du phénomène du sommeil variant avec l'âge des feuilles; si l'on s'est bien pénétré de l'aspect d'une plante pen- dant la journée et qu'on l'examine à la nuit, on s'aperçoit aus- sitôt que les feuilles les plus élevées et les plus jeunes retournent presque entièrement à l'état de bourgeon , et que la modification de forme et de position qui constitue le sommeil est de moins en moins sensible vers la base, de sorte que souvent on ne recon- naît pas la moindre altération aux feuilles inférieures. Plus la plante est jeune, plus son sommeil est profond; de même que, chez les animaux, tous les organes ne sont pas également sou- mis au sommeil. Le sommeil des plantes, comme celui des ani- maux, s'exprime par une modification journaUère, par l'état du corps, qui se rapproche de celui qu'il affectait de préférence dans un âge moins avancé , et par une dimmution d'intensité et de durée dans le phénomène à mesure que l'âge augmente. L'espace qui nous est prescrit ne nous permet pas d'aborder les faits particuliers qui sont en très grand nombre dans ce tra- (i) Ueber das Abfallen des Blsetter. Flora 1884, i, p. 182. (2) Vorlrœge ans dem Gebiete der Naturwissenschaflen und der Oekonomie, elc. gelialteu in der physikalisch-œkouoQiischeu G^sellschaft zii Kœnigsberg. i Bœndchen. Kœnigsberg, i834, 8°. MEYEN. — Sur les trai^aux botaniques de l'année 1 834. ^"^^ vail. L'influence des sucs nourriciers sur le changement pério- dique de la veille et du sommeil, n'est pas très évidente. M. Meyer a observé que la tige, croissant avec vigueur, s'accroît presque deux fois aussi vite le jour que la nuit, et il en conclut que la nuit arrête l'accroissement , et par conséquent l'affluence des sucs, tandis qu'elle est accélérée par le jour; on pourrait faire quelques objections à cette manière de voir. M. Meyer remarque très bien que dans les plantes, comme chez les animaux, il y a quelques espèces qui dorment le jour et veillent la nuit, circon- stance qui rend quelquefois très difficile la détermination du sommeil. « En rendant compte du travail de M. Guillemin sur le Pilo- styles, inséré dans les Annales des sciences naturelles, M. Meyen ajoute dans une note les réflexions suivantes » : Ceci était déjà écrit lorsque M. Runth eut la bonté de nous faire remarquer que ces plantes parasites, savoir, X Apodanthes de Poiteau et le Pilostjles de Guillemin, qui sont, dit-on, situés sur l'écorce d'autres végétaux, ne sont probablement pas des plantes spé- ciales , mais bien des fleurs contractées et régularisées de la plante , sur l'écorce de laquelle on les observe. M. Poiteau a montré à M. Kunth la fleur sur laquelle fut formé le genre Apodanthes^ et il y reconnut une fleur altérée de Casearia; M. Poiteau déclara en effet qu'il avait recueilli cet échantillon sur un Casearia. Cependant, le nouveau parasite a été publié et sera conservé dans les ouvrages, quoique M. Poiteau ait re- connu l'erreur. Il est probable que la même chose a lieu pour le Pilostyles di5 Guillemin. Ses fleurs furent trouvées sur l'écorce de \ Adesmia arborea Bert., et il ne nous paraît pas difficile d'y re- connaître une fleur de Papilionacée altérée; cependant, il n'y a pas lieu ici d'étendre plus loin celte manière de voir, (i) (i) M. Kunth, que nous nous plaisons à reconnaître comme notre meilleur guide eu bota- nique descriptive, a eu l'obligeance de nous avertir directement, qu'il se proposait de publier des remarques sur le genre Pilostjles, et il nous a communiqué en quelques mots la substance de ses argumens,^que M. Meyen nous a semblé rendre ici d'une manière assez conforme à ce que M. Kunth nous a écrit. Il nous a mandé en outre qu'il possédait des fleurs de Cerisiers égale- 2^4 MEYEN. — Sur les travaux botaniques de l'année 1 834. Parmi les déviations de structure les plus remarquables qui ont été observées Tannée passée, nous citerons surtout les sui- vantes : M. de Schlechtendal (i) a observé un pied de Lyciwn barbarum y qui prit un grand développement, desorte que toutes les fleurs avaient une tendance à augmenter le nombre de leurs divisions ou de leurs étamines, ce dont il expose plusieurs cas particuliers. ■ — Au mois de mai, il a observé (2) un Colchicum autumnale en fleur, au milieu de plantes de la même espèce, qui portaient des fruits. Cette fleur était formée de folioles colorées en vert; on'y voyait six pétales et neuf pièces staminiformes de différentes longueurs, et portant presque toutes des antbères blanches ; il n'y avait pas la moindre trace de carpelles. M. Schauei* (3) cite, entre plusieurs déviations, un Aconitum SioerJcianum dont les pétales étaient changées en capuchons; — un Bunias Erucago ^ où la place de l'ovaire était occupée par un pédoncule avec un bouton, commencement d'une nouvelle fleur; — ■ un Reseda Phyteuma dont les capsules sont complètement changées en feuilles, sur lesquelles on voit encore lesrudimens des ovules; — un Heracleum dont les pétales deviennent verts et dont le fruit se change en deux folioles ovales lancéolées, etc. M. Vimmer, à Breslau (4), a montré que dans le genre Rubus ment déformées et qui s'étaient montrées immédiatement sur l'écorce. Nous attendons le déve- loppement de l'opinion d'un botaniste aussi expérimenté que M. Kunth; mais, laissant de côté la question de VApodanthts, nous ne saurions passer condamnation sur son jugement relative- ment au P//o5^f/e^. Il nous estimpossiblede voir la moindre analogie entre les organes de cette sin- gulière parasite et ceux d'un Adesmia. Le Pilostjlesa une sorte de périanthe composé de plusieurs écailles imbriquées, protégeant une colonne courte couronnée par une sorte de chapeau hémi- sphérique, chagriné, frangé à son bord, et entouré au-dessous d'un anaeau de trois rangées d'étamines (V. Ann. des Se. nat., nouv, série, t a, p. 19, t. i.) Sinotre description est exacte si nous n'avons pas fait erreur dans la détermination ou l'appréciation des organes, il nous semble bien difficile de trouver pour ceux-ci une origine dans la fleur d'une légumineuse-papi- lionacée ! Nous pourrions apporter d'autres argumens qui prouveraient d'ailleurs que le Pilo- styles est une vraie parasite. (GuiLLEMiif.) (i) Linuaea, i834, p. 143. (2) L. cit. p. 142. (3) Schriften der schlesischen Gesellchaft, i834, p. 68. (■4) Uebersicht der Arbeiten nnd Verœndcrungen der schlesischen Gesellschaft fiir valer- lajudische Cullur im J. i833. Breslau, i834, p 67. MEYEN. — Sur les travaux botaniques de l' année 1 834 . 2.9.5 le duvet , les poils , les glandes et les aiguillons qui accompagneîiî les organes de ces plantes , ne sont d'aucune utilité pour la spé- cification. D'autres botanistes ont déjà traité cette question avec une connaissance approfondie du sujet , par exemple M. Heget- schweiler, dans la réunion des naturalistes suisses à Zurich, en 1827, a montré que toutes ces particularités résultent de l'action de la localité; cependant, on voit ces espèces douteuses augmenter chaque jour les Systema^ ce dont il ne résulte certai- nement aucun avantage pour la science. M. J. J. Bernhardi (i) a traité la question de la spécification en général, et il a tâché d'établir d'une manière solide la valeur de l'espèce, de la race et de la variété; en même temps , il a tâché de prouver les principes établis dans son ouvrage, par une ap» plication à des familles difficiles, comme les Graminées, les Cru- cifères, les Ombellifères, les Alliuin^ etc. Nous pensons que chaque botaniste lira avec fruit le travail de M. Bernhardi; cependant, il y a une difficulté réelle à appliquer ces préceptes dans la pratique. Combien de fois les plantes sont-elles décrites sur un seul échantillon desséché, ce qui oblige à se passer de toute vé- rification sur la solidité des caractères! M. Bernhardi n'a pas pris en considération la valeur de l'espèce dans les cryptogames inférieures, comme les Algues et les Champignons; il serait ce- pendant bien à désirer que ce sujet fût étudié sévèrement par un botaniste consommé , car il nous semble qu'actuellement le nombre des genres et des espèces, dans ces plantes incom- plètes, a été beaucoup trop augmenté; certainement, dans les plantes et les animaux très développés, personne ne s'imagine- rait de fonder des espèces sur des caractères aussi vagues que cela se fait chaque jour dans les cryptogames, classe si riche en espèces apparentes. « M. Meyen critique sévèrement le travail de M. Gaillon, inséré dans les Annales des Sciences naturelles pour i834, v. i, p. 44-56. (i) Ueber den Begriff dei- Pflanzenarl uod seine Anwendung. Erfurt, ï834. 4- IV. BoTAN. — Octobre. i5 "2 20 MEY£N. — Sur les travaux botaniques de r année i834. Il se plaint de ce que l'auteur n'a pas eu connaissance des tra- vaux du même genre qui ont été faits en Allemagne. » a Le mouvement des spores de yuii>a lubrica avait déjà été observé par M. Goldluss et par M. Meyen lui-même [JLinnœa l'è'i-j, p. io4, etc.) Rien, suivant ce dernier, ne justifie l'établis- sement de la classe des Nemazoaires, dont la distinction est sur- tout fondée sur le mouvement spontané des germes de cis êtres à une certaine époque de leur développement; mais ceci n'est pas un motif suffisant pour modifier aussi complètement l'ordre établi.» En 1829, lorsque les observations de M. R. Rrown sur des molécules douées d'un mouvement spontané, excitèrent une si grande curiosité , nous avons (dit M. Meyen) entrepris un travail où nous avons coordonné toutes les observations qui nous étaient connues sur le mouvement spontané des molécules organiques. Ce travail se trouve dans le quatrième volume des R. Browns verrnischten Schriften; on y trouve ce résultat que les germes de toutes plantes inférieures ainsi que les œufs des animaux inférieurs, jouissent à des époques et dans des circon- stances doiniées, d'un mouvement spontané qui cesse au bout d'un certain temps quand le germe commence cà se développer. Cependant, M. Ehrenberg (i) a publié relativement à cette question des observations qui combattent l'opinion que nous venons d'exposer. M. Ehrenberg appelle ce que nous avons re- connu comme un mouvement spontané, un mouvement d'in- curvation, d'inversion ou de torsion. Nous croyons avoir dé- crit avec exactitude le mouvement des spores des Algues, nous n'y avons jamais observé des courbures ou des torsions, mais bien un mouvement de progression, ordinairement accompa- gné d'une rotation plus ou moins régulière. Certainement le mouvement des Infusoires est plus vital, c'est-à-dire qu'il pré- sente des directions plus variées; cependant, on trouve aussi dans les spores des Conferves un mouvement quelquefois très vital, et nous sommes portés à repousser cette objection que le mouvement ne peut être attribué à une propriété vitale parti- (i) Organisation ia der Riclitting des kle nsten Raumcs. Drilter Beitrag. Beilin , i834, pag. i3. MEYEN. — Sur les travaux botaniques de l'année i834- 227 culière du spore. Nous savons bien qu'avant leur maturité, les spores sont privés de cette motilité, et qu'ils la perdent lors- qu'ils se développent en une nouvelle plante. Quant à l'opinion des naturalistes qui regardent comme des animaux ces spores douésd'un mouvement spontané, M. Ehrenbergditquela présence et l'absence de la bouche et de l'intestin différencient nettement la nature animale ou végétale de ces êtres. M. Ehrenberga cher- ché à nourrir avec des sucs colorés les spores de Saprolegnia, et jamais il n'aperçut d'absorption. Un spore de Saprolegnia est une cellule végétale, et se conduit relativement à l'absorption des sucs colorés, comme toute autre cellule végétale ; car d'a- près nos propres observations les sucs colorés ne les traversent jamais ; mais les solutions réelles des sels et des substances chimiques y pénètrent; c'est pourquoi le suc des cellules peut se colorer même dans l'intérieur des cellules complètement fermées lorsqu'on leur fait absorber des substances chimiques ;iusceptibles de produire des combinaisons colorées. « Ici M. Meyen critique la classification systématique des Né- mazoaires de M. Gaillon , puis il reprend : « Le travail de M. Gail- lon nous amène cette question : qu'est-ce qui, dans ces êtres inférieurs doit être regardé comme une plante ou comme un animal? Question dont la solution ne peut être donnée ici que par les traits principaux. Dans le troisième cahier de ses observations sur l'organisa- tion des Infusoires, M. Ehrenberga rapproché de ceux-ci la plus grande partie des Algues inféiieures, résultat auquel il n'a le plus souvent été amené, comme il le dit lui-même, que par l'a- nalogie de structure et de reproduction de Bacillaires. Il est vrai que seulement à une époque très récente, il a été fait de ces observations qui montrent l'existence d'êtres nécessairement placés entre le règne animal et le règne végétal, quoique d'après des observations incomplètes et souvent fautives on ait déjà depuis long-temps parlé de cette série intermédiaire. M. Ehren- berg indique lui-même la présence de la bouche, du tube intes- tinal et du mouvement spontané comme les caractères les plus propres à faire reconnaître la natiu^e animale d'un être; nous adoptons cette idée, mais nous ne pensons pas que d'après cela i5. a 28 M\iYY.\>i. — Sur les tratJaux botaniques de V année i834. il y ait lieu de rapporter aux Infusoires une si grande quantité d'Algues. Nous n'avons pas vu que dans quelque genre des Dia- tomées, dont M. Rutzing a donné un synopsis (i), il existe une bouche et un intestin. De même le mouvement spontané man- que à un grand nombre de genres qui, comme les Gomphoné- mies ou les Conferviformes sont placés sur un pédicule tantôt articulé, tantôt inarticulé, ce que M. Rutzing n'a pas encore vu. Dans ces Algues la propriété de se partager en nouvelles individualités est regardée comme donnant lieu de les rappro- cher des Infusoires; l'avenir montrera si c'est là un motif suffi- sant. Il en est cependant tout autrement de certains genres des premières Diatomées, comme par exemple dans le Closteriuin^ où, d'après l'observation circonstanciée de M. Ehrenberg, on trouve des organes qui, par leur mouvement propre ainsi que par leur ressemblance avec des formations analogues dans les animaux, fourniraient un m.otif suffisant de le séparer des végétaux. Mais si l'on examine le reste de la structure de ces êtres, on trouve qu'elle est entièrement conforme à celle des Conferves; car chaque individu de Closteriwn est une cellule particuhère qui est remplie dans son intérieur de la masse ordinaire de spo- res, colorée par de la chlorophylle, et disposée comme celle des Conferves. En outre , on voit dans les Closteriwn une quantité plus ou moins grande de grosses vésicules vertes situées à des dis- tances régulièrement déterminées suivant l'axe longitudinal de l'animal, mais dont le nombre n'est pas fixe pour une espèce. La matière verte se comporte, ainsi que les vésicules, comme la masse de spores dans les uîricules des Conferves. Dans les Spiro- gyra, on trouve de pareilles vésicules, mais elles ne sont que rare- ment les germes isolés de nouvelles Spirogyres; la masse des spo- rules affecte dans les cellules des Conferves des formes variées, cela a lieu aussi dans l'intérieur des Closterium ; quelquefois elle se dispose en lignes longitudinales, comme M. Ehrenberg l'a observé dans le Closterium linnula et autres, où cette matière se partage en bandes allongées plus ou moins larges qui se tordent (i) Synopsis Diatonjeani m, von F. Tr. KuUiug. Halle 18 jd, mit Tafeln, Aus der LinnsRa besonders abgednickt. MEYEN. — Sur les trai^aiix botaniques de Vannée \ 834- 2 19 en sjjirales, ce dont M. Kiitzlng a fait un Closlerium spirale. Deux fois nous avons observé que cette ruasse de spores dis- posée en lignes longitudinales sortait par des ouvertures à la partie concave de l'individu. Ce que, dans ces êtres, M. Ehreu- iDerg appelle une cuirasse est, d'après nos recherches, une mem- brane cellulaire simple, et ce que nous avons jusqu'à présent appelé masse de spores est pour lui une grappe d'œufs. Ainsi, il n'est pas facile, même dans ce genre, d'estimer si ces êtres appartiennent au règne végétal ou au règne animal ; ils ont de grandes analogies avec les espèces inférieures des àoiw^ règnes. Une pareille modification de la masse des spores, tout-à-fait comme dans celle des cellules des Conferves, se trouve aussi dans les Bacillaires, et les espèces basées là-dessus n'existent pas dans la nature. Le manque d'espace nous empêche de nous étendre davantage à ce sujet. Nous arrivons actuellement à ces véritables genres d'Algues que M, Ehrenberg a rapprochés des Infusoires et nous nous y attachons avec d'autant plus d'intérêt qu'ils ont pour la plupart été établis par nous; aussi pourrait-on nous reprocher beaucoup de légèreté si nous n'a- vions pas rapporté ces espèces au règne auquel elles appartien nent véritablement ; et si nous ne réclamions pas à ce sujet, on prendrait ce silence pour un aveu de notre erreur; ce qui n'est nullement le cas. Nos genres d'Algues Pediastrwn , Scene- desmus et Staurastrurn (i) ne possèdent ni bouche ni tube intestinal, ils n'ont pas de grappe d'œufs et ne se multi- plient pas par divisions. Ce que M. Ehrenberg appelle l'es- tomac est décrit par nous comme une cellule ordinaire, et lors- que ces petites plantes sont formées par plusieurs cellules réu- nies, M. Ehrenberg les appelle Polygastrica. Dans le genre Pediastrwn^ il se développe quelquefois un petit capitule de semences qui éclate et laisse sortir la masse de spores à grains fins, colorés par de la chlorophylle, ce que M. Turpiii a déjà vu ainsi que nous qui l'avons aussi observé l'année dernière. Ordinairement les cellules des Pediastrwn se rompent au sommet et se vident de leurs masses de spores sans produire des capitules (i) Voy. Nov. act. Acad. Cses. Leop. nat. cur. t. xiv, p. ir. 2 3o MEYhw. — Sur les travaux botaniques de l'année 1 834. particuliers. Ce fait, d'un double mode de fructification, est très fréquent dans les Algues. Les cellules des Pediastrum et des Scenedesmus sont formées d'une membrane cellulaire ordinaire; l'iode les colore en brun-jaune, et elles sont entièrement dé- truites par l'acide siiUiirique. On voit souvent les Pediastrum incomplètement développés, de sorte qu'il leur manque plus ou moins de cellules; il est difficile de décider si cette mutilation a lieu par une action violente ou par une cause intérieure; il nous a paru , d'après plusieurs observations sur des individus jeunes, que cela provenait d'un développement incomplet. Il est bien possible que ces petites plantes ne se partagent jamais en cellules isolées, car on les trouve encore entières plusieurs mois après que les cellules se sont vidées de la masse des spo- res ; mais quand même il serait prouvé que leurs cellules peu- vent s'isoler, on ne pourrait pas pour cela comparer leur sépa- ration avec la séparation spontanée des InfusoireSjdesGompho- némies, des Exilariées et de plusieurs autres êtres situés au bas de l'échelle, car c'est un corps simple qui se partage en plusieurs parties devenant de nouveaux individus, tandis que dans ces der- niers, c'est une simple dissociation de corps précédemment rap- prochés, comme nous l'avons fait voir précédemment (i), pour plusieurs Conferves et plus récemment dans les Spirogyra. (2) Le travail de M. Rutzing renferme un grand nombre de gen- res et d'espèces; pourtant on reconnaît partout un trop grand désir de signaler des espèces nouvelles, qui doivent disparaître aussi promptement qu'elles ont été établies. A cause des trop faibles grossissemens employés par l'auteur, il s'est souvent glissé quelques erreurs, et les figures sont bien inférieures à celles de Lyngbyeet d'autres algologues; cependant cet ouvrage doit être recommandé, car il renferme cent deux figures de formes très variées de cette famille remarquable et tout commençant dans l'étude de cette partie de la science s'y reconnaîtra facilement ; ce qui était impossible auparavant. M. Kutzing rapporte au rè- (i) Flora 1817. Kd. II. P. 714. (2) Meyen's Rcise um die Erde. Bciliiî, 1S34. Bd. i , p. i3i. MEYEN. — Sur les travaux botaniques de Vannée 1 834- ^3 ' gne végétal tout ce qu'il décrit dans son ouvrage, en quoi il n'a pas toujours raison, comme cela a déjà été prouvé. On doit mentionner ici la découverte intéressante faite par M. Rutzing surun'grand nombre de petites Diatomées, que leur coque i^schale) ou cuirasse, comme M. Ehrenberg l'appelle, est formée de silice. M. Ehrenberg a publié cette découverte dans le troisième cahier de ses Infusoires, p. 17 5. La silice se montre ici comme dans les plantes en général, car elle n'y paraît jamais sous forme de cristaux, mais elle forme dans l'épiderme de cer- taines plantes une enveloppe également tendue, cofmme on peut le voir dans le Roseau d'Espagne. Aussi avons-nous appris que l'on peut par la combustion de certains ^'^zz/Ve^/TZ obtenir une enveloppe sdiceuse qui conserve entièrement la forme de la plante. Cette observation a été faite l'année dernière à Berlin. On sait que l'on trouve de la silice dans les Éponges, mais celles-ci n'appartiennent pas au règne végétal; nous avons aussi trouvé de la silice en forme de cristaux remarquables dans l'intérieur d'autres animaux. (Voy. Reise um die Erde th. iii,tab. xxxviri, fig. VII c). M. Wimmer , à Breslau (i), a renouvelé les observations de Vaucher et de Unger sur les animaux qui se trouvent dans les excroissances en forme de massue des filamens des Vaucheries, et décrit leurs mouvemens tout-à-fait comme l'a fait M. Unger. M.Vaucheravaitappeléces corps des animaux et lesavaitprispour le Cyclops lunula de MùUer. Gomme cet être a été observé plu- sieurs fois avec un mouvement de contraction et d'expansion, ainsi qu'avec une locomotion sensible, iln'yaplus à douter que ce soit un véritable animal, mais ayantun développement parasi- tique dans ces gonflemens latéraux des filamens desConferves. D'après M. Wimmer, cet animal a une extrémitë-téle {Kopfende) garnie de poils et une extrémité-queue probablement articulée; il paraît donc être un Grusîacé. On ne peut pas confondre avec ceci le mouvement spontané (i) Rericht der schUischen Gesclischalt , etc. Breslau, i834, p. 73, elc. 252 MEYFN. — Siir îes tmuaux botaniques de Vannée 1 854. qui s'observe dans les spores des Vauchériacées dont les petites plantes croissent dans Feau. On sait déjà depuis long-temps que la simple locomotion qui s'observe dans ces spores n'en fait pas encore des animaux , mais cette apparence ne peut nullement s'expliquer par un courant de sucs en spirales que M. Valentin dit avoir observé dans de pareils spores très grands à la vérité. L'opinion exprimée par M. Wimmer que probablement plusieurs des espèces admises par les auteurs ne sont tantôt que diffé- rens degrés de développement, et tantôt que des formations in- complètes, a déjà été^vancéepar nous en 1827 {^Noi>.act. acad. Leop. t. XIV , p. 1 1) , et nous voyons que M. Link a suivi notre exemple. L'année dernière on a aussi publié quelque chose sur ce que l'on appelle la métamorphose des Algues. M. Kutzing (i) a ob- servé que son Microcystis umbrina se réunit à V Hœmotococcus Grevillii k^. {^Protococcus nivalis Grev.) et qu'il s'est changé en Aljsphœria chlorina Turp. On peut prévoir que les espèces et les genres d'Algues établis en si grand nombre par M. Kutzing, se prêteront à une pareille métamorphose M. A. F. Wiegmann l'anié (a) a fait en i834 un essai pour ranger les maladies des plantes suivant un ordre systématique, pour les décrire suivant leur origine, leur mode d'existence et pour indiquer les méthodes de guérison basées en partie sur la pratique et en partie sur la théorie. Quoiqu'il soit certain que le système des maladies des plantes de M. Wiegmann laisse encore beaucoup à désirer, quoiqu'il soit Tuême probable qu'un pareil système établi sur des bases réellement scientifiques serait entiè- rement différent, on doit cependant une reconnaissance générale à l'auteur. Maintenant que les sciences médicales sont dévelop- (r) Verwandiung der Microcystis umhrina m Alysphœria chlorina Turp. Flora i834, ii , p. 673. (a) Ueber die Krankheilen und cinige Misljildiingen der Ge\Tœdise,dcren Ursachen und Hci- hing oder Verliiilung derselben 1. c. MEYEN. -^ Sur les travaux botaniques de Vannée i834- 233 pées à un si haut degré il y aurait une très grande utilité à em- ployer aussi dans l'étude pathologique des végétaux les données de ces sciences, tout en se gardant bien d'aller jusqu'à appli- quer aux plante? les noms des maladies des hommes, avec les- quelles elles n'ont réellement aucune analogie ! M. Wiegmann partage les maladies des plantes en maladies des organes de la nutrition, maladies des organes de la respiration et maladies des organes de la reproduction , divisions que nous n'approuvons aucunement. La respiration et la nutrition sont si intimement liées dansions les végétaux que l'un ne paraît être que le correctif de l'autre, et les maladies que M. Wiegmann attri- bue aux organes de la reproduction ne proviennent certainement que d'une nutrition insulfisaote. L'espace qui nous est prescrit ne nous permet pas d'établir ceci d'une manière suffisante, mais on le comprend facilement; dans les plantes, il faut avant tout distinguer les maladies extérieures d'avec les maladies inté- rieures MM. Nées d'Esenbeck et A. Marquardt (i) ont démontré par un travail chimique que notre racine de Jalap des pharmacies pro- vient de r Ipomœa purga Wenderoth, et que le faux Jalap vient de Ylpomœa Jalapa Des/. Ils émettent en même temps l'opi- nion que la véritable racine de Jalap pourrait être cultivée avec succès chez nous, car elle a supporté l'hiver de i833 ài834 en plain air dans le jardin de Bonn. Quoique ces deux plantes soient connues chez nous depuis des années, et représentées dans nos meilleurs recueils de plantes figurées, M. G. Pelletan vient d'en donner récemment une des- cription. Il nomme Convolvulus officinalis \ Ipomœa purga'Weuà. (J. Schiedeana Zucc. Syn.), et il décrit X Ipomœa Jalapa Desf. sous le nom de Conv. orizabensis. H. Watson (2) a étudié avec soin la distribution de la végéta- (1) Geiger's Annale». Bd. X, 119. (2) On the altitude of ihe habitats of plants iu Cumberland , with localitie? of the raver mounlain specics. London Magaz. of Nat. Hisl. i834. Jim. p. 20 24. a34 MEYEN. — Sur les travaux botaniques de Vannée i834- tion dans la province de Cumberland, et donne une énuméra- tiou de toutes les plantes que l'on peut trouver sur le pic Scaw- fell, montagne qui s'élève à niiQ hauteur de 3,i66 pieds. Les résultats de ce travail ne sont que d'un intérêt local et ne pa- raissent devoir servir que corarAe matériaux pour un livre de M. Winch. Dans la relation de notre voyage (i), nous croyons avoir re- connu et distingué plusieurs faits intéressans pour la géographie- botanique. Les faits isolés que nous avons donnés dans ce livre ne pouvant être tous rapportés ici, nous ne parlerons que des plus importans. Relativement à cette grande masse de Fucus qui abondent dans ce que l'on appeUe la mer des Sargassum, nous avons émis une opinion nouvelle fondée sur des observations. Ces prairies flottantes, comme les appelait Christophe Colomb, se trouvent renfermées dans le grand courant circulaire qui existe dans la moitié septentrionale de l'Océan Atlantique, et se trouvent par là séparées du reste de la mer. Le Fucus Sargassum Gm. forme la végétation de cette mer; il n'esl jamais fixé solidement, mais il flotte en liberté et ainsi ne parvient jamais à développer ses fructifications, tandis que la même plante sur les côtes voisines de l'Amérique fructifie généralement. Une Oscillatoire lumi- neuse, de forme élégante, étoilée, croît en grande quantité dans la zone équatoriale de l'Océan Atlantique. Dans notre voyage, nous avons toujours remarqué la végé- tation caractéristique des pays que nous avons traversés, et nous avons donné tout ce qu il fallait pour que le lecteur se la repré- sentât facilement. De hauts Cactus en forme de candélabres couverts de Loranthus aphyllus et desquels pendent des fleurs blanches de six à huit pouces, ainsi que VEphedra americana qui paraît manquer de feuilles, couvert par les fleurs magnifiques desMiitisiées sont les traits caractéristiques de la région des bois au Chili; tandis que les singulières Boopidées, Calandrinies, Nas- (i) Meyeu's Reise uni die Erde , ausgefijhrl aiif dom Kœniijl. Prtussischeu Scliilfe Prinzess Louise, in ilen Jalireu iS3o, r>i und H2, Berlin, i834. 2 l'àndcii 4". MEYEN. — Sur les travaux botaniques de Vannée 1 83/|. a35 saiiviées et Calcéolaires entourent les pointes les plus élevées des montagnes, et que Xe^^Jlstrcsmeria^ les Escallonia^ embellis- sent les montagnes peu élevées. Des feuilles dures, coriaces, lui- santes, caractérisent les arbres et arbrisseaux du Chili, et la sécrétion d'une résine odorante leur est plus particulière que dans aucun autre pays. La végétation sans arbres du Nord, ainsi que la grande beauté de celle des régions méridionales de ce pays, et plusieurs autres points d'un intérêt général, sont étu- diés dans notre voyage. Nous avons aussi trouvé une Rose, la première qui ait été observée dans l'Amérique du sud, dans la région dés bois de la province de San-Fernando; cela prouve la présence de ce genre dans l'Amérique du sud, quoiqu'il n'ait pas été trouvé par un autre voyageur qui est resté tout une année au Chili, mais sans avoir pour cela parcouru une plus grande partie des Cordillières que nous. La végétation des Cactus dans le Pérou méridional, surtout dans la partie élevée des Cordillières, ainsi que la végétation particulière alpine au voisinage de la limite des neiges dans ces montagnes, sont distinguées avec détail, et nous avons exposé le développement si remarquable despetitesVerbénacées,des Lyco- podes et des Mulinées. Cette d rnière tribu desOmbellifères occupe dans les Cordillières de l'Amérique du sud la même place que les Primulacées sur les montagnes d'Europe. On trouve dans notre ouvrage beaucoup d'observations sur l'élévation de la vé- gétation dans le Pérou méridional, qui parait renfermer les sommités les plus étendues en longueur de tout le globe. Non- seulement sur les montagnes du Pérou méridional la végétation s'élève autant, sinon plus que sur l'Hymalaya, mais aussi la culture des plantes alimentaires et les habitations humaines s'élèvent plus haut que dans les montagnes de l'Inde. Le grand lac de Titicaca est situé à wuq hauteur de 12,760 pieds, et l'on peut ^o\v sur ses rives une quantité de villes et de riches établissemens, ce qui ne se voit pas dans les Indes. Mais la culture du Ç>«/72oa et des pommes de terre s'élève encore beau- coup plus haut; la route entre Chuquito et Puno ressemble à un parterre dont la beauté réjouit le voyageur; seulement le manque d'arbres rappelle l'élévation de la contrée où les joncs^ 236 MEYEN. — Sur les travaux botaniques de Vannée i834. du lac viennent remplacer les végétaux ligneux. Celui qui doute- rait encore de la patrie du Maïs (chose éclaircie depuis long- temps) trouvera aussi dans notre livre des renseignemens utiles. De même que les Nassauviées et les Calandrinies sont carac- téristiques pour les hautes régions des Cordillières du Chili, de même les charmantes petites Malvacées, les Lédocarpées et les Synanthérées arborescentes des genres Baccharis et Vernerea le sont pour les plaines élevées du Pérou méridional, sur le cône de cendres du volcan d'Arequipa, qui s'élève beaucoup au-delà de 18,000 pieds. La limite de la végétation est formée par un champignon remarquable qui ressemble à un Lycoperdon avec une longue racine; il appartient au genre Tulostomaei s'élève peut-être jusque auprès du sommet du cône qui est presque en- tièrement privé de neige. Nous croyons aussi avoir donné une idée exacte de la végé- tation de Oahu, l'une des îles Sandwich; elle se présente avec un luxe extraordinaire, moins cependant par la présence d'ar- bres gigantesques que par l'extrême quantité de buissons très élevés dont les fougères forment la majeure partie. Nous avons aussi rapporté de là et décrit plusieurs espèces nouvelles de Chara. Les belles Fougères arborescentes qui ont des tiges éle- vées et lisses manquent aux îles Sandwich, qui se trouvent à la limite de la zone tropicale, et sont privées d'une quantité de ces plantes tropicales qui sont particulières à des îles plus méridio- nales, comme les Carolines. Dans l'atlas pour le voyage de dé- rouverte du capitaine Luîke, qui a paru l'année passée, il y a plusieurs dessins superbes de la végétation des Carolines; on y voit que ces îles sont très différentes des Sandwich, et que quant à la végétation, elles se rapprochent des Philippines qui en sont plus voisines. Les représentations de l'île de Luçon sont extrêmementfidèlesdans cet atlas; toutefois, on n'y areprésenJé que les contrées les plus méridionales où domine la végétation du Bambusa arundïnacea, tandis que la végétation des contrées plus élevées est toute différente et présente beaucoup d'analogie avec celle des Carolines. Nous croyons avoir tracé dans notre livre les principaux traits qui distinguent la végétation des îies Sandwich d'avec celle des Philippines. MEYJîN. — - Sur les travaux botaniques de V année 1 834. 207 M.Besser([) a donné une revue très complète des plantes du Baikal qui va au-delà de 1,200 espèces, et qui a déjà été publiée en i83i, à Saint-Pétersbourg, par M. Nikolaus Schtschegios. C'est précisément cette p irîie de la Russie qui jusqu'à présent avait été le moins étudiée relativement à la botanique. A cette occasion, M. Besser fait une division de la Russie en cinq par- ties différentes, qui comprennent les Flores Septentrionale, Cau- casique, Uralienne, Altaïque et du Baikal. M. Fr. Parrot (2), dans la savante relation de son voyage au mont Ararat, a examiné le développement de la végétation sur cette montagne, située sous le 4o" degré. La limite des arbres n'y était pas facile à déterminer ; toutefois les Noyers , les Abri- cotiers, les Saules et les Peupliers d'Italie y viennent jusqu'à une hauteur de 6,000 pieds, et les bouleaux , mais avec des tiges raccourcies à 7,800 pieds. Le Juniperus oxjcedrus et le Coto- neaster unifiera sont les seuls arbrisseaux qu'on ne commence à trouver qu'entre 7 à 8,000 pieds.. Les plantes suivantes ont été observés comme s'élevant plus que toutes les autres entre 12 et 1 3,000 pieds. Un Cerastium^ Saxifraga muscoides , Aster alpinus , Draba incompta y Campanula Saxifraga^ Pyrethrum caucasicuni remplaçant le P. alpinwn^ Saxifraga hirculus. Entre 10 et 12,000 pieds croissaient X Anthémis rigescens , Ziziphora média , Scorzonera coronopifolia , Veronica telephiifolia^ Dian- thus petrœus. M. Parrot pense que le caractère essentiel de la végétation alpine consiste en ce que les plantes, arbres, arbrisseaux ou herbes, montrent dans tout leur accroissement la tendance à ne pas s'é- lever beaucoup au-dessus du sol et à produire par conséquent une tige forte en courte ou une tige couchée et genouillée , sur laquelle les rameaux , les feuilles et les fleurs sont extrêmement rapprochés. La cause de cette tendance particulière s'explique par cela que chaque plante ne peut supporter qu'un certain (t) lleber die Flora des îîaikals, Flora i834 , i, i45. (2) Reise narh dem Araial. Berlin, i834 ; 2 Tbeile 8*. çi:lS MEYEN. — Sur les Irai^aux botaniques de Vannée \ 834- degré de froid et ne saurait s'élever beaucoup au-dessus du sol duquel jDrovient la chaleur qui échauffe l'air environnant. Souvent, dès qu'elles ont atteint quelques pouces de hauteur, elles sont arrivées à la limite de la température dans laquelle elles peuvent prospérer. Il y a de fortes objections à faire à cette manière de voir. M. Parrot étudie encore plus complè- tement les altérations que les plantes éprouvent par la hau- teur de leur station. Il remarque que dans les plantes des Alpes la racine et les fleurs sont sensiblement plus dévelop- pées, tandis que les feuilles, l'enveloppe verte de la tige et tout le vert des plantes sont diminués, quoique toutes ces parties ré- sistent mieux au froid que les fleurs. Ceci n'est guère observa- ble sur les Graminées, mais devient très évident sur les autres plantes dont les feuilles sont d'autant plus petites qu'elles ont cru à une plus grande hauteur. Le vert disparaît et est remplacé par un jaune particulier, et la feuille devient eu même temps comme membraneuse. M. Parrot attribue cette modification à l'influence de l'atmosphère raréfiée dans laquelle les feuilles puisent leur nourriture ; il y a surtout un Cerastium qui présente à M. Parrot cette altération d'une manière remarquable. Toutefois, nous pensons ne devoir attribuer cette altération des feuilles qu'à l'action du froid survenu subitement; les plantes présentent ab- solument le même aspect lorsqu'elles végètent sous la neige des campagnes, et on ne peut croire à cette influence de l'air raré- fié, car nous avons vu à des hauteurs beaucoup plus considé- rables des plantes de la plaine, dont le beau vert était peut-être encore un peu plus foncé que dans leur station naturelle. M. Douglas Houghton (i) a donné un catalogue des plantes qui ont été récoltées pendant l'expédition commandée par M. Schoolcraft, avec l'uidication des localités. Ce travail sera certainement utile à ceux qui voudront écrire sur la géographie botanique en général. (t) Narrative of an expedilion through the Upper Mississipi to Itasca lake uiider the di- rection ofH. Schoolcraft. New-York, 1 3 34. METEPf. — Sur les travaux botaniques de l'année i834. 289 M. E. Meyer a publié un travail intéressant sur la croissance sociale des plantes (i). Il y fait remarquer le contraste de la vé- gétation dispersée dans les forêts vierges de la zone torride avec runiforraité de celle des grandes Bruyères de l'Allemagne septentrionale, et il appelle l'attention sur l'importance de ce fait pour caractériser naturellement des pays. M. Meyer montre comment l'Italie, quoiquelle soit aussi riche en espèces de Graminées que l'Allemagne, ne renferme cependant pas de prairies, et comment l'Allemagne, au contraire, a des forêts beaucoup plus grandes que l'Italie, quoique le nombre des espèces d'arbres soit plus grand dans ce dernier pays. Notre Bruyère doit être la plante sociale par excellence; cela pour- rait bien être vrai, et, si toutes les plantes croissaient en société comme celle-ci, il n'y aurait guère, sur la terre, de place que pour 5ooo espèces environ. M. Meyer a recherché avec beau- coup de sagacité les causes de la croissance sociale de certaines plantes, et montré que dans ces plantes, la vitalité et la repro- ductilité sont toutes deux portées à un très haut degré. Mais, le développement de cette tendance intérieure à la socialité, doit être lié à une circonstance extérieure. De même que le nombre des plantes socialesestgranddansles régions polaires, il augmente sur les hautes montagnes; à ce propos, nous émettons cette opinion, qu'il y a aussi beaucoup de plantes sociales dans les régions tropicales, et principalement dans les îles de la mer du Sud, et que les Fougères possèdent principalement ce caractère, , Nous regrettons que l'espace nous manque pour énumérer toutes les observations intéressantes querenferme le travailde M. Meyer. Toute personne qui a voyagé au printemps et en automne, aura remarqué que, dans différentes localités, telle ou telle es- pèce de plantes développe ses fleurs et ses feuilles à différentes époques, et les perd delà même manière. Les causes de ce phé- nomène sont très rapprochées et pourtant extrêmement variées, (i) NalurwissenschaftlicheVoitrœge, gehaltcn in der physikalisch-ôkonorulschen Gesellschaft zu Kœiiigsberg, i834, 160-184. 24o MEYEN. — Sur Us traçaux botaniques de Vannée \%'6l\. et n'ont jamais été exposées d'une manière satisfaisante. M. J. Hugg (i) a publié , l'année dernière, nn traité où il compare le temps du développement des feuilles dans les arbres avec le temps de la floraison d'autres plantes, comme dans différens en- droits de l'Europe. Il a pris, comme point de comparaison, Na- plesj Upsal, Paris, Selborne , Castfield et quelques autres en- droits , et il a placé les observations des autres botanistes à côté des siennes, sans toutefois s'inquiéter beaucoup des différences; il serait à désirer que l'on n'oubliât pas que dans ces observa- tions la différence des saisons dans tel ou tel endroit varie suivant les années , ce qui doit donner lieu à de grandes variations dans les résultats. Ce n'est que la moyenne des observations de plu- sieurs années qui peut offrir des résultats de quelque valeur. M. J. H. Ruff à Guben (2) a, dans un travail très intéressant, énuméré des faits que l'on doit prendre en considération dans des recherches de cette nature, et fait remarquer en même temps les avantages qui peuvent en résulter. M. Trevelyan (3) a fait connaître une flore probablement très complète des îles Faroë (du 63 au 63° lat. sept., et du 7 au 8° long, occid. mér. de Londres). Il y croît 187 décolylédones, 83 monocotylédones et 186 acotylédones, sans compter 127 Algues marines. Les Acotylédones renferment : Champignons, 7 ; Lichens, 5o ; Characées, i; Jungermannes, 22; Mousses, 85; et Fougères, 21. Les Graminées et les Cypéracées, sont les plus nombreuses des phanérogames; les premières forment 1/9 de toute la flore, les dernières i/u; les Composées i/i3, les Crucifères i/i5, les Orchidées et Amentacées ï/45, et les Om- b^llifères 1/90 de la flore phaoérogamique. (i) On the influence of the climate of Naples upon the periods of vegelalion, as comparée! wilh that of some other places in Europa.The Lond. and Edinb. Philos. Mag. vol iv, p. 129; vol. V, p. 46-5o. 102-110. (2) Beobachtungen iiber den Anfang der Eliimenperîode einiger Gewœchse. Flora, i834, i, p. 369. (3) On ibe végétation and température of ihe Faroë Isiands. T!io Eùinb. new Phil. JyiiJii. vctob. 1834, janv. i835 , p. i54-i64. MEYEN. — Sur les travaux botaniques de l'année 1 85/|. 2 4 ï Les roches escarpées de ces îles s'élèvent, le plus souvent, im- médiatement du bord de la raer jusqu'à une hauteur de la à j5oo pieds, et les sommets des montagnes de l'intérieur de l'île s'élèvent jusqu'à 3ooo pieds. Quelques-imes de ces montagnes sont couvertes de verdure ; cependant la plupart , vers leur sommet, ne présentent que des Mousses et des Lichens, par exemple les Trîchostomum canescens et lanuginosum ^ qui atteignent un pied de longueur. Sur le mont MoUingsfial, dans l'île de Videroë, on trouve abondamment le Dryas octopetalak une hauteur de 1 53o pieds, et à côté les Salix arctica et Papaver nudicaule; à 2000 pieds croît le Sibbaldla procumbens et 1'^- zalea procumbens , et de aSoo à 2366 les Salix herbacea , Em- petrum nigrum, Rliodiola rosea^ Silène acau^lis, P^accinium Myr^ tillus, Poljgonum viviparum, Saxifraga oppositifolia , Armeria vulgaris, etc. On sait depuis long-temps qu'il ne réussit dans les îles Faroë que quelques Ocges , qui même ne mûrissent pas toujours, tandis que les Pommes de terre et les Navets y vien- nent bien„ Une dissertation de M. Lebert sur les Gentianes de Suisse (i) est partagée en deux parties, dont la première est relative à la distribution géographique, la seconde à Tétude systématique. Dans la première , l'auteur énumère toutes les causes qui don- nent aux plantes alpines un caractère particulier, et qui ont déjà été reconnues par d'autres botanistes; c'est surtout M. Heget- schweiler qui a fort bien montré comment des espèces connues ac- quièrent des formes particulières sous l'influence de circonstances données, et ne doivent être en conséquence regardées que comme des variétés. Relativement à l'influence de la hauteur sur la forme des plantes, M. Lebert prend , dans une élévation entre 5ooo et 8200 pieds, trois zones qui impriment leur cachet particulier aux plantes des Alpes. Cette distribution en trois zones paraît être vicieuse , et ne pourrait être établie que sur des observations faites pendant de longues années. (1) De Gentianis in Helvetia sponte nascentibus ( Diss, inaug. Bol, Turic. i834. 8".) IV. BoTAW, — Octobre. i6 24a MEYEN. — Sur les irauaux botaniques de V année \^'^[\. M. Lebert partage les Gentianes de la Suisse en deux classes, la première renferme les espèces à inflorescence simple ou ra- meuse, la deuxième, celles à inflorescence verticillée. A la pre- mièreappartiennent XesgrancUflorœ.plicatœ, squamatœeX ciciatœ^ à la deuxième les clavatœ , campanulatœ , rotatœ. Du Gentiana acaulis il fait le G. grandijlora^ parce que le premier nom ne lui paraît pas convenable ; il est certain que le G. acaulis pré- sente souvent une longue tige, surtout dans les jardins; on peut ici excuser le changement de nom, parce que quatre prétendues espèces, admises anciennement, doivent y être ramenées, sa voir: G. caulescens^ acaulis^ alpina et angustifolia \ dans un cas pa- reil, il vaut mieux, pour éviter les erreurs, donner un nouveau nom à l'espèce commune. La question de la patrie du Maïs a été encore reprise plusieurs fois l'année dernière, et le Nouveau-Monde était menacé de ne plus pouvoir revendiquer celte intéressante production. M. de vSiebold a annoncé (i) que le Maïs était déjà connu au Japon il y a 1200 ans. M. Klaprotb dit que cette céréale n'est pas indiquée dans la grande Encyclopédie japonaise, et prétend même que les endroits des écrits japonais , sur lesquels M. de Siebold appuie son opinion , doivent être traduits d'une manière entièrement différente (2). Une conversation avec M. de Siebold lious a donné un éclaircissement suffisant sur un passage très concis du Nippon. Ce célèbre voyageur n'a nullement voulu dire que le Maïs se trouvait là dans sa patrie; il annonce qu'il existe un écrit où il est dit en quelle année le Maïs est arrivé au Japon par la mer. Ainsi disparurent de nouveau tous les motifs que quelques savans avaientsaisisavecun grand plaisir, de regar- der l'ancien monde comme la patrie du Maïs , et en même temps se trouve détruite une des confirmations de l'opinion qui fait peupler l'Amérique par une population venue de l'Asie. Il n'y a aujourd'hui rien de plus certain en géographie botanique (i) Nippon, etc. (2) Miindlicher Vortrag in der geôgraphisehen Gesellscliaft zu Berlin. MEYEN. — Sur les travaux botaniques de l'année i834. 243 que ce fait, que le Maïs est originaire du Nouveau-Monde. Au- cune des langues orientales n'a de mot particulier pour désigner cette céréale , qui y est généralement nommée par une péri- phrase; à la vérité Je Maïs est actuellement cultivé aux Philip- pines, à Java , à Sumatra, à la Chine et en Cochinchine ; cepen- dant, il n'y forme pas un aliment habituel. Dans l'intérieur de Luçon on ne s'en sert que pour engraisser la volaille, et les indigènes ne purent lui donner aucun nom. A Canton, nous avions nous-méme un domestique chinois qui ne connaissait pas le Maïs. Les renseigoemens donnés par M. Parrot f i) relativement à la patrie de la Vigne sont très intéressans. Dans les bois de la Min- gréhe et del'Imérétie, la Vigne devient la reine des arbres. Le cep acquiert 3 à 6 pouces de diamètre, et dépasse la pointe des plus grands arbres, les entourant et les reliant entre eux. M. Parrot n'a pas pu décider si la Vigne croît spontane'raenl dans ces con- trées, ou si elle y a été plantée dès une époque très reculée; cependant, la première idée paraît être la véritable, et une culture positive n'existe nulle part, quoique l'abondance des raisins y, soit telle que le pauvre campagnard ne recueille même pas toute sa récolte , mais en laisse une partie pendant l'hiver et abat un peu avant Pâques les fruits de l'année précédente. Il y a un passage de l'ouvrage sur le Monde primitif de M. Link (2) qui est très propre à éclaircir la question de l'ori- gine de la Vigne. Il y est dit que Viviani a indiqué la vigne comme croissant à l'état sauvage dans les montagnes de l'an- cienne Cyrénaïque, avec des fruits gros, sucrés et d'une saveur agréable. Suivant M. Link, la Vigne sauvage du royaume de Naples a de petits grains sucrés qui fournissent un très bon vin; la Vigne sauvage de Portugal a, au contraire, de petits grains acides tout-à-fait dédaignés. D'après plusieurs données sur la forme et la villosité de différentes Vignes sauvages, M. Link arrive à cette conséquence, que la Vigne cultivée résulte de la (i) Reisezum Ararat. (2) Urwc-lt, zweite Aiisgabe, i, p. 432- ^44 MEYEN. — Sur les travaux botaniques de l'année i^'M^. fusion de plusieurs espèces sauvages. Peut-être la Vigne de l'A- frique septentrionale a-t-elle été la première cultivée parce que c'est elle qui, sans culture, fournit les meilleurs fruits. M. Bujack (i) a essayé de réunir les faits existans sur l'exten- sion de la culture de la Vigne; il lui manque pourtant encore tant de faits qui ont été pubiiés par des voyageurs modernes, que les résultats auxquels il est arrivé ne peuvent être complète- ment exacts. En même temps, M. Bujack a répondu d'une ma- nière profonde et détaillée à la question suivante. Quelle cause a occasioné dans les siècles précédens un si grand développe- ment de la culture de la Vigne dans la Prusse occidentale et orientale ? Il est certain que l'on pourrait encore aujourd'hui faire autant de vin dans ces pays qu'autrefois , mais aujourd'hui personne ne se soucie de boire du vin aigre , et tant que le vin dans un pays n'est pas un objet d'exportation , il reste sans va- leur , tandis que la culture des céréales et des pommes de terre produit un plus grand bénéfice. Le voyage de M. Pœppig ainsi que le nôtre ont fait connaître quelle extension la culture de la Vigne a prise sur la côte occi- dentale de l'Amérique du sud. M. Pœppig a encore vu la Vigne cultivée à Valdivia (près de 4o° lat, mérid.). Cette culture est déjà très étendue près de la Conception, car le vin de cette contrée est porté dans toutes les provinces du Chili, comme étant le meilleur du pays, et il se boit sur la table des riches. Les superbes raisins de Cociapo, d'Arica et de Tacua (18" lat. mérid.) ont été loués par nous dans notre voyage, et l'eau-de-vie de Pisco ( ]4° lat. mérid.) , faite avec de très beaux raisins, a de la répu- tation dans toute l'Amérique, et sa consommation peut aller an- nuellement jusqu'à un demi-million de piastres fortes. D'après une nouvelle communication de M. Pœppig, la Vigne serait culti- vée jusque sous le 6° lat. mérid. sur la côte du Pérou. M. Gutzlaff{2) a vu la Vigne cultivée dans les provinces du (i) Die geographische Verbreitung des Wein'itocks, mît Riicksicht auf don Weiubau in Preussen, wœhrend der Herrschaft des Deutscliea Onlens. Vortraîge ans dem Gebiete der Na- lurwissenschaften iind der Oekonomie. i, Bd. Kœnigsbcrg, iS34. (2) Threevoya:;. Londoii, 1834. Extraits du Botanical Magazine. i[\b nord de la Chine, d'où l'on apporte de fort beaux raisins jusqu'à Canton. La Vigne ne croît pas aux environs de Canton et de Macao, parce que l'été est trop pluvieux ; cette plante ne réussit pas non plus dans les Philippines ni sur les côtes de l'Inde , quoique dans l'île Luçon ce ne soit pas la chaleur (car à Ma- nille la température moyenne n'égale pas encore 20° R.), mais bien l'humidité de l'été qui nuit à sa fructification. Suivant les observations deM.Royle ([),la vigne donne d'excellens fruits sur les plaines élevées de l'Inde. Dans la délicieuse vallée de Cache- mire (élevée de 5,400 à 5,5oo pieds au-dessus du niveau de la mer) la Vigne réussit aussi, car l'humidité y est diminuée en partie par l'élévation, et en partie par le souffle du vent de nord- est pendant l'hiver. Ainsi dans les régions chaudes et tempérées la culture de la Vigne n'est restreinte à aucun degré de latitude ou de longitude, et ce n'est qu'un climat à-la-fois humide et chaud qui lui est contraire. Revue des principaux ouvrages périodiques anglais concernant la Botanique y qui ont paru dans le courant des années i833 e;i834. ( Suite. Voyez page 110.; (i) En annonçant, dans un précédent cahier, une revue des prin- cipaux ouvrages périodiques anglais qui traitent la botanique, nous avons promis des extraits du Botanical Magazine ^ comme nous l'avons fait pour le Botanical Regïster. Nous nous acquit- tons aujourd'hui de cette promesse, en faisant observer à nos lecteurs que nous avons cru nécessaire de donner la liste com- plète des plantes décrites et figurées dans le Botanical Maga- zine^ au heu de nous borner à un simple choix de plantes nou- velles ; celles-ci ne sont pas très nombreuses dans ce recueil , qui présente plus d'intérêt par la manière dont une foule de plantes sont décrites et représentées, par les notes instructives qui accompagnent les descriptions, que par leur absolue nou- veauté. (i) Illustrât, of the botany and other branche of the natur. histor. of the Hiœalayan inouit- tains and of the Flora of Cashmere. Fasc. i , Lond. i833. 2^6 Extraits du Botanical Magazine. BoTAKicAL Magazine, par M. W. J. Hooker. Vol. vu (en partie) et vin, nouvelle série, i833 et i834. (V. Arch. de Bot., t. it, p. 76). 3327. Eryihrina veluiina Willd. nov. act. Berol. v. 3. p. 426. Plus de deux pages sont consacrées à la description de cette magnifique espèce par M. Lowe, qui a fait le dessin de la plante vivante à Madère. Le seul individu qu'il ait vu en fleur se trou- vait dans une plantatioo d'autres arbres exotiques rares, dans le jardin de la Quinta de Valle, près de Funchal. On ne sait rien de bien précis sur son histoire et son introduction. 3228. Psychotria daphnoides Allan-Cunningh. in hort. reg. Kew. : fruticosa dichotoma glabra, ramis furcatis precipueapicem versus foliosis, foliis obo- vatis basi attenuatis, stipulis suborbicularibus bideutatis parvis, corymbis terminalibus paucifloris, corollae ore villoso. Cette espèce habite les bords des bois , sur les rives de Bris- bane River (Nouv.-Holl.) où elle a été découverte en 1829. Z222. Brassat^ola nodosa Lindl. Gen. et sp. orchid. p. ïi4. — Epidendrum nodosum Linn. sp. pi. p. i35o. Jacq. Amer. p. 226. t. i4o. — Cym- hidiurn nodosum Syr. nov. act. Ups. v. 6. p. 73. Introduite en i83o, venant de Kingston (Jamaïque), cette plante n'avait doqné aucun signe de végétation pendant les six mois qui ont suivi son arrivée en Angleterre. Alors parut un bourgeon qui atteignit son entière croissance en deux mois, et la plante suspendit de nouveau sa végétation pendant le même espace de temps, 3230. Corydalis longiflora Pers. Syn. pL v. 2. p. 269. B.C. Syst. veg. v. 2. p. 116. Link et Otto Icon. PI. rar. pars i. p. 3. t. 2. — Fumaria Ion- gijlora Willd. — Fumaria Schangini Pall. act. Petrop. 1779'. v. a. p. %6j. t. i4. f. ï-3. — 3 Fumaria caudata Lam. Bict. Cette espèce est native des montagnes de l'Altaï. 323 1. Gelonium fasciculalum Roxb. Hort. Bengb. p. 73, : foliis ellipticis obtusis, floribus fasciculatis fœmineis stigmatibus brcvibus apice laceris. Le G. fasciculalum, cultivé dans le jardin royal de Kew, pro- vient des Indes-Orientales; il existe probablement dans d'autres collections, car il porte, dans quelques jardins, le nom de Sa- ragoda glabra. Extraits du Botaiiical Magazine. 247 323a. Hj'drastis canadensis L. Celte espèce avait déjà été figurée dans le Botanîcal magazine , n. 3019, mais seulement en fleur. La figure n. ?)Q.Zi représente nn individu en fruits. L'auteur ajoute quelques observations sur cette plante qui , appartenant à la famille des Renonculacées, peut être soupçonnée dangereuse pour féconomie animale, mal- gré l'aspect agréable de son fruit. Elle est commune aux envi- rons de Lexington dans le Kentucky. 3353. Epide ndrum pygmœum ïLook. in Bot. mise. n. ser. p. /ig. t. 118, M. Hooker a reçu cette plante du Brésil en i832; d'autres échantillons lui en ont été envoyés de Kingston (Jamaïque) en i833. 3234. ErytJirima poianthes Brotero in Linn. Trans. v, i4. p. 342, l. 10, 11. Lindl. Bot. Reg. t. 1 246. Cette magnifique plante, native de l'Asie, est commune dans les jardins de Madère; elle y a été probablement apportée du Portugal, où on la cultive. Un rameau coîipc et planté en terre, sans aucun soin , y prend promptement racine. 3235. Santalum albumL.S^. pi. p. 497. — Sandalum album Rumph. Afiib. V. 2, p. 42. t. n. A la suite de la description, M. Hooker entre dans quelques détails sur cette plante intéressante, qui fournit le bois si connu dans le commerce sous le nom de Santal. 3236. Dryandra armaia Br. in Linn. Trans. v. io,|p. 2i3. Ejusd. Prodr. v. 1. p. 297. 3337. Heteropterls chrysophylla Humb. et Kunth. Nov. geu. et sp. v. 5. p. i63. — Baaisteria chrysophylla Lam. Dict. v. 1. p. 368. Jacq. hort. Schœnbr. t. io5. Cette plante, si remarquable par son feuillage, dont la face inférieure est d'un beau jaune d'or, est native du Brésil et de Caraccas. 3238. Pogostemon plectrantkoides Desf. in Mem. du mus. v. 3. p. \55. p. 6. Wall. Cat. herb. ind. n. i53o. Des graines de cette plante ont été envoyées en i83o de l'île Maurice. a48 Extraits du Botanical Magazine. SaSg. Azalea ledifolia var. 3, phœnicea. — A. indica, var. semi-duplex^ flori- bus phseniceis, corollae segmentis tribus superioribus maculatis. 324:0. Blechnum Lanceola Swartz. Cette espèce est native du Brésil, où elle paraît être com- mune. Elle est nommée B. lanceolatum par Raddi; mais Spren- gel la donne comme le B. Lanceola de Swartz. M. Hooker ignore dans quel ouvrage Swartz l'a ainsi appelée. 324i. Cynara Cardunculus var. P (Bot. mag. 2862.) 3242. Corydalis bracteata Pers. Syn.pl. v. 2. p. 269. 8243. Epacris cerœjlora Grah. in Edinb. new. phil. jour. : foliis lanceolatis patentissimis nudiusculis subaveniis apice attenuato-mucronatis margini- bus scabris, floribus patulis axillaribus soliîariis secundis, corollae tubo ovato calycem acutum ciliatum bis superante. Cette espèce est native de la terre de Van-Diemen. 3244. Acacia decipiens var. prœmorsa Grah. in Edinb, n. phil. journ. April. i833. 3245. Leontice altaica Pall. Act. Petrop. 1779. P* ^^1' ^- ^•^- 'j 2, 3. Selon M. Ledebour, le L, odessana du docteur Fischer ne paraît pas différer de cette espèce. 3246. Aràbis rosea D.C. Prodr. v. 1. p. i42. Espèce native de la Galabre. 3247. Pteris pédala Swartz. Syn. Fil. p. 2o5. Baddi. Fil. Brasil. p. 45. t. 65. f. 3. t. 66 et 66 bis. Cette Fougère vient de la Jamaïque, où elle croît en abon- dance, aussi bien que dans le Brésil. La beauté de son feuillage la rend digne de figurer dans les collections. 32''i8. Lijnnocha ris Humblodtii Rich. in Ann. du mus. v. 1. p. 36g. t. ig^. Humb. et Kuntb, nov. GenJ v. 1. p. 348. — Slradotes nymphœoide$ Willd. Sp. pi. V. 4. p. 811. Originaire des environs de Buenos- Ayres. Extraits du Botanical Magazine. 249 324g. Oxylobium ellipticum Br. in Hort. Kew. v. 3. p. 10. — Gompholobium eUipiicum Labillard. Nov. Holl. v. l. p. 106. t. i36. — Callistachys . ellipticaYeat. Malraais. t. ii5. De la terre de Van-Diemen. SaSo Trilliitm erectum L. Sp.pl. p. 484. Curt. Bot. mag. t. 470. — Trillium rhomboideum Mich. FI. Bor. Am. v. 1. p. 21 3. C'est aussi le Trillium pendulum de Willdenow (Hort. Berol t. 35). H a fleuri en avril i833, au jardin de Glasgow, et il pro- venait du Canada. 325 1. Leucopogon Richei B. Prodr. Flor. Nov. Holl. vol. 1 . p. 54i. — Leuco- pogon polystachyus Lodd. Bot. Cab. t. i436'. (non Br. Prodr.) benè. — Leucopogon apiculatus Smith, in Rees Gyclop. (non Br. Prodr.) — Leucopogon parviflorus Lindl. in Bot. Reg. t. i56o. — Styphelia Ri- chei Labill. Nov. Holl. i. p. 44. t. 60. {fide exempt, a J). Labillar^ dière.) — Styphelia parviflora Andrews' Reposit. t. 287. mala, — Styphelia Gnidium Vent, Malm. t. a5. pessima, La synonymie passablement compliquée de cette espèce d'É- pacridée est due à M. Brown. Z^Si. Primula ama?7îa M. Bieberst. FI. Taurico-Caucas. v. 1. p. i38. Leh- man. Monog. Primai, p. B9. t. 3. Cette belle espèce est originaire des Alpes Caucasiques. 8253. Epacris nipalis Lodd. Bot. Cab. t. 1821. Bot. Reg. t. i53i. Cette plante a de si grandes affinités avec les E. cerœflora et impressa, qu'il est extrêmement difficile de préciser les carac- tères qui différencient ces espèces. 3254. Pultenœa subumbellata : foliis sparsislineari-oblongis obtasiusculis gla- bris, floribus terminalibus umbellato-capitatis, caljcibus hirsutis. Les graines de cette nouvelle espèce, qui est une plante d'or- nement et d'orangerie, ont été envoyées de la terre de Van- Diemen au jardin de Glasgow. 3i55. Calceolaria crenatiflora Cav. le. pi- v. 5. p. 28. t. 446, — Calceolaria anomala Pers. Syn. pi. t. 1 . p. 16. — Calceolaria pend ula Sweet Brit. FI. Gard. t. i55. Cette belle espèce est originaire de Chiloe. 200 Extraits du Butanical Ma«^azine. Z'2.5Ç). Salpiglossis linearis Hook. Bot. mag. sub. tab. 3ii3. — Nierembergia intermedia Graham in Edin. n. phil. jouin. i832. Les graines de cette jolie plante ont été envoyées de Buénos- Ayres, en i832, par M. Tweedie. Son port est celui d'un Nie- rembergia, et sa fleur est semÎ3lable à celle du Salpiglossis in- tegri/olia de Hooker, ou Nierembergia phœnicea Don. 325/. Epacris heteronema Labill. Nov. Holl. v. i.p.42. t. 56. Découvertepar Labillardière, à la terre de Van Diemen.M. Al- lan-Cunninghani l'a retrouvée sur les montagnes bleues de la Nouvelle-Hollande. 3258. Platylohium ohtusangulum : Foliis deltoideis, angulis obtusiusciilis cum mucrone, pedunculis brevissimis (calyceque ad basin) bracteatis. Nouvelle espèce originaire de la terre de Van-Diemen. Elle n'est peut-être qu'une variété du P. triangulare de Brown. 325g. Platylohium Murrayanum ; Gaule ramosissimo , ramis erecliusculis flexuosis rigidis, foliis dcltoideis aciite miicronatis, pedunculis filiformi- bus folio iongioribus basiapiceque solummodo bracteatis. Nouvelle espèce reçue en même temps que le P. obtusan- gulum. 3260. Eucalyptus amygdalina Labill. Nov. Holl. 2. i4. t. iS^.—Metroside- ros salicifoUa Gaeitner Fruct. et sem, 1. 17 j. t. 34. Cg. 3? Originaire de la terre de Van-Diemen. 32C1. Pleujothallis proliféra Herbert Mss. Lindl. Bot. reg. t. 1298. Ejusd. Gen. et sp. orchid. Part. i. p. 6. Cette Orchidée croît aux environs de Rio-de-Janeiro. 3262. Cataseium trifidum : floribns maculatis, petalis duobus cum sepalo sii- periore conniveutibus, labello patentissimo piano trifido , segiuentis latc- ralibus aciiminatis, intermedio crasso obtuso breviore. Cette nouvelle espèce a été rapportée de la Trinité. 3263. Astragalus procumhvns Hook. et Arn. in Bol. of Becch. Voy. v. 1. p. 18 et in Bot. mise. v. 2. p. l86. Extraits du Botanical Magazine. 25 1 Plante du Chili, qui est très sujette à varier. Celle qui est ici figurée est plus velue que les autres variétés ; et d'après l'inspec- tion de son fruit très jeune, M. Hooker pense qu'on devrait la rapporter au genre Phaca. Bertero avait recueilli cette plante à Valparaiso et à Rancagua; elle porte les n" 182 1 et 1824 dans son herbier qui a été acquis dernièrement par les sociétaires de l'Union itinéraire d'Esslingen. 3264. Dracopkyllum secundum Br. Prodr. fl. Nov. Holl. p. 556. Guillem. le. PI. Austral, ror. p. 1. t. i. — Prionotes secunda Spreng. 5yst. veget. V. 1. p. 63i. — Epacris secunda Poir. Enc. Meth. suppl. v. 2. p. 556. Cette plante rare et intéressante est originaire des environs du port Jackson. 8265. Cattleya Forbesii Liadl. Coll. Bot. in 3/. in textu Bot. reg. t. g33. Gen. et sp. orchid. p. 117. Belle Orchidée originaire du Brésil. 5266. Acacia vernicijlua A. Cunningliain in Field's n. S, Wales. p. 344. (1824.) — Acacia virgata Loddiges Bot. Cab. t. J246. (182S.) Celte espèce de la Nouvelle-Hollande est très voisine des A. dodoneœfolia Willd. et^. grai^eolens Cunningh. 3267. Ceropegia Wightii Graham mss. : volubilis glaber, radiée bulbosa, foliis ovatis acutis carnosis, coroUse tubo basi inflato-globoso limbi 5-fido la- ciniis linearibus laauginosis approximatis, lobis coronse stamiiîcse exte- rioris inlegris interioribus alîernautibus , interioris carnosis laterabler compressis albidis recurvis exteriori dupîo Ipngioribus. ff^iqlit. Cette espèce a été envoyée des Indes-Orientales sous le nom de C. bulbosa, autre espèce avec laquelle elle a des rapports par sa racine tubéreuse, sa tige grasse, ses feuilles et la forme de sa corolle. 3268. Astragalas vesicarius Linn. Sp. pi. p, 1071. Will. Delph. t. 42 f. 1 . — Astragalus albidus Waldst. et Kit. Pi. rar. Hung. v. 1. 1. 4o. — Aa- tragalus dealbalus Pall. Astr. t. 23. f. \.^- Astragalus glaucus Bieb. FI. Taur. Gaue. n. i484. Originaire du midi de la France, de la Russie et de la Hon- grie. a52 Extraits du Botanical Magazine. 3269. Lychnis pyrenaica Berg. F. bass.-Pyrén. 2. p. 264 (D, C.) DeCand. FI Fr/ V. 5. p. 608. — Lychnis nummularia Lapeyr. Hist. des pi. des Pyréa, p. 263. Aucune figure n'existait de cette espèce intéressante, qui croît sur les rochers dans les Basses-Pyrénées. 3270. Pimelea arenaria Allan-^Cunningham mss. : foliis (decussato-oppositis) ellipticis obtiisiusculis patentibus, suprà glabris subtus cano-hiitis, flora- libus capilulum 5-7-florum subœquantibus, perianthii tubo brevissimo suburceolato lanuginoso persistenti , stylo stamiuibus paulo longiore, fructu baccato. Espèce originaire de la terre de Van-Diemen. Très voisine des P. cinerea Br. , P. nwea Labill. , et P. pilosa Vahl. 3271. Plagianthus dîvaricatus Forst. Gen. t. 43. Cette singulière plante, de la Nouvelle-Zélande, n'était con- nue que par une très imparfaite figure et une description deFors- ter. M. De CandoUe l'a placée dans les Bombacées. M. Cunnin- gham, à qui on doit son introduction dans les jardins en Europe, pense qu'elle se rappro'che de la section des Byttnériacées, à laquelle appartiennent XHermannia et le Waltheria. Enfin , MM. Hooker, Cunningbam et Don ont encore eu l'idée de la réunir aux Euphorbiacées, affinité qui nous semble assez natu- relle, à en juger par les caractères, les analyses et le port de la plante. 3272. Beaufortia Dampieri Allan-Gunningham mss. : foliis opposilis decussa- tis densis lato-ellipticis orbiculatisve obtusis trinerviis, nervis lateralibus obsoletis margine incrassato confluentibus, uiiguibus phalangiura petalo plus duplo longioribus, lîlamentis patentibus (stain. 7-9.) Dammara ex Nova Hollandia , Sanamandœ secundce Clusii foliis. WoodwardinDampier's Voy. (éd. l'j'i.Q) v- 3. p. 110. t. 3. f. 4. Cette belle plante est celle que le célèbre navigateur Dam- pier recuedlit, en 1699, sur les plages stériles de Sark's Bay, cô*.e ouest de l'Australie. 3273. Lysimachia azorica Hort. Hafn. : foliis bievissime petiolatis ovato-lan- ceolatis, lateribus incurvis, pedunculis axillaribus solitariis unifloris;, ca- lycis foliolis subulatis, fiiamcntis nudis, caulibus brevibus erectis. Extraits du Botanical Magazine. a 53 Cette espèce, probablement originaire des Açores, paraît, à la première vue, différente du L. nemorum y mais ses caractères différentiels sont difficiles à saisir. M. Hooker la croit identique avec la var. (3. minor, caulihus erectiuscuUs de Gmelin, Fl. Bad. i.p. 455. 3274. Cargillia australis Br. Prodr. fl. Nov.HoU. p. Sa/, Cette plante intéressante appartient à un genre de la famille des Ébénacées, intermédiaire entre le Diospjros de Linné et le Maba de Forster. Elle est originaire du port Jackson. 32/5. Tillandsia setacea Swartz Fl. Ind. Occ. v. 1. p. ôgS. Plante de la Jamaïque, très remarquable par ses longs épis, dont les bractées sont variées de jaune et de rouge. 3276. Pitnelea sylvestrisBr. Prodr. v. i.p. 36i. Cette jolie espèce est remarquable par ses fleurs nombreuses, d'un rose clair, avec des étamines jaunes proéminentes. 3277. Hypericum hyssopifolium Vill. Delph. v. 3. p. 5o5. t. 44. — Hype- ricum alpestre Fischer in herb. 3278. Syringa Josikœa Jacq. in Bot. Zeit. i83i. p. 67. Reichenb. PI. cril. t. 1049. Cette espèce de Lilas a été présentée, pour la première fois, par le baron Jacquin, à la réunion des naturalistes qui a eu lieu à Hambourg en i83o. Elle est originaire d'Allemagne. 8279. Acacia graveolens Lodd. Bot. Cab. t. i46o (1829.) Originaire des environs d'Hobart-Town , à la terre de Van- Diemen. 3280. Iritillaria miner Ledeb. le. pi. fl. Ross. Alt. t. 12. t. i3o.— Ibid. FI. Altaica. 2. 34. — Fritillaria meleagroides Patrin in Scbult. Syst. veget. Découverte par le docteur Ledebour, dans les pâturages des nîonts Altaï, Q54 Extraits du Botanical Magazine. 3281. Pimelea longifîora Br. Prodr. v. i. p. 36 1. Des côtes méridionales de la Nouvelle-Hollande. Fleurs ter- minales grandes, d'un blanc pur. 3282. Ficus acuminata Ham. lierÎD. Wall. inCat. of. PI. n. 4478. : ramis pe- tiolisque ferrugineo-tomentosis, foliis lato-elliplicis obovatisque longe tenuiter acuminatis supra glabris subtus pubescentibus nervis promi- ijcnlibus rcceptaculis soUtariis globosis peudulis farinosis longe pe- dunculatis. Aucune description n'avait été donnée de cette espèce de Figuier, qui est originaire de l'Inde, et qui a porté dans quel- ques jardins le nom de Ficus cerasiformis. 3283. Lupinus incanwi Graham. in Edin. Phil. Jouru. i833. Cette belle plante a été envoyée de l'Amérique méridionale par M.-Twedie. Elle se rapproche du L. multiflorus de l'Ency- clopédie. 3284- Anthyllis Webhiana Hort. Biim. : herbacea erecta incano-sericea, foliis pinnatis, foliolis 7-11 ovalibus acutis terrainali majore, capitulis subcompositis bracteatis,bi'acteiscinieato-rotundatis vix ad médium raul- tifidis, calycibus siib aatbesiu cylindraccis. Cette espèce a été envoyée de Ténériffe au jardin de Birmin- gham par M. Webb, dont elle a retenu le nom. 3285. Grevillea arenaria Brown. Prodr. v. 1. p. 578. — Lissanthe cana Kniglit and Salisb. PrdL 117. Espèce très voisine du G. canescens figuré dans le BoL Mag., t. 3i85. 3286. Andromeda salicifolia Goramers. mss. Lam. Encycl. v. 1. p. 169. Srailh. le. ined. t. 58. Hook. Ex. fl. t. ig'2. 3287. NuttaUla Papaver : Foliis radicalibus lobatispalmatisvp^ caulinis inferio- ribus palmatis, superioribus simplicibus digitatisve, calycibus pilosis in- volucratis, involucro triphyllo, foliis lanceolatis pilosis. C'îst une des plantes les plus intéressantes qui aient été dé- couvertes par M. Drummond dans la Louisiane. Elle fait partie d'un genre de Malvacées, intermédiaire entre le Malva et le Extraits du Botanical Magazine. 255 Sida y qui a été établi par M. Hooker dans ^Exotic fLora^ t. 171 et 172. 3288. Pimelea g7-aciUfîora : Glabra, foliis oppositispatentibusianceolatisacutis supra puncîatis floralibus subsimilibus 6-7 involucratis capitule mulii- floro brevioribus, periantbiis glaberrimis, tubo bracili fîliformi-cîavato. Espèce très voisine du P. syhestris ^ figurée t. 3276. ZtS^. Marsdenia Jlavescens Allan-Cuniiingbam. mss, ; Caulf volubili, foliis oblongo-lanceolatis acuminatis subundulatis supra lœvibus sublus ramu- lisque incaiio-toraentosis , pedunculis peholo duplo longioribus, cyrais contertifloris, corollis subrotatis, fauce imda. Cette espèce, qui a des affinités avec le M. viridiflora Br., croît sur les côtes maritimes du district d'illaw^ana, à la Nou- velle-Hollande. 8290. Rhododendron arboreum Sm. Ex. Bot. t, 9. Hook. Ex. fl. t. ifîS. Bot. Reg. t. 890. — ' Fdiododendron arboreum 7 album Waib Cat. n. 755. — Rhododendron album Hamilt. mss. Sweet Brit. fl. Gard. n. ser, t. i48. Cette variété à flenrs blanches du R. arboreum a été décou- verte, en 1821 , dans les hautes montagnes de Népaul, par M. Wallich. Sagi. Tradescantia pilosa Lebrn. ind. sctn. hort. hamb. 1827.^ — Trades- cantia virginica Red. Lil. sub fol. 98. Cette plante, envoyée de la Louisiane par M. Drummond, est voisine des T. virginica et subaspera. Ses fleurs petites, son feuillage très poilu, ainsi que les pédoncules et le calice, l'en distinguent suffisamment. 3292, Lobelia puberula Mich. am. v. 2. p. i52. ^ glabella : foliis obsoletissime pubescentibus, calycibus glaberrimis. C'est encore une acquisition pour les jardins, qui est due à M. Drummond; il en a envoyé des graines de Jackson ville dans la Louisiane. 3293. Opuntia brasiliensis D. C. Prodr. 3, p. 474. n. 33. Quoique d'une récente introduction dans l'île de Madère, 356 Extraits da Botanical Magazine. cette plante se rencontre clans plusieurs jardins à Funchal , où elle fleurit sans requérir aucun soin. 3394. Libertia formosa Grah. in Edin. new. phil. journ. June i835. Cette plante, importée de l'Amérique méridionale, fait partie d'un genre formé aux dépens du Sjsirinchium, par M. Brown , sous le nom de Reneahnia, qui a été remplacé par celui de Li- hertia par Sprengel, attendu que le Renealmia de Roscoe a été définitivement admis. 32g5. Helianthus speciosus : Foliis cordatis integris trilobisque pedunculo superne incrassato, involucro foliaceo, paleis acuoiinatissimis cuspidatis longitudine flosculorum tuhulosorum. C'est une fort belle espèce, provenant de graines envoyées du jardin botanique de Mexico. Sa place, dans le genre Helian- thus , n'est pas sans objection, et peut-être fait-elle partie du Tithonia (T. tagetiflora Don in Bot. Reg. t. 691 ?) 32g6. Cleome dendroides Schultes Sysl. veg. v. 7. p. 28. — Cleome arborea Weinm. Sylloge PI. 227. — Cleome atro-purpurea? Schott in Schaenb. naturf. p. 129. Cette belle espèce est une plante herbacée annuelle ou bis- annuelle, originaire du Brésil. 3297. Ipomœa rubro-cœrulea : glabra, foliis longe petiolatis profunde cordatis brève acuminalis, pedunculis 3-4-floris incrassatissubracemcsis^ calycis glabri lacinii;» (parvis) erectis appressis lineari-subulatis albo-marginatis, corolla ampla infundibuliformi , limbo 5-angulato angulis mucronatis , stigmate bilobo. Quoique les jardins possèdent un grand nombre d'Ipomœa remarquables par la beauté de leurs fleurs, il n'en est peut-être aucune qui égale celle-ci sous ce rapport. Elle provient de graines recueillies dans la province deGuanaxuato, au Mexique. ( La suite au prochain cahier.) MKYKN. — Circulation du suc cellulaire. aSy Nouvelles OBSEnvAxiojsfs sur la circulation du suc cellulaire dans les plantes , Par M. le professeur Metett. J'ai répété, en août i835 , les observations faites sur le Zanni- chellia par M. Poiichet (V. Ann. des Sciences nat. , janvier t835, V. m , p. 39). M. Pouchet a observé dans les cellules du Zanni- chelUuy un courant du suc, mais la direction de ce courant est indiquée si vaguement , que MM. Richard etBrongniart , dans le rapport qu'ils ont fait à l'Académie sur ce mémoire, penchent à croire que le mode de mouvement du suc dans les cellules du Zannichellia n'est pas le même que dans d'autres plantes. Le suc cellulaire du Zannichellia offre également un mouve- ment de rotation; mais cette rotation n'est pas, à beaucoup près, aussi parfaite que dans le Vallisneria , \' Hydrocharis qX \q Stratiotes , et elle se rapproche plutôt du type que j'ai observé dans plusieurs Potamogeton. Ce n'est que dans les cellules al- longées de la tige qu'on peut voir distinctement ce phénomène; j'ai observé, de la manière la plus claire , un courant descendant de l'un des côtés des cellules, se détournant à la base, et remon tant de l'autre côté. Je n'ai point pu remarquer le courant du suc dans la couche la plus extérieure des cellules caulinaires, ni dans les cellules des feuilles , ce qu'il faut peut-être attribuer à la forte compression de ces cellules. Quoique la rotation du suc cellulaire ait déjà été l'objet de nombreuses recherches, il reste encore bien des observations à faire à ce sujet. Les observations faites jusqu'aujourd'hui m'ont amené à ce résultat, que le mouvement rotatoire du suc cellu- laire ne s'opère que dans certaines plantes très succulentes, ou bien dans certains organes d'autres plantes d'une nature ana- logue. Aux espèces déjà connues pour offrir ce phénomène , il faut donc ajouter le Zannichellia, et ( 11 outre une foule de Di- cotjiédones, dont je vais parler. IV, EoTAN. — Noifmhrc i 7 2 58 Ml YKN. — Circulation du suc cellulaire. En faisant germer des graines de Dicotylédones dans un ter- rain meuble et sous l'influence d'une humidité abondante, on verra se développer sur leurs racines une foule de radicelles ca- pillaires, dans lesquelles on peut observer la circulation rota- îoire aussi clairement que dans les fibrilles radicales des Hydro- charis^ pourvu que la température soit assez élevée et que l'on prenne soin de les préserver de toute lésion ; mais ce phéno- mène n'est visible que lorsqu'il y a des globules dans le suc cel- lulaire. J'ai observé le courant rotatoire dans les poils radicel- laires des plantes suivantes : Impatiens Balsamina, Vicia Faba^ Ipomea ccerulea, Cucurbita PepOy Cucumis sativus ^ Veronica Crista gain y Ranunculus sceleratus ; mais toujours seulement dans des cellules isolées. J'avais très souvent passé beaucoup de temps à observer les poils radicaux àesMarchantia, sans pouvoir y remarquer aucune circulation ; ce qu'il faut attribuer à ce que le suc cellulaire de ces poils ne contient pas de globules qui rendraient le phéno- mène visible. Enfin, en examinant une radicelle encore non ponctuée, j'aperçus très clairement la rotation du suc; cet utricuîe contenait sept ou huit globules hyalins assez gros, entraînés par le courant, exactement comme les corpus- cules renfermés dans les utricules des Chara. Ce phénomène me fait croire que les poils radicellaires des Marchantia sont d'une haute importance pour cette plante, et que, dans beau- coup de cas, ils remplissent les fonctions de trachées, parce qu'ils se trouvent par faisceaux aux mêmes endroits où, dans les plantes plus parfaites, sont situés les faisceaux vasculaires. L'existence de ces poils radicellaires sous forme de nervures foliaires, est suffisamment démontrée par le magnifique tra- vail de M. Mirbel; dans le support de l'organe de la fructi- fication, ils se trouvent dans deux canaux exactement clos par des bords membraneux ; mais ces bords peuvent être écartés l'un de l'autre sans lésion organique, et l'on peut en retirer les faisceaux vasculaires. Tous ces poils du pédicelle {seta) sont fixés à la face inférieure du disque de la fructification. Ces organes sont donc susceptibles de conduire l'humidité du sol jusqu'à l'organe de la fructification. ME YEN. — Circulation du suc cellulaiie. 259 Je suis porté à croire que la circulation du suc cellulaire est un phénomène général au règne végétal, intimement lié aux ef- fets de la formation active. Dans les utricules extérieures d'un Chara vulgaris très jeune (V. PI. VII fig. 5), j'ai observé une bande étroite appliquée contre la paroi de la cellule , et tournant avec le courant. Cette bande , plus OH moins étroite, se compose de mucilage condensé et con- tenant une foule de petites particules amylacées. Très souvent , il arrive que ces masses contiguës se séparent en masses plus petites, qui se réunissent de nouveau à la première rencontre, et qu'elles continuent à tournoyer ensemble. Lorsque les pa- rois cellulaires exercent leur attraction sur cette masse mucila- gineuse , l'extrémité antérieure de cette masse prend une forme large et tronquée, très semblable à celle de beaucoup d'Infii- soires. L'attraction des corps, et par conséquent la pesanteur, s'exerce donc ici comme partout. En partant de ce principe, je ne pense pas que ce que j'ai dit , il y a bien des années , sur les causes du mouvement rotatoire du suc cellulaire, soit aussi peu fondé que M. De Candolle s'efforce de le présenter, en cher- chant la cause du phénomène dans la contractilité des cellules , dont malheureusement on ne peut rien apercevoir, même à l'aide des plus forts grossissemens. — Le mouvement de ces masses mucilagineuses dans les cellules du Chara très jeune, m'explique toute la circulation du suc dans les cellules des poils qu'offrent les filets staminaux de beaucoup de Tradescantia. Quoique ces courans ( découverts par M. R. Brov^^n ) soient très ramifiés , ils n'en forment pas moins un courant de rotation par- faite ; mais leur contenu , qui consiste en masses demi liquides entremêlées d'une multitude de petites particules, au lieu de suivre toujours un seul et même chemin continu , se sépare en plusieurs courans distincts , qui constituent le courant soit as- cendant, soit descendant. Cette circulation remarquable s'ob- serve surtout très clairement dans le Tradescantia à fleurs blanches, parce que les membranes cellulaires des poils des éta- mines sont tout-à-fait lisses ; très souvent on n'y voit qu'un seul courant, qui se partage juste au milieu de la paroi cellulaire; quelquefois aussi il part des courans latéraux dès la base des ^7' iCk) mlykn. — Circulation du suc cellulaire. cellules; mais j'ai été à même de m'assurer plusieurs fois que ces courans latéraux ne suivent point une direction déterminée, et qu'ils se rapprochent de plus en plus de l'un des courans prin- cipaux, avec lesquels ils finissent par se confondre; alors il arrive souvent que le courant élargi se partage de nouveau en courans secondaires. Cette observation prouve, jusqu'à l'évidence , que les courans dans ces cellules ne sont pas séparés les uns des au- tres par des cloisons, et qu'ils ne circulent point dans des canaux particuliers des parois cellulaires, mais que la division en plu- sieurs courans est tout-à-fait accidentelle, et que, tout en sui- vant la direction déterminée, ils peuvent prendre tantôt un che- min , tantôt un autre. Il est certain que le courant dans les cellules du Tradescanda n'est point en rapport intime avec le grand globule cellulaire, lequel paraît plutôt formé par l'effet mécanique du mouvement rotatoire du suc. Je reviens aux observations de M. Pouchet. Suivant lui, en coupant la tige àwZannichelUa palustris, on y trouve un liquide transparent et deux sortes de globules : les uns transparens et à surface lisse; les autres opaques et couverts de sétules. I/intérieur des globules transparens contiendrait un liquide rempli de globules minimes qui paraissent être des animalcules dont la forme ne peut se définir. Suivant mes observations, les cellules caulinaires des Zannichellia renferment en effet deux sortes de formations globuleuses: les cellules les plus intérieu- res qui entourent immédiatement le faisceau de cellules allon- gées, contiennent des globules lisses et transparens; les cellules extérieures renferment des vésicules plus petites, moins trans- parentes, et verdâtres {F. PI. vu fig. i). Les globules transparens [a, a, a, «2, fig. i) ne sont autre chose que des grains de fécule; on y remarque cette structure lamelleuse déjà observée par MM. Raspail et Turpin. La teinture d'iode les colore en bleu foncé, et l'acide nitrique les dissout complètement; aussi est-il impossible d'y trouver le moindre indice d'animalcules. Depuis lors, M. Pouchet prétend avoir trouvé des gouttelettes d'huile dans les petits globules des Chara {^V. Ann. des scien. nat. , janv. 1 835). Sa description ne suffit pas pour faire reconnaître le qenre de globules qu'il vent désigner. Je remarquerai en MEVEN. — Circulation du suc cellulaire. 2G1 outre que les globulCvS que contient le liquide qui circuie dans les utricules des Chara, sont pour la plupatt des grains de fécule et de petites particules de mucilage; les grains de fécule offrent également une structure lamelleuse; les uns et les autres sont souvent agglomérés en petites masses. Les grains des Chara contiennent, comuie l'on sait, une très grande quantité de fé- cule sous forme de globules tant giaîàds que petits; parmi ces grains de fécule se trouvent une foule de gouttelettes d'huile, et ces gouttelettes renferment quelquefois des particules minimes de fécule. La seconde sorte de globules, qu'on trouve dans les cellules de la tige du Zannichellia, sont des vésicules faiblement colorées par la chlorophylle. La teinture d'iode colore en brun la surface de ces vésicules, mais sans affecter la transparence de leur intérieur; l'acide nitrique ne les dissout point : d'où l'on peut conclure qu'elles sont formées par une membrane solide. Les cellules qui renferment, les unes des globules transparens^ les autres des vésicules opaques, se touchent immédiatement, et souvent il devient difficile d'indiquer la limite où commencent les imes et où finissent les autres. Macérées dans de l'alcool ou dans de l'éther, les vésicules cellulaires se décolorent, parce que la chlorophylle se dissout, mais il reste toujours une masse muci- lagineuse qui me paraît être le véhicule de la chlorophylle ; car celle-ci ne se montre jamais sous forme de globules, et elle ne fait que colorer certaines for*m:itions soit solides, soit demi fluides, du suc cellulaire. La chlorophylle existe non-seulement dans Tintérieur des petites vésicules cellulaires, mais fréquemment on la trouve comme une matière assez dense et verte, recou- vrant plus ou moins uniformément la paroi interne des cel- lules. Il existe donc dans l'intérieur des cellules végétales du mu- cilage, de la fécule, de l'huile, de la chlorophylle, etc., substances que la vie végétale métamorphose les unes dans les autres. Quant aux sétules que M. Pouchet assure avoir abservées sur les globules non transparens du Zannichellia^ j'avoue que je ne sais qu'en faii'e , car jamais je n'ai pu en découvrir de trace» i62 w. BOJKR. — Plantœ rariores iris. Africœ orient. EXPLICATIOCV DE LA. PLANCHE VII. Fig, 2. Epiderme d'une feuille de ZannicJielUa repens ; on y remarque une multitude d« vésicules colorées en vert. Fig. 3. Couche cellulaire extrême de la tige de la même plante; les corpuscules ovales et aplatis (3 apice instructis, glabris; capsulis subcompressis, utrinque retu- sis, calyce coronatis, 3-locuIaribus ; seminibus supra triiiicatis, basi squamulis cinctis. DESCR. Radix fîbrosa, alhida , inodora. Catjlis sarmentoso-scandeus, basi bulbosus, subtus aphyilus, crassitie ferè digiti miaimi , flagelliformis , ijo-5o ped. longiis, superio»' foliis sequentibus spiraliter vestitus. Folia spilhamea lato-laneeolata, convoluta, longe-acuminata , vaginantia; adulta breviter pe- tiolala, subtus adpressè villosa, margine ciliata; vaginis integris supra utrin- que latere incisis, marginibus pilis longis adpressis obsitis, nervis subtus praeter média subnuUis. Spic^ subglobosse ; squamis imbricatis ovatis, acutis, apice glandulosis. Flores all»i. Calyx tubulosus, 3-dentalus, persistens. Petala ovali-oblonga, acuta, attenuata, margine revoluta. Nectarii labelUim apice fîm- briatum, laciniis dorso reflexis, deuticulatis, intus lutescentibus. Stigma subbi- Itmellatum, reniforme. Capsula compressa, levitcr obcordata, utrinque truncata, rubro-striata, 3-loculans. Semina in unoque loculo plura, truncata, extus basi squamulis 2-3 membranaccis cincta. Crescit secus rivulos inter frutices insulap Zanzibariae ad oras orientales Africae. Floret sub. fine Februarii V, EXPLICATION DK LA PLANCHE Vril- Fig. I. Calice. Fig. a. Pistil et Stigmate. Fig. 3. Un pétale. Fig. 4. Labelle, et filament vu à l'extérieur. Fig. 5. Filament renversé pour faire voir l'anthère, le pistil et le stigmate. Fig. 6. Fruit couronné par le calice. On voit en a , un appendice charnu , qui vient quel- quefois à la base du fruit. Fig. 7. Le même, où le calice a été déchiré et replié pour faire voir l'endroit où la corolle était attachée. Fig. 8. Coupe transversale du fruit. Fig. 9. Graine grossie entourée par des écailles. mportantes, savoir : 1° le Costus sarmentosus, qui appartient à une famille de plantes que l'on ne rencontre pas fréquemment dans les collections ; a° le Polygonum Owenii qui existe aujourd'hui dans quelques jardins de botanique et notamment dans celui de Montpellier; cette plante avait été regardée par Hilsenberg, compagnon de voyage de M. Bojer, comme le type d'un genre nouveau qu'il avait nommé Owenia; 3° \e Dicerocaryum sinuatum, espèce très cu- rieuse et formant un nouveau genre dans les Pédalinées. {Note des Rédacteun.) 'jQll w. B.)jj R. — Plantœ rarlores iiis. Jfricœ orient. MuSSiENDA Z\NZIBARJCA Sp. nOV. M. corymbis terminalibus 2-fi tab. 399 (mala.) L. tenuissime puberula; foliis runcinatis, v. interrupte pinna- lipartitis pinnatifidisve, ciliatis (radicalibus infimis indivisisj: segmentis erosis, v. repando-dentatis, v. denticulatis, v. inte- gerrimis, variiformibus : lobo terminali maximo, v. abbreviato, subrotundo, v. ovato, v. lanceolato, inciso, v. dentato, v. sub- integro, nonnunquam basi cordato ; petalis flabellif'ormibus , muticis, tubo calycino 2-5-plo brevioribus. Grescit in Regni chilensis provinciis australioribus.— ( V. v. c. et s. sp. ) LaVAUXIA CENTAURIFOLIA Nob. L. glabriuscula ; foliis floribus brevioribus, longe petlolatis, margine nervisque puberulis : summis lanceolatis, repando- den- ticulatis, basi incisis v. auriculatis; inferioribus lyrato- v. sinuato- pinnatifidis : segmentis oblongis v. lanceolatis, dentatis; lobo terminali ovali, v. ovato, v. lato-lanceolato, eroso-dentato, maxi- me j calycis tubo longissimo; ovario glabrescente. ayS ED. SPACH. — Ona^rearum descriptiones. Suramitates quaa obsunt caulium v. raraorum 4-5 pollices longae, crassae. Fo- lia 4-6 pollices longa : inferiorura lobo terminali 2-3 pollices longo, io-i5 li- neas lato. Calyx glaber : tubus 6-7 pollices longus, infra faucem vix i lineam latus; limbi segmenta i5-i8 lineas longa, i lineam lata, lineari-lanceolata, cor- uiculo subulato acuminala. Petala, ut videtur, segmentis calycinis aequilonga. (Flores, ex scheda Gommersoniaua, a amplissimi, mutabiles, heliophohi. » ) Filauienta fere 1 pollicem Innga. Ovarium t pollicem longura, subclavatum, in- fra apicem 4-cristatum,inferne in stipitem crassura attenuatum. Caetera haudsup- petunt. Circa urbem J/o^/mig4 Extraits du Botanical Magazine. Cette plante, de la famille des Epacridées, a un feuillage très îsingiilier qui ressemble à celui du Laurus Cinnamomum par ses nervures parallèles et sa couleur rose à l'état jeune. 3325-3326. Coluillea racemosa Bojei-. mss. Cette plante; d'nn aspect vraiment magnifique, a été décou- ^rerte, en 18^4? V^^ ■^^* l^ojer, dans la baie de Bombatoc,sur la côte ouest de Madagascar, où un seul arbre de cette espèce était cultivé par les habitans. On présume qu'elle est originaire de la côte orientale d'Afrique. Des graines, semées à Maurice ^ ont parfaitement réussi, et l'on peut espérer qu'on obtiendra ainsi une plante d'ornement extrêmement précieuse pour les serres de nos contrées d'Europe C'est un arbre de [\o. à 5o pieds \. Arahis verna'Bv. in Hort. Kew. cd. 2. v. 4. p. ] o5. (non Desf. ) — Iles- péris perna Linn. Sp. pi. p. 928. Sibîh. Fi. Grsec. t. 64i. 5332. Epidendrum hlcornutunz : labcllo liboro trilobo^lobo intermcdio elongafo lanceolato acuto, basi intas altc cornuto, scpalis petalisrjiie ssqualibus lato-ellipticis acutis concavis, bulbo elongato subcauliformi apice folioso^ foliis paucis lineari-oblongis obtusis coriaccis, pedunculo terminali, ra- cemo paucifloro. Cette nouvelle espèce est originaire de l'île de la Trinité. Z'^y^.Ferhena chamœdrifolia Juss. in Ann. d« Mus. v. 7. p. 78. Sweet Brit, fl. Gard. t. g. — Verhena veronicifolia Sm. in Bées. Cycl. — Verhena Melindres Gill. in Bot, Beg. t. 11 84. — E rimes Peruuianus Linn. Sp. pi. p. 676. — Lychnidea veronicœ folio, flore coccineo. Feuillée, Per. V. 3. p. 36, t. 25. Cette jolie plante est aujourd'hui assez répandue dans les jar- 2g6 Extraits du Botanical Magazine. dins, à l'ornement desquels elle contribue par ses fleurs du rouge écarlate le plus éclatant. 3334. Trachymene /anccolaiaSpveïi^. Syst. veget. v. i. p. 879. De Cand. Prodr. V. 4. p. 73. — Azorelta lanceolata Labill. Nov.-HoU. v. 1. p. 74. t. gg. Espèce native du port Jackson. 3335. iîi&es sanguineum Piirsîi FI. am. v. i. p. i64. Dougl. in Hort. Trans. V. 7. p. 509. t. i3. Bot. Reg. t. 1349. Hook. FI. Bor.-am. v. i. p. 234. • — Ribes malvaceum Sm. in Rees'Cycl. On doit à M. Douglas l'introduction en Europe de ce char- mant arbuste qui est originaire de la côte ouest d'Amérique. On le rencontre depuis le 4^° latitude en Californie, jusqu'au 62° nord. Z'àW.Mimulus lateus j var. variegatus. Mimiilus litteus Lirni. Sp. pi. p. 884. Lindl. in Bot. Reg. t. io3o. (non Bot. Mag. ) G mtiola foliis suhrotimdis , etc., Feuillée Per. p. 745. t. 34. (a) RU'ularis ; caulescens multiflorus. Lindl. 1. c. {P) Alpinus ; subacaulis uniflorus, foliis minoi'ibus. Lindl. 1. c. {i) Variegatusj caule erecîo, corolla pallide flava, segmenlis omnibus purpu- reis. Mimiùlus varlegatus Lodd. Bot. Cab. t. 1872. SS^y. 'Acacia elongaia De Cand. Prodr. t. 2. p. 45i. Celte jolie espèce est originaire des Montagnes-Bleues de la Nouvelle-Hollande. 5338. Acacia umhrosa Cunningb. in Don's Syst. of. Gard. v. 2. p. 4o5. n. 6r. Originaire également de la Nouvelle-Hollande. 33^g^, Schinus Molle Linn. Sp. pi. p. 1467. Lam. 111. t. 822. (p) Integerrima , foliolis integerrimis: Schintis Areira Linn. Sp. pi. p. 1467. 334o. Coleonema pulchrum ; ramis virgatis , foliis filiformibus acuminatis supra planissubtus semileretibus convexis, floribus(roseis) axillaribussolitaris folio multo brevioribus; bracteis subulatis. Cette charmante espèce , d'un genre de Rutacées établi par Extraits du Botanical Magazine. 297 Bartling et Wendland et qui ne renfermait que trois espèces , a été cultivée dans le jardin botanique de Glasgow sous le nom de Diosina anguslifolia. Elle est, sans aucun doute, originaire du cap de Bonne-Espérance. 7)Zk\ . Acacia hastulata Sra. in Rees Cycl. Suppl. De Cand. Prodr. t. 2. p. 44g. Cette espèce , très distincte au premier aspect, est originaire de la baie du roi Georges, à la Nouvelle-Hollande. ZZkl. Silène Virginica Linn.Sp. pi. p. 600. Lychnis flore simplici specioso coccineo, etc. Gronov. Virg. p. 16. Dans sa Flora horeali-americana , M. Hooker avait mis en doute si le S. virginica différait réellement du S. -pensylvanicay mais il se prononce dans cet article pour l'affirmative, et il éta- blit les différences qui existent entre ces deux plantes. 3343. /ris tenax Dougl. Journ, ined. Lindl. Bot. Reg. t. 1218. Cette espèce est très commune dans le nord de la Californie d'où elle a été rapportée par M. Douglas. Ce voyageur lui a donné le nom de tenax ^ parce que les indigènes des bords de la rivière Anguillac fabriquent avec les fibres de ses feuilles d'excellens cordages. M. Lindley a conseillé sa culture en Angleterre de préférence à celle du Lin de la Nouvelle-Zélande, comme plus appropriée à notre climat. ZZkk. Alstrœmeria oculata Lodd. Bot. Cab. t. i35i. Graham. in Ed. Phil. Journ. i834. Cumming Herb. Ghil. n. 345. De toutes les espèces à^ Alstrœmeria^ \A. oculata est celle qui a les plus petites fleurs. Elle a été découverte àValparaiso par M. Cumming. 3345. Caladiiim grandijolinm Willd. Sp. pi. v. 4. p. 490. — Arum grandi^ Jolium Jacq.Hort. Scliaenbr. v. 2. t. 189. p. 33. En publiant le C.fragrantissimum (t. 33i4), M. Hoolœr avait pensé que le C. grandifolium de Sims {Bot. mag. t. 2643) devait être considéré comme une variété de la plante du même nom publiée par Jacquin. Mais ayant eu depuis un individu au- 298 Extraits du Botanical Magazine. thentique de cette dernière, il a pu s'assurer que la plante de Sims est une espèce entièrement différente. En conséquence, elle doit recevoir un nouveau nom, et M. Hooker lui impose celui de Simsii. Le C. grandifolium est originaire de Demerara. 3346. Acacia llneata A. Cunn. in Doii's Syst. of Gard. v. 2. p. 4o3. n. 28. Cette espèce est abondante dans l'intérieur de la Nouvelle- Galles du sud. Elle a été découverte primitivement lors de l'ex- pédition qui fut faite en 181 7 sur la rivière Lachlan. 5547. Campanula macranlha Fischer, mss. — ]3. Polyanthaj caiile altiori y jloribus numerosh. — • Campanula latifolia macrantlia Sims Bot. Mag. t. 2553. Alpb. De Gand. monogr. comp. p. 26Ô. Campanula Iherica maxlma subhirsuta , flore maximo cœruleo. Tourn. îierb. Cor. 4. ( fide Alph. De Cand. ) Quoique MM. Sims, Alphonse De CandoUe et Fischer lui- même aient regardé cette espèce comme une simple variété du Campanula latifolia. M. Hooker qui a comparé ces deux plantes \ivantes dans le jardin de Glasgow, les considère comme deux espèces distinctes. La fleur de l'espèce figurée dans le Botani- cal Magazine est une des plus belles parmi les Campanules. ZZk^.Indii^ofera violacea RoxL. FI. Tndica 3. 38o. Giaham in Ed. n. PhiL Journ. i834. Cette jolie ^^^hQ.Q^lndLgoJeradMikvQ de XI. violacea de Rox- l)urgh, par ses grappes de fleurs plus courtes c|ue la feuille. Elle a aussi des affinités avec l'i. arhorea du même auteur. Les /. cassioides RottL, violacea Roxb., arborea Roxb., Jiraliulia Hanailt., et verrucosa Wall. Cat., sont des plantes tellement voi* sines que M. Hooker propose de les réunir en une seule espèce sous le nom d'/. cassioides adopté dans le Prodromus de M. De Candolle. 334g. Gardénia forida Linn. Sp. pi. p. 3i5. Ker iu Bot. Reg. t. 449.— Gardénia jasminoides Sol. in Phil. Trans. v. 62. p. 654. î. 20. (?) Flore pleno , Ker, l. c G. jasminoides. Ellis Plul. Trans. v. 5i. p. 935. t. 23. — Catsjopirl Rurapli. Herb. amb. y. 7. p. 2Q. t. i-i. f. 2. Extraits du Botanical Magazine. 299 La figure donnée dans le Botanical Magazine est celle de la plante à fleur simple. 335o. Alstrœmeria aurea Grali. in Edinb. Phil. Journ. June i833. Cette espèce, originaire de Chiloe, se rapproche par son port de Y A. pulcJiella, mais elle est beaucoup plus petite. 335i. Morinda jasminoides AU. Cunn. rass. ; ramis tetiagonis sterilibus volu- bilibus, foîiis lanceolatis supra nitidis, ssepè in axillis ncrvonimfoveolato- bullalis, stipiiiis raembranaceis acutisbasi connatis, capitulis pedunculatis 2-5-flons. Cet arbrisseau, originaire du port Jackson à la Nouvelle-Hol- lande, se rapproche du M. paiviflora de l'île Lucon aux Phi- lippines. 3352. TJatura ceratocaula Ortega Becad. i. p. 11. Jacq. Hort. Scbœnbr. V. 3. p. 48. t. 339. Lindl. Bot, Pieg. t. io3i. — JJatara jnacrocaulis B.otb. n. beytr. p. iSg. Cette espèce est depuis long-temps cultivée dans les jardins de botanique. ^353. Mimulus roseus Liadî. Bot. E.eg. t. iSgi.Lodd. Bot, Cab, t. 1376. 335^.Sjlphiii,jn perfoîlatum Linn. S^^. pi. p. i3oi. 3355.Srlphium trifoUatum Linn. Sp. pi. p. i3o2. — SylpJiium ternifoUum Micb. Am, v, 2. p. i46 Z^56.Jamhosa vidgaris D. C. Prodr. v. 3. p. 286. — Myrtus Jamhos Kunth. Eugenia Jamhos Linn. Sp. pi. p, 672. ( excl, $ja. Rurapli.) Sims Bot. Mag. t. 1696. — Malacca-Scliamhib Pvheed. Hort. mal. v. 1. t. 17. — Jamboseiro Lusit. Le dessin et la description de cet arbre originaire de Tlnde^ si intéressant pour ses fruits, ont été faits àMadère d'après des in- dividus qui prospèrent dans cette île. 335 j. Calandiinia discolor Hort. Gœlt. : caule saffriîticoso tercti, foins spatbu- lato-lauceolatis acutis carnosis discoloribus supra glaucissiibîLis purpureo- rubris, racemis compositis termrnalibus, calycis maculatis. Cette plante paraît originaire du Chili, de même que les C. speciosa et grandiflora^ dont elle se rapproche beaucoup. 3oo Extraits du Botanical Magazine. 5358. Ac.icla hrevipes: stipulis acuiriinalis minulis declduis, phyllodiis lanceo- lato-otlongis vcl S3t'pi eloiigato-lanceolatis falcatls îtriatis plerumqus triiieiviis glabrls', margine antico ad Lasin attenuatam uniglanduloso, capitulis solitariis axillaril)us Lrevis}.imè pedicuUatis , floribus quinque- parlitis, slaminibus stylo brevioribus {^ALl. Cunningh.) Cette nouvelle espèce qui paraît voisine de VA. multinervia D. C. , est cultivée depuis une vingtaine d'années dans le jardin de Kew. Elle paraît originaire de la Nouvelle-Galles du sud. 3359. Stanhopea eburnea Lindl. Bot. Reg. t. 1629. dSGo.Eriodendron anfracluosum De Caud. Prodr. v/i.^J. 479. — Bomhax pentandrum Linn. Sp. pi. p. 959. Cav. Diss. v.Jô. p. sgS. t. i5i. — Bomhax occidentale Spreng. Syst. veget. v. 3. p. 124. (a) Indlcum- floribus intus Jlavescentibus Rhcede Hort.Malab. v. 3. t. 49-61 . Rumph. Amboyne. v. 1. t. 80. (P) Carihœum ; floribus fauce purpureis Jacq. Amer. igi. t. 176. f. 70 (Bol. Mag. 336o.) (7) Ajricanum BiOAVu Congo, p. 10. Le dessin et la description de cet arbre remarquable ont été faits à Madère, d'après des individus qui y sont cultivés. 336i. OEnotJiera Drummondii : pubescenti-mollis procumbens , staminibus subdeclinatis, foliis oblongo-ellipticis obtusiii^culis sinuato-dentatis infe- rioiibus in petiolum atleniialis, floribus axillaribus, pelalis magnis luteis, capsulis (immaturis) cylindraceis slriatis pubescenti-hirsutis. L'infatigable M. Dummond, qui avait accompagné comme naturaliste le capitaine sir John Francklin dans sa dernière expédition, a fait de belles collections botaniques dans le sud des Etats-Unis, et dans les possessions anglaises de l'Améri- que [du nord. Après avoir quitté la Louisiane, d'où il a envoyé entreautres plantes intéressantes le iV^w/^û/^"«2 et le lydîrrac^/z/ajy^iï- iacina , il a voyagé dans le Texas à l'embouchure an Rio Brazos et à San-Felipe de Austin, contrées qui lui ont fourni de riches récoltes en botanique et en zoologie. JJOEnothera Drummondii est une de ses découvertes; elle ressemble, sous le rapport de sa fleur, aux OE. màcrocarpa et grandifLora. 3362. Malesherhia Unearifolia Poir. ia Encycl. Bot. Siippl. t. 3. p. 58 1. — Extraits du Botanical Magazine. 3oi Malesherbia paniculata Don in Ed. Phil. Journ. 1827. p. 521. — Gynopleura Unearifulia Cav. le. v. 4. p. 52. t. 3/6. — Malesherbia coronata Don in Sw. fl. gard. t. 167. Cette plante a été envoyée du Chili par M. Cumming ; elle a fleuri dans le jardin de Glasgow, au mois de septembre i834. 3363. Mimulus luteus var. Youngana : cauledecuml)ente,corolla intense lutea limbi laciniis omnibus macula magna cruenta. Cette variété ne paraît pas due à la culture, car elle a été éga- lement envoyée sauvage du Chili. 3364. Fuchsia globosa Lindl. in Bot. Reg. t. i556. La forme ballonnée de la fleur de cette espèce la distingue fa- cilement des autres, et notamment du F. gracilis. M. Don a peut- être raison de la considérer comme une variété du F. iiiacros^ temma de Ruiz et Pavon , ainsi que les F. conica , gracilis et decussata. On ne connaît pas son origine. M. Don pense que c'est une production des jardins. 3365. Salpiglossis straminea var. picia : corollis pulclierrime violaceo-pictis. Salpiglossis straminea Hook. Ex. fl. t. 229. Sw. Br. 11. gard. t. 281 . Salpi- glossis pic la Sw. Br. fl. gard. t. 258. 3366. Acacia plumosa Lowe. — Acacia scande ns WiWd. Enum. p. io5j1 De Cand, Prodr. v. 2. p. 465? — Acacia pennata Willd. Sp. pi. 2. 4. p. 1090? De Cand. Prodr. v. 2. p. 464? — Mimosa pennata Linn. Sp. pi. p. i5o7. C'est avec dotile que M. Hooker établit la synonymie de cette plante qui a été décrite à Madère par M. Lowe, mais dont la pa- trie est ignorée. Z36j. Rhodochiton voliihile Zuccarini. — Lophospermuni RhodochitonTf on in Sweet's Brit. fl. gard. t. 25o. Cette belle plante est originaire du Mexique, et ses caractères comme type d'un genre nouveau, sont suffisans pour la séparer des Lophosperinuin. M. Hooker expose dans le Botanical Maga- zine les caractères de ces deux genres. 3o2 ALLAN-cuNNiNGHAM. — Synopsis des Alyxia. 3368. Gaillardia hicolor^ds. Drummondii : radio breviori , toto fere sanguineo. Cette jolie variété a été envoyée du Texas par M. Drummond en i833. 3369. Calandrinia grandijlora Liudl. Bot. Reg. t. 1194. Originaire du Chili. ZZjo.lSlieremhergia fdicaulis Liiidl. Bot. Reg. t. 1649. Les graines de cette espèce ont été reçues de Buénos-Ayres M. Lindley pensait qu'elle était originaire du Mexique. Z2>j\. Nieremhergla calycina : pubesceuti-glandulosa, caulibus lierbaceis pro- cumb'entibus, foîiis opposiîis alîernisque obovatis petiolatis, pedunculls solitariis literalibus (extra-alaribus), calycibus (raagnis) campanulalis lobis obovatis fobaceis. Cette espèce a été découverte près du fleuve de l'Uruguay par M. Tweedie qui en a envoyé des graines et des échantillons dessécliés. Elle est remarquable par le long tube de sa corolle et par son calice très grand et foliacé. Par la forme de sa feuille elle se rapproche du N. repens de la Flore Péruvienne. 3372. Heliopsis lœpis Pers. Syn. pi. v. 2. p. 473. Dun, in Mem. du Mus. v. 5, p. 55. — BupJitalmum Jielianthoides Linn. L'Herit. Stirp.p. 90. t. 45. Ait. liorl. Kew. Ed. 2. v. 5. p. 125. — Sylphium solidaginoides Linn. S[j. pi. V. i3o2. — Uelianthus lœpis Linn. Sp. pi. p. 1278. — Rud~ ueckia oppositifolia. Linn. Sp. pi. p. 1280. 3373. Ilœmanthus carneus Ker in Bot. Reg. t. 609. Synopsis des espèces du genre Alyxia, de la famille desApocynécSy Par M. Allan-Cu^ivingham. (Extrait du Botanical Magazine, avril i834, n. 35 1 3.) 1. Alyxia actinopliylla : corymbis sirnplicibus axillaribus pedunculatis , pe- dicelbs i-3 floris, calycibus ebracteatis, foliis quaternis senis octonisve verticil- Jatis petiolatis elongato-lanceolatis glabris inargine revolulis subtus glaucis , venis obîusangulis parallelis , peduuculo dimidiuni folii sequantC; stigmate ob- îougo mcmbranacco iruberbi, caule arboreScenti. ALLAN-cuNNiNGHAM. — Synopsis des Alyxia. 3q3 Hab. in Australasia, ad oras tropicas; nempè Endeavour river, supra littus orientale, nccnoa liilora septentrionali-occidcntalia, Montagu sound, etc. 1820, A. Cunningliam (v. v.) 2. A. spicata : spicis axillaribus, floribus verticillatis suLscssilibus tri- bracteatis, fobis ternis ovali-oblongis, peliolis pedunculo brevioribus basi sim- plici, stigmate subconico breviter barbato. A. spicata Brown, Prodr. v. i, p. 470. Hab. in Australasiae ora orientali , intra trc^icum. 1802. R. Brown. — En- deavour river, 1819. A. Cunningham (v. v.) 3. A. ietragona : spicis axillaribus^ floribus verticillatis subsessilibus tri- bracteatis , foliis quaternis oblongis, petiolis pedunculo longioribus : basi gib- bosâ. Brown, Prodr. v. i, p. ^70. A. tetrogona Rœm. et Scbult. Syst. veget., y. iv, p. 489. Hab. in Nova Cambri Australi, intra tropicum. 1770. Banks. — Lizard island, 1820. A. Cunningham (v. v. absque floribus). 4. A. stellata : umbellis axillaribus pedunculatis folio mullo brevioribus, calycibus ebracteatis foliis stcrnis lanceolatis subacuminatis obtusiusculis basi, altenuatis laevibus (stigmate capitato barbato. Spicug.) A- stellata. Rœm. et Scbult. Syst. veget. , v. iv, p. 439. Gynopogon stellaLum Fcrst. Prodr. n. 117. Cliar. gen. p. 36, t. xviir. Labill. Sert. Caled. , p. 3o, t. xxxiv. Willd. Sp. pi. v. i, p. 1221. Spreng. Pugill. V. 1 , p. 24. Hab. in Socieîatis et Araicorum insulis, maris Pacifîci, 1774. G. Forst. (v.v, sp. in herb?i'io D. Lambert). 5. A. obtusifulla : umbellâ axillari peduncuîalâ, calycibus ebi'acteatis , foliis ternis ovaîis obovaîisve obtusissimis. Br. Prodr. v. i, p. 470. Hab. in orâ acquinoctiali Novae Cambrise Australis , 1802. R. Brown. — Cape Cleveland, Endeavour river, etc. 1770. Banks, 1819. A. Cunningham ( v. V. absque flonbus). 6. A. laurina : pcdunculis terminalibus subternis i-3 floris, calycibus ebracteatis, foliis ternis oblongis acuminatis, acumine rotondaîo emarginato, subcoriaccis, stigmate ciliato. A. laurina Gaudicb. in Freyc. Voy. p. 45 1, tab. 62; Pulassarium veriim Rumph. Amb. 5, t. xx. Hab. in insulis Moluccis (Rawak), 1819, G. Gaudichaud. 7. A. olivœformis : pcdunculis axillaribus solitariis bifloris peiioîum supe- rantibus, foliis ternis elliptico-oblongis utrinque acutis membranaccis, fructibus olivaeformibus. Gaudich. in Freyc. Voy p. 45 1, n. 2. Hab. in insulis Sandwiceusibus. 1819, C. Gaudicha.ul. 3o4 ALLAN-cuNNiNGHAM. — Synopsis des Alyxia. 8. A. Torresiana : pedunculis axillaribus solitariis bifloris petiolum super- antibiis, foliis ternis ellipticis obtusis subemarginatis , basi in peliolum de- cuircntibus, fructibus elliptico-subrotundis. Gaudich. in Freyc. Voy. p. 45 1, n.3. Hab. in insulis Mariannis. 1819. C. Gaudich. 9. A. Gynopogon : Floribus subsesilibus axillaribus terminalibusve solitariis geminatisvej foliis quaternis quinisve obovatis ovato-oblongisve obtusiusculis basi attcnuatis lucidis subtus aveniis, stigmate omnino imberbi, ramulis vir- gatis glabris. A. Gynopogon Rœm. et Scbull. Syst. vegct. , v. iv, p. 44o. Bro\Ta in Wall. Catal., n. i65o. Endlicher Prodr. û. Norfolk, p. 58. A. Forsleri Cunn. mss. anno i85o. Gynopogon Alyxia Forst. Prod. n. 118. Willd. Sp. pi. v. i, p. 1221. Icon. ined. Ferd. Baue'r. — i83o. A. Cunningliam (v. v.) Hab. in sylvis subhumidis insulœ Norfolk. 1774. G, Forst. i8o4. Ford. Bauer. i83o. A. Cunningham (v. v.) 10. A. daphnoides : floribus sessilibus terminalibusve, foliis quaternis obo- vato-oblongis ellipticis rhoraboidoisve obtusis îaevibus iiitidis subtus venosis, stigmate apicc breviter penicillato, ramulis strictis tomeutosis scabris. A- daphnoides Bot. Mag. 33 1 5. Hab. in sylvis dumosis siccatis insulae Norfolk. i83o. A. Cunningliam (v. v.) 11. -^. rMSc//ï)/ia: floribus subsessiiibus Icrminalibus, foliis quaternis ter- nisve lato-ellipticis vel elliptico-lanceolatis acutis mucronatis rancrone spines- centi, venis acutangulis paginismarginibusque scabriusculis, stigmate apiee trun- cato pedicellato. A. ruscifolia Br. Prodr. fl. nov. boll. v. 1. p. .'»70. — Bot. mag. 33i52, Hab. in orâ sequinoctiali Novae Cambriae Australis. 1802. R. Brown, Cape Gicvcland, Endeavour river, etc. 1819 : necnon ad ripas fluminis Brisbane, Moreton-Bay, extra tropicum, ubi ver. B. item crescit.^i 824. A, Cunningham (v. T.; 12. A. scandens : pedunculis axillaribus tiifloris petiolo longioribus, foliis oppositis ovalibus obtusis pctiolatis basi subrotundis^ venis ohtusangulis paral- lehs, ramulis scandentibus. A. scandens Rœm et Schult. Syst, veg. v. iv, p. 44o. Hook. et Arn. Bot. of Beech. Voy. Gynopogon seandens Forst. Prodr. n. 119. Willd. Sp. pi. v. i, 1221. Hab. in insulis Societatis 1774. G. Forsîer (v. s. Sp, in herb. Lamb.) i3. A. buxifolia : floribus subgcrainatis interpctiolaribus, foliis oppositis ovalibus obovatisve obtusis cum npiculo wlloso utrinf[ue lavibus aveniis, stig- mate leyiter baibalo» ALLA.N-CUNN1NGHA.M. — Synopsîs cics Calythrix. 3o5 Jl. buxifolia Brown, Prodr. v. i, p. 470. Hab. in Nova Carabiiâ Australi, omnino extra Fropicum : scilicet ad oratn orientalem/^Two-Foîd Bay, in lat. 37 grad. Austr. 1817. A. Gunninghanio — Ad or. australem, Port Phillip. 1802. R. Brown. — Necnon in insulis Fret, Bass , Keut's group. G. Caley. — Atque in regionibus septentrionalibiis insiilae Van Diemen. i8o4, B.. Brown. (v. v.) Prœterea, species sequentes adnumerandae sunt : Alyxla odorata. — A. ca- lophylla, W. — A. lucida, W., in Dr. Wallich's List of Plants 'o£ tlie liono- able the East India Coinpany's Musaeuîn. Synopsis chi genre Calythrix de la famille des Myrtacêes , Par M. Allan-Cunningham. (Exilait du Botanical Magazine, n. 3323, mai i834.) SnPULATiE. 1 . Calythrix glabra : icosandra, foliis petiolatis confertis adultis Lracteisqiie glabris j ramulis erectis glabriusculis saepiusve pube brevi conspersis. C. glabra De Cand. Prodr. v. 3, p. 208. — Brown, in Bot. Beg. t. 409. Lodd. Bot. Cab. t. 586. Hab. in Australasiae orâ orientali, circà Port Jackson, atque in insula Van- Diemen. G. Caley. AllaD Cnnningham (v. v.) 2. C. virgata : foliis petiolatis (stipulatis) sparsis, adultis bracteisque glaber- rimis, bracteis tubo calycis diraidio subbrevioribus , ramulis tenuiter virgatis glabellis. C. virgata (Bot. Mag. t. 3323). Hab. in Novae Cambriae australis partibus interioribus , ïn collibus saxosis prope Bathurst, etc. Allan Cunninghara, 1822 (v. v.) 3. C. curtophylla : icosandra, foliis petiolatis brevibus obtusis bracteis ra- mubsque glabris, bracteis tubo calycis quadruple brevioribus. Hab. in Australasiae orâ meridionali-occidentali King George's sound. C. Fraser 1827. (v. 5.) rV. BoTAïi.— Novembre. 20 3oG ALLAN-cujNNiJVGHAM. — Spiojjsïs cîes Calythrix. 4. C. tetraplera : icosandra, foliis peliolatis adultis bracteisque glabris, ra- mulis \illoso-vclutinis. De Cand. Prodr. 3. p. 208. C. ietragona Labill. Nov. Holl. 2. p. 8, t. i46. ' Habo in terra Van Leuwin (ad oram raeridionalem Austr.) Labillardicre, 1792. 5. C. decandra : dccandra , foliis petiolatis (fere semuncialibus) acutis con- cavo-planiiisculis, biacteis acumiwatis ramubsqiie Isevibus, tubo calycis bracteis ter longiore. C. decandra De Cand. Prodr. v^ 5, p. 208. Hab. in Austialasiae orâ meridionali. R. Brown. 1802. Guill. Bacter, 1829. (v. 5.) 6. C. Fraseri : icosandi'a , foliis petiolatis obtusis arcuatis siiprà subplanius- culis bracteis ramulisque lœvibus, bracteis retusis lubo calycis quater brevioribus, ai'istis petala ovato-acuta bis superantibus. Hab. in Australasiâ, ad oram occideiitalem, Swan River. C. Fraser, 1827. (V. s.) 7. C. flapescens : icosandra, foliis petiolatis modicè patentibus reflexisve, bracteis ramulisque valdè glabris, biacteis attenuatis aristatis , tubo calycis triplo brevioribus. Hab. in Austraksise orâ occidcntali Swan River. C. Fraser, 1827 \y, s.) 8. C. strigosa : icosandra?, foliis petiolatis brevibus obtusis valdè sparsi bracteis ramulisque glabris, tubo laciniisve calycis strigoso-pilosis, bracteis tubo ter brevioribus. Hab. iu Australasise orâ occidcntali; in campis arenosis aridis insulse Dir Hartog. Allan GunningLam, 1822 (v. v.) 9. C.brunioides : icosandra?, foliis petiolatis sparsis dense ecbinato-seabridis, marginibus carinisque bractearum villoso-ciliatis^ bracteis diraidium tubi laevis calycis vix aequantibus , ramulis valdè cinereo-tomentosis. Hab. in Novœ Cambriae australis parte interiore , in locis sterilibus saxosis , inter Croker's Range et Wellington. A, Gunningbam, i825 (v. v.) 10. C. scahra : icosandra, foliis petiolatis hispido-scabris , marginibus cari- nisque bractearum pilosociliatis, dimidio inferiore tubi calycis bracteas aequante, ramulis viloso-velutinis. C. scabra De Caui. Prodr. 3. p. 208. — Sieb. Herb. Nov. Holl. n. 285. Fide exerapl. in herb. D. Lambert. Hab. in Australasiâ, circà Sidney ; atque in raontibus prope Port-Jackson. G. Caley. i8o4. A. Gunningbam, 1817 (v. v.) KOCÏI. — Sur les Gagea saxatilis et îjoheraica. So' EXSTII'ULAT^. 11. C conferta : icosandra, foliis sessilibus acuûs imbricatis incuivaîis ci- lialis margiae asperis , ramulis glabris , bracteis subscabris tubum calycis sub- aequan'tibus, marginibus laciniaruin calycis ciliatis, arislis petalorum ferc lonei- tudine. Ilab, in Aiistralasiae oiâ septenlrionaU-occideuîali, ad lutora arida, Cambri^ige Gulf. A. Cimningham, 1819 (v. v.) 12. C. microphylla : icosandra, glauccscens, foliis brevissimis sessilibus obtusis (cum mucronulo) superne concavis, brafteis acuminatis tubo calycis triplo brevioribus, pelalis aris^tas superantibus, marginibus aristariim retrorso-dcnti- culatis. C. exstipiilata De Cand. Prodr. v. 3, p. 20S. Hab. in Australasiâ, ad oram septentrionaleta;, Garpentaria. R. Brown. 1802, Palm Bay, Port Essington, etc. Ail. Cimningham, 181 S. Gagea saxatilis et boiif.mica , deux espèces distinctes , par Kocïï {Flora i834, p. 545). M. Koch avait considéré, dans la Flore d'Allemagne, ces deux plantes comme des variétés l'une de l'autre; il a été depuis à mémedeles comparer toutes les deux sur le vivant, et il a acquis la conviction de leur différence spécifique. Comme le G. hohe- mica est indiqué en Corse et que le G. saxatilis a été cueilli dans l'Aniou, par M. Guépin, nous croyons devoir attirer l'attention des botanistes français sur ces deux petites plantes. Dans le G. saxatilis le bulbe a la forme de celui du G. arvensis^ mais il n'atteint que la moitié de sa grandeur; les deux feuilles radicales sont très étroites, demi-rondes, non creuses et traversées d'un sillon étroit à leur face supérieure. La hampe atteint 1-2 pouces; elle est ordinairement uniflore, couverte de nombreux poils doux et étalés; ces poils sont plus longs entre les feuilles cau- linaires, aux pédoncules et à la base des fleurs : ils y devien- 3c8 Kocn. — Sur les Gagea saxatilis et bohemica. lient même laineux. Les feuilles caulinaires alternent régulière- ment, elles sont lancéolées et embrassent la tige de leur base large de i-i ip ligne; elles se terminent en une pointe filiforme : il faut les considérer proprement comme des bractées manquant de pédoncules. Le pédoncule terminal atteint à peine la lon- gueur d'un demi-pouce; ordinairement il est seul : s'il s'y trouve encore un ou deux autres, ils sont de même longueur.. Les trois pétales intérieurs sont obtus; les trois extérieurs sont plus aigus et ont la base très velue. L'ovaire est oblong et bordé, arrondi à l'extrémité supérieure; ses côtés, les valves du fruit futur, sont planes," non creusées et à peine émarginées à leur extrémité ar- rondie. Le style est à peine immerse ; il est triangulaire et est surmonté d'un stigmate obtus. La fleur se ferme le soir comme celle du G. stenopetala. Voici maintenant les caractères distinctifs du G. bohemica: 1° il est un peu plus grand et porte une fleur également un peu plus grande ; i° la tige ne porte qu'un petit nombre de poils laineux et les pétales sont ordinairement nus à la base ; 3" les pé- tales sont plus larges vers le haut et obtusément arrondis; 4° Tovaire est plus long, plus large vers le haut; ses côtés sont profondément creusés , de sorte que leurs angles sont saillans en ailes obtuses. Les valves de la capsule future sont évasées en cœur à leur extrémité supérieure , de manière que les extrémités des angles s'élèvent en forme de lobes à côté du style immerse. Le style est traversé longitudinalement par trois sillons, qui traversent également le stigmate assez large, et qui font que cette partie, vue d'en haut, paraît trilobée. Ce caractère, tiré du pistil, est d'une grande importance. Reichenbach a réuni le G. saxatilis Roch aw G. arvensis , avec lequel cependant il n'a rien de commun, si ce n'est le caractère générique et les poils dont il est couvert. Les caractères distinc- tifs sont exposés avec soin par l'auteur : nous y voyons que l'ovaire du G. bohemica est le même que celui du G. arvensis. A cette occasion , M. Roch donne une rectification de sa Flore à l'égard des caractères du G.spathacea, il revient également sur le G. stenopetala et le G. pratensis {^Ornithogalum Pers.). Il trouve à ce dernier une structure particulière dans le plus grand BiscHOFF. — Sur les Hépatiques. Sog des deux bulbes; il est ovale, large, arrondi du côté du bulbe- mère et non vers le côté libre. Une autre différence se fonde sur la largeur relative de l'ovaire et du style dans ces deux der- nières espèces. Le G.pratensis ne se trouve toujours qu'à Erlan- geuj où Persoon l'a découvert. M. Koch fait remarquer que si on voulait le considérer comme variété du G. stenopetala ^ le premier nom, comme le plus ancien, devrait être conservé, mais il ne le pourrait pas, le G. stenopetala croissant toujours dans les champs. L'auteur ne pense pas qu'il soit nécessaire de séparer généri- quement les Gagea des Omithogalum. Le seul caractère qui distingue ces deux genres, c'est que dans les Gagea les anthères sont fixées au filets par la base, tandis que dans les Omithoga- lum leur insertion est dorsale. Les filets alternativement plus larges à la base, ne sont point un caractère constant, car il y a des espèces de Gagea qui présentent sous ce rapport le carac- tère qu'on attribue aux seuls Omithogalum. De Hepaticis imprimis trihuum Marchawtiearum et Ricciearum Commentatio, auctore Dr T.G. BiscHOFF.Bot. prof. Heidelberg. La famille des Hépatiques a été dans ces derniers temps l'ob- jet d'importans travaux. Des savans du premier ordre ont étu- dié avec soin son organisation, soit pour arriver à une classifi- cation plus naturelle des nombreuses espèces qui la composent, soit dans le but d'éclairer quelques points encore obscurs de la physiologie des plantes vasculaires. Les travaux entrepris dans l'une ou l'autre de ces vues, ont porté les plus heureux fruits, et nous arrivons à une époque où la famille en question sera l'une des mieux connues du régne végétal. L'ouvrage (i) que nous annonçons, et dont nous allons es- sayer de rendre compte, appartient surtout à la première caté- gorie. L'auteur a en effet pour but de faire connaître la struc- (i) Nous apprenons qu'il doit être inséré dans !a seconde partie du tome xvn des Actes de rÀcadénaie des Curieux de la Rature. 3 1 o BisciiOFF. — Sur les Hépatiques. îme, l'inflorescence et !a métamorphose des organes reproduc- leurs de ces plantes; les autres moyens de multiplication indé- pendans des premiers; les caractères sur lesquels sont établis les tribus et les genres de cette famille, et conséquemment leur classification naturelle; de décrire en6n quelques espèces indi- gènes de Ricciées, nouvelles ou susceptibles de critique. Ces quatre subdivisions forment autant de chapitres que nous allons suc- cessivement examiner. M. Bischoff considère d'abord l'ovaire {primordiafTuctûs)eX le suit dans son développement. Cet ovaire globuleux ou obo- voïde, porte un style plus ou moins long, épanoui quelquefois en stigmate au sommet, ainsi qu'on l'observe dans les Ricciées. Quoique semblable en apparence au pistil des plantes vascu- îaires, l'organe en question en diffère pourtant essentiellement et par sa structure intime et par son mode d'évolution. Bien plus, loin d'être identique avec celui des Mousses, il offre des diffé- rences que l'auteur expose avec détail. Pour obvier au manque absolu de termes propres à indiquer certains organes (sinon nouveaux, du moins mieux connus quant à leur organisation et à leurs usages) des Mousses et des Hépa- tiques , Fauteur propose d'admettre les noms suivans : ^t'ché- gone, ou germe fécondé {^Archegoniurn) serait applicable, selon lui, au même organe dans toutes les familles de plantes cellu- laires, mais, dans l'ordre des Muscinées, ce nom serait modi- fié par X'ôid^]&Q.\\i putilliforine. Cet organe se compose du germe proprement dit {Germeii) qui en est la portion inférieure ren- flée, et dont la partie supérieure est amincie en style. Celui- ci, d'abord plein, finit par être îubuleux dans toute sa longueur, et se termine par un sommet stigmatoïde {apex stigmatoideui) formé de cellules plus amples. Le germe est composé d'une membrane externe celluleuse ou épï^oiieÇepigoniuin) d'où naîtle style, et du nucleus enveloppé tantôt de cette membrane unique, tantôt d'une seconde plus intérieure, que l'auteur nomme en- dogone (endogonium) et qui peut manquer. Toutes les parties de Tarchégone convenablement développé forment, par leur réunion, le fruit [fructus) dont les organes contenus prennent le nom do spores, et l'orgnne contenant celui de sporange. Dans BiscHOFF. — Sur les Hépatiques. air la plupart des Ri cciéesl'épigone lui-même feit fonction de spo- range. Ce n'est que dans le genre Corsinia que ce dernier or- gane commence à se montrer, bien qu'il reste toujours renfermé dans l'épigone. Dans les Ricciées, le sporange ne contient que des spores, mais dans les autres tribus de la famille, on trouve en outre des elatères. Les spores à l'état de maturité, sont for- mées d'un nucleus enveloppé ou recouvert d'un sporoderme {sporodermis). L'auteur nomme anthéridies [antheridia) les bourses rem- plies de matière fécondante. Quoique comparables sous le rap- port de leurs fonctions aux organes mâles des plantes phané- rogames, ce ne sont pourtant point, à proprement parler, de véritables anthères. De là la nécessité de leur imposer une nou- velle dénomination. En effet, ces utricules, contenant immédia- tement Xdifovilla, sont plus analogues aux granules poUiniques qu'aux anthères elles-mêmes, qui ne la renferment que média- tement. Il passe ensuite en revue le siège qu'occupent ces orga- nes dans les divers genres de la famiiîe des Hépatiques, ainsi dans les genres Rebouillia et Grimaldia, on observe, aux lieux occupés par les anthéridies, un soulèvement de la fronde en forme de plateau, que l'auteur nomme disque anthéridifère, le- quel est encore plus apparent dans le genre Lunularia. Le reste des organes est ensuite examiné dans toute la série des genres, mais comme les noms employés par l'auteur sont généralement connus, nous renvoyons à l'ouvrage même les personnes qui auraient à cœur d'approfondir cette matière digne du plus haut intérêt. Dans le deuxième paragraphe de ce chapitre, l'auteur expose les métamorphoses des organes reproducteurs. Il montre que les involucres simples ou multiples, l'archégone, l'épigone, l'en- dogone et le sporange, résultent, comme les organes floraux des phanérogames, d'un certain nombre de verticilles de feuilles soudées dans une étendue plus ou moins grande, et qu'à cette disposition doivent être attribuées la déhiscence quadrivalvaire des capsules des Jongermannes, ou multidentées des urnes des Mousses, ainsi que les dents ou appendices ciliiformes qu'on remarque à la base des coiffes de certains genres de Mous= 3i2 BisciiOFF. — Sur les Hépatiques. ses. Ce paragraphe, plein d'aperçus nouveaux et d'ingénieux rapprocliemens, mérite d'être lu et médité, non-seulement par les cryptogamistes, mais encore par tous ceux qui s'occupent de l'étude du règne végétal. Le deuxième chapitre est consacré à l'examen des moyens de multiplication des Hépatiques, autres que cenx qui appar- tiennent aux organes de la reproduction proprement dits. Ces moyens sont !es gemmes, qui peuvent être de deux sortes. Les unes, qu'on retrouve dans toutes les Hépatiques, demeurent fixées à la plante qui les a engendrées , et se développent en rameaux axillaires ou terminaux; elles portent le nom de gemmœ innoi^antes. Les autres n'existent que dans quelques tribus (dans les Hépatiques rondigères) et concurremment avec les premières; elles correspondent aux bulbilles des plantes vas- culaires, et se nomment gemmœ prcUficœ. Dans le troisième chapitre, l'auteur expose une distribution systématique des Hépatiques. Il comprend dans un seul or- dre, sous le nom de Muscinées, les deux familles des Mousses et des Hépatiques. ïl passe ensuite en revue les différentes tri- bus, au nombre de cinq, de cette dernière. Ce sont les Jonger- manniées, les Marchantiées, les Targioniées , les Anthocérotées et les Ricciées, dont il donne successivement les caractères dis- tinctifs. L'auteur ne définit que les genres de la seconde et de la cinquième de ces tribus. Ceux qu'il admet dans la seconde sont les suivans : i. Marchantia Marchant, fil. i. Dumortieral^ees- ab Esenb. 3. Rebouillla Radd. emendat. 4- Plagiocliasma. Lehm. 5. Lunularia Michel. 6. Conocephalus HiW. 7. Fimbriaria Nées ab Esenb. 8. Grimaldïa Radd. Les genres admis dans la tribu des Ricciées sont ceux-ci : 1, Corsinia Radd. 2. Oxymitra Bisch. 3. Sphœrocarpus Michel. 4? Riccia L. 5? Sedgivickia Bowdich. Le dernier chapitre est destiné à l'examen des Ricciées de la Flore d'Heidelberg, parmi lesquels se remarquent deux nouvel- les espèces dont nous donnerons simplement la phrase caracté- ristique. Riccia sorocarpa Biscli. : frondis laciniis lincaribus bifidis v. subdichotomis medio carinato-sulcatis subtùs valdè incrassatis, lobis oblongis aculiusculis mar- ^ EiscHOFF. — Sur les Hépatiques. 3 1 3 giue piano glabris, fructibus super laciuiarum basin deraùra rima liiantem ag~ gregatis. Habitat in prœruptis monîium et viis cavis Germanise et Italiaî. Auturano fruc- tus rnaturescuut. Nous pouvons ajouter cette espèce parmi celles de ce genre que l'on trouve en France: nous l'avons en effet récoltée en fruits mûrs pendant l'automne de i83i aux environs de Sedan, dans les champs cnitivés qui bordent la route conduisant au bois de la Marfée. Nous ne l'avions pas distinguée du R. mininia de Micheli , que M. Bischoff rapporte à la même espèce. C'est à M. Nées que nous devons la détermination de nos échantil- lons, qu'il a pu comparer avec ceux qu'il avait reçus de l'au- teur. R. Bischoffùi Hiib, LeLm. : frondis laciniis obovatis inlegris v. bifidis posticè CLinealis planis anticè subtùs triangulariincrassatis, lobis rotundato-retusis medio argulè suîcatis, margine piano tenerrimè ciliato, fructibus sparsis pcr frondis substautiam sparsis. Habitat ad terram esaxorum graniticorum solutione ortam in valle Ludwigsthal prope Schriesheim ditionis florae beidelbergensis, octobris etnovembrismensibus. M. Bischoff en a vu dans l'herbier de M. AI. Braun des échan- tillons stériles recueillis aux environs d'Angers par M. Guépin. Ainsi cette espèce est aussi française. Ce mémoire est accompagné d'une très belle planche, soi- gneusement dessinée par l'auteur et admirablement gravée, la- quelle représente, dans les plus minutieux détails de leur or- ganisation , toutes les espèces de Ricciées de la Flore d'Heidel- berg. On ne saurait donc donner trop d'éloges à cette nouvelle pro- duction de M. Bischoff, déjà connu depuis long-temps dans le monde savant par d'autres ouvrages d'un grand mérite. Nous ne devons cependant pas terminer cette analyse sans manifester au moins notre étonnement de ce qu'à l'occasion d'un sujet anatomiquement illustré par un des travaux les plus remarqua- bles de l'époque actuelle, le nom de notre savant compatriote^ M. Mirbel , n'ait pas été seulement cité. G. MONTAGKE. 3i4 Extrait d'une lettre de M. Gay. Extrait d'une lettre de M. Gay à M. Adolphe Brongniaut. Valdivia (Chili), le 3 janvier i835! .... Je suis arrivé à Valdivia depuis environ un mois, et je m'occupe à recueillir le plus grand nombre d'objets possible. Mes collections seraient déjà très volumineuses si les pluies con- tinuelles ne mettaient obstacle à mes excursions.Cependant je suis loin de perdre un temps si précieux dans ces contrées. Indépen- damment de mes observations météorologiques, que j'ai conti- nuées tous les jours sans relâche, je me suis occupé, au moyen des bonnes boussoles que j'ai emportées, à déterminer la déclinaison, l'inclinaison et l'intensité magnétiques; j'étudie aussi avec le plus grand soin la marche diurne de l'aiguille aimantée; et les résul- tats que la boussole de variation m'a donnés seront,je pense, de quelque intérêt pour la science. Quant à mes travaux relatifs à l'histoire naturelle, ils sont aussi de quelque intérêt, et pour ne m'en tenir qu'à la partie qui vous intéresse le plus, la botanique, je vous dirai que la flore de cette province est totalement diffé- rente de celle de Santiago : je n'ai pas encore vu (quoique je ne désespère pos d'en trouver) une seule Nassauviée, famille qui caractérise à un si haut degré la flore de cette province. Les au- tres Composées y sont aussi très rares, ainsi que les Calceolaria, Chlorea, Talinum, Adesmia et autres genres si communs aux environs de Santiago ; mais, par contre, je trouve ici un grand nombre d'arbres qui ne croissent que dans ces sauvages et humides régions, telles que ces superbes W^eininannia à port si élégans,^ ces Adenostemon, ces Laurus, et surtout ces singu- liers Embothrium , Lomatia et autres Protéacées non moins in- téressantes qui donnent à cette province un certain degré d'a- nalogie avec la flore de la Nouvelle-Zélande, ou plutôt avec celle de l'Australasie ; mais ce degré de ressemblance est bien plus grand avec l'île de Juan-Fernandez. Tous les genres, presque toutes les espèces que j'avais rencontrés dans cette île, se trou- vent ici; il faut en excepter toutefois ces belles Ghicoracées en ar- bre qui sont, je crois, tout-à-fait particulières à cette île. J'ai Extraie d'une lettre de M. G a y. 3i5 découvert aussi (du moins d'après Sprengel, le seul ouvrage de botanique descriptive que je possède ici) plusieurs espèces nou- velles de Libertia, OEnothera , Oxalis , JJtricularia ; la Viola ru" bella est ici très commune, il en est de même du Torretia utriculata^ Sarmienta repens ^ et enfin d'une infinité d'autres , parmi lesquels il y aura plusieurs genres nouveaux. Pendant les jours de pluie, je me suis occupé à dessiner plusieurs ports d'arbres, ce que je ne négligerai jamais , et à peindre im assez grand nombre de champignons qui sont ici très communs; parmi ceux-ci, je vous annoncerai plusieurs espèces de ISidula- ria. Lycoperdon^ Arcyria^ Bulgaria et autres genres que j'ai pu classer d'après votre petit essai mycologique; mais un genre qui m'a été trèsagréabîe, c'est celui décritparM. Turpin sons le nom de Laternea. Mon espèce croissait sur le bois mort, et je l'aurais prise volontiers pour un Lycorperdon , si en la comprimant, je n'eusse fait sortir les trois branches qui caractérisent ce genre, et peut-être l'espèce même déjà décrite. Si, comme je l'espère, je rencontre encore ce champignon, j'aurai le soin d'en envoyer quelques individus dans l'alcool. Enfin, tout méfait espérer que le premier envoi que je ferai au Muséum sera de quelque inté- rêt. J'aurai soin d'y joindre ipi assez grand nombre de graines, qui, en raison de l'analogie de température avec Paris, lève- ront très bien dans les jardins du Musée. Depuis que j'observe le thermomètre, je n'ai pas encore vu monter le mercure à aoo cent., et si les observations que j'ai pu faire dans certaines sources sont conformes avec les résultats que je dois avoir dans cinq ou six mois, je puis vous annoncer d'avance que la tem- pérature moyenne est de 1 2° cent., c'est-à-dire un degré je crois, de plus qu'à Paris. Il n'y aurait guère de différence que dans le degré d'humidité qui, même en été est ici extrêmement forte; mais en soignant un peu les semis et en suivant les avis qu'à cette époque mes observations météorologiques m'auront mis à même de donner, j'espère qu'on obtiendra quelques heureux résultats, ce qui serait d'autant plus important, que la plupart des arbres sont ici d'une beauté vraiment admirable ; une telle introduction serait regardée par moi comme une des plus belles conquêtes que j'aurais pu faire au profit des sciences. 3i6 CL. BLUMK. — ' Rumphla. Dans mes voyages, surtout à la Conception, je n'oublierai pas les plantes fossiles. J'ai déjà appris qu'il en existait dans les mines de houille ou plutôt de lignite des environs de cette ville. RuMPHiA, siwe commentationes botanicœ imprïmis de plantis Indiœ orientalis ^ tinn penitus incognitis, tum quœ in lïbris Rheedij, RuMPiiii, RoxBURGHii, Wallichii, aliorum recensen- tur, auctore C. L. Blumiî cognomine Rumphio. (Extrait du Prospectus publié à Amsterdam par G. G. Sulpke, libraire.) Dans le cours des années 1828, 1829 et i83o, M. le professeur Blume avait commencé à Bruxelles la publica- tion de son grand et important ouvrage intitulé Flora Javœ. La séparation inattendue de la Hollande avec la Belgique a dû nécessairement suspendre cette publication à laquelle le gou- vernement néerlandais portait le plus grand intérêt. Mais il y a lieu d'espérer aujourd'hui que l'auteur comme les éditeurs de la Flore de Java s'empresseront de reprendre l'opération au point où ils ont été forcés de l'interrompre , et de remplir envers leurs nombreux souscripteurs des engagemens qu'ils n'ont ja- mais cessé de regarder comme sacrés. Nous pouvons même dire à cet égard que non-seulement toute la suite du manuscrit se trouve entre les mains des éditeurs , mais que des mesures sont concertées entre eux pour rendre un libre cours à la pu- blication des livraisons qui doivent terminer l'ouvrage. Il entrait dans les projets de M. Blume de ne point s'en tenir à la publication de la seule Flore de l'île de Java, mais de donner successivement les résultats de ses laborieuses investigations dans l'immense Archipel des Indes. Le professeur Blume s'est trouvé dans ces circonstances extrêmement favorables, que non- seulement il a eu le loisir de scruter la nature dans toutes ses périodes de production , mais qu'il avait en outre mission de c. L. BLUME. — Rumphia. 817 constater par toutes les expériences possibles, l'exactitude des observations faites avant lui; conséquemment on aura vérita- blement complète, jusqu'à ce jour, l'histoire naturelle de tous les objets dont il traitera. Rien de ce que renferment de plus important les grands ouvrages de Rheede, de Rumph, de Roxburgli, de Wallich, et de beaucoup d'autres encore, n'a échappé à la judicieuse critique de M. le professeur Blume, et le travail qu'il va mettre au jour peut être considéré comme le véritable complément de ceux des illustres botanistes qui l'ont précédé dans une semblable carrière, mais que l'état de la science astreignait à des lacunes qu'il est permis de combler aujourd'hui. Afin de donner à la Phytologie de l'Inde un caractère d'en- semble qui ne peut qu'en accroître l'intérêt, M. le professeur Bhime a désiré que l'ouvrage nouveau parût dans le même for- mat que la Flora Javœ, orné de planches conformes à celles de ce premier ouvrage, et qu'il soit imprimé avec des caractères semblables. Voici la marche que l'auteur se propose de suivre assez géné- ralement dans son nouveau recueil qu'il intitule Rumphia du nom du savant Rumph, auteur de YHortus ainhoinensis. Le Rumphia comprendra les plantes les plus rares et les plus in- téressantes de tout l'Archipel des Indes. Chacune d'elles sera représentée avec soin , d'après un dessin original tracé sur le sol natal, par un pinceau exercé. Viendra ensuite une descrip- tion accompagnée d'une analyse fidèle el minutieuse de l'his- toire physique et naturelle de la plante; enfin des observations précises sur ses propriétés médicinales et usuelles. L'ouvrage est rédigé de manière à donner surtout une idée large et étendue d'une végétation qui ne saurait se peindre à l'esprit des observateurs habitués aux phénomènes tranquilles et réguliers des climats tempérés. Pour atteindre ce but M. le professeur Blume a entremêlé ses brillantes iconographies spé- cifiques des tableaux les plus frappans de l'ensemble du règne végétal, dans tout son luxe de liberté et de développement. Ces tableaux exécutés sur les lieux mêmes par M. Payen, n'ont rien 3 1 8 ;f . L I NDLE Y . — Clef de la Botanique. perdu sous le crayon lithographique de M. Lauters qui a rendu avec la plus grande vérité la végétation si pittoresque de l'înde. Conditions de la souscription, La Rump h ia former A trois volumes in-foho avec planches, publiées en trente-six livraisons, qui paraîtront sans interrup- tion tous les trois mois. Les dessins sont exécutés en grande partie sur les lieux mêmes par Latour, Arckenhausen et autres ?irtistes distingués, et la supériorité du talent de M. J. Decaisne sera reconnue dans la plupart des analyses, dont ce botaniste a eu la bonté de se charger. Les éditeurs ne négligeront rien pour que l'exécution réponde aux dessins originaux. Chaque livraison se cpmposera de 3 ou 4 feuilles de texte , imprimées en caractères neufs, sur le même papier vélin que la Flora Javœ^ et de six planches même format lithographie es , dont la plupart coloriées avec le plus grand soin par M. Severeyns. Le prix de chaque livraison est fixé pour les souscripteurs à cinq florins et demi des Pays-Bas. Après la publication de la quatrième livraison la souscrip- tion sera irrévocablement fermée, et le prix de chaque hvraison porté à sept florins des Pays-Bas, Aucune livraison ne se vendra séparément. On souscrit (sans rien payer d'avance) à Bruxelles, chez H. Rémi; àDusseldorf, chezArnz et comp.; à Paris, chez C. Roret (rue Hautefeuille, n'' lo.) A Key to Structural , Physiologlcal and Sysiematic Botany, for the use of Classes j by J. Lîjstdley. Cue^ de la Botanique on^anique physiologique et systématique J pour l'usage des études j par J. Lindley. (hi-8°, 8o p. Londres, Loogman, Rees et C'^ i835. ) La difficulté d'expliquer aux personnes qui commencent l'étude de la botani- que, les points les plus importans de cette science et de fixer leur attention, a j. LiNDLKY. — Clef de la Botanique. 3 [9 fait naître à l'auteur Hdée de composer cet ouvrage. Il est formé de la réuniou de deux écrits publiés antérieurement sous les litres de Linéamens des premiers Principes de la Botanique (Outline offtrst Principles) et de Nlxus plantarum. Le premier renferme les propositions fondamentales ou les principes de la botanique organique et physiologique exposés aussi brièvement que la nature du sujet le permettait. Le succès de cet ouvrage a dépassé l'attente de l'auteur; et son utilité a été reconnue généralement par les étudians, quoique la forme aphoristique des propositions, c'est-à-dire la réduction des définitions^à leur plus simple forme, présentât de grandes difficultés. Le Nixiis plantarum a été écrit dans le but de mettre à l'épreuve la possibilité d'exécuter an plan non moins difficile, celui de réduire par l'analyse la plus détaillée les caractères des diverses associations des plantes. L'auteur a pareille- ment réussi dans cette entreprise qui ne semblait pas avoir été destinée à l'usage des étudians, mais qui cependant leur a été souvent d'un emploi avantageux. Les 58 1 propositions contenues dans l'ouvr.ige que nous annonçons sont classées en 21 chapitres qui traitent successivement des organes élémentaires , des organes composés, de la racine, de la tige, des bourgeons, des feuilles, des poils, des sucs nutritifs et sécrétions, des boutons de fleur, de l'inflorescence, des enveloppes florales, desétamines^ du disque, du pistil, de l'ovule, du fruit, de la graine, des plantes privées de fleur, des systèmes, du système artificiel de Linné, et du système naturel. La seconde partie de l'ouvrage de M. Lindley ne porte plus le titre de Nixus mais celui à' Alliances des plantes. C'est une suite de tableaux, oii l'auteur ex- pose les caractères essentiels des classes, des sous-classes, des groupes, des allian- ces, des ordres ou familles, et des sous-ordres. Les Classes sontaivi novahvc de cinq, savoir: les Exogènes, les Gymnospermées, les Endogènes, les Rbizanthées elles Acrogènes. Les Gymnospermées forment le passage des Exogènes aux Acrogènes, et les Rbizanthées celui des Endogènes aux Acrogènes. Les sous-classes des Exogènes sont 1° les Polypélales ; 2° les Incom- plètes ; 3° les Monopétales. Il n'y a point de sous-classes dans les Gymnosper- mées, les Endogènes, les Rbizanthées et les Acrogènes. Chacune des sous-classes des Exogènes est subdivisée en groupes dont le nom est tiré du caractère le plus saillant de l'organisation et dont la désinence est en osœ. Ainsi, les Jlbumi- nosœ renferment les plantes où l'embryon est beaucoup plus petit quel'albumcB, les parietosœ j celles qui ont des placentas pariétaux, etc. Les groupes extrême- ment nombreux des Exogènes et ceux qui subdivisent également les quatre autres classes, sont subdivisés eux-mêmes en alliances ou assemblages de familles. Pour ce dernier degré d'associations, M. Lindley donne aux noms qui les désignent la désinence aies, et ces noms sont tirés de celui d'une des familles principales. Ainsi, les Banales forment la première alliance à la tête desquels figurent les Renonculacées. Le nombre des familles s'élève à 293 dans ce tableau. L'auteur, avons-nous 320 J. LiNDLEY. — Clef de la Botanique. dit, a donné les caractères essentiels de tous les degrés d'associations des plan- tes. Ces caractères sont tellement tranchés et si peu nombreux^ qu'ils permettent de différencier avec facilité les groupes auxquels ils s'appliquent. En procédant ainsi, M. Lindley s'est conformé à l'axiome de M. Fries, savoir : que toute divi- sion indiquant une idée simple, le caractère de chaque division est mieux ex- primé par une notion simple. Cependant il convient (579) qu'il n'a pas été pos- sible d'atteindre à une simplicité absolue et qu'il n'y a pas de doute que les vé- ritables caractères d'un grand nombre de groupes et d'alliances ne restent à dé- terminer. Les propriétés médicales ou économiques des plantes sont indiquées dans une colonne à.\x tableau. Une foule de notes instructives accompagnent l'ex- position des groupes et des alhances. Elles ont pour objet de faire connaître les affinités ou connexions de plantes assez éloignées dans l'ordre linéaire que la forme typographique oblige d'employer; car, comme M. Lindley l'observe ju- dicieusement dans ses aphorismes (673 et 674), « les affinités des plantes peu- (c vent être comparées aux rayons tirés du centre d'une sphère j qui se dirigent b) s'est courbée plus qu'il ne fallait pour que sa tête ne se redres- sât.' L'autre entaillée au côté supérieur (fig. 4? <^^ -, s'est à-peu- près relevée, mais cependant elle était moins arquée que la pre- mière, -s Exp. 7. Une très jeune tige à'Heliandius tuberosus a été fixée horizontalement et ensuite entaillée sur le côté supérieur. Ces entailles étaient rapprochées et assez profondes , et on avait préalablement enlevé les feuilles. La tête s'est abaissée immédia- tement. Au bout de 12 jours , on l'a coupée. Quoique la position fût un peu changée, la faculté de se dresser a semblé être tout- à-fait perdue; la portion entaillée s'est inclinée en bas et la pointe ne s'est pas dirigée en haut. H. JOHNSON. — Phénomène de la dwergence. IV. Parties qui ne dwergent pas et qui n'ont pas la faculté de se mouvoir. A. Les brandies vivantes de tous les arbres et de tontes les tiges herbacées qui sont devenues rigides et ont acquis une substance ligneuse sont toujours incapables, selon mon opinion, de se relever par courbure, si on les a mises dans une position horizontale, et elles ne divergent point lorsqu'on les divise. B. Plusieurs plantes, pendant leur jeune âge, sont suscepti- bles de mouvement et de divergence lorsqu'on les divise; mais elles en perdent la faculté quand elles sont devenues plus vieilles, comme par exemple après la floraison. Exp. 8. J'ai fléchi deux épis de Lavande {^Lavandula Spica) , l'un étant très jeune et pas encore fleuri, tandis que la fleur de l'autre était presque passée. Le premier s'est redressé, le se- cond pas du tout. L'un possédait la faculté divergente, l'autre ne l'avait point. C. Pendant que je m'occupais de ces expériences, je portais tolijours dans ma poche une lancette, et dans mes promenades, je faisais ma petite expérience sur presque toutes les plantes qui m'étaient connues. La liste des plantes divergentes est comme je l'ai déjà dif, trop longue pour que je puisse l'insérer ici; mais je dois exposer les exceptions principales, qui du reste ne sont pas très nombreuses. 1. Juncus conglomeratus. Et probablement toutes les espèces de joncs. 2. IrisPseudacorus. J'ai opéré la division des feuilles longitu- dinalement, à travers leur plus petit diamètre. 3. L'OEillet des jardins {Dianthus). Sa tige florifère. 4. Le Blé de Turquie [Zea Mays). Les chaumes du blé et d'autres Graminées. C'est un fait assez curieux qu'aucune de ces plantes ne se courbe à la manière des autres végétaux. Pour les Joncs, la po- 33o H. johnsojY. i — ' Phénomène de la divergence. sition de leur chaume ne fait rien , et par conséquent ils ne peuvent pas du tout se redresser. Du reste, leur flexibilité et leur forme grêle les défendent des accidens, et il y a toujours assez de successeurs ou de voisins qui les remplacent aussitôt qu'ils sont détruits. Les feuilles de l'Iris, autant que j'ai pu en faire l'observa- tion, sont privées de mouvement vital; elles ne peuvent non plus se courber, ni se séparer, à moins qu'on ne les divise dans le sens de leur grand diamètre. Toutes les plantes monocotylédone'es, à tige articulée, sont privées de la faculté de divergence, ou ne la possèdent que très faiblement. Leurs tiges ne peuvent pas se courber non plus. Si on fixe en terre horizontalerfient le chaume d'une Gra- minée, il se relève, mais cela ne se fait pas au moyen d'une courbure , comme les autres plantes. Les articulations prennent une forme angulaire, et le chaume parvient ainsi à se redresser, fait qu'on peut observer dans le Blé de Turquie. Il est donc évident que le pouvoir moteur ne réside pas dans la totalité de la tige , mais autour des articulations. Et puisque la portion intermédiaire ne diverge pas lorsqu'on la divise (à moins que la plante ne soit très jeune), cela nous donne une preuve frappante et inattendue de la théorie que je veux établir. IN^ous allons maintenant récapituler les faits et les expériences ci-dessus , afin de voir les conséquences qu'il est possible d'eii déduire. Il a été prouvé c[ue lorsqu'on divise la tige d'une plante déjà courbée en haut (Exp. i et 2, p. 327), les deux segmens sont doués de la propriété de divergence. Il est également évident, d'après les mêmes expériences, que le segment inférieur ne peut point contribuer au mouvement, puisque cet effet doit être plus grand dans une direction opposée. Le mouvement ou la courbure en haut dépend du segment supérieur, et quand on réfléchit à la force excessive avec laquelle ce segment se rétracte lorsqu'on le défend de l'antagonisme de l'inférieur, on est porté à penser que dans cette rétraction (ou mieux dans sa cause) il faut reconnaître l'équivalent et^je crois, la véritable source du mouvement. H. JOHNSON. — Phénomène de la divergence. 33 f Maintenant, je conclus que l'espèce de mouvement, dont il s'agit , est le résultat de la force contractile ou de la divergence du segment supérieur, qui est plus puissante que celle de l'in- férieur. Sans doute il viendra à la pensée du lecteur, que pour donner de la solidité à cette conclusion , il faut faire voir que l'enlèvement ou la destruction du segment supérieur est suivie de la perte ou de la diminution de la faculté de se courber en haut. Or, quoiqu'il soit difficile d'empêcher cette courbure par l'ablation du segment supérieur, à cause de la reproduction fa- cile, dans les plantes mutilées, de nouvelles matières (qui sont douées probablement de fibres motrices), cependant j'ai eu quel- quefois occasion de voir l'expérience réussir. Du reste, les ex- périences ci-dessus sont une preuve suffisante de ce fait. Dans l'exp. 3, la portion de la tige de Mentha , à laquelle on avait en- levé le segment supérieur, ne s'était pas courbée au bout de trois jours, et dans l'exp. 4, ce phénomène n'avait lieu qu'après cinq jours. Dans l'état naturel, il aurait eu lieu sans doute au bout de i[\ heures environ. IN^ous concluons maintenant que, puisque la première série d'expériences démontre que la cause du mouvement appartient au segment supérieur, nous trouvons également que l'enlève- ment de celte partie empêche ou retarde ce même mouvement. Les expériences sur l'entaille confirment et expliquent, d'une manière curieuse, les déductions tirées des expériences précé- dentes. Par le procédé de l'entaille , on affaiblit la contractiiité d'un côté, lorsque celle de l'autre s'exerce plus vigoureusement en ar- quant la tige. Ainsi, on peut produire à volonté , et dans ,une direction quelconque la courbure comme dans l'exp. 5. L'exp. 6 montre que l!en taille a pour effet de retarder le mouvement en haut ; une des tiges entaillées était encore horizontale au bout de trois jours après l'opération. Dans l'exp. y, l'action du segment supérieur est, par le procédé de l'entaille, si complètement détruite qu'au bout de 12 jours la tige était encore inclinée en bas, et que la pointe ne s'est plus tournée en haut. S'il était nécessaire de mieux établir le principe, que la diver- 332 ' FISCHER £T MEYER. — Anutiadversiones hotanicœ. gence est la cause du mouvement des plantes, je dirais que l'ab- sence de cette propriété est toujours accompagnée de l'absence de la faculté de mouvement. Je pense avoir clairement démontré ce fait par les expériences et observations du paragraphe IV. Au résumé, j'ai essayé de rapporter à certaine sorte de mou- vement végétal cette propriété que j'ai nommée la divergence, et dont je me suis efforcé de montrer l'analogie avec l'irritabilité ou la contractilité, en me fondant : i° sur sa nature supposée vitale; 2° sur ce qu'elle est sensible à l'action des stimulans, et 3° sur ce qu'elle est la cause du mouvement vital. Animadversiones botanicœ nonnullœ, novarumque aut non litè cognitaruîn plantarum diagnoses, Auct. F. E. L. Fischer et C. A. Meyer. (i) RANUNCULACE^. Ranunculus lomatocarpus. "^.{Ecldnella) annuus, glabriusculus; caule erecto rawoso; foliis trisectis mullipartilis : partitionibus oblongis linearihusve incisis dentatisqiie, pedunculis latcralibus tcrrninalibusquesulcatis; petalis sepala reflexa longe siiperantibus ; carpcllis îuberculatis maigine laevi subiilato cinctis et stylo lanceolato terminatis ; gynoplioro piloso. R. tuberculatus Mcycr En, pi. cane, casp. n. 1744 (excl, syn.). Affinis R. philonotidi, pra^sertim quoad flores, sed carpellis majoribus marginc latiore cinctis et in utroque disco crebre tubercuîa- tis ab i!lo satis distinctus ; à R. tuberculato et R. arpensi dignoscitur carpellis subulatis , i. e. margine lato fcrc foliacée cinctis , contra carpeîla in illis mar- gine quasi truncata sunt; à R. muricafo differt foliorum forma, florum magni- tudine et carpellorum tuberctdis minoribus. Thalicirum sparsi/lorumT mcz. (inlill.). Th. (Sect.O/Tzafo/j/îjsa.Floresher- raapbioditi; carpeîla stipitata, iitriculata, compresso-plaiia aptera) gIabrum,suL- (i) Ces observations sur beaucoup de plantes nouvelles ou peu connues sont publiées à la suite du catalogue des graines du Jardin de Botanique de Saint-Pétersbourg pour i835. Les descriptions de plantes nouvelles insérées dans les catalogues de ce genre restant souvent ignorées de la plupart des botanistes, nous avons pensé qu'il serait utile de les reproduire dans notre recueil. I FjscHtil ET i\JEyEii. - Animadveniones botanicœ. 333 glaiicum; radice fibrosa ; pctiolis nudis ternalim supradccompositis; foliolis ovatis subcordatis siiborticulatisve dentatis incisisve ; fioribus polygamis sparsis erectis; filamentis filiformibiis; carpcliis oblique-oblongis utrinque atlennatis iitriculatis nervosis; stylo elonçato. — Species distinctissima,adTh.c/a<-'a/M/7z D.G. paulo accedens, a quo tamen fioribus hermaphroditis, filamentis elongatis filiformibus vel apice vix incrassatis, tion (ut in illo) apice anthera latioribus aliisque notis satis diversa. Hab. in Dahuria if.. Genus Actaea quale ill. De Candolle illnd proposait, species comprehendere quoad stnicturam florum et fructum non om- nino interse congruentes, pro certo habemur; hanc ob rem hic infra novam dispositionem Actaearum cultoribus amabilis scientiœ offerimus. Actaea Lion. Aestivatio inbricativa. Calyx 4-5-sepalus,petaloi- deus regularis. Corolla nulla. Stamina njuita exteriora (numéro indefinito) dilatata antheris destituta. Cyamium solitarium bac- catum, indehiscens, polyspermnm. Semina compresso-angulata, laevia, horizontalia. Herbae perennes foliis 2-3-ternatim sectis, segmentis incisis serratis , fioribus racemosis aîbis. A. spicata L. A. caule basi squamoso apbyllo, pediccllis florum longitu- dine in fructa vix incrassatis ; lamina siaminum sterilium spaîhulata obtusa; fructibus subglobosis nigris. Hab. in Europa, in Caucaso et forsan etiam in America borcali, ' P. Fructibus subovatis rubris. A. erythrocarpa Fisch. A. ruhra fl. altaic. 2. p. 275. (excl. diagn. synonyia. (piaeter Falk. Patrin et Gmel.) et description.) Hab. in Sibiria. A. priori non differl, nisi fructibus rubris paulo longioribus et caule infcrnc longiore, intcrvallo a radice aphyllo. '. ruhra Big. A. caule basi sqnaïuoso apliyllo ; pedicellis flore longioribus in fructu vix incrassatis; l;iu)ina starninum sterilium rhombco-subovata-acuta ; (fructibus subovatis rubris). — A. rubra Hook. fl. bor. Amer. 1, p. 27. Hab. in Amer, boréal. A priore diguoscitur pedicellis longioribus gracilioribus et forma staminujn sterilium. A. alba Big. A, caule basi folioso ; pedicellis florum longit.udinc in fructu vaide incrassatis; lamina starninum sterilium oblonga acuta ; (fructibus albis).- — A. alba Hook, 1. c. Hab. iu Am. boreali. Notis indicatis a binis precedentibus facile dignoscitur. A. Japonica Thb. De Candolle sjst. nat. i. p. Z'So. Hab. in Japonia. Spe- cic s obscura 334 FISCHER ET iMEYER. — > Aïiimaclpersiones botanicœ. BoTROPHis Rafin.(z'?/<2c/'of/i'Rafin. olim.) ^stivatio imbricativa. Calyx 4-5-sepalus, pelaloidens, regularis. CoroUa nulla. Stamina multa,exteriora (numéro indefinito) sterilia dilatata; antherœ ru- dimento terminatœ. Cyamium solitarium,siccum, dehiscens, po- lyspermuni. Semina compresso-angtilata, lœviu, horizontalia. Herba perennis, foliis bi-triternatim sectis, segmentis insisis ser- ratis, floribus racemosis albis. — Genus Botrophis ab Actaea differt exacte ut Adonis diKnowltonia, vel Silène a Cucuhalo (Lychnaniho^ et Hypericum ab Androsaemo. J3. actaeoides Rafin. j4.ciaea racemosa Linn. De Cand. Prodr. i.'p. 64. Hab. ja Amer, boreali. AcTiNospoRA Turcz. ^stivatio imbricativa. Calyx 4-5-sepalus, petaloideus, regularis. CoroUa nulla. Stamina multa, exteriora (numéro indefinito) per paria connata, dilatata et antheris gemî- nis sterilibiis terminata.Cyamia 3-8 sicca, dehiscentia, polysperma. Semina plana, squamo^a verticalia. Herbss perennes, foliis bi-tri- ternatim sectis, segmentis incisis serratisque, floribus recemo- sis albis, cyamiis stipulatis. — Genus Actinospora differt ab Actaea et Botrophl fructus et seminum structura, a Cimicifuga florum conformatione. ui. dahurica Turcz. Actaea p ter os-per ma Turcz. in litt. Actœa dahurica Turcz. mss.Hab, in Dahuria. — Ad hoc geausspectat Cimicifuga frigidaWal]ich. Royle, Himalaya plant, p. 67. t. i4. quse (quantum ex icône et descriptione pa- let) ab A. dahurica racerais elongatis et foliorum segmentis minus incisis, basi saepius atîenuatis rarius rotundatis difFerrc videtur. Cimicifuga Linn. .Estivatio imbricativa. Calyx 4-5-sepalus, petaloideus, regularis. Petala4, 5 (vel abortu pauciora) concava, fundo nectarifera. Stamina multa, omnia fertilia. Cyamia3-8, sicca dehiscentia , polysperma, Semina plana squamosa , verti- calia. Herbae perennes , foliis bi-triternatim sectis, segmentis ser- ratis incisis, floribus racemosis albidis. — Genus a precedentibus petalorum structura ferè Ranunculi, optime distinctum. C. fœtida Linn. G. ovar'is slipitatis sericco-viUosisj foliorum segmentis basi rotundatis vel cuneatîs. «. Race mis panicul^tis Actœa Cimicifuga Da Cand. Prodr. 1. p. 61,' FISCHER ET MEYER. — Animadversiones bofanicœ, 335 p. Racemis solitariis vel subpanicnlatis, terrainali elongato. Actaea Ci" micifaga p. De Cand. 1. c. A. siniplex Wormsk, in litt. A. macropoda Turcz. mss. Hal). in Sibiria et in Europa praesertim orientali P, in Dahuria et in Kamts- chatka. C. americana Mich. C. ovariis stipitatis glabris; foliorum segraentis basi ro- tundatis vel cuneatis. Act-aea podocarpa De Candolle 1. c. Hab. in America boreali. C. cordifoUa Pursh. G: ovariis sessilibus gîabris; foliorum segmentis covda- tis. Actaea cordifoUa De Cand. 1. c. Cimicifuga cordifoUa Bot. mag. t. 2069. (icon haud ita bona, pictor enira structuram florum et fructuum nimis negligen- ter e?cpressit.)Hab. in Carolina. — Species ullerius inquirenda,a nobis haudvisa- TrautvetteriâF. et M. ^ïlstivatio imbricativa. Calyx 4-5-sepa- lus, petaloideus , regiilaris. Corolla nulla. Stamina multa, omnia fertilia. Carpella raulta, sicca, indehiscentia, ovulo erecto. Herba perennis, habita eX.io\ï\?>Ranunculi aconitifolil, floribus Thalictri^ fructibus Ranunculi. — Genus sane distinctissimum ab Actaeis Candolleanis etab Helleboreis florum et fructuum structura, a Clematideis œstivatione imbricativa, ab Anemoneis ovulo erecto, a Ranunculeis floribus monochiamydeis. INomen generis institu- tum in memoria D. E. R. a Trautvetter acutissimi monographi Echinopum et Salicum. ^. palmataY. et M. Aciaea palmniaDeCsLuà. Prodr. 1, p. 64. Cimicifuga palmata Micb. Bot. mag. t. i63o. Hab. in Carolina. PÂPAVERACE^. Glaucium eZc^aras. G. annuum, glaucum,glabrumv. setulosum ; foliis caulinis latissime cordalis suborbiculatis sinuato-dentatis , siiiquis tuberculato-scabris. Flores parvi, quam in G. corniculato minores, petalis luteis basi rubris; siliquse tenues incurvae et apice non raro circinnatae. Facile dignoscitur a reliquis specie- bus hujus generis glabritie, foliorum caulinorum latitudiue et florum parvitate» Hab. in Persia boreali 0. CRUCIFERE. 'Maihiola chenopodlfoUa M. [Luperia) annua, pube stellata subcanescens ; caule lamosoj foliis petiolatis ovatis v. ellipticis sinuato-deutatis ; siiiquis patulis 336 FISCHER ET MEYER. — ^nîmadversiones boianicœ. puLescentibus er'-|glanduloso-tuberculatis.— Species distinctissima ; differta M. te- jiella folioriim forma et siliquis glaiiduloso-tuberculatis, a M. oxycerate stigma-« tibus non cornutis. Petala elougata, linearia, sordide flavesceutia.Ia litore orien- tali maris Caspii, locis montosis, legit banc plantam D. Kareli , Nasturllum Vamelinœ. N. ($ 2)annuurn, gbbrum ; caule erecto ramoso; foliis obiongis utrinque attcuuatis auriculato-amplcxicaulibus dentatis v. lyrato-run- ciuatis; siliculis spbaîroidcc-clliplicis stylo brevissimo apiculatis. Camelina aus- triaca Biinge Eniim. pi. chin. n.S/, — SiraileA^asitMriio {{Camelinœ) auslriaco, sed radice niinquaia perenni, foliorum forma , siliculis mullo majoribus et stylo (plerumque) brevissimo ab illo bcne distiuctum. Hab. in China boreali 0, cC. Nasturtium globosum Turcz (mss.).N, (§ 2.)annuura, piibcsccns ; caule erecto ramoso ; foliis obiongis utrinque attenuatis auriculato-amplexicaulibus dentatis v. lyrato-runcinatis ; siliculis globosis stylo brevi apiculatis. — A simillimo N.Came' linœ dignoscilur herba pubescentc, siliculis exacte globosis ei stylo paulolon- giore ; a M. austriaco differt radice foliis et fruclibus. Hab. lu locis humidis Dahuriae 0. cr*. Alyssum micranlhiim. A. annunm, sctulis stcllatis scabrum ; caulibus difFu- sis; foliis obiongis acutiusculis; racemis demum elongatis ; sepalis deciduis; fila- mentis longioribus edentulis; siliculis orbiculatis selulis stellatis scabris, stylo sextiiplo longioribus. — Dignoscitur ab afilnibiis^. micropetalo et A.campest filamentis longioribus non appcndiculatis. Hab. in Tauria, in Ibcria et in cara- pis ad mare Caspium ©. Menonvillea linearis D. C. Prodr. l. p. 84. Dispellopliorus crassifolius Lehm. Delcct. sem. hort. Hamb. 1882. M. perennis ; foliis carnosis lincaribus indivisis laciniatisve ; siliculae loculis laevibus dorso callo oblongo hemispherico notatis, ala intégra cinctis V. ï) . Menonvillea /llifolia. M. ^ïiuua; foliis filiformibus indivisis laciniatisve; si- liculae loculis tuberculatis, coUo oblonge depresso notatis, ala crenulata cinctis. Hab. in Chili 0. Chorispora siricta. C. (§ i)pilosa: pilis dmplicibus ; foliis lincari-oblongis runcinato-dentatis; siîiqr.is rostro sextuple octuplove longioribus/interioribus lo- mentaceis, superioribus continuis longituduialiter dcbiscentibus. Ch. stricta De Cand. Prodr. 1. p. 186. Matthiola Flscherl Benh. Select, sem. h.Erfurt. i832. — Planta inter Cruciferas facile curiosissima, siliquis inferioribus Chorisporœ, superioribus BlalJiiolœ. Hab. in cainpis saisis Armeniœ, in litore orientali maris Caspii et ad lacum salsum Indcrsk 0. Malcouûa a f ricana. j3. Stigmatibus quam in "^ brevioribiis ; petalis sœpe albidis..^, stenopeldla Jîernîi. FISCHER ET MEYER. — ^nunadpersîones botanicœ. SSy •y. Stigmatibus brevibus ; siliquis divaricato-patentissimis. M- diparicaia Fisch. in litt. Sisymhrium Cumingianum. S. (Descureà) puberamosa floccosa canescens ; foliis subtripinnati-lobalis ; lobis obtusiusculis , petalis calyce brevioribus, si- liquis pube floccosa scabris, pedicello filiformi (ssepissime) longioribus, demum declinatis. Tota lierba pube floccosa ramosa radiis plumosis canescens; flores rainuti, illis S. Sophiœ fere minores, flavescenîes. Facile dignoscitur ab affinibus S. Sophia et S. incana Bernli. siliquis scabris declinatis et a S. canescente Nutt. siliquarum structura. Hab. in Gliiie. ©. Sysimbriiim incanum Bernh. S. canescensHook. FI. bor. amer. v. i.p. 62. S. canescens Nutt. a planta Bernhardiana omnino diversa et potius ex siliquarum structura ad Smelowsklas perlinere videtur. Erysimum crassipes E. ( Cheiropsis ) foliis sublinearibus suLintcgerrimis siliquisque pube bipartita incanis, petalorum ungue calycem œquantc, lamina obovato-obîonga (mediocri sulphurea) ; glandulis placentariis bipartilis ; pedi- ccllis brevissimis crassitie siliquse patentis compresse -tetragonse; stylo brevi teretiusculo ; stigmate subbilobo. Habitu et siliquis compressis ad E. leptophyl- /«OTaccedit,pcdicellis brevissimis incrassatis cum E. repando, indumentoauîem, prœsertim in siliquis , cum E. canescente convenit ; difFert, praeter alias notas, ab E. leptophyllo pedicellis incrassatis et siliquarum indumcnto, ab. E. repando siliquarum fabrica totoque habitu, ab. E. canescente pedicellis brevissimis in- crassatis siliquisque, et plurimum patentissimis. Hab. in montibus Taîuscb 0* ? Tetrapoma Tuî'cz. mss. ( Tetracellion Turcz. in litt. ) Calyx patulus, basi cequalis. Petala indivisa. Glandula hypogyna utrin- qne ad basin staminnm breviorum. Filamenta libéra edentula. Stigma truncatum,sub-4-lobiim. Silicula substipitata4-'î^<3;/m.'.'; valvulis siibenervibus concavis; placentis dorso obtusis inclusis. Dissipimenta compléta vel incompleta. Seraina pendula, cumu- lato-subquadriseriata, immarginata, piinctulata. Fimiculi um- bilicales liberi, capillares. -— Herbœ annuee v. biennes, habita Nasturtii pube simplici adspersce; foliis runcinato-pionatifidis, caulinis aiiriculato-amplexicaulibiis; racemis aphyllis; floribas Nasturtii palus tris; siliculis ovato-ellipsoideis turgidis;serainibas minutis rufis. — Geniis sane curiosissimum, pone TÇasturtium vel forsan melius prope Cochleariam collocandurn. T. harhareœfulium Turcz. (mss. )T. siliculis unilocularibus stylo distlncto apiculatis. Camelina harhareœfolia D.C. Prodr. V. i. p. aoi . Tetracellion el- Upsoideum Horî. Hab. in Dalniria 0. cf. IV. BoTAN. — D''ceinhrp. 22 338 FJSCiTER ET MEiER. — Aiilmaduersiones botanicœ. T. Kruhsianum F. et M. T. siliculis iinilocularibas stigmate subsessili terrai- natis. Proecedcnti siinillimum, sed stylus Incvissimus, vix ullus. Hab. in Sibiria orientali propc Isdiiginsk. Lepidium Cumingianum. L. pcrcnoe, snbpubescens ; caale erccto ramoso ; foliis radicalibiis indivisis v. pinnatilubatis ; lobis oblongis serratis, terminali ma- jori, caulinis sublincaribus subsagittaîis subintegeri irais ; floribus tetrapetalis diaudris ; siliculis ellipticis marginatis apice subulatis longiludine pedicellorum, Tetiîapterygium F. et M. Omnia ut in Isatide, sed silicula iTQembrana latissima cincta et in utroque disco alata. T. glastifolium. Herbaannua, glabcrrima, glauca; foliis integerrirais oblongis, superioribus covdato-amplexicaulibus; racemis aphyllis; floribus flavis ; fructi- bus pcudulis cordatis quaddalatis. Hab. in desertis argilloso-salsis Armeniae, prope Nakitscbiwan. 0. Slerigma acanthocarpum.S. annuum incannm et glandulosum ; siliquis setis pimgeritibus armatis. Folia oblonga, intégra ; flores S. iomentosi; siliquae acu- leata;, qiia nota ab omnibus speciebus hujusgencris oplime distinctum. Hab. in locis saisis Armeniœ prope Nakitschiwan. Sinapis incaiia. Ab liac non diffcrunt Sinapis taurica Bicb fl. Taur. cauc. suppl. p. 45o et Erucaria JiyrcajiicaTi.C Syst. nat. ii. p. 676, uti nobis docuit specirainum authenticorum iuspcctio ; pariter non differt Erucaria persica liortor. Planta autcm in horto botanico Gorinkensi olim è serainibus Marsclial- lianis sub nom. S. tauricœ culla^ adiS. arvensem perlinet. CARYOPHYLLE^. Lychiiis saxatllis Turcz. (mss.) L. — (Scct. "2.) pcrennis, pubcscens, viscosa; foliis lanceolatis oblongisve ; floribus solitariis raccmosis v. paniculatis; calyci- bus campanulatis : pctalis coronatis 4-fîdis: lobis lateralibus deiitiformibus; an- tliopLorabicvi; capsula unilocularijserainibusreniformibus immarginatis ccliinato- tuberculalis. Folia fere Saponariœ ojjficinalis ; calyces Z^. apetalœ; flores longe pedunculati albi, magnitudine utinX. vesperùna; semina illisi. Chalcedonicœ similia, majora tamen et margine aculcolis longioribus obsessa. A. h. fulgente differt pedunculis elongatis, calycibus pube brcvi villosis (non pilis elongatis lîirîis), petalis muîto minoribus albis, etc.; a L. diiirna et i. vespertina facile dignoscitur floribus liermapbroditis, petalis quadrifîdis, capsulis unilocularibus, seminibus, aiiisque notis. Hab. in Daliuria iç.. Silène aprica Turcz. S. pubescens, stricta^ ramosa; foliis lineari-Ianceolatis acutisjpanicula subtrichotoma J calycibus cylindriçis 10-strialis petala minuta FISCHER ET MEYER. — ^ nimadçersiones hotanicœ, SSg subœquantibus : anthophoro brevi. Turcz. mss. Hab. in regionibus Baicalensi- bus. Petala sordide rubentia. Sapoîiaria cerastoides Meyer Enum. pi. cauc. casp. n. 1743. S. annuaj foliis obovatis suborbiculaîisve obtusis cauleque (basi) glaberrimis glaucis ; pa- niculis corymbosis terminalibus dicliotorais ; denlibus caljcinis subovatis obtu- sis; petalisfauce nudis : lamina (minuta) sublineari integerrima obtusa; deutibus capsularum rcvolutis. Hab. prope Lenkoran^ ia Persia boreali et ad Pontum Euxinum. Gypsophila stricta. Hab. non solum in regionibus altaicis sed etiam in pro- vincia transcaucasica Karabagh et in Gilan. DicHOGLOTTis F. et M. Calyx 5-partitus. Petala 5, apicebifida. Stamina 5-io. Styli 2. Capsula unilocularis, 4-valvîs, polysperma. Berhse ex Jlsiiiearum familia, humiles, annuœ, pilosse, pilis arti- culatis ; caulibus dichotomo-ramosissimis, foliis succulentis, pe- dunculis unifloris terminalibus et in dichotomiis , petalis parvis linearibus apice bifidis, seminibus apteris granuîatis. Z). linearifolia. D. foliis linearibus, pedunculis elongatis capillaribus. Planta tenella, habitu Gypsophilce muralis, floribus minutis albis vel rubellis. Hab. in litore orientali maris Caspii nec non ad lacum salsum Indersk et in colUbus gyp^ saceis Arsagar. ,0 GERANIACE^. Géranium pîatypetalum. G. i^QvQimG, moUiter patentim pilosum; calïle erecto angulato; stipulis liberis; foliis cordato-orbiculatis 5-7-lobis obovatis obtusis duplicato-dentatis; pedunculis bifloris calycibusque aristatis glanduloso- pilosis ; petalis 2-3-lobis calyce dnplo longioribus; staminibus carpellisque pilo^ sis; seminibus Isevibus. G. ihericum P. Bieb. fl. taur. cauc. 2. p. i35. Affine G. iberico etforsan cum illo ssepe commutatum, sed ïioc [G. ihericum) a nostro platypetalo, foliis ultra médium fîssis, laciniis dentibusque acuîatis, pedunculis calycibusque e glandulosis, petalis majoribus vix tamen lalioribus, seminibus ma- jdribus aliisque notis abunde diversum. Hab. in montibus et in subalpinis Some- hetise, Iberiae, Taliisch. iç, Zygophyllum atriplicoides. Z. fruticosum : foliis pube stellata lepidotis sim- plicibusintegerrimisoblongis obovatis ovatisve in petiolum attenuatis; petalis..., capsulis oblongis alatis, alis coriaceis se»iinibus sublatioïibus, Hab. in colUbus saisis Arwenise. J>, aa.» 34o FisciiRR HT MEYER. ' — Animadçersio7ies botanicœ. LEGUMïNOSiE. Trigonella arcuata ab affini T. cancelia facile dignoscitur umbellis sub- sessilibus et dcntibus calycinis subulatis calycis tubo fer c brevioribas, qui iu jlla setacei et tubo fere longiorcs sunt. Grescit etiam propc Astracban. Trigonella astroites. T. (Sect. 3. § i.) amiua, glabriuscula ; caulibns ramo- :5is diffusis; foliolis obcordato-cuiieiformibus denliculatis ; stipulis semisagiltatis basi dcntatis; peduncujis mulicis foliutn subsuperantibus: leguminibus umbella- tis patentissimis rectis glabris subulatis subcoinprcssis tranversc rugoso-costatis. Species bene distincta. Legumina 6-12 subpollicaria, recta y. Isevitcr arcuata. Hab. in coUibus provinciaa transcaucasicac Karabagli. Trigonella monantha in hortis interdum variât leguminibus binalis;ay. pinnatifida semper differt deulibus calycinis tubo longioribus, leguminibus quam in illa dupîo longioribus et fcre gracilioribus canesccntibus teretibus huud comprcssis. Trigonella polycerata. Planta in regionibus australioribus iraperii ruthenici crcscens ab Europea paululum diversa leguminibus haud ita compressis etsemini- bus ut plurimum obiongo-cylindraceis. Lotus strictus. L. [Eulotus $ 2) perennis, adpresse pubescens, subglaber; caulibus erectis ramosis ; foliolis stipulisque conformibus oblongato-spathulatis mucronulatis ; pedunculis axillaribus foliorum longitudine 2-6-floris ; lobis caly- cinis setaceis tubum sequaatibus corolla brevioribus ; stylo edentulo ; legumini- bus elongatis glabris teretibus. Habita accedit ad L. anthylloideum, stylo eden- tulo diversus. Foliaillis Dorycnii latifolii simiba ; flores ochroleuci, carina apice atroviolacea; legumina firma, crassa, polysperma; seraina subglobosa flavo ni- groque variegata. Hab. in Armenia "^c. Glycyrrhiza iriphylla. G. lepidoto-glandulosa: caulibus ramosis ima basi frutescentibus; stipulis lanceolatis caducis; foliis trifoliatis, foliolis obovatis re~ tusis; spicis axillaribus elongatis longe pcdunculatis; leguminibus turgidis oblon- go-ellipticis aculeatis. Species singularis, ob flores adbuc ignotos baud rite col- locanda. Hab. in litore orientali maris Gaspii, locis montosis. 7P Astragaluscampylorhinchas. A. (§ 6) annuus pibso-bispidus; caulibus ramo- sis diffusis ; stipulis lanceolatis distinctis : foliolis (9-1 5) lincaribus emarginatis; pedunculis axillaribus folium subssquantibus subbifloris; leguminibus puberulis iibulatis subcompressis rectis apice uncinatis. Planta parvula., gracilis; floribus parvis violaceis; differt ab affînibus A. annulari et A. mareotico leguminibus rectis apice uncinatis. In provincia Aderbeidscban Pcrsiae borcalis legit indcf. Szovits. FiscriER JLT MEYER. — ^niinadçersîoiies botanicœ. 34 î Vicia pic ta. V. (§ i.) aanua, subglabra; stipulis semisagiltatis integerrimis; foliolis 8-1 o lanceolatis mucionulatis, inflmis cauliapproximatis; lacemis multi- floris longitudiae foliorura ; calycis dentibus tubo brevioribus, superioribus bre- vissimis, alis vexillo brevioribus, carina rostrata paulo longîoribus; leguminibus glabris stipitatis sublinearibus subhexasperrais; seminibus subgiobosis. Corolla albida : vexillum venis violaceis pulcbre pietum : carina apice viplacea in rostrum. erectum producta, qua nota species nostra a F. Pseudo-Cracca et V. consen- tina bene distincta : a V. Cracca et affiaibus, neglectis aliis notis^ optime dis- tinguitur radiée annua, nec perenni ; a V. pontica differt foliolis 8 rarius lo, nunquam 20-37, nec non racemis ssepe longitudine foliorum, interdum illis bre- vioribus, rarius paulo longioribus, sed nunquam itaelongatis ut in iUa. Hab. in Arinenia ad fluvium Araxes. Vicia Pseudo-OrohuslN . (§ ij glabra; stipulis foliaceis semisagittatis grosse dentatis; foliolis 6-8 oblongis subovatisve mucronulatis venis prominulis reticu- latis , inferioribus a caule remotis, raceinis multifloris elongatis folio fere lon- gioribus dentibus calycinis brevissimis ; leguminibus stipitatis oblongis glabris. Similis V. pisiforini, a qua dignoscitur foliolis basi non dilatatis, inferioribus a caule remotis, nec non floribus violaceis; a V, amœna differt foliolis illis Orobi lathyroidis persimilibus et dentibus calycinis brevissimis ; a V. dume- torum foliolis majoribus coriaceis aliisque notis diversa. Hab. in Daburia. 'V- Hedysarum setigerum Turcz. H. {Echinolobium) perenne , caulescens v subacaule; foliolis 5-8-jugis ellipticis oblongisve supra glabriusculis, subtus ar- genteo-sericeis ; dentibus calycinis lanceolatis tubo duplo longioribus, alis longe brevioribus ; carina vexillum aequante, alas paulo superanîe; lomenti articulis ellipticis rugosis villosis setosisque. Variât caulibus abbreviatis vel elongatis, spicis brevioribus compactis vel elongatis, Iaxis, floribus purpurascentibus vel albidis. Articuli lomcnti juniorispro more TJrariœ plicato-retrofracti. Hab. in Dahuria. 'U^ LOASE^. Loasa acerifolia Juss. Ann. du Mus. v. 1. f. 2. L. nitida Bot. mag. t. aS/a (opt.) Loasa_ niiida Juss. 1. c. t. 2. f. 2. Sweet. brit. fl. gard. ser. 2. t. igS. (opt.) L. PLacei Bot. Reg. t. 1699. L. acanthlfolia Bot. Reg. t. 785. Valdèaffînis L.acerifoliœscà foliis (plerisque) sessilibusetparapetalis diversa. Cseterum haec species valde variât quoad staturam nunc graciliorem (Sweet brit. fl. gard. t. 195.) nunc crassiorem et proceriorem (Bot. Reg. t. 785 et Juss. 1. c.) Loasa tricolor Bot. Reg. t. 667. a cel. Lindiey haud recte pro L. nitida ha- betur , cum iconc enim ab ill. Jussieu 1. c. s., n. L. nitidœ data, plane non congruit. 342 FisciiER F.T MEYER. *— \/dnimadçerskmes boianicœ. SAXIFRAGE^E, Saxifraga œstimlis. S. {Hydatica) molliter pilosa suLglabra; foliis (radicali- bus) longe petiolatis reniformil^us prof imde dentatis (non cartilagineo-marginatis); scapis erectis; floribus laxe paniculatis ; petalis ovatis unguiculatis obtusis sepala obtusa triplo superantibus ; capsulis subbipartitis. S. punctata Stemb. Revis, saxifrag. p. 18. Suppl. p. 7. t. iv. Ledeb. fl. ait. 2. p. 118. Bongavd Sitcha p. 22. S. hirsuta P. Seringe in De Cand. Prodr. 4. p. 42. S. semidodecandra Vormsk. in litt. Saxifraga n. 71 Gmel. fl. Sib. 4. p. 161. t. 65. fig. 1. (icon quoad. folior formam haud itabona). — Ab affinibus^". Geum et S. hirsuta ta- men dignoscitur foliis ex toto herbaceis (nec cartilagineo-marginatis) et przesertim capsulis fereusquead basin fissis, quœ in illis tantum apice bilobae sunt. Planta nostra ad S. punctatam Linn. pertinere non potest, ut e descriptione a Lin- 11030 data, luculenter apparet; Linnseum potius 5. dapuricain Willdenowii sub S. punctaiœ nomine intcllexisse, vix ulla nobis supersunt dubia. UMBELLïFERiE. Libanotis {Phlojodicarpus) villosaUnrcz. (mss.)abaffini L. cachroide D.C. dignoscitur foliis mollioribus, necnon umbellis fructibusque molliter villosis. Ilab. in montibus trans-Baicalem. "V- Heracleum trachyloma. H. {Sphondylium) foliis utrinque scabriusculis pin- natisectis : segmentis incisis lobatis acutis, terminali cordato trifido v. tripartito . lobe inlerraedio cuueato ; fructibus obovatis v. obovato-suborbiculatis in disco margincque setosis pilosisque. Affine H. aspero, sed fructibus bene distinctum. Hab. in montibus provinc. Karabagh et Nakitschiwan. cf Dorema glah'um'. D. glaberrimum ; caule ramosissimo squamoso aphyllo ; foliis subtripinnatis : segmentis trifidis pinnatifidisve : lobis oblongis integerri- mis ; floribus pedicellatis. Ferula racemiferaheTh. Szovits.— Omnibus fere cha- racteribus cum D. ammoniaco convenit, prœter superficiem omnium partium glabram et flores ocbroleucos distincte pedicellatos, Tota planta gumrai-resinam exsudât flavescentem Ammoniaco, quoad saporem, liaud omnino dissimilem. Hab. in cremis saisis Armenise. V SzoviTSiA F. et M. Calyx quinquedentatus. Petaîa subœqualia, obovata, emarginata, cum lacinala inflexa. Fructas oblongo- ellipticiis a ktere modice compressus. Mericarpia jugis primariis filiformibus subpilosis , 2 lateralibus piano commissurali impo- sitis; secundariis 4 prominiilis incrassatisrotiiiidatis, plicis trans- versalibus obtectis et vitîa perfosis. Carpophorum apice fissum. j. DECAISNE. — Plantes de la Palestine et de la Syrie. 343 Semen dorso rotundaîiim, antice, marginibus inflexis, siilco notatum. Umbellifera e Caucalinearum tribu distinctissima atque pulcherriraa. S. callicarpa. Herba anniia, glaLra^ foîiis composilis v. decomposiîis, laciniis elongatis filiformibus, uinbellis lateralibus, involucris nuUis, involiicoUis 5-6- phyllis membranaceis, floribus albis. Hab. in desertis saisis prope Nakitschiwau, nec non in locis lapidosis provinciœ Karabagh. IjISte des plantes recueillies par M. Bové dans la Palestine et la Syrie y Par M. J. Deca-isne. Cette notice est la dernière que j'ai à publier sur les plantes de M. Bové; elle contient l'énumération des espèces que ce voyageur a récoltées dans un voyage assez court et à une époque peu favorable qu'il a fait dans ces provinces (V. Ann. des Se. nat. 1^ série, t. i. p. i6i et 200). Si les renseignemens que fournit cette liste n'apportent pas des connaissances plus éten- dues que celles qu'on a déjà sur la végétation de la Pales- tine et de la Syrie, ils serviront néanmoins à préciser la pa- trie de certaines espèces qui ne se trouvaient citées que dans les ouvrages généraux. Les matériaux nombreux rapportés par La Billardière et par Sieber étant restés en partie inédits , cette liste, malgré son peu d'étendue, pourra cependant donner, eu outre, un aperçu des familles qui forment la végétation de ces contrées, et servir de point de départ pour des publications plus complètes et plus importantes. LIGHENES. 1. Epernia vitlosa Fiies. — Borrera Aû\. — Hab. en Palestine, sur les arbustes dont ce lichen couvre les troncs et les rameaux. 344 J- J3ECAISNE. — Plantes de la Falesiuie et de la Syrie. Q.. Ramallna pollinaria Ach. (sléiile). — Hab. mélangé avec le précédent, 3. Parmelia parie tina Ach, — Hab. avec les précédens. Obs. Variété à thalle blanchâtre, devenant d'un vert-jaune pâle quand il est humecté, à scutelles pédicellées, et à disque orangé. ( Imbricaria chlorina, Chev. FI. Par. p. 621. ) FUNGI. 4. Sphœria seminuda Persl— -Hab. sur les rameaux d'un arbuste mort. 5. iS. porri Pers. — S. exuberans var p. Fries. Sysf. myc. 11. p. 432. — Ilab. sur les hampes sèches du Scilla maritlma. MUSCI, G, ffypiium F'allis-'clausœ Brid. — Hab. dans les eaux courantes en Syrie. FILICES. 7. 'Advantlium Capillus-i/eneris L. (Kôzbarat- el-Bîr Arab.) — Hab. la grotlc de Saint-Jean^ environs de Jérusalem. 8. Pteris aquUina L. — Hab. Mont-Liban dans les lieux humides. g. P. ensifolia Desf.'herb. Atl. ! — P. longifolia Ten. — Hab. le Mont-Liban. 10. Cheilanthes odora. — Hab. près de la grotte de Saint-Jean à trois lieues de Jérusalem. 11. Ceterachofficinaruin L. {Haschischei-el-Dahab Arah.)— Hab. le Mont- Libau. GRAMINE^. 12. Sporolobus pungens Kth. (Bové n. 384.) — Hab. les sables maritimes de Jaffa. i5. ArîstidapungensTiQsi. Flor. Atl. herb. ! (Bové, n. 3 et 382.) — Hab. dans les sables mouvans des environs de Gaza où elle forme des touffes épaisses dont les chaumes acquièrent souvent trois pieds de haut. GYPERACE^. i4. Cyperus alopecuroides Rottb. — Hab. bords du Jourdain. i5. C.fuscus L. — Hab. bords des sources de Sainte-Anne près de Nazareth. 16. Heleogilon litorale Schrad. — Hab. bords de îa rivière à Bairout. 17. Fi/nbrisijlis MickelianaKich. — Hab. sources de Sainte-Anneà Nazareth. 18. ScJiœnus mucronatus L. — Hab. les sables maritimes de Jalfa. j. CECAisNE. — Plantes de la Palestine et de la Syrie. 345 ASPARAGINiE. 19. [Asparagus aphyllas L. — Hab. les haies aux enviions de Gaza. SMILACEiE. 20. Smilax aspera L. — Hab. le Mont-Liban, près de Deir-el-Gahmar. Les Arabes désignent ce Smilax sous le nom de Batûr. MELANTHAGEiE. 21. Colchicum lœtum Stev. Act. Mosq. vol, 1. p. aGs.t. i3. — Hab. dans les montagnes entre Damas et Balbeck. Fleurit en septembre et octobre. Oes. Les échantillons rapportés par M. Bové, se rapportent assez bien au C. lœtum Stev. par l'ensemble de leurs caractères, mais ils présentent une différence dans la longueur des styles, qui sont très grêles et constamment de la même longueur que les étamines au lieu de les dépasser et d'atteindre quelquefois l'ex- trémité des divisions du périanthe. 22. C, montanum L. Slev. act. mosq. vol. i. p. 2S7.— Hab. dans les endroits secs et pierreux des montagnes aux environs de Damas et Balbeck. Fleurit on septembre. Obs. Je me suis assuré de la détermination de cette plante, par la comparaison que j'en ai faite avec celle conservée dans l'her- bier de La Bilardière. La comparaison que M. Steven en a fait avec le C. bulbocodioides s'accorde également bien avec les échantillons rapportés par M. Bové. FLUVIALES, 23. Ruppia maritlma'M.. et K. — R. maritima L. esti?. rostellala'\Loch. — Hab. dans la mer près de Suez et de Gaza (Mer-Rougc et Méditerranée.) 24 • Potamogeton marinus L. — Hab. les étangs de Salomon près de Bellilcem. 25, P. natans L. — Hah. le Jourdain. ASPHODELEiE. 26. Scilla maritima L. — Hab. la vallée de Josaphat, et aux environs de Na- zareth surtine montagne élevée. 346 J. DECAiSNE, — Plantes de la Palestine et de la Syrie. :ij. S. auLumnalisJu. — Hab. sables maritimes près de Bairout [Bâssal-IIa-- jdt des Arabes.) 28. Muscari parvifiorum Desf. — Hyacinthus parvijlorus Pers. — Mus^ cari botryoides Spr. — M. fdifolium^ld\A\i^.\&\s. vol. 21. fasc. 10. p. 971. «— Hab. le Mont-Liban, les endroits secs. AMARYLLÎDEiE. 29. Amaryllu lutea L. — Hab, montagnes entre Damas et Balbek. 30. Pancratium maritimujnL. — Hab. aux environs de Bairout. 3i . Pancratium parviflorum Nov. Spec. p. scapo gracili, urabellâ plnriflorâ, pariatithii partitionlbus oblongo-lanceolatis dorso viridi carnoso apiciilatis, coron.ie laciniis filamenta subaequantibus , antheris ovatis, stylo sla- mina superante, ovario ovato dein globoso. Hab. aux environs de Bairout. Obs. On reconnaîtra facilement cette espèce à sa hampe grêle, que termine une ombelle de cinq à six fleurs longues au plus d'un pouce et demi. Les échantillons que j'ai sous les yeux sont pourvus de leurs ognons, que n'accompagnent pas les feuilles qui ne paraissent qu'après la floraison ; l'ognon égale en gros- seur celui du P. inaritiniuniy auquel il ressemble encore par la couleur des tuniques. AROIDEiE. 32. Biarum Bovei Nov. Spec. B. foliis ovatis acutis v. rarius bas! îobato-subsagittatis in petio- lum basi aîtenuatis; spathâ lineari-lanceolalà introrsiim aîro- vioîaceâ; spadice cylindricâ apice subattenualâ; ovariis ova- to-oblongis stylo longiusculo rostratis; staminibus rudimen- tariis suprà ovaria filiformibus. [Caladium Bové.) — Hab. le Mont-Liban. Fleurit en septembre. Oes. Les feuilles de cette plante ont quelque analogie avec celles de VJrisarum vulgare; mais le spadice est cylindrique, atténué au sommet, de la grosseur d'une plume; les étaraines les plus inférieures sont rudimcntaires et filiformes; les ovaires sont j. DECAiSNE. — Plantes de la Palestine et de la Syrie. 347 oblongs, charnus, et terminés par un style allongé que sur- monte un stigmate assez large; l'ovule est unique, pyriforme, quelquefois atténué au sommet. CONIFER^. 33. Juniperus oxjcedrus L. — {Kyhlân Arab.) — Hab. le Mont-Liban. SALIGINEiE. 34. Populus euphraiica. P. glauca, ramis gracilibus , foliis ramulorum infimis oblongo- linearibus obtusiusculis répandis v. integris, intermediis ova- to-lanceolatis dentato-repandis v. dentatis acutis, supremis flabellato-deltoideis, dentatis, omnibus basi plus minusve attenuatis, petiolis longiusculis. Populus euphraticaOXw. voy. v.5. p. 449 et 45o, t. 45 et 46. — Hab. les bords da Jourdain (les rives de l'Euphrate Olivier. — A. Michaux qui l'a observé dans cette dernière localité, l'a retrouvé en Perse sur les bords du fleuve Rezil- Ouzan.) Obs. m. Bové est le premier voyageur qui , en rapportant ce bel arbre des bords du Jourdain, ait fait connaître l'existence d'une espèce de Peuplier croissant spontanément sur les bords de ce fleuve; la plupart des autres voyageurs, qui ont parcouru les mêmes lieux, n'en font pas mention ou n'y signalent que des Saules, dont M. Bové a rapporté également quelques bran- ches, mais que je n'ai pu déterminer spécifiquement. Olivier, qui a observé cet arbre près de Bagdad sur les rives de l'Euphrate, donne les détails suivans : « 11 forme, en quelques endroits, des buissons fort serrés, qu'on prendrait pour des Saules, si on ne remarquait parmi eux des arbres qui s'élancent autant que nos Peupliers d'Europe, et qui prennent, en se développant, des feuilles qui ne ressemblent plus aux premières A mesure que l'arbre s'élève, les feuilles deviennent de plus en plus larges (le contraire a lieu sur de jeunes branches rapportées par M. Bové) ; leur pétiole s'allonge, et le bord est plus ou moins sinueux ou denté. Enfin les feuilles dans l'arbre sont deltoïdes, avec le bord denté dans quelques- unes, sinué dans l'autre, et entier dans le plus petit nombre. » 348 J. Di^CAiSNiî. — Plantes de la Palestine et de la S/ rie. BETULINE^. Z5. jilnus orientalis, Nov. Spec. A. foliis ovato-lanceolatis subacuminatis basi rotundatis inter- dùm obliquis , irregulariter et duplicato-dentatis suprà glabris subtùs nervis pabescentibus, amentis masculis paniculatis ter- minalibus, femineis (maturis) axillaribus globosis. [Alnus longifoUa Bové n. 496.) — Hab. les bords du fleuve à Bairout. CUPULÏFEEE. 36. Quercus pseud:)-coccifera'Desî, FI. atl. et hcrb. ! Moris Elench. fasc, l (Bové n. 494.) 37. Q. iihaburensis Nov. Spec. Q. foliis (perenn.) petiolatis rotundatis v. (in surciil.) oblongis subcordatis v. breviter acuminatis apice obtusis grosse den- tatis, dentibus setaceo-apiculatis, suprà nitidis subtùs incano- puberulis, fructibus in cupulâ hemisphericâ crinitâ absconditis, squamulis linearibus acutis reflexis. Hab. le mont Thabor. (Bové n. 496. Arbre de 4o à 5o pieds d'élévation). Ors. La proposition d'une espèce nouvelle de Chêne pourrait paraître assez hasardeuse, si celle-ci ne rentrait pas dans une seceion de ce genre, où le nombre des espèces est assez limité pour le distinguer facilement. On reconnaîtra celle que je viens de citer à ses feuilles ovales, arrondies, subcordiformes à la base, et souvent terminées par un léger prolongement du limbe sur le pétiole, longues de deux à quatre pouces sur un à deux et demi de large, luisantes sur la face supérieure , pubescentes et blanchâ- tres sur l'inférieure, leur bord est à grosses dents apiculées; la cupule, ainsi que dans les Q. œgylops et Cerris^ etc., est munie d'écaillés nombreuses linéaires réfléchies , et cache entièrement le fruit. Les échantillons de cette espèce, que j'ai observés dans l'herbier de La Billardière, provenant aussi du Mont-Tliabor, sont exactement semblables à ceux rapportés par M. Bové. J'ai j. DEC AISNE. — Plantes de la Palestine et de la Syrie. 3/io sous les yeux une jeune branche sans fruits, où les feuilles sont oblongues, mais seulement au sommet. ïHYMELEiE. 38. Vasserina hirsuta L. (Bové, n. 892.) — Hab. cotumunément en Palestine. 39. Dajphne oleoides L. [SchysTch-el-Khalle Arab.) — Hab. le Mont-Liban. EUPHORBIACEiE. 40. Eupîiorhia lanata Ad. Juss. Diss. Euph. Spr. Syst. — Croton serrai i- iitm Gies. (Bové n. 493.} — Hab. la vallée de Josaphat. 4i. E. spinosa L. (Bctvc, n. 492,) — Hab. les sables maritimes à Gaza, 42. E. Esitla L. (Bovc, n. 491.) — Hab. environs de Balbeck. SANTALACE^. 4.3, Thesium repensljQà.Qh. Flor. Alt. 1 . p. 274. le, t. 233. — Hab. enviions de Jaffa. POLYGONES. 4. Polygonum salicifuUiimDe]. — Flab. rivière de Balbeck. 45. P. vielaslomeumDcl. — Hab. avec la précédente. 46\ P. apiculare L. (Bovéj n. 397.) — Hab. dans les champs près de Bal- beck. 47. P. — var. romanjLm Bleisn. (Bové, n. 38.) — Hab. entre Suez et Gaza. 48. P. maritimicm (Bové, n. 398.) — Hab. à Gaza, sables maritimes. 49. liumex biicepJialoph orus L. — Hab. Jaffa. , CHENOPODEiE. 00. Chenopodinm BoLrys L. (Bovc, n. 4o2.) — Hab. dans les champs à Jaffa* 5i. Atriplex Jlalimus L. (Bové, n. 4oo.) — Hab. environs de Bairout. 52. A. portidacoides L. (Bové, n. 4oi.) — Hab. près de Bairout. !SZ. A. polysperma Ten. ? (Bové, n. 4o3.) — Hab. Balbeck. 54. Salsola IVogus L. (Bové. n. 393.} — Hab. environs de Jaffa. 55. Traganum niidatum Del. — Hab. désert de Gaza. 5f). Halo ge ton spinosissimum G. A. Meycr. — Anabasis splnosissima L. — Salsola Echinus La Bill. (Bové^ n. 375.) — Hab. le Mont-Liban. 35o J. DECA.ISNE. — Plantes de la Palestine et de la Syrie» NYCTAGINE.E. 67. Boerhaavia excelsa W. (Bové> n. Sgg.} — Hab. dans les liaies aux en-- virons de Gaza. Obs. Cette espèce , qui s'élève à cinq ou six pieds , se retrouve également au Sénégal , d'où elle en a été rapportée par M. Per- rottet. PLUMBAGINE.E. 58. Plumbago Europœa L. (Bové, n. 407.) — Hab. près de Gaza. 59. Staiice sinuata (BovC; n. 4o6) et S. œgyptiaca. — Hab. entre Suez et Gaza. 60. S. Limonium L.? (Bové, n. 4o4.) — Hab. les bords de la mer à Bairout. 61. S. spathulata Desf. ? (Bové, n. 4o5.) — Hab. sur les bords de la mer à Bairout. PRIMULACE.E 62. Cyclamen hederœfolium Ait. (Zkokia, Arab.) — Hab. le Mont-Liban. VERBENACEiE. 63. F'itex ^gnus^Casfus L. — Hab. les bords du Jourdain. LABIATiE. 6^. Mentîia aquatica L. Benth. Lab. Gen. p. 432. (Bové, n,42i.) — Hab. les rives du Jourdain. 65. M. fomentosa D'Urv. Benth. Lab. p. 170. — Hab. les bords du Jour- dain. Ols. m. Bentham, dans le supplément qu'il a publié à la fin de son dernier cahier des Labiées, a considéré l'espèce que j'ai indiquée dans la Florula. smAiCA.,sous le nom de Mentha tomen- tosa, comme étant le M. lavandulacea ; elle diffère, en effet, de celle que je cite ici, par ses tiges blanchâtres et non tomenteuses, par ses épis plus courts et les feuilles plus longues , mais den- tées au lieu d'être presque entières, comme M. Bentham en donne le caractre. 66. Lycopua europceus !<• Benth. Lab. gen. p, 186. suppl, p, 716. var, «, — ^ Hab. le Mont -Liban, j. Diic AISNE. — Plantes de la Palestine et de la Syrie. 35 1 ^'] . Salvia j:)alœstina.^çx^\h.. ^v' S. caille herbaceo glanduloso-piloso , foliis petiolatis oblongis subpinnatisectis pinnatifidisve rugosis villosis, lobis eroso- dentatis obtusissirnis, fioralibus bracteœformibus latissimis acuminatis concavis persistentibus calyce brevioribus, race- mis paniculatis, verticillastris disîantibus subsexfloris, caly- cibus tubulosis striatis, labio superiore breviter tridentato, deiitibus omnibus erectis subspinosis, coroliis calyce subduplo longioribiis. Habilus inflorescentia et flores S. splnosœ, diffcrt foliorum forma (Benth.) Saluia palœstina Benlh. Lab. supp. p. 718. (Bové, n. 4io.) — Hab.Ics cbamps de la Palestine, en Syrie (ex Herb. La Bill.) 68. iS. controversa yar. P ^rara(i/,^orû5 Benth. Lab. supp, 719. (Bové^n. 4ii.) — Hab. dans les champs incultes des environs de Jaffa. Obs. D'après une note de M. Bentham, il paraît que, dans Fétat ordinaire de cette espèce, la corolle est avortée, comme on l'observe fréquemment dans les 5. verbenaca et clandestinay surtout dans leurs stations les plus méridionales; car lorsque les fleurs sont bien développées dans le S. controversa y M. Ben- tham serait porté à regarder cette plante comme la même que le S. ceratophylloides ; mais outre une différence dans le port , la villosité du calice, les feuilles sont ici plutôt (en proportion moindre) celles du S. ceraîophylla que celles du S. ceratophyl- loides. 69. S. pinnata L. Benth. Lab. p. 212. — Hab. en Palestine et en Syrie, route de Gaza à Jérusalem. 70. S. viscosa Jacq. Benth. loc, cit. — Hab, avec la précédente. 71. Ziziphora canescens Benth. Lab. 32i siipp. 727. (Bové, n. 419.) — Hab. les montagnes près de Nazareth. 72. Majoranacrassijolia Benth. Lab. SSg.— Origanum Maru L. — (Bo- vé, n. 421.) — Hab. montagnes de Nazareth et le Mout-Thabor. 73. M. neruûsa Benth. Lab. 35g. — Hab. avec la précédente. 74. 2Viynius capitatus Hofïm. et Link. FI. port. i. 123. Benth. Lab. 348. — Satureia capitata L. (Bové. n. ) — Hab. les montagnes de la Palestine et de la Syrie. 75. Satureia Thymhra L. Benth. Lab. 354. (Bové, n. 4i6.) — Hab. route de Gaza à Jérusalem, 352 j. DECA.1SNE. — Plaiites de la Palestine et de la Syrie. 'jÇi. Micromeria marifolia^enÛ\. Lab. 382.— Me lissa fruticosa L. —iW. crelica Lamk. (Bové, n. 420 v. 41/ ?) — Hab. le Mont-Thabor et les environs de Nazareth. 77. M. microphylla Benlb. Lab. p. 377. — Hab. les montagnes de la Pa- lestine. 78. Melissa ofpnnalis L. var. (i Bentîi. Lab. p. 3g3. supp. p. 731. (Bové^ n. ) — Hab. le Mont-Liban. 79. Scutellaria alhida L. Benlh. Lab. 452. (Bové, n. 425.)— Hab. lesmon- lagnes près de Balbeck, le Mont-Liban. 80. Stachys palœstina L. Benth. Lab. gen. 56i. (Bové, n. 4i 3.) — Hab montagnes de la Palestine, de Gaza à Jérusalem. 81. Sideritis libanoiica La Bill. Benlh. Lab.575. supp. 741. — ..S. pullulons Vent. (Bové, n. 4 12} — Hab. les montagnes de la Syrie et de la Palestine; Jéru- salem et Nazareth. 82. Marruhium vulgare L. var. P Benth. Lab. p. 5gi. — Hab. environs de Gaza. 83. Ballola saxatilis Sieb. Benth. Lab. SgG. — Moluccellz viicrophylla Del. Fragm. FI. Arab.-Pélr. 10. f. 2. (Bové, n. 4i2. — Kélêla, Arab.) — Hab. les environs de Jérusalem. 84. Phlomis fruticosa L. (Arab. Qarifnie.) — Hab. la Palestine. 85. Moluccella lœvis L. Benth. Lab. 639. — Hab. les champs de la Palestine. 86. Teucrium spinosum L. Benth. Lab. 678. (Bové, n. 4io.3 — Hab. JafTa près de la mer. 87. T. PoUum L. var. -j- Benth. Lab. 685. [Haschischet-el-Rih. Arab.) — Hab. le Mont-Liban. 88. Jjuga Chla Schreb. Benlh. Lab. 699. — Hab. le Mont-Liban. SOLANE^. 89. I.ycium europœum L. ? an L, ruiheaicum Murr.? [AusddJ Arab.) -*- Hab. près de Jérusalem. go. Hyoscyamas aureus L. — Hab. les ruines de Balbecfc. 91. F'^rbascum smualam L. — Hab. les champs arides de la Palestine. 92. V. longifolium Ten. — Hab. les environs de Gaza. Ces. Plusieurs antres espèces du même genre font partie de ces collections, mais elles sont trop incomplètes pour être reconnues; une d'entre elles me paraît se rapporter au V. juu- cronatum Lamk. ( V. candidissimum DG.) ANTIRRHINE^. 93. Linaria Ëlatine L, (Bové, n. 423.) — Hab. dans les champs depuis Ga2a jusqu'à Jérusalem, j, Dj-CAiSNE. — Plantes de la Palestine et de la Syrie. 353 ASPERIFOLIiE. 94. Onosma sericeitm L. — Hab. les montagnes de la Palestine. 95. O. giganteum Lamk. — Hab. près de Gaza. 96. Lithospermum callosum Vahl. — Hab. dans les sables avec la précédente.' 97. EchLochilon fruticosum Desf. (Bové, n. 428.) — Hab. près de JafFa. 98. Anchusa verrucosa Lamk. — Hab. près de Gaza. 99. Heliotropium crispwn L. {Lithospermum Bové, n. 85.) — Hab. désert près de Gaza. GONYOLVULAGEvE. 100. Convolvulus Imperati Guss. (Bové n, 432.) — Hab. les sables mari- times près de Gaza, 101. C. Forskalii Vahl. — Hab. près de Jaffa. APOClNEiE. 102. Nerium Oleander L. {Dyfle. Arab.} — Hab. les bords da Jourdain. ASCLEPIADEiE. io3. Oynanchum acutiim L. — Hab, très commun en Palestine. ERICINE^. îo4. EricamuUlflora Linn. — E.vagans D. G. Bot. Gall.(Bové; n. 496.)*««^ Hab. le Mont-Liban. GAMPANULAGEyE. io5. Mlchauxla decandra La Bill. — Hab. le Monl-Liban. io6. Campanula glomerata L. — Hab. les montagnes avec la précédente. COMPOSITE. ( LACTUCB ^. ) 107. Lacluca saligna L. (Bové, n. 437.) — Hab.le Mont-Liban, ainsi que les espèces suivantes. 108. L. spincsa L. (Bové n. 435). 109. L. leiierrlm.a\j. no. Prenanthes triquetra La Bill, (Bové n. 434.) ( CAUDUINEiE. ) 111. Ktnlrophyllum — Hab. la vallée de Josapbat. IV. EoTAN. — Déarnhre. 23 554 J. DEC AISNE. — Plantes de la Palestine et de la Syrie. ( ASTEREjE. ) 112. Eupatorium syriacum 3 acc[. le. rar. i.t. 170. — HaL. les Lords du Jourdain. ii3. Senecio fœniculaceus Ten. — Hab. Jaffa. 1 14. Linosyris moniana [Chrysocoma Vahl.) — Hab. dans les champs. 1 15. Otanthus maritimus Liuk. [Diotis Desf.)"~Hab,Gaza, sables inaritiraes. 116. Limbarda tricuspis Cass. — Itiula criihmifolia W. — Hab. près de Bairout. 117. Pidicaria undulata Cass. — Hab. environs de Jaffa. 118. P. uliginosa D,G. — Iiiula uliginosa Stev. — Hab. les bords du Jourdain, 119. Inula viscosa Desf. — Hab. les montagnes près de Jérusalem. ' 120. Phagnalon saxatile Cass. — Hab. le Mont-Liban. 121. Matricaria Chamomilla L. — Hab. près de Jaffa. 122. Phalacrodlsci&s pyrethroîdes S^. nov. P. annuus; ramis erectis laxè hirsutis; foliis bipinnatis, lobis lanceolatis v. lineari-lanceolatis setaceo-a cutis; capitulis soli- tariîs longé pedunculatis, squarais an^hodiimerabranaceis obo- vaîis margine fuscescente cinctis; recep(acaIo conico ebrac- teolato ; ligulis obiongis tiidenticiilatis obtusis ; fructibus in disco nudis costatis, in radio membranaceo-corooatis. Anihemis Lihano'tica B.C. Prod. incd. (Bové, n. 438.) -- Hab. les champs cultivés du Mont-Liban. Obs. U Anthémis chia est extrêmement voisine de cette plante et parait posséder les mêmes caractères qui doivent la faire entrer dans le genre Phalacrodiscus établi par M. Lessing. Ce- pendant ces deux plantes n'ont point les caractères de végétation qui font reconnaître, à la première vue, les espèces sur les- quelles M. Lessing a formé son genre, constituant primiti- vement le Leucanthemum de Gassini. M. J. Gay, à qui je communiquai mon observation, ayant fait une étude approfondie de ce groupe des Gomposées, était arrivé à des résultats semblables, qu'il avait même pu étendre à d'autres espèces voisines de celles-ci. D'après ses re- marques, il était porté à conserver dans le genre Phalacrodiscus \qs Anthémis chia y pyrethroides , etc., et à rapporter à l'ancien genre Leucanthemum les espèces qui ont servi de type à M. Les- sing, et qui sont les L. vulgare, graminifolium f fuscatum Gay, j. DECAiSNE. — Plantes de la Palestine et de la Syrie. 355 viontanum, etc. Quant à l'espèce nouvelle que je viens de décrire, les caractères conviennent tellement au genre qu'a publié M.Lessing, qu'on ne peut l'en séparer; car la forme de l'aigrette des fleurs femelles du rayon, celle du tube des fleurs herma- phrodites, la grandeur du disque épig) ne sont peut-être exprimés plus nettement dans l'espèce nouvelle que dans les autres. iq3. X.aiitJnnm ec/iinaiumMnvv. — Hab. les champs de Gaza à Jérusalem. DIPSACE.E. 124. Scabiosa Olipieri Coult.D.C. Prod. 4. p. 656. (Bové, n. 444.) — Hab. les environs de Balbeck. VALERIANES. 125. Centranthus lovgifloriis Stev» D. G. Prod. (Boyé, n. 445.) — Hab. les ruines et les anciennes carrières de Balbeck. Obs. Celte plante paraît être celle que M. Steven a décritô dans les actes de la Société impériale de Moscou. Elle diffère, en effet, des C. ruher et angustifolius par la largeur des fleurs, et surtout par sa panicule qui finit par s'allonger et atteindre un demi-pied, comme le remarque M. Steven. CAPR1F0LIACE.E. 126. Lonicera iberica M. B.? — Hab. les montagnes de Balbeck. LORANTHACES. 1 27. Fiscum album L.? — Hab. sur les poiriers et les aubépines aux environs de Balbeck. Obs. C'est avec doute que je rapporte cette plante au V. al- bum, dont elle diffère par ses rameaux beaucoup plus courts, et par ses feuilles ovales, obtuses et atténuées à la ibase en un court pétiole, n'atteignant jamais, sur mes échantillons, plus d'un pouce de longueur; efles égalent ordinairement les articles des rameaux. a3. 356 J. DECAISSE. "— Plantes de la Palestine et de la Syrie. RUBIACE^. 128. Putoria calabrica Pers. {^sperulalBovc,i\. 446.) — Hab. les environs de Balbeck. 129. Crucianella maritima L. — Hab. très commune. i3o. Galium Sp. nov.(ex Requien).Bv>vé 448 01449. — Hab. le Mont-Liban. j3i. Rubia lucida Linn. D. C. Prod. 4. p. 690. var. rûlundifolia Poir. (Bové, n. 447.} — Hab, le Mont-Liban entre les rochers liumides. UMBELLIFERyE. 182. Ammi Visnaga Lamk. — Hab. aux environs de Gaza. i33. Cachrys crispa Pers. (Bové, n. 455.) — Hab. même localité que l'espèce précédente. i34. Crithmum maritimum L. (Bové, n. 452i.) —Hab. près de Saint-Jeaa- d'Acre. i35. Sium rtûdiflôratnL. (Bové, n. 454.) — Hab. près de Nazaretli. 136. Artedia squamala L. — Hab. environs de (xaza. 137. Eiyngium dichotomum Desf. — »■ Hab. avec la précédente. RANUNCULACEiE. i38. Manuncuhis aquatilis L.- — Hab. le Jourdain près de Tabarieh. iSg. Delphinium T^ovei. Sp. nov. D. ramosum ; foliis cauîinis lineari-vel'Ovato-lanceolatis acutis gîaberrimis crassiusculis; bracteis pedicello brevioribus; flo- ribus tenuissimè puberulis, calcare loiigo recto; sepalis obo- vato-lanceolatis lividis; petalis longé unguicnlatis palliclis. limbo sub-rotundato. {^Delphinium, Bové. n. i3o}. — Hab. entre Suez et Gaza. Obs. Cette plante, voisine du D.virgatum Poir., en diffère néanmoins par la forme des fleurs; dans la nôtre, l'éperon est droit, il est légèrement infléchi r^ans le D. virgatum, qui a les corolles glabres, les divisions calicinales beaucoup plus aiguës et les bractées plus longues que le pédicelle. i4o. D,flapu7n B.C. Prod. (Bové, n. i3i.) — Hab. avccla précédente. i4i. D.pusillum La Bill. — Hab. le Mont-Liban dans les endroits cultivés. l42, Nigslh aryensis L. --Hab. les chamj-s de la Palestine. j. DEC AISNE. — Plantes de la Palestine et de la Syrie. 35^ Obs. Outre cette espèce, M. Bové en a rapporté une autre trop incomplète pour être déterminée avec précision. Je la crois néanmoins nouvelle. Elle appartient à la même section que la précédente, et se reconnaît à ses anthères mutiques et ses fruits de moitié plus petits. PAPAVERACE^. i43. Glauciuni flavuinD. C. (Bové, n, 456.) — Hab. les plages maritimes à Gaza. CRUCIFERE. Obs. Toutes les plantes de cette famille ont été recueillies à Jaffa. Quelques jours de pluie ont suffi pour les faire déve- lopper et fleurir dans des localités où, suivant Iç rapport de M. Bové , on ne voyait que quelques restes flétris et secs d'une végétation antérieure. i44. Savignya œgyptiaca R. Br. l45. Moricandia teretifoliaTi.C i46. M, hesperidifoliaJy.C 147. Malcolmia lacera D. C? \ i48. Koniga lihyca R. Br. — Draha nummularia Ehrenb. H. Bcrol. i4(). Maihiola oxyceras D. G. i5o. NasiurtLum coronopifolium D. C. i5i. Leptaleumpygmœum D.C. Deless. le. i52. Diplotaxis hispida D. C. i53. Cakile mariiimah. — Hab. Gaza. RESEDACEiE. i54. Reseda lutea L. — Hab. près de Jaffa. i55. R. pruinosa Forsk. Une autre espèce t es voisine du R. odorata , mais trop incomplète pour être déterminée, a été recueillie autour de Jaffa. RUTACE^, i56. AplopJiyllum tuherculatum Ad. Juss. var Forskahlli D. G. Prod. — Hab. route de Gaza à Jérusalem. 358 J. DECAisNE. — Plantes de la Palestine et de la Syria. CISTINE^. 157. Cistus cretlcus L. — al) les montagnes en Palestine. i58. Helianthemum elUpticum Dcsf. (Bové , n. 471.) — Ilab. JafFa près de la mer. HYPERICINE^. i5g. Hrpericum serpjlHfolium Lamk (Bové, n. 46'8). — HaL. ie Mont-Carmel. 160. H. crispuvi L. (Bové, u. ^Sg.) — Ilah. près de Gaza dans les champs. i6i. H. Jdrciniiin L. (Bové, n. 470.) — Hab. le Mont-Carmel. POLYGALE^. 162. Polygala supiiia Schreb. (Bové, n. 485).™ Hab. le Mont-Liban, entre les fentes des rocbers. GERANIACE/E. i63. Erodiwn murciniim W. — Hab. les environs de Jaffa. CARYOPHYLLE^. i64. Silène Atocion Jacq. — Hab. spontané? dans les jardins et les lieux cultives du Mont-Liban. Obs. Je regarde cette plante comme spontanée, tant elle dif- fère par son port général des échantillons cultivés. i65. S. picia Pers. (Bové, n. 473.) — Hab. les montagnes près de Baîbeck. 16G. S. succulenta Forsk. (Bové, n. 476.) — Hab. les sables maritimes à Gaza et Jaffa. Oiîs. Deux espèces de Dianthus ainsi qu'un Gypsophila se trouvent dans la collection de M. Bové; il m'a été impossible, vu l'état incomplet de deux d'entre elles , de leur attribuer même des affinités. D'après M. Delile, qui cultive une de ces espèces àQ Dianthus, celle mentionnée sous le n. 472, croissant sur les montagnes des environs de Balbeck, serait nouvelle et voisine du D. deltoïdes. PARONYCHÏEJi. 167. Faronychia argentea Lamk. (Bové, u. ^qS.) — Hab. Jafïli p'''"- cîc la mer. 168. Corri^lola ielephiifoUa Pourr. — C. littoralis Sibtiî. Fi. gr. t. 22. — C.capensis W. Sp. i. p. 1607. Bartl, Linnsea, iSSa, p. 626. -rr Hab, Jafia, j. DECÀisifK. — Plantes de la Palestine et de la Syrie. 359 oNagrarî^. 169. Jussicea ? — Hab. les bords du Jourdain près de Tabarieli. 170. Epilohium hirsutum L. var incanum Pers. — E- tomentosum Vent. — E. grandiflorum AU. (Bové, n. 477.) — Hab. sur les bords du Jourdain. SALIGARI^. 171. Lythrum Salicaria L. var. tomentosum D. C. Prod. — ■ L, incanum an ! exsicc. (Bové, n. 476.) — Hab. les bords du Jourdain. CUGURBÏTACE^. 172. Momordica Êlaterium L. — Hab. près du Jérusalem. MYRTACEiS. 173. Myrtus communis L. [Rlhan Arab.) — Hab. près du Jourdain. POMACEtE. 174. Cratœgiis monogyna W. — Hab. les montagnes près de Balbeck. 175. Cotoneaster tomeniosa Lindî. — Hab. avec la précédente. 176. Pyrus avguslifolia Nov. sp. P. foliis lineari-oblongis acutiusculis basi rotundatis utrinqne et gemmis glaberrimis, petiolis longiusculis gracilibus, fructibus globoso-turbinatis glabris, peduncuiis robustis pollicaribus, — Arbor 3o-4o-ped. | [Pyrus. Bové. n. 478. — Hab. les montagnes entre Balbeck et Damas.) Obs. Cette espèce est distinguée par ses feuilles entièrement glabres et la grosseur des pédoncules qui supportent les fruits ; ceux-ci également privés de poils ont le sarcocarpe très dur, pierreux, à quatre ou cinq loges assez grandes, renfermant chacun une graine ovoïde arrondie. SANGUISORBE.E. 177. Poterium spinosum L. (Bové, n. 48o.)— Hab. les montag-nes de la Palestine. 36o J. J3ECA1SNIÎ. — Piailles de la Palestine et de la Syrie, MIMOSE^. 178. Lagonychium SlepJianianum M, Bieb. D.C. Prod. 2. p. 448. — Acacia heterocàrpa Del. mss, (Bové, n. 48i. — Sâkoum hxah.) — Hab. communément dans les champs en Palestine. PAPILIONACE^. 179. Asiragalus compactus D. G. (Bové, n. 484.) — Hab. les montagnes de Balbeck. 180. Ononis antiquorum L. Reicb. FI. germ. Tourn. herb.! — Hab. commun dans la vallée de Josaphat. 181. O. arenaria D. C. Prod. 2. p. iSg. (Bové, n. 489.) — Hab. sables ma- ritimes à Gaza. 182. Psoralea palestina L. — Hab. en Syrie, localités humides. i83. Genista fasselata Nov- Spec. G. aphylla ; ramis ramulisque strîatis apice nigro nitido spi- nescentibus ; foliis abortivis squamiformibus fasselatis nigris ; floribus ad axillas squamarum brevissimè pedicellatis, partim sericeis ; leguminibus monospermis compressis acuminatis gla- briusculis. (Genista, Bové, n. 488). — Hab. le Mont-Carmel. Obs. Cette espèce est voisine du G. ephedroides. i84. Trifolium hybridam. — Hab. à JafFa. i85. Trigonella Uttoralis Guss. — Hab. avec la précédente. 186. Vigna lutea Sav. D. C. Prod. 2. p. 4oi . — Dolichos luieolusjacq. •■ — D. niloticus Delil. fl. Egypt. (Bove, n. 483.) - Hab. les endroits humides en Syrie. TEREBINTHACE^. 187. Pistacia Terehinihus L. {Buihm Arab.) — Hab. les montagnes. 188. P. Leniiscus L. (Bové, n. 498.) — Hab. avec la précédente. RHAMNE.E. 189. Rhamnus puhescens Lamk. 190. R. oleoides L. — Hab. Ces deux espèces croissent dans l'Anti-Liban et les montagnes entre Damas et Balbeck. Kocu. -— Orobaiiches de la Flore d'^lllemagne. 36 1 Description des Orohanch.es de la Flore d'Allemagne; ( Traduite du iv** vol. de la Flore d'Allemagne, par M. Koch). (i) Le calice est ou monosépale à cinq dents, dont la postérieure est plus petite, ou disépale. Les sépales sont fendus en deux lobes, ou bien ils sont entiers, ou munis à leur partie antérieure d'une dent, qui est le rudiment d'un second lobe; plus rare- ment, ils sont munis postérieurement d'une dent, laquelle ce- pendant reste toujours rudimentaire. Bien souvent les sépales se rapprochent sur le devant ou même se soudent entre eux : ces deux cas se présentent dans la même espèce; mais à la partie pos- térieure s'observe quelquefois un troisième sépale plus petit dans l'espace qui sépare les deux grands. Dans une monstruo- sité le calice devient trisépale, à sépales égaux entre eux. La corolle est labiée; elle est persistante et marcescente, mais se sépare entièrement de la base glanduleuse, en sorte qu'à la base de l'ovaire , on remarque une alvéole ronde ou anguleuse , comme dans les calices de Datura. Les étamines sont attachées immédiatement au-dessus du tube ou bien aussi vers son milieu : elles s'inclinent à leur partie supérieure les unes vers les autres par une inflexion plus ou moins prononcée; leur base est soudée longitudinalement au tube de la corolle. Les anthères , réunies pendant l'anthèse, se sépa- rent fréquemment plus tard, quand la corolle desséchée fait perdre aux étamines leur direction primitive. Les loges des an- thères sont terminées supérieurement par un mucrone , et por- tent quelquefois sur leur base une petite pointe papilleuse. Uovaire est oblong, muni sur le devant à sa base d'un disque demi circulaire coloré, qui, en s'amincissant successivement, s'efface vers la partie postérieure, et qui sur le devant est souvent garni de trois cols longitudinaux. Il sécrète ordinairement du (i) Le genre Orobanche a été depuis quelques aimées l'objet des éludes d'un grand nombre de botanistes. La difficulté que présente la distinction des espèces, jointe à l'intérêt des consi- dérations physiologiques qui se rattachent à leur mode de croissance sur les racines des autres végétaux, nous ont engagé à reproduire ici la partie de la Flore d'Allemagne relative à ce genre, partie qu'on peut considérer comme une des meilleures monographies de ces piaules, et qui facilitera l'élude de nos espèces indigènes. (Rkdact.) 302 Kocir. — - Orobanches de la Flore d'Allemagne. nectar. Le style est filiforme. IjQ stigmate est bilobé, à lobes plus ou moins écartés. La capsule est uniioculaire, bivalve, traversée par deux ou quatre sillons et renfermant un spermophore bifide ou quatre spermophores séparés. Les graines sont très petites, ovales ou oblongues, luisantes et recouvertes de plusieurs rangées longitudinales de fossettes, qui leur donnent l'aspect réticulé-rugueux. Les auteurs indiquent dans les Orobanches une glande libre placée au-dessous de l'ovaire {^Glandula suh basi germinis).ZQ n'a vu rien de pareil dans aucune espèce; c'est au contraire l'ab- sence de cette glande qui distingue notre genre du Lathraea. Nous avons déjà parlé plus haut du disque qu'on observe dans la fleur des Orobanches et qui, dans quelques espèces, prend la forme d'une bosse. Un autre caractère qui sert à distinguer le ^euYQ Laih^aea de YOrobanche se trouve dans la corolle qui est inséparable de la base dans le premier de ces genres. Du temps de Linné, ce. genre ne présentait, pour la Flore d'Allemagne, que les deux espèces O. major et ramosa. Il est aussi impossible à présent de dire ce que l'on doit entendre par le premier de ces noms, qu'il l'est de déterminer ce que c'est que \0. lœvis de Montpellier; les auteurs allemands ont compris sous ce dernier nom l'O. cœrulea^ quoique les caractères que Linné donne à la plante ne se rencontrent point dans cette espèce. On connaît actueilement une série d'espèces nettement tranchées, dont les caractères distinctifs exigent cependant de nouvelles recherches, même après les travaux de Wallroîh, Vaucher, Schultz et Reichenbach. Pour que ces recherches soient dé- finitives, il est de toute rigueur qu'elles se fassent sur les plantes vivantes. Mais ici se présentent de grandes difficultés : des espèces semblables naissent souvent à de grandes distances les unes des autres; elles sont circonscrites dans xm petit espace et leur durée est si passagère qu'on a rarement l'occasion d'en faire un examen comparatif sur le frais. Il serait donc à souhaiter que les botanistes qui ont occasion d'examiner des espèces peu con- nues voulussent en faire des descriptions très détaillées; qu'elles soient plutôt trop étendues que trop courtes , car uu caractère ivOCîL— - Orobanches de la Flore d^ Allemagne. 363 de quelque peu d'importance qu'il paraisse peut quelquefois être d'un intérêt capital. Les descriptions seraient d'autant plus exactes et plus complètes si on voulait prendre la peine de com- parer celles déjà publiées relativement à^la plante qu'on est oc- cupé à décrire. Je dois à la bonté du docteur F. W. Schultz toutes les espèces observées et décrites par cet auteur, et outre celles de mon herbier, j'ai consulté plusieurs collections très riches. Mais c'est principalement par l'obligeance de mon ami Alexandre Braun , que je suis à même de publier des caractères précis d'un grand nombre d'espèces. Outre ses plantes , cueillies dans le pays de Bade, dans la Haute-Bavière et dans les environs de Paris, il a mis à ma disposition de nombreuses notices et un mémoire inédit de ce genre, qui contient des descriptions très exactes et très complètes, faites sur les plantes vivantes. J'ai dû me borner à décrire sur le sec plusieurs espèces qui n'ont été observées à l'état frais ni par Braun ni par moi-même; j'ai du écarter entièrement deux espèces auxquelles je n'ai pas trouvé de caractères distinctifs pour les séparer des espèces voisines. Les Orobanches, du moins un grand nombre d'entre elles, ne se distinguent que difficile- ment quand elles sont desséchées ; sous ce rapport , la Flore d'Allemagne ne présente point de genre plus difficile, car la des- siccation fait perdre à ces plantes plusieurs caractères de la plus grande importance, particulièrement la direction de la lèvre su- périeure, la forme et la couleur, ainsi que la conformation des pelottes du stigmate. J'ai trempé les fleurs dans l'eau froide et dans l'eau bouillante, mais rarement j'ai obtenu une corolle qui eût tant soit peu repris la forme qu'elle avait avant la dessiccation. Les échantillons fortement comprimés sont tout-à-fait intraita- bles , ils restent écrasés quoi qu'on fasse. Il existe dans les Orobanches un caractère très constant , qui 'est loin de présenter la même certitude pour les autres plantes ; c'est la pubescence des éîamines, ou plutôt les poils secs qui, dans le plus grand nombre des espèces, recouvrent la base, quelquefois même la majeure partie des filets. Les poils glandu- leux, au contraire, qui s'observent dans un graiid nombre d'es- pèces à la partie supérieure des filets, présentent un caractère 364 KOCH. — Orobanches de la Flore cV Allemagne. d'une moindre valeur, quoiqu'il ne soit pas trop variable non plus. « Par une anomalie qu'on doit considérer comme une mons- truosité, les lobes arrondis du stigmate sont quelquefois émar- ginés dans la même espèce; et dans des pieds bien robustes, il n'est pas rare de trouver quelques fleurs à stigmate tri ou qua- drilobé. Quand le stigmate est trilobé, un troisième lobe plus petit vient se joindre aux deux îobes latéraux habituels vers le bas dans une position oblique; dans le stigmate quadrilobé, il existe deux lobes inférieurs, plus petits que les deux latéraux, qui, dans ce cas, affectent une direction un peu ascendante. Aux lobes du stigmate correspond un nombre égal de valves dans la capsule; la largeur de ces valves est en rapport direct avec la grandeur des lobes du stigmate, n (Al. Braun.) C'est aux caractères variables, cités par les auteurs comme caractéristiques , qu'il faut rapporter le renflement bulbiforme plus ou moins considérable à la base de la tige; les écailles de cette dernière plus ou moins larges; l'épi lâche ou serré; les éta- mines plus ou moins saillantes et le style plus ou moins avancé au-delà de la gorge de la corolle. Ce sont là des caractères très variables dans toutes les espèces. Toutes les espèces d'Orobanches sont parasites sur les ra- cines d'autres plantes. On peut consulter surtout les ouvrages suivans : i) Orobanches generis Siaauvn ad C. Mertensium scripsit F. G. "W/ILLIIOTH. i) Monographie des Orobanches ^ par J. P. Vaucher, avec i6 planches, sur lesquelles ces plantes ne sont malheureuse- ment pas bien représentées. 3) Beitrag fur Kentnniss der deutschen Orobanchen {^Maté- riaux pour servir à l'étude des Orobanches d'Allemagne)^ par F. W. ScHULTz, avec une planche lithographiée représentant l'a- nalyse des fleurs. Premier Groupe. Calice composé de deux sépales, qui sont plus ou moins con- fluens à la partie antérieure : il est muni d'une seule bractée. Kocii. — Orohanches de la Flore d' Allemagne, 365 L'ovaire est traversé de deux sillons, l'un antérieur, l'autre postérieur. La capsule renferme quatre spermophores parié- taux distincts. 1. Orobanciie cruenta Bertoloni. 0. sepalis multinerviis, sutœqualiter bifidis coroUœ tubo longioribus; corolla campanulata anlice basi ventricosa, dorso incurva ; labiis insequalibus denticu- latis î^landuloso-fimbrialis, supciiore cassidifomii inlegro vel siibemarginato, lobis patentibus,laciniis inférions subaeqiialibus ; stamiuibus imae corollœ affîxis, dense pilosis, supernc cum stylo glandiilosis ; stigmate velulino, elevatc-marginato. Descriptions. — Smith iu Transact. Linn. — WaUroth. — SchuUz. Icônes. — Reichenbach le. j. fig. 898, 899, la forme plus grêle à style sail- lant; et fig. 896 la forme grande à style plus court. — SchuUz : analyse de la fleur sous le nom d'O. caryophyllœa. — Gaudin hely. 4. t. 2. Collections. — O. gracilis Schleicber ! exsicc. Synonymes. — Orohanche cnventa Berlol. Rar. ital. pL dec. 3. éd. 1. p. 56. K, 5. Amsen. ital. p. 89. O. cruenta Reicbb. Icon. 7, p. 35. O. gracilis Sinïtlx Linn. trans. 4. p. 172. Wallrotb de Orob. p. 5g. Wilid. Sp. pi. 3. p, 35i. Reichb. le. 7. p. 36. O. vulgaris Gaud. helv. 4. p. 176. O. caryophyllacea Schultz, p. 8. Orobanche du Dorj'-cnium ligneux Vauch. p. 46 ? Cette espèce se reconnaît au premier aspect à sa corolle cam- panulée très ouverte, ventrue à sa base antérieure, couleur de sang inférieurement; à l'insertion profonde des étamines, au stigmate jaune bordé en brun-pourpre, et à son duvet abondant, court et glanduleux. L'espèce suivante a en commun avec ceile- ci la forme et la couleur de la corolle , mais notre espèce est plus robuste et porte d'autres poils. La tige est simple, cannelée, rousse, fortement amincie vers le haut, couverte surtout dans cette dernière partie,entie les fleurs, sur les bractées et les sépales, de poils nombreux, étalés, surmon- tés d'une glande dorée. Elle est haute de 1/2- 1 pied et plus, mé- diocrement épaissie à la base jusqu'à la grosseur d'une noisette, quelquefois d'une noix commune, implantée droite ou oblique sur lin pivot plus ou moins long, et recouverte d'écaillés nombreuses triangulaires-ovales, obtuses ou un peu pointues, quelquefois oblongues. Au-dessus de la base les écailles s'écartent, s'allongent et se rétrécissent insensiblement en une longue pointe, sont ap» pliquées à la tige; vers le haut, elles s'amincissent encore et 366 KociT. — Orobanches de la Flore d' Allemagne. prennent la teinte et îa vestiture de la tige. Les fleurs sont dis' posées en un épi d'abord serré, ensuite ordinairement plus lâche, sur im axe un peu flexueux, au nombre de i5-iO, même de 3o-4o et seulement de 6-10 dans des échantillons maigres ; elles se distinguent par leur teint vif d'or et de poiirpre. Les bractées partent d'une base ovale, large, embrassant la base de la fleur, s'amincissant en alêne jusqu'à l'extrémité de la lèvre inférieure, égalatit parfois toute la fleur. Les deux sépales séparés sont mul- tinerves, contigus sur le devant, larges, fendus en deux lanières assez égales, droites, subuîées, dépassant le tube de la corolle : celle du devant est cependant un peu plus étroite et quelquefois plus petite et raccourcie; les deux lanières sont assez souvent courbées un peu en faucille vers la partie postérieure. La corolle est longue de 9 lignes, couverte extérieurement de poils plus courts surmontés d'une glande dorée; elle est rousse, ayant à la base et souvent aussi sur le bord quelques stries d^un beau jaune- soufre ; intérieurement elle est d'un rouge de sang ou d'un pourpre-noirâtre. Quelquefois les fleiu^s des échantillons tardifs sont jaunes , et celles des individus robustes présentent un brun purpuracé. Le tube est campanule à partir de la base arrondie et gibbeuse, et sur le devant presque droit jusqu'à la lèvre inférieure, légèrement courbé sur le dos et terminé par la lèvre supérieure légèrement voûtée et traversée par une carène obtuse. La carène est épaissie antérieurement ou se termine par une petite pointe. La lèi^re, lorsqu'elle estplissée, paraît bilobée , mais elle est en- tière ou légèrement émarginée ; ses bords sont étalés, et, de même que la lèvre inférieure étalée à angle droit; ils sont frangés de petites dents et bordés de poils glanduleux. Les la- nières de la lèvre inférieure sont obovales, arrondies, semblables; celle du milieu est un peu plus longue, et lorsqu'on la réfléchit elle atteint le milieu du tube. A la base de la lèvre inférieure se trouvent deux petites gibbosités, séparées par des plis profonds parsemés de poils glanduleux. Les étamines sont insérées à 1/2 ligne seulement au-dessus delà base delà corolle, en une ligne ascendant obliquement vers la partie postérieure. J^es filets , à leur quart inférieur, sont larges et aplatis; à leur face intérieure, ils sont traversés par une cannelure plane; extérieurement, ilssont KocH. — Owbanches de la Flore cV Allemagne. 867 nus , intérieurement depuis îa base jusqu'au milieu ils sont cou- verts de poils secs assez iongs; à leur sommet, au contraire, ils portent dans tout leur contour des poils courts et glanduleux. Les (^Q^w^i étamines plus longues sont rapprochées à leur milieu, s'écartent de là comme les anses d'une urne; les plus courtes présentent, comme dans toutes les espèces, une insertion un peu plus élevée. « Uovaire est d'un jaune-blanchâtre , traversé sur ses deux fiices d'un sillon qui s'oblitère au style; il porte à sa base anté- rieure trois bosselettes obtuses; la base aune teinte violette circu- laire. Le style est, depuis sa base, un peu courbé sur le devant ; vers le haut, il est plus ou moins recourbé, violet et glanduleux. Le stigmate atteint ordinairement le bord de la lèvre supérieure, quelquefois cependant il la dépasse considérablement. Il est plus droit dans les échantillons plus robustes, à style plus gros; dans les échantillons plus grêles, à style plus mince, il est sou- vent recourbé fortement : dans le premier cas , il est plus gros , plus arrondi et légèrement déprimé au milieu; dans le second cas, il est plus étroit et tellement incisé , que ses deux lobes sont placés parallèlement vers le devant Les pelottes du stigmate sont veloutées, d'un jaune de cire, rétrécies au milieu au point d'être quelquefois interrompues. Elles sont munies d'un bord un peu calleux, saillant, d'un brun-pourpre, formant souvent vers le bas et vers le haut, à l'endroit où les pelottes sont le plus rétré- cies, une nodosité ; la fissure transversale est fermée. IjQ fruit est court, ovoïde, d'un brun-noirâtre, ou entièrement noir. La structure du fruit, sa déhiscence , ainsi que les graines , ne pré- sentent aucun caractère pour distinguer les différentes espèces de ce groupe. » «Cette espèce partage avec plusieurs autres, surtout avec VO. epathymum , une odeur de Giroflée très prononcée; c'est là sans doute la cause que ces deux espèces sont si souvent consi- dérées comme VO. caryophyilacea ^ méprise d'autant plus excu- sable qu'elles possèdent toutes les deux le caiacîère, par lequel Smith distingue son O. carjophyllacea, savoir les étamines mu- nies de poils intérieurement à la base {stamina basi interne pilosa). 363 Kocii. — Orobanches de la Flore d'Allemagne. « La grosseur du renflement bulbiforme à la base de la tige, la largeur et la longueur des écailles, la disposition plus ou moins serrée des fleurs^ de même que le nombre de ces dernières, présentent des caractères très peu certains. Les sépales sont sou- vent entiers et indivis, ou munis d'une petite dent, ou bien encore plus profondément divisés. Rarement, on trouve ces par- ties soudées sur le devant, et tout aussi rarement, on remarque à côté des deux sépales postérieurs un autre plus petit, étroit, subulé ou lancéolé; ce petit sépale peut être considéré comme un cinquième sépale, si l'on considère les autres comme formés par la soudure de deux sépales. Le style est quelquefois saillant hors de la corolle, de même que les étamines; souvent les deux lobes du stigmate sont émarginés, en sorte que cet organe paraît presque quadrilobé. » (Al. Braun Dissert, ined.) M. A. Braun a découvert une Pélorie de cette espèce, décrite par Charles Schimper, dans les Beitrage de Schultz, p. 1 1 : «Dans cette rélorie la fleur inférieure d'un épi était portée sur un long pédoncule; elle avait à la base du calice deux bractées latérales; le calice lui-même présentait six divisions; la corolle était à six lobes réguliers; six étamines alternaient avec ces lobes et se rap- prochaient en forme de cône; le style s'élevait au milieu de si:^ anthères qu'il dépassait, il était bilobé, à lobes latéraux.» (A. Braun in litt. ) Une variation de cette espèce à écailles très larges et qui se retrouve aussi dans les environs de Munich est ÏO. cruenta Reichb. (le. (S. f. 896), d'après un échantillon de Bertoloni lui- même ('Conf. le. p. 35). En comparant le passage de Bertoloni {Amœn. ital.^ p. 89 et 90), on se convaincra sans peine que c'est par un simple hasard que cet auteur envoya \x\\ exemplaire à écailles très larges , car il dit de son O. cruenta : « Scapus ad- spersus squamis lanceolatis acuminatis » et plus loin il dit : (c Bractea ad singulum florem solitariave, cœterum similis squa- mis scapi. » En outre, A. Braun qui possède l'herbier de Frédé- ric Meyer y trouve XO. cruenta déterminé par Bertoloni lui- même, et c'est bien la piaule que nous venons de décrire sous ce nom. Le nom de Smiih [0. gracilis) est à la vérité plus aïKien que KOCH. -— Orohanches de la Flore cV Allemagne. 869 celai de Berîoloni, mais d'un côté ce nom ne convient guère aux nombreux exemplaires robustes de cette plante, et en outre, Smith ne comprend sous ce nom que la forme plus petite, à style très saillant. D'après l'avis d'A. Braun, je conserve donc le nom de Bertoloni, et je considère la plante de Smith comme une simple variété. Ç>. Gracilis : elle est moins haute, plus grêle ; le style, et quel- quefois aussi les étamines dépassent de beaucoup le tube de la corolle. Une autre variété de cette espèce est la suivante : y. O. Genistœ tinctoriœ Schultz in iitt. Elle a des sépales pîuâ longs , égalant presque la fleur et paraît être d'une teinte plus claire : je n'y puis trouver d'autre caractère dislinctif. Cette va- riété me paraît VO. du Genêt des teinturiers Vaucher, p. 3 7. L'O. du Genêt germanique du même auteur paraît appartenir à notre variété |3. gracilis. L'O. graeilis Sçh\. cité par Gandin, helv. 4« p- 179 avec VO, Artemisiœ campestris^ appartient d'après plusieurs exemplaires de Schleicher à notre O. cruenta. Il existe encore de notre plante une variété à lobes de la le» vre inférieure assez profondément émarginés. Smith paraît l'avoir eu en vue, puisqu'il dit : « îaciniae labii inferioris obcor- datpe ». Je n'ose cependant décider avec certitude si l'O. du Dorycnium ligneux Vauch. p. 46 , doit être rapportée à cette forme : les botanistes de Munich n'ont rien vu de pareil sur le Dû' rycnium suffruticosum très commun dans cette localité. La descrip- tion de Vancher convient d'ailleurs parfaitement à notre plante. L'O. cruenta vient dans les pelouses, les prés, depuis Ratisbonne à travers la Bavière, par Munich et Saîzbourg, jusque dans la région subalpine où il a été encore observé par le docteur Fré- déric Schultz. Cette espèce est parasite à l'extrémité des ramifi- cations de la racine de V Hippocrepis comosa et du Lotus cor- niculatus ; la partie où l'Orobanche se trouve implantée devient tubéreuse et s'enfle à mesiu'e que le parasite grandit. A. Brauu l'a trouvée à Paris également sur le Lotus corniculatus . D'après Schultz et Zuccarini on la trouve aussi suv \q Lotus siliquos us , et si, comme je le suppose, on doii rapporter à notre espace la 370 Kocii. — Orohanches de la Flore d'Allemagne. plante de Vauclier, elle se trouve encore sur le Dorycnium siif- fruticosum. La variété (3 se rencontre avec la forme ordinaire. Schultz a trouvé la var. y à Wasserbourg dans la Bavière supé- rieure, sur les racines du Genista tinctoria. Juin-Juillet '^. 2. 0. CONDENSATA Moris. 0. sepalis ranltinerviis plerumque subsequalher bifidis, corollse tubo sub- œqualibus ; corolla campanulata, antice basi ventricosa, dorso curvata, apicem versus recta; labiis denticalatis subciliatis,superiore tubo marginato; laciniis in- ferioris subgequalibus, medio submajori ; staminibus imaecorollae affixis, nudis^ basi pubescentibusj apice cum styli apice parce glandulosis: bractcœ pilis densis longis incanœ. Icon. : Reichb. le. 7. f. 897. Collect. : Cette espèce a été publiée parlla Société d'Essîingen, cueillie par Mill- ier dansTile d'Antioco près de la Sardaigne. Presl l'a décrite dans ses plantes de Sicile sous le nom à'O. fœtida. (i) Synon. : O. condensata Moris Stirp. sard. elenchus fasc. 2. p. 8 Rchb. le. 7. p. 35. Orohanche dit Spaîtium JoncierYauch. p, 42. O. fœtida Biv. Stirp. rar. Sicil. mant. i . n. 5. selon Vaucher (non Desf.) Cette espèce semble^ au premier coup-d'œil, très différente de la précédente; cependant elle s'accorde tellement avec elle dans la plupart de ses caractères qu'il est difficile de l'en séparer. Sans aucun doute l'examen de la plante vivante ne manquera point de fournir des différences plus marquées. Elle est considérable- ment plus grande, plus robuste, à tige plus grosse et à fleurs plus nombreuses. La plante sèche se reconnaît d'abord à sa teinte pourpre-noire (il n'y a que la partie inférieure de la corolle qui soit d'un brun foncé) et à la couleur des bractées qui sont comme couvertes de son , à la manière du Lichen furfuraceus L. Cette couleur est produite par de nombreux poils un peu épais, blancs et jaunâtres, fortement mêlés. La base de la tige est souvent un renflement bulbiforme con- sidérable; elle est couverte de nombreuses écailles ovales-larges, brièvement acuminées, moins poilues. Les écailles de la tige sont également rapprochées, ou le paraissent au moins, parce qu'elles sont grandes et larges-oblongues-lancéolées. Les inférieures sont même, comme cela se voit sou vent dans l'espèce suivante, rhomboï- (i) c'est sous ce dernier nom qu'elle a été encore publiée par la Société d'Essîingen, parmi les planttis cudUies à A'^'cr par Schimper. KOCH. — Orobanches de la Flore cV Allemagne. 871 dales-oblongues, c'est-à-dire plus larges vers le milieu qu'à leur base; les écailles caulinaires sont fortement recouvertes des poils fiirfuracés dont il a été question plus haut ; ces poils sont épars sur la tige et s'y trouvent entremêlés de poils glanduleux plus courts. Les bractées ressemblent aux écailles de la tige, sont fortement poilues, dépassent ordinairement les fleurs ; dans un de mes échantillons elles sont cependant plus courtes. Les sé- pales sont un peu moins poilus. La corolle ressemble à celle de rO. cruenta. D'après Moris, elle est rouge de sang; à l'état sec, elle est vers le bas brune ou rousse et vers le haut d'un pour- pre-noir foncé. Je n'ai point remarqué dans les plis entre les gibbosités de la lèvre inférieure les poils glanduleux de l'es- pèce précédente; je n'ose cependant assurer que ce caractère soit constant. Les anthères sont jaunâtres. Les Jîlets sont d'ordi- naire recouverts intérieurement à la base de poils secs assez nombreux ; à l'extrémité ils sont de même que le style plus ou moins glanduleux. La structure du stigmate ne peut être re- connue sur les échantillons desséchés. D'après la citation que Wallroth fait, p. 4i? de XO.fœtida Presl, on devrait admettre que cette espèce est son O.variegata; mais la description de cette dernière espèce s'écarte en beau- coup de points. Moris, dans son premier fascicule, la nomme O. speciosa D.C. Mais il lui donne, dans le second fascicule, le nom d'O. condensata, et il a bien fait de l'éloigner de l'espèce de De Gandolle. L'O. fœtida Desf que je possède de Salz- mann , cueilli à Tanger, se reconnaît très facilement à ses écailles supérieures et à ses bractées longues, très étroites, lan- céolées-subulées et très acuminées ; à ses calices et ses corolles nus, aux fleurs plus petites disposées en un épi très serré, et aux étamines très grêles, dilatées seulement à leur extrême base. Les filets sont nus ou garnis seulement à leur base même de quelques poils secs : un examen attentif fait reconnaître quel- quefois à leur extrémité aussi de petites glandes. Le stigmate est plus petit, le style plus mince.* L'O. condensata vient à Fiume dans les pelouses ombragées, «t y est commune (Noéî) Le seul exemplaire que je possède de tette localité est moins poilu que ceux de Sicile et de Sardai^ 24. Z'-2 KOCH. — Orobanchcs de la Flore cV Allemagne. ene, du reste parfaitement identiques. Noé n'en indique pas la plante-nourricière. Moris l'a trouvée sur le Genista corsica. Près, sur un Spartium qu'il ne désigne pas. Wahlberg l'a cueillie en Italie sur le Spartium scoparium. (Al. Braun in litt.) Mai. 3. 0. Rapum Thuillier. , 0. sepalis multineiviis plerumque sutsequaliter bifidis corollae tuLo subaequa- lihus; coroUa campanulata, anticc basi ventricosa, dorso incurva; labiis undu- îatis obsolète denticulatis , non fimbriaîis, supeiiore cassidiformi emarginato, lobis patulis, lobo raedio labii inferioris lateralibus duplo majore ; staininibus imse corollœ affixis, basi glaberriiiiis, apice cum slylo glandulosis; stigmate velu- tino margine non prominulo. Icon. : Reichb. le. 7. f. 900 O. major et f. 928 O. Rapum ; mais la dernière fi'ixillaribus terminalibusque, laciniis calycinis 4 vel 6 lineiri-subulatis. — Hab. Utacamund in apricis saxosisque. Jasminum myrlophyllum Z.: caule fruticoso glabro ramosissirao subdivari- cato, foliis oppositis knceolatis obtusis cum mucrone integerrimis membranaceis glaberrimis, floribus axillaribus terminalibusque solitariis-ternis, caljcis laciniis 4-6 subulatis. — Hab. in coilibus nemorosis Cotagiri. 8. Passijlora Leschenaultiana DC. : caule volubili, foliis alternis petiolatis ^eraiorbiculatis apice tridentatis eglandulosis glabris, pedunculis gcminis axilla- ribus medio biglandulosis. — Hab. in sylvis Utacamund. M. De Candolle avait décrit cette espèce que Leschenault avait .1. c. ZKNKER, r-^. Plantœ indicée. 38 r considérée comme un Bryonia^ d'après un échantillon sans fleurs. Son fruit est, selon Schmid, une baie sexangulaire. Elle appar- tient, non au groupe à calice lo-lobé, mais à celui dont le ca- lice est 5-lobé. q. Fragaria nilaglrica 7j.^: foliis ternatis^ foliolis cuneato-prsemorsis, petalis sepala tri-quadri-dentata superantihus. — Hab. in collibus graminosis dumetisqne Utacamuad. Cette espèce est voisine du Fr. indica^ dont elle ne diffère que par la forme des feuilles et par la longueur un peu plus consi- dérable des pétales. 10. Hymenocalyx varlahilis Z. Celte plante forme un genre nouveau que l'on dirait être un Hibiscus, mais ses anthères biloculaires l'éloignent de la famille des Malvacées, et présentent un passnge évident de cette famille à celle des Bombacées. Voici le caractère que M. Zenker pro- pose pour ce nouveau genre, originaire des vallées dans les en- virons d'Utacamund. Calyx duplex; internus tcnuis (pellucidus) membranaccus unilateraliter fissns, calyce externe tubiiloso 5 sepalis cohaerentibus laterabterque dehiscenlibus inchisus, Antlierse biloculares. Stigmata 5 radiata. Capsula 5-loculans 5-valvis, valvnîis mcdio placentiferis. ERRATA. Pag. io5, lign. 3; au lieu, de : recompose un; lisez .• se compose d'un. lôid. ligu. 12, au lieu de : sont dues à la création, ILsez : sont dues à la réaction. TABLE DES ARTICLES CONTENUS DANS CE VOLUME. ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE VEGETALES. Examen critique d'un passage du Mémoire de M. Hugo Mohl sur la struc- ture et les formes du grain de Pollen , par M. Mirbel • 5 Notice sur les graines de l'Ananas, par M. A. P. De Gandolle 5j Quelques observations sur la théorie de la Phyllotaxis etdesVerticilles, par Ad. Steinheil loo et i42 Coup-d'œil annuel sur les résultats des travaux faits en botanique physiolo- gique pendant l'année 1 834, par M. Meyen 125 et aig Nouvelles observations sur la circulation du sac cellulaire dans les plantes, par M. Meyen , 357 Sur l'existence d'une propriété nouvellement observée dans les plantes^ et sur son analogie avec l'irritabilité des animaux, par H. Johnson. . , . 32i MONOGRAPHIES ET DESCRIPTIONS DE PLANTES. Reuislo Grossulariearum, auciore Eduardo Spach . i6 Classification des Ombellifères, par J. F. Tausch 4i Sy ?iopsis monographice O^AOïiBAKVM, aucZore Eduardo Spach i6i Caractères des tribus et des genres de la famille de Scrophularinées, par M. G. Bentham Jy^ Conspectus generiim CimîfovovEAnvM y xiiictore A. M-oquinToindon. . . 2og Onagrearum novarum vel minus noLarum descripiiones, auctore Eduardo Spach 270 Description des Orobanches de la Flore d'Allemagne, par M. Koch . . . 36t Observations botaniques, par M. J. F. Tausch. 5'5 Revue des principaux ouvrages périodiques anglais concertant îa botanique, qui ont paru dans le courant des années i833 et i834. ...... 110 Extraits du Botanical Register. m Extraits du Bolanical Mamzine. 2h15 et 288 TABLE DES ARTICLES , CtC. 38i3 Descriptiones et icônes plantarum rariorum quas in insulis Afdcœ aus- tralis detexit anno i824, W. Bojer. ..• 262 Plantœ indicée quas in montihus Coimbaturicis cœruleis ISilagiri seuNeilgherries dictis coUegitRey. Bern. Schmid, illustravit Zo\\a.\h. Car. Zenker " i . * . 579 Synopsis des espèces du genre Alyxia de îa famille des Apocynées, par M. AHaa-Cunningham. : . 5o2 Synopsis du genre Calythrix ^&\îi. famille des Myrtacées, par le même .' . 3o5 Anidmadversiones boianicœ nonnullœ, novarumque aut non rite cogni- tarum plantarum diagnoses j auct. F. E. L. Fischer et C. A. Meyer . 882 Notice sur une nouvelle espèce de Dianthus de la flore de Boliême, par M. Fr. X. Fieber ;.l 64 Comparaison faite sur les plantes vivantes des Draha aizoides et D. aizoon^ ParM.Koch 188 Gagea saxatilis et bohemica , deux espèces distinctes, par M. Koch. . . So/ Notice sur le Raigrass d'Italie et sur les Lolium en général, par le prof. Alex. Braun. 48 Mémoire sur un végétal confervoïde d'une nouvelle espèce, par M. Ca- gniard-Latour Sa Note ajoutée au mémoire de M. Cagniard-Latour, par M, Turpin. ... ^5 Notice sur la Volvaria concjiylioides de la Flore française, par M. Léon Dufour. ■ 189 FLORES ET GEOGRAPHIE BOTANIQUE. Tentamen florœ hasileensis, auct. C. F. Hagenbach. . . *' . ♦ . . . 62 Observations sur quelques nouveaux genres et espèces de plantes de l'Arabie- Hcureuse, par M. J. Decaisne G5 Prodromus Jloroe Fernandesianœ, Pars prima , sistens enumerationem plantarum cellularium quas in insulâ Juan Fernandez à Cl. Ber- tero collectas describi edique curavit C. Montagne 86 Notice sur quelques plantes de la Flore d'Egypte, par M. J. Decaisne. . . ig'5 Liste des plantes recueillies par M. Bovc dans la Palestine et la Syrie, par M. Decaisne 343 EXTRAITS D OUVRAGES GENERAUX ET MELANGES. Histoire naturelle des îles Canaries , par MM. P. Barker-Webb et S. Ber- thelot 191 De Hepaticis, imprimis tribuum Marchantikarum et Ricciearum Coni- mentatio, auclore D. T. G. Bischoff. 3o9 Bryologie d'Europe, par MM. Bruch et Scliimpcr 3/5 384 TACLE DI'S PLANCHES. RuMPiiiA , sive commentationes botanicœ imprimis de plantis Indice orientalis , ium penilûs inco^niiis, tum quœ in Uhris Kheedii, Rum- piiii, EoxBURGHii, Walmchii j aliorum Tecensentuv , auclore C. L. Blume * . 3i6 Clef de la Botanique organique physiologique el systématique, à l'usage des éludes, par J. Lindley Sig Extrait d'une lettre de M. Gay à M. Adolphe Brongniart 3i4; TABLE DES PLANCHES RELATIVES AUX M^MOinES CONTENUS DANS CE VOLUME. Planche l. ChrysobotJuya reçoluta, Lindleyana, al iniermedia. 2. Chœlophora Cagninrdii. 3. Diptèrygium glaucum. 4. Serrœa incana. 5. Monstruosités de feuilles de Scabieuse et de Sauge. 6. Moringa aptera. 7. Circulation du suc dans les cellules. 8. Coslus sarmen/osua. 9 Polygonum Owenii. 10. Dicerocaryum sinuatum. 1 1. Divejgence des organes des végétaux. t tm DE LA l'ABLE DU QUATRIÈME VOLUME. lie.i' J\vWif. nnpi 2^' .fer//' JJot. lom. A. 1^1. i .Tf"' Vef^eitdrr P. Vitinénil Jlù-; A. (liri/soliotri/a revobita V> . inteTjncdia (' . _, Lind/t^i/^r/ur Jnn. di'if J]'t't'ai'. nat. 2'' Ji^rie, Bol. lorn. .'/.. PI, (■liœtonhora ûi^jniarcfii Jnn. d&f Jcienc . ruit. 2f Jëri'e. . Tom. 4.. J'I. 3 ^nn. ffe s 4 \ « ° J '^ , °^^ ^ \ i j i ^ H ^; ^ ^^' ■%• 4' ,'î^.«û t5 ^ ik il 4' i y l ^- ^ I iv- - Jl JfouoeTnent du j-uo danj" le^ cellule^r. mM ^■ =5 ,^>Hf^ 7/ ^ Ê '% X^ ^ / ex J ^Ânn. de